Les mois à venir étant particulièrement chargés, je mets en sommeil Criticus avant de trouver à nouveau le temps d'y écrire. Pas d'adieux solennels, puisque d'adieux il n'y a pas. Pas de suppression du blog non plus, évidemment, puisque Criticus reviendra un jour.
Vous pourrez désormais lire ma prose sur le site web du Cri du Contribuable, lequel, faisant partie de LHC, me permettra de continuer à contribuer à la vie du réseau.
À bientôt donc,
Roman Bernard
dimanche 30 mai 2010
mercredi 26 mai 2010
mardi 25 mai 2010
Actualité de la subversion soviétique
Comme je l'ai annoncé sur le groupe et la page Facebook de Criticus, j'ai réalisé la « playlist » ci-dessous à partir de vidéos trouvées chez Franck Boizard. Il s'agit d'une conférence donnée en 1983 à Los Angeles par Yuri Bezmenov, alias Tomas Schuman, un ancien propagandiste du KGB en Inde passé à l'Ouest dans les années 1970.Il y explique le processus de subversion mené par l'URSS durant la Guerre froide pour démoraliser, puis déstabiliser les Occidentaux.
On apprend d'abord que 10 à 15 % seulement des activités du KGB correspondaient à des activités d'espionnage proprement dit. Le reste, la grande majorité donc, concernait la propagande soviétique destinée à subvertir les démocraties libérales occidentales.
Dans le cadre de la Guerre froide, le Bloc soviétique, pour Bezmenov, n'était pas assez fort pour attaquer de manière frontale le camp occidental. Appliquant les principes de plusieurs arts martiaux, il s'agissait ainsi pour le KGB d'accompagner les démocraties dans leur mouvement, en encourageant les individus ou les groupes capables de subvertir la société. La première tâche du KGB consistait donc à cibler, dans chaque pays, les personnes capables d'influencer la société dans un sens défavorable.
On pense par exemple à Catherine Ashton, aujourd'hui Haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, et qui était trésorière dans les années 1970 du Mouvement pour le désarmement nucléaire, financé par l'URSS, qui voyait là le moyen d'affaiblir militairement le Bloc de l'Ouest.
Cette première phase d'instrumentalisation de personnalités influentes est la phase de la démoralisation. Durant selon Bezmenov de 15 à 20 ans, c'est-à-dire le temps nécessaire à l'endoctrinement d'une génération, elle vise à faire douter l'adversaire du bien-fondé de ses valeurs, et donc de la nécessité qu'il y aurait à les défendre.
Qui, lisant ces lignes, ne pensera pas à l'un ou même à plusieurs de ses professeurs d'histoire du secondaire, présentant systématiquement l'histoire de l'Occident de manière négative, qu'il s'agisse de l'esclavage, de la colonisation, de la Shoah ?
Une fois la population de l'adversaire démoralisée, Bezmenov affirme que le processus de subversion passe à la déstabilisation, qui doit durer entre 2 et 5 ans.
L'URSS est disparue avant que cette phase n'arrive à son terme. Néanmoins, comment ne pas penser à Action Directe en France, aux Brigate Rosse en Italie, ou à la Rotte Armee Fraktion en Allemagne de l'Ouest comme signes manifestes de cette tentative de déstabilisation ?
La suite logique de cette déstabilisation est la crise. Durant de deux à six mois, elle voit le pouvoir légitime vaciller, et devenir vulnérable aux groupes d'individus capables d'imposer un gouvernement insurrectionnel de type marxiste.
Alors qu'aux stades précédents du processus de subversion, la réponse était surtout culturelle (répondre au dénigrement de l'Occident par une réaffirmation de son identité et de ses valeurs), elle devient militaire au stade de la crise. C'est ce qui s'est produit au Chili, et de manière heureuse, en 1973 : un coup d'État militaire rétablissant d'abord l'ordre, puis, de manière graduelle, les libertés publiques.
Si, toutefois, la phase de crise s'est déroulée dans un sens favorable aux menées soviétiques, on passe alors à la phase terminale, celle de la « normalisation ».
Il s'agit de la mise en place d'une « démocratie populaire », imposée par les armes.
Bezmenov évoque le cas de l'intervention américaine à Grenade, la même année que la conférence, pour éviter que cette île caribéenne ne tombe dans l'escarcelle soviétique.
L'ironie, à ce stade, est que les « idiots utiles », ceux qui ont activement participé à la démoralisation et la déstabilisation de la démocratie libérale, sont les premiers exécutés. Dressés à la rébellion, ils deviennent en effet dangereux pour le nouveau pouvoir. Les marins anarchistes de Cronstadt en ont fait la cruelle expérience en 1921.
On songe alors : pourquoi ne pas alerter, en amont, ces « idiots utiles » du péril qui les guette ? Réponse de Bezmenov : c'est inutile, car le réel est impuissant contre l'idéologie. Même en fournissant des exemples de ce qui attend les « idiots utiles » du communisme, ces derniers sont incapables de voir, donc d'accepter la réalité.
Bezmenov va même plus loin. Dans la septième vidéo, il se saisit d'une craie pour écrire au tableau : 2 x 2 = 4. C'est assurément vrai, mais personne ne mourra jamais pour défendre cette vérité. Seule une religion ou, dans le cas du communisme, un millénarisme de substitution, peut conduire des hommes à se sacrifier pour elle.
Ainsi est résumée l'aporie du scientisme occidental, incapable de maintenir chez les individus l'instinct de survie nécessaire à la perpétuation de la civilisation.
Ainsi, également, apparaît la brûlante actualité de cette conférence. Comme l'a noté Franck Boizard, les islamistes récoltent aujourd'hui les fruits de la subversion des sociétés occidentales opérée par les communistes.
D'abord parce que les « idiots utiles » de l'islamisation, dont beaucoup sont de gauche ou d'extrême-gauche, sont incapables de voir la réalité du danger islamique.
Ensuite parce que, dans l'essentiel de la population occidentale, a été brisé le ressort de la religion, qui aurait pu immuniser les individus contre ce fléau. À l'inverse, les islamistes, parce qu'ils croient en une transcendance, progressent.
Ne croyant pas que le peuple d'Israël soit le « peuple élu », ni même que l'un de ses ressortissants ait pu être le fils de Dieu, je ne peux qu'être embarrassé par cette observation. Néanmoins, je sais, pour l'avoir déjà écrit, que seul le Christ, ou tout du moins la foi en Lui, sauvera l'Occident de la barbarie islamique. Alors, bien qu'oscillant depuis toujours entre l'agnosticisme et le déisme, je me suis résolu à attendre la Grâce.
Roman Bernard
On apprend d'abord que 10 à 15 % seulement des activités du KGB correspondaient à des activités d'espionnage proprement dit. Le reste, la grande majorité donc, concernait la propagande soviétique destinée à subvertir les démocraties libérales occidentales.
Dans le cadre de la Guerre froide, le Bloc soviétique, pour Bezmenov, n'était pas assez fort pour attaquer de manière frontale le camp occidental. Appliquant les principes de plusieurs arts martiaux, il s'agissait ainsi pour le KGB d'accompagner les démocraties dans leur mouvement, en encourageant les individus ou les groupes capables de subvertir la société. La première tâche du KGB consistait donc à cibler, dans chaque pays, les personnes capables d'influencer la société dans un sens défavorable.
On pense par exemple à Catherine Ashton, aujourd'hui Haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, et qui était trésorière dans les années 1970 du Mouvement pour le désarmement nucléaire, financé par l'URSS, qui voyait là le moyen d'affaiblir militairement le Bloc de l'Ouest.
Cette première phase d'instrumentalisation de personnalités influentes est la phase de la démoralisation. Durant selon Bezmenov de 15 à 20 ans, c'est-à-dire le temps nécessaire à l'endoctrinement d'une génération, elle vise à faire douter l'adversaire du bien-fondé de ses valeurs, et donc de la nécessité qu'il y aurait à les défendre.
Qui, lisant ces lignes, ne pensera pas à l'un ou même à plusieurs de ses professeurs d'histoire du secondaire, présentant systématiquement l'histoire de l'Occident de manière négative, qu'il s'agisse de l'esclavage, de la colonisation, de la Shoah ?
Une fois la population de l'adversaire démoralisée, Bezmenov affirme que le processus de subversion passe à la déstabilisation, qui doit durer entre 2 et 5 ans.
L'URSS est disparue avant que cette phase n'arrive à son terme. Néanmoins, comment ne pas penser à Action Directe en France, aux Brigate Rosse en Italie, ou à la Rotte Armee Fraktion en Allemagne de l'Ouest comme signes manifestes de cette tentative de déstabilisation ?
La suite logique de cette déstabilisation est la crise. Durant de deux à six mois, elle voit le pouvoir légitime vaciller, et devenir vulnérable aux groupes d'individus capables d'imposer un gouvernement insurrectionnel de type marxiste.
Alors qu'aux stades précédents du processus de subversion, la réponse était surtout culturelle (répondre au dénigrement de l'Occident par une réaffirmation de son identité et de ses valeurs), elle devient militaire au stade de la crise. C'est ce qui s'est produit au Chili, et de manière heureuse, en 1973 : un coup d'État militaire rétablissant d'abord l'ordre, puis, de manière graduelle, les libertés publiques.
Si, toutefois, la phase de crise s'est déroulée dans un sens favorable aux menées soviétiques, on passe alors à la phase terminale, celle de la « normalisation ».
Il s'agit de la mise en place d'une « démocratie populaire », imposée par les armes.
Bezmenov évoque le cas de l'intervention américaine à Grenade, la même année que la conférence, pour éviter que cette île caribéenne ne tombe dans l'escarcelle soviétique.
L'ironie, à ce stade, est que les « idiots utiles », ceux qui ont activement participé à la démoralisation et la déstabilisation de la démocratie libérale, sont les premiers exécutés. Dressés à la rébellion, ils deviennent en effet dangereux pour le nouveau pouvoir. Les marins anarchistes de Cronstadt en ont fait la cruelle expérience en 1921.
