mardi 29 mai 2007

"Opération Pinocchio" (ou comment se foutre ouvertement de la gueule du monde...)

Lu sur La Dépêche du Midi.

Les candidats Verts aux législatives mèneront le week-end prochain l'"Opération Pinocchio" pour dénoncer tous les responsables politiques qui se disent écologistes mais dont les actes sont en décalage "flagrant" par rapport aux intentions affichées, ont-ils annoncé mardi.

L'article est à lire ici

Je vous propose un bon exemple de "décalage flagrant entre les actes par rapport aux intentions affichées". Allez voir un peu plus bas et la vidéo "le vélo de Mamère".

Timothé M.

lundi 28 mai 2007

On croit rêver...

...et pourtant les faits sont là, têtus (sans jeu de mots). Il s'est déroulé ces derniers jours, à Paris, un championnat gay et lesbien de natation. Le cauchemar.
Plutôt que de chercher à formuler une critique immédiate -les motifs de colère sont innombrables et leur afflux soudain fausserait mon jugement-, il me faut d'abord vous décrire quelle a été ma réaction, moi qui ai pratiqué l'aviron à un certain niveau pendant plusieurs années.
Avant même de penser au séparatisme identitaire que cette manifestