Bonjour B. C.,
Tu as raison, le français n'est pas la seule alternative à l'anglais: il y a aussi l'arabe, le chinois, l'espagnol et le russe...bref, le tout constitue les six langues officielles de l'ONU et il serait temps que ces six langues, plus le portugais (Brésil émergent oblige) y soient réellement promues. Tu l'as donc compris, je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit Claude Hagège dans
cet article du
Figaro: mais il n'a rien d'"ultra-patriotique".
Il est internationaliste au bon sens du terme, et sans se limiter à ne voir que "compétition entre les nations", il récuse l'idée d'une "culture mondiale" dominée par un anglais simplifié. Je m'en réjouis.
Je ne suis pas non plus d'accord avec tout ce que dit, fait et propose Nicolas Sarkozy. Je suis de plus ouvert au débat sur ce candidat (et d'autres). Je n'ai pris ma décision définitive de voter pour lui que le 20 mars, date de la publication officielle de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel.
Auparavant, et ce depuis septembre 2006, j'ai pris le soin de lire, écouter et regarder une palette très large de médias (de
Libération et du
Nouvel Observateur au
Figaro et au
Point, en passant par
Radio France,
TF1,
France Télévisions,
L'Express,
Le Monde, etc.) J'ai également comparé les programmes et j'ai été attentif à tous les débats des pages "Opinions".
Je n'ai arrêté mon choix qu'en fonction d'une seule exigence: quel candidat, une fois parvenu au pouvoir, saura le mieux redresser la France? (excuse ma "réac' attitude", mais moi, j'aime la France)
Après avoir beaucoup réfléchi, en me disant quand même que j'aurais sans doute préféré que le candidat de l'UMP soit Dominique de Villepin, j'ai conclu que le seul candidat apte à redresser la France donc, était Nicolas Sarkozy. Je te remercie de vouloir m'éclairer, mais ma décision est déjà prise.
Et ce n'est certainement pas le fameux "dossier" paru dans
Marianne, mal écrit, prétentieux, fait de rumeurs et de bruits de couloirs, qui me fera changer d'avis. Il y a trois choses (parmi tant d'autres!) scandaleuses dans ce brûlot unilatéral et haineux: d'abord,
Marianne essaie de faire croire, en tant que "dernier vestige de la presse libre" (pour qui se prennent-ils?!), qu'il est le premier medium, une semaine avant le premier tour, qui ait osé dévoiler "le vrai Sarkozy". C'est inexact et ne trompe personne: comme si les médias n'avaient jamais ouvertement critiqué Sarkozy! Pour preuve, je te donnerai juste les intitulés des programmes présidentiels mis en ligne sur le site de
Libération: "Nicolas Sarkozy, tonton flingueur libéral" opposé à "Ségolène Royal, femme battante". Je crois que cela est suffisamment éloquent pour faire douter de la bonne foi de
Marianne. Bonne foi, de plus, qui est invérifiable: dans tout son réquisitoire véhément, l'équipe de Jean-François Kahn ne donne aucune preuve tangible de ce qu'elle avance. Des rumeurs et des bruits de couloir, donc, mais aussi, et surtout, des parallèles sans fondement entre Sarkozy, Bush, Pinochet, Franco, Berlusconi, Haider... Un amalgame au mépris des victimes des vrais dictateurs.
Troisième, dernier, et incontestable motif de colère devant ce pamphlet impitoyable:
Marianne, ainsi que d'autres médias tels que
Charlie Hebdo, reproche à Sarkozy de jouer sur les peurs des Français.
Mais qui essaie de faire peur dans cette campagne? N'est-ce pas, à une semaine du premier tour, ces démocrates ou prétendus tels, conscients que Nicolas Sarkozy est favori à l'élection présidentielle, qui laissent entrevoir un danger de dictature s'il venait à être élu? Qui, de facto, se posent dès l'abord du scrutin en annonceurs de catastrophes, pour ensuite se faire justice de nous avoir bien "avertis"?
N'essaient-ils pas de justifier les émeutes anti-démocratiques qui risquent en effet de survenir si Sarkozy l'emporte, ou s'ils ne les justifient pas, de faire peur à l'électorat modéré, effrayé par le désordre?
Ce libelle insultant est inacceptable, mais j'ose espérer que, le 6 mai, les Français ne s'y tromperont pas.
En ce qui me concerne, je voterai pour Nicolas Sarkozy parce que je veux, après avoir constaté les bienfaits de l'économie libérale lors des mes voyages en Amérique du Nord, que la France devienne enfin un pays libéral, où le travail, le talent et la prise de risque seront justement rétribués.
Que l'Europe, qui est certes notre avenir commun, n'oublie pas qu'elle est un sous-ensemble de la civilisation occidentale, et qu'à ce titre, sa politique doit renforcer les liens existant avec ses alliés naturels: les États-Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud. Si la politique de l'Europe était davantage conciliante à l'endroit des États-Unis, peut-être pourrions-nous mieux nous protéger contre le danger effectif d'américanisation des cultures européennes. Tout simplement parce qu'en nous voyant enfin comme des amis dont ils ont besoin et non comme des concurrents, les Américains seront enfin plus sensibles à notre exigence de diversité linguistique et culturelle.
Nicolas Sarkozy est le seul candidat qui ait pris conscience de la nécessité de ce rapprochement.
C'est aussi, enfin, le seul candidat dont la pratique politique (et non la posture dans laquelle se complaisent Ségolène Royal et François Bayrou) défende réellement les idéaux qui furent jadis ceux de la gauche et que cette dernière a abandonnés à la droite: la République, la méritocratie, le travail.
C'est donc pour toutes ces raisons, parmi d'autres, que je voterai, le 6 mai, pour Nicolas Sarkozy.
Par ailleurs, je comprends ton hostilité à son encontre (sache que, si je vote pour lui, je n'aime pas pour autant le personnage) et donc que tu votes pour Ségolène Royal. C'est ton droit. Je le respecte.
Roman Bernard