On songe alors : pourquoi ne pas alerter, en amont, ces « idiots utiles » du péril qui les guette ? Réponse de Bezmenov : c'est inutile, car le réel est impuissant contre l'idéologie. Même en fournissant des exemples de ce qui attend les « idiots utiles » du communisme, ces derniers sont incapables de voir, donc d'accepter la réalité.
Bezmenov va même plus loin. Dans la septième vidéo, il se saisit d'une craie pour écrire au tableau : 2 x 2 = 4. C'est assurément vrai, mais personne ne mourra jamais pour défendre cette vérité. Seule une religion ou, dans le cas du communisme, un millénarisme de substitution, peut conduire des hommes à se sacrifier pour elle.
Ainsi est résumée l'aporie du scientisme occidental, incapable de maintenir chez les individus l'instinct de survie nécessaire à la perpétuation de la civilisation.
Ainsi, également, apparaît la brûlante actualité de cette conférence. Comme l'a noté Franck Boizard, les islamistes récoltent aujourd'hui les fruits de la subversion des sociétés occidentales opérée par les communistes.
D'abord parce que les « idiots utiles » de l'islamisation, dont beaucoup sont de gauche ou d'extrême-gauche, sont incapables de voir la réalité du danger islamique.
Ensuite parce que, dans l'essentiel de la population occidentale, a été brisé le ressort de la religion, qui aurait pu immuniser les individus contre ce fléau. À l'inverse, les islamistes, parce qu'ils croient en une transcendance, progressent.
Ne croyant pas que le peuple d'Israël soit le « peuple élu », ni même que l'un de ses ressortissants ait pu être le fils de Dieu, je ne peux qu'être embarrassé par cette observation. Néanmoins, je sais, pour l'avoir déjà écrit, que seul le Christ, ou tout du moins la foi en Lui, sauvera l'Occident de la barbarie islamique. Alors, bien qu'oscillant depuis toujours entre l'agnosticisme et le déisme, je me suis résolu à attendre la Grâce.
Roman Bernard
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Yuri Bezmenov
samedi 22 mai 2010
vendredi 21 mai 2010
L'esprit de l'Europe est mort
Je republie ci-dessous le commentaire de Flore en réaction à l'article de Loïck intitulé « Les Nouveaux Catholiques » :
J'ai dit que l'Europe était morte, il faut que je m'en explique.
J'entendais que son esprit est mort. Le sens passionné de la vérité, que l'Europe a porté aux nues jusqu'à en faire une civilisation, est mort. La pensée est morte. Du moins elle est bien rare. Le sens de la vérité s'est dévoyé en relativisme radical (notez l'aporie : le relativisme comme certitude), lequel a bien peu à voir avec cet autre relativisme, qui, bien compris, était le moteur de notre civilisation (lire Rémi Brague : Europe: la voie romaine. L'auteur montre que si l'on définit fréquemment l'identité de l'Europe par les sources grecque, judéo-chrétienne, romaine qui l'ont nourrie, on devrait néanmoins davantage insister sur l'influence de cette dernière. Et ce, moins par le contenu de ce qu'elle a transmis à l'Europe que par une attitude, une capacité et une conscience à s'approprier, sans l'assimiler, l'étranger, attitude que Brague traduit par le concept de « secondarité culturelle » : comme il l'écrit si bien, la culture n'est pas « le poids de l'appartenance » mais le résultat d'un effort, « une fin conquise de haute lutte » - la cultura animi des latins, celle de Cicéron (1). Elle est (ou devrait être) toujours devant nous. Pas en nous.).
L'hitlérisme et le stalinisme ne sont pas des accidents, au cours de la longue histoire de l'Europe, comme vous semblez les considérer.
L'hitlérisme et le stalinisme (ou, pour parler dans les termes de l'époque, les deux socialismes, le national et l'international), ces idéologies abominables, me semblent des symptômes de notre déliquescence, des conséquences de l'appauvrissement de notre capacité à penser, de notre refus de Dieu (notre « tentation prométhéenne », comme diront d'autres).
Vous me rétorquerez peut-être que toute idéologie est faite de certitudes ; lors, que vous ne voyez pas bien le rapport de cause à effet entre le relativisme radical et l'idéologie. Mais l'idéologie (concept récent, sans doute) est le produit nécessaire du scepticisme de l'époque moderne (2).
Pour le dire autrement : on peut distinguer le nihilisme actif qu'étaient ces idéologies, du nihilisme passif dans lequel nous vivons. Et lorsqu'on cherche à sortir de ce nihilisme second, c'est presque immanquablement pour retomber dans le nihilisme actif. J'en veux pour preuve qu'à la justice nous préférons l'« engagement »; qu'à la vérité nous préférons la « cause »; qu'en place de principes nous parlons de « valeurs » ; que nous ne sommes plus des penseurs, mais au mieux (au pire donc) des « intellectuels » (3).
Ainsi, s'il n'est désormais de vérité qu'humaine (postulat des sceptiques), alors il n'est plus de vérité. Car rien de supérieur, de transcendant, ne vient instituer et enraciner notre présence au monde. Hommes auto-divinisés, auto-sacralisés, nous sommes juge et partie. Nous n'avons plus de critère pour discriminer le vrai du faux (sinon celui du vérifiable). Dans ce monde d'opinions (hors la sphère scientifique qui procède par vérifications), nous sommes condamnés à affirmer. C'est à celui qui affirmera avec le plus de vigueur, avec la voix la plus forte. C'est à celui qui gueulera le plus fort, avec ses tripes ou autre chose, si ça lui chante et s'il en est pourvu. Cela nous rassure, cela nous donne l'illusion de combler ce grand vide d'un monde qui n'est plus Création, l'œuvre d'un Dieu qui nous a fait à son image (avec les devoirs que suppose cette modalité de notre être). Cela donne l'illusion de maîtriser quelque chose, à défaut de se maîtriser soi (la maîtrise de soi, « un homme, ça se contient » (4), c'est ce qui fait l'humanité de ces étranges animaux que nous sommes). La pensée, par nature, s'oppose à l'amour de soi (lequel n'est qu'instinct de persévérer dans son être, notre part d'animalité). Comme l'amour de soi (la sacralisation de l'homme) est le moteur de l'homme moderne, on peut dire qu'il n'est plus de pensée (et que nous ne faisons pas souvent l'homme de nos jours). Voilà, je ne vois pas bien comment nous pourrions inverser la tendance. Et c'est pourquoi j'affirmais (précisément, puisqu'on ne peut rien faire d'autre (5)), que l'Europe est morte. Elle est morte-vivante en tout cas. Elle ne subsiste que dans son nihilisme. Nous sommes les enfants de Dangeau, pour ceux qui connaissent cette admirable satire de Boileau. Mais nous ne le savons plus car l'idée même d'héritage nous répugne. Notre amour de nous-mêmes nous conduit à refuser d'être redevable de quoi que ce soit à de quelconques ancêtres, à un quelconque passé. D'où notre lâcheté (d'aucuns diront, de manière, à mon sens, restrictive, notre dhimmitude) actuelle.
J'ai dit que l'Europe était morte, il faut que je m'en explique.
J'entendais que son esprit est mort. Le sens passionné de la vérité, que l'Europe a porté aux nues jusqu'à en faire une civilisation, est mort. La pensée est morte. Du moins elle est bien rare. Le sens de la vérité s'est dévoyé en relativisme radical (notez l'aporie : le relativisme comme certitude), lequel a bien peu à voir avec cet autre relativisme, qui, bien compris, était le moteur de notre civilisation (lire Rémi Brague : Europe: la voie romaine. L'auteur montre que si l'on définit fréquemment l'identité de l'Europe par les sources grecque, judéo-chrétienne, romaine qui l'ont nourrie, on devrait néanmoins davantage insister sur l'influence de cette dernière. Et ce, moins par le contenu de ce qu'elle a transmis à l'Europe que par une attitude, une capacité et une conscience à s'approprier, sans l'assimiler, l'étranger, attitude que Brague traduit par le concept de « secondarité culturelle » : comme il l'écrit si bien, la culture n'est pas « le poids de l'appartenance » mais le résultat d'un effort, « une fin conquise de haute lutte » - la cultura animi des latins, celle de Cicéron (1). Elle est (ou devrait être) toujours devant nous. Pas en nous.).
L'hitlérisme et le stalinisme ne sont pas des accidents, au cours de la longue histoire de l'Europe, comme vous semblez les considérer.
L'hitlérisme et le stalinisme (ou, pour parler dans les termes de l'époque, les deux socialismes, le national et l'international), ces idéologies abominables, me semblent des symptômes de notre déliquescence, des conséquences de l'appauvrissement de notre capacité à penser, de notre refus de Dieu (notre « tentation prométhéenne », comme diront d'autres).
Vous me rétorquerez peut-être que toute idéologie est faite de certitudes ; lors, que vous ne voyez pas bien le rapport de cause à effet entre le relativisme radical et l'idéologie. Mais l'idéologie (concept récent, sans doute) est le produit nécessaire du scepticisme de l'époque moderne (2).
Pour le dire autrement : on peut distinguer le nihilisme actif qu'étaient ces idéologies, du nihilisme passif dans lequel nous vivons. Et lorsqu'on cherche à sortir de ce nihilisme second, c'est presque immanquablement pour retomber dans le nihilisme actif. J'en veux pour preuve qu'à la justice nous préférons l'« engagement »; qu'à la vérité nous préférons la « cause »; qu'en place de principes nous parlons de « valeurs » ; que nous ne sommes plus des penseurs, mais au mieux (au pire donc) des « intellectuels » (3).
Ainsi, s'il n'est désormais de vérité qu'humaine (postulat des sceptiques), alors il n'est plus de vérité. Car rien de supérieur, de transcendant, ne vient instituer et enraciner notre présence au monde. Hommes auto-divinisés, auto-sacralisés, nous sommes juge et partie. Nous n'avons plus de critère pour discriminer le vrai du faux (sinon celui du vérifiable). Dans ce monde d'opinions (hors la sphère scientifique qui procède par vérifications), nous sommes condamnés à affirmer. C'est à celui qui affirmera avec le plus de vigueur, avec la voix la plus forte. C'est à celui qui gueulera le plus fort, avec ses tripes ou autre chose, si ça lui chante et s'il en est pourvu. Cela nous rassure, cela nous donne l'illusion de combler ce grand vide d'un monde qui n'est plus Création, l'œuvre d'un Dieu qui nous a fait à son image (avec les devoirs que suppose cette modalité de notre être). Cela donne l'illusion de maîtriser quelque chose, à défaut de se maîtriser soi (la maîtrise de soi, « un homme, ça se contient » (4), c'est ce qui fait l'humanité de ces étranges animaux que nous sommes). La pensée, par nature, s'oppose à l'amour de soi (lequel n'est qu'instinct de persévérer dans son être, notre part d'animalité). Comme l'amour de soi (la sacralisation de l'homme) est le moteur de l'homme moderne, on peut dire qu'il n'est plus de pensée (et que nous ne faisons pas souvent l'homme de nos jours). Voilà, je ne vois pas bien comment nous pourrions inverser la tendance. Et c'est pourquoi j'affirmais (précisément, puisqu'on ne peut rien faire d'autre (5)), que l'Europe est morte. Elle est morte-vivante en tout cas. Elle ne subsiste que dans son nihilisme. Nous sommes les enfants de Dangeau, pour ceux qui connaissent cette admirable satire de Boileau. Mais nous ne le savons plus car l'idée même d'héritage nous répugne. Notre amour de nous-mêmes nous conduit à refuser d'être redevable de quoi que ce soit à de quelconques ancêtres, à un quelconque passé. D'où notre lâcheté (d'aucuns diront, de manière, à mon sens, restrictive, notre dhimmitude) actuelle.
- Sur ce point, lire aussi La crise de la culture, d'Hannah Arendt.
- Je ne me sens pas la capacité intellectuelle de retracer ici (ni ailleurs) une généalogie du scepticisme de l'époque moderne. Il se développe à la Renaissance (voir Pic de la Mirandole), il existe dans le nominalisme (Occam), voire il remonte peut-être à l'idéalisme platonicien.
- Nous ne sommes plus, en tant qu'hommes, des penseurs. Et nous nous déchargeons de cette faculté commune sur des professionnels, les « intellectuels ».
- « Un homme, ça se contient » ou « ça se retient », disait le maître d'école de Camus.
- Fatalement, si j'ose dire, puisque mes tentatives de penser se réduiront à n'être plus que l'expression d'une opinion face à de multiples autres, toutes égales.
mardi 18 mai 2010
Comment je suis devenu hippophage
Hippophagie : emploi de la viande de cheval dans l'alimentation humaine.
(Wiktionnaire)
Mes lecteurs se rappellent que, contrairement à Éric Timmermans qui proposait de boycotter la chaîne de fast-food Quick, dont huit restaurants sont passés au « halal », je suggérais au contraire de soutenir ses burgers à base de porc (ex : Quick'n Toast).J'avais appelé cette politique la « Reconquicksta » : convaincre les dirigeants de Quick, en bouffant du porc, qu'ils n'ont aucun intérêt commercial à chausser des babouches.
Mais tout croisé ayant ses accès de faiblesse (certains ont bien failli piller Venise, avant d'aller mettre Constantinople à sac), j'ai fini par me lasser de cette stratégie.
D'ailleurs, je ne crois pas l'avoir commencée, n'allant jamais manger chez Quick.
Bref, j'ai compris, la sédentarisation parisienne et l'embonpoint subséquent aidant, qu'il fallait changer de méthode. Qu'il fallait « essayer autre chose ». J'ai donc décidé de manger autre chose que du porc, quitte à « reconquickster » plus tard.
J'étais en quête d'une idée, quand j'ai reçu le courriel qui suit, et qui a conduit à une correspondance édifiante. Il s'agit, au départ, de la lutte contre l'hippophagie, c'est-à-dire le fait de manger du cheval :
LUTTE CONTRE L'HIPPOPHAGIE
NON ! UN CHEVAL CA NE SE MANGE PAS !
Obtenez un autocollant gratuit en écrivant à :
AEC
Résidence La Pléiade
98, rue de Canteleu
59000 LILLE
Joindre une enveloppe timbrée pour le retour du courrier.
Merci aussi de visiter les sites :
http://aec89.site.voila.fr
http://www.dailymotion.com/apocalipsflo/video/xan6v_hippophagie
http://www.reseaulibre.net/rage/video3.html
REJOIGNEZ LE GROUPE SUR :
http://www.facebook.com:80/group.php?gid=63542203218
Faites passer le message à vos amis.
Amitiés.
AEC.
Curieux, bien qu'assez peu concerné (je ne mange pas de cheval, ni n'en fais), je réponds ceci :
Pourquoi ne pourrait-on pas manger du cheval ?
(Je précise que je n'en mange pas.)
J'attends des arguments, pas des sentiments.
La suite est à lire ci-dessous (attention, c'est du lourd, comme on dit) :
Mon correspondant : Le cheval, comme le chien et le chat est un animal de compagnie. On ne mange pas les animaux de compagnie. Comme on ne mange pas les chiens, ni les chats, il est très facile de comprendre que le cheval ne se mange pas.
Moi : Vous ne prouvez nullement en quoi l'on ne devrait pas avoir le droit de manger son chien ou son chat, ce qui se fait dans le sud de la Chine. Encore une fois : je ne mange pas de cheval, mais je ne vois aucune raison valable d'interdire aux autres de le faire. Pourquoi ne feriez-vous pas comme moi : laisser chacun bouffer ce qu'il veut, sans emmerder le monde ?
Mon correspondant : Non. Ce que font les sauvages chinois [sic] est ignoble et ce n'est sûrement pas un exemple à suivre.
Moi : En quoi est-ce ignoble ? C'est là que votre argumentation pèche cruellement...
Mon correspondant : Si vous n'avez aucun sens de la Civilisation, du Respect, du Comportement Ethique que l'Humain à [sic] le Devoir de prodiguer envers l'Environnement et les Animaux qui l'entourent, alors on ne peut rien faire pour vous. Faut dire que dans les contextes d'Immoralité et d'Inhumanité dans lesquels nous vivont [sic] actuellement, cela ne nous étonne guère......
Moi : Épargnez-moi vos sensibleries majusculées, je vous prie.
Vous n'avez toujours pas dit pourquoi manger du bœuf serait acceptable, et pas du cheval.
À moins que vous ne prôniez le végétarianisme ? Ça aurait au moins le mérite d'être cohérent, à défaut d'être convaincant.
Mon correspondant : Oui, effectivment [sic], le Végétarisme est absolument l'Avenir de l'Humanité. En attendant commençons déjà par respecter les Animaux de Compagnie.
Moi : Bon, prochain resto que je me fais, je choisis un endroit où je peux me taper un bon tartare de canasson, moi. Ça me permettra de fêter dignement le Galop 2 que j'ai obtenu à 12 ans.
Roman Bernard
mercredi 12 mai 2010
Retrouvez la revue de presse internationale « Djihad et islam militant » sur Pearltrees
Toutes les bonnes choses ayant une fin, le 46e et dernier article de la revue de presse internationale d'Éric Timmermans consacrée au djihad et à l'islam militant est paru ce matin. Cette revue de presse a suscité l'intérêt de la rédaction d'Agoravox, qui a repris l'article sur le Noël sanglant des coptes en Égypte. Pour éviter la dispersion des 46 articles, je les ai tous regroupés dans un pearltree que vous pouvez consulter ci-dessous :
Pour savoir comment et pourquoi utiliser Pearltrees, lire mon article didactique :
« Pearltrees et le "schéma actantiel" »
Roman Bernard
Pour savoir comment et pourquoi utiliser Pearltrees, lire mon article didactique :
« Pearltrees et le "schéma actantiel" »
Roman Bernard
Rappel : pétition de soutien au sénateur belge Alain Destexhe
En guise de conclusion à cette revue de presse internationale consacrée au djihad et à l’islam militant, nous nous permettons d’appeler une nouvelle fois toutes les personnes soucieuses de préserver la liberté d’expression, l’une des traditions occidentales et européennes les plus fondamentales, à signer la pétition en faveur du sénateur libéral (MR) belge Alain Destexhe. Celui-ci mène un combat contre l’ « islam réac » que nous avons évoqué par deux fois sur Criticus, en novembre 2009 et en février 2010. Vous remarquerez que, désormais (après avoir été plus de 600 à signer de nos noms complets), les noms de famille des pétitionnaires sont occultés, au risque de faire perdre de la valeur à la pétition. L’on était en droit de craindre des pressions politiques, des menaces ou une volonté de nuire à la pétition, mais non. Après demande d’information auprès du site Lapetition.be, il semble que la décision d’occulter les noms de famille des pétitionnaires a été prise à la demande de certains signataires des différentes pétitions présentées sur ce site. Pour ma part, il n’a jamais fait de doute que signer une pétition signifiait entrer dans le débat public. Il semble qu’il n’en soit plus ainsi aujourd’hui. Nous voilà donc rentrés dans l’ère de la pétition anonyme, de la résistance feutrée et des « cyberguerriers ». Je ne sais si tout cela fera le poids face à des adversaires aguerris et n’hésitant pas à lutter à visage découvert, mais par principe j’en appelle néanmoins à signer cette pétition à laquelle on peut accéder en cliquant ici. Merci.
Éric Timmermans
Éric Timmermans
mardi 11 mai 2010
Québec, France : Djemila Benhabib « à contre-coran »
1. Djemila Benhabib en quelques lignes
Djemila Benhabib est née en 1972 en Ukraine, de mère chypriote grecque et de père algérien. Issue d’une famille de scientifiques « engagée dans les luttes politiques et sociales » (sic), Djemila Benhabib a grandi à Oran (Algérie). Elle prend très tôt conscience de la condition subalterne de la femme musulmane, notamment en Algérie, et choisit la voie de la contestation. Cela lui vaut d’être condamnée à mort par les islamistes. Sa famille se réfugie en France en 1994. Djemila Benhabib s’installe finalement au Québec, seule, en 1997, où elle fait des études de physique, de sciences politiques et de droit international. Elle travaille actuellement pour le gouvernement du Canada et fait notamment campagne contre la politique démissionnaire dite d'« accommodement raisonnable » qui, par laxisme, fait aujourd’hui le lit de l’islam militant au Canada comme dans tant d’autres pays d’Occident.
2. Intervention de Djemila Benhabib au Sénat français
De l’intervention de Djemila Benhabib au Sénat français, effectuée le lundi 30 novembre 2009, nous retiendrons les quelques passages suivants :
3. « Ma vie à contre-coran »
Certes, l’on peut ne point se reconnaître dans la totalité des choix idéologiques de Djemila Benhabib, qui se pose d’emblée en féministe et en progressiste, mais l’on ne peut que saluer son courage et vouloir, pour peu que l’on soit un tant soit peu attaché à la liberté d’expression, la soutenir dans son combat contre le totalitarisme islamiste. Pour ce faire, il est possible d’acquérir son ouvrage dont je ne saurais trop recommander la lecture :
Ma vie à contre-coran : Une femme témoigne sur les islamistes
Éric Timmermans
Sources :
Djemila Benhabib est née en 1972 en Ukraine, de mère chypriote grecque et de père algérien. Issue d’une famille de scientifiques « engagée dans les luttes politiques et sociales » (sic), Djemila Benhabib a grandi à Oran (Algérie). Elle prend très tôt conscience de la condition subalterne de la femme musulmane, notamment en Algérie, et choisit la voie de la contestation. Cela lui vaut d’être condamnée à mort par les islamistes. Sa famille se réfugie en France en 1994. Djemila Benhabib s’installe finalement au Québec, seule, en 1997, où elle fait des études de physique, de sciences politiques et de droit international. Elle travaille actuellement pour le gouvernement du Canada et fait notamment campagne contre la politique démissionnaire dite d'« accommodement raisonnable » qui, par laxisme, fait aujourd’hui le lit de l’islam militant au Canada comme dans tant d’autres pays d’Occident.
2. Intervention de Djemila Benhabib au Sénat français
De l’intervention de Djemila Benhabib au Sénat français, effectuée le lundi 30 novembre 2009, nous retiendrons les quelques passages suivants :
- « En 1984, l’Algérie adopte un code de la famille inspiré de la charia islamique. J’ai 12 ans à cette époque. Brièvement, ce code exige de l’épouse d’obéir à son mari et à ses beaux-parents, permet la répudiation, la polygamie, destitue la femme de son autorité parentale, permet à l’époux de corriger sa femme et en matière d’héritage comme de témoignage, l’inégalité est érigée en système puisque la voix de deux femmes équivaut à celle d’un homme tout comme les parts d’héritage. »
- « De la religion, de l’islam en l’occurrence et de son instrumentalisation. Pour refuser un mariage arrangé, le port du voile islamique ou encore pour avoir demandé le divorce, porté un pantalon, conduit une voiture et même avoir franchi le seuil de la porte sans la permission du mâle, des femmes, tant de femmes subissent la barbarie dans leur chair. Je pense en particulier à nos sœurs iraniennes qui ont défilé dans les rues de Téhéran pour faire trembler l’un des pires dictateurs du monde : Ahmadinejad. »
- « La pire condition féminine dans le globe, c’est celle que vivent les femmes dans les pays musulmans. C’est un fait et nous devons le reconnaître. »
- « Il y a aussi ce courant de pensée relativiste qui prétend qu’au nom des cultures et des traditions nous devons accepter la régression, qui confine l’autre dans un statut de victime perpétuelle et nous culpabilise pour nos choix de société en nous traitant de racistes et d'islamophobes lorsque nous défendons l’égalité des sexes et la laïcité. C’est cette même gauche qui ouvre les bras à Tarik Ramadan pour se pavaner de ville en ville, de plateau de TV en plateau de TV et cracher sur les valeurs de la République. »
- « L’islamisme politique n’est pas l’expression d’une spécificité culturelle comme on prétend ça et là. C’est une affaire politique, une menace collective qui s’attaque au fondement même de la démocratie en faisant la promotion d’une idéologie violente, sexiste, misogyne, raciste et homophobe. Nous avons vu de quelle façon les mouvements islamistes, avec la complicité, la lâcheté et le soutien de certains courants de gauche cautionnent la régression profonde qui s’est installée au cœur même de nos villes. Au Canada, nous avons tout de même failli avoir les tribunaux islamiques. »
- « Le voile islamique est souvent présenté comme faisant partie de l’"identité collective musulmane". Or, il n’en est rien. Il est l’emblème de l’intégrisme musulman partout dans le monde. S’il a une connotation particulière, elle est plutôt politique, surtout avec l’avènement de la révolution islamique en Iran, en 1979. »
3. « Ma vie à contre-coran »
Certes, l’on peut ne point se reconnaître dans la totalité des choix idéologiques de Djemila Benhabib, qui se pose d’emblée en féministe et en progressiste, mais l’on ne peut que saluer son courage et vouloir, pour peu que l’on soit un tant soit peu attaché à la liberté d’expression, la soutenir dans son combat contre le totalitarisme islamiste. Pour ce faire, il est possible d’acquérir son ouvrage dont je ne saurais trop recommander la lecture :
Ma vie à contre-coran : Une femme témoigne sur les islamistes
Éric Timmermans
Sources :
- « Une Québécoise face à l’islamisme », LExpress.fr, 25 novembre 2009, 12h49
- « Mission parlementaire sur le voile intégral », par Djemila Benhabib — Lettre lue au Palais du Luxembourg, le vendredi 13 novembre 2009, lors de la journée « Femmes debout » organisée par Femmes solidaires et la Ligue du droit international des femmes
lundi 10 mai 2010
Oumma : perpétuation de la pratique des mariages forcés
- Arabie saoudite (Bouraïda, nord de Riyad) : un père a obligé sa fille, âgée de 12 ans, à épouser un octogénaire déjà marié trois fois, contre le versement d’une dot de 85 000 riyals (16 200 euros). D’après la presse saoudienne, le mariage aurait été consommé. C’est la mère de l’enfant qui a porté l’affaire à la connaissance des médias saoudiens dans le but d’obtenir le divorce pour sa fille. Aussi a-t-elle reçu le soutien d’organisations de défense des droits de l’enfant, et même celui d’un religieux saoudien, le cheikh Abdallah al-Manie, membre du haut comité des oulémas, qui a affirmé clairement que rien ne pouvait justifier ce genre d’union. Mais au début du mois de février, à la surprise générale, la jeune adolescente a renoncé à sa demande de divorce. Menaces ? Pressions du père ? On ne sait. L’avocat de la fillette, devinant sans doute la réalité de certaines pressions, s’est dit « écœuré ». La dernière chance de l’enfant réside peut-être dans une décision prochaine d’une commission saoudienne, dont un comité a été mis en place en janvier dernier pour statuer sur cette affaire. Pour rappel, en 2008, c’est une enfant de huit ans, mariée de force à un homme de 47 ans -ami du père de la fillette et en échange des dettes contractées par le premier envers le second…- qui avait demandé le divorce, le mari refusant, pour sa part, d’invalider l’acte de mariage. La fillette est toutefois parvenue à obtenir le divorce en 2009.
- Yémen : Nojoud Ali, une fillette de huit ans, mariée de force, avait finalement obtenu le divorce à l’âge de 9 ans. Cette affaire a eu des suites heureuses, du point de vue légal, le Parlement yéménite ayant relevé l’âge légal du mariage à 17 ans. Le texte législatif impose aussi le consentement de la future épouse, quel que soit son âge. Un bon pas dans la bonne direction ? Certes, si elle est appliquée : elle attend encore la promulgation (sauf information contraire) du président yéménite Ali Abdallah Saleh. En outre, ce texte est loin de résoudre tous les problèmes, notamment la question des pressions exercées par les parents, et là c’est d’un changement de société et de mentalité dont il devrait être question. Las, la loi est également arrivée trop tard que pour sauver la vie de Fawzia Abdallah Youssef. Mariée de force, Fawzia avait quitté l’école à l’âge de 11 ans pour financer le traitement médical de son père. Elle devait mourir d’une hémorragie à l’âge de 12 ans, en septembre 2009, en mettant son enfant au monde.
- Toulon (France ?) : le 4 novembre 2008, une jeune fille de 18 ans qui refusait un mariage forcé avec un homme âgé de 30 ans et qui, pour cette raison, s’était enfuie de chez elle pour aller vivre avec son petit ami, un lycéen de son âge mais non musulman, a été enlevée et séquestrée par ses parents. Ceux-ci l’ont attirée dehors, enlevée avant de la séquestrer et de la placer sous la garde de ses deux sœurs, respectivement âgées de 16 et 14 ans, qui lui ont lacéré le visage et l’abdomen. Durant la nuit, cependant, la jeune fille est parvenue à prendre la fuite et à se rendre au commissariat de Toulon. Le 7 novembre, la mère et les deux sœurs ont été interpellées et placées en garde-à-vue, puis…remises en liberté sous contrôle judiciaire, avec obligation de pointer au commissariat toutes les semaines… Sans plus.
Éric Timmermans
Sources :
- « Une lycéenne agressée parce qu‘elle refusait un mariage forcé », Elle, N.R., 20 août 2009
- « Arabie Saoudite : A huit ans elle demande le divorce », Elle, S.P., décembre 2008
- « Arabie Saoudite. La jeune fille de huit ans obtient le divorce - La charia ou la Loi», Élise Mbock, ScenePublique.com, 4 mai 2009
- « Une fillette saoudienne renonce à divorcer d’un octogénaire », Elle, 2 février 2010
- « Yémen : Plus de mariage pour les jeunes filles de moins de 17 ans », Elle, F.B., 26 février 2009
- « Mariage forcé : une petite fille de 12 ans meurt en couches », Elle, S.P., 14 septembre 2009
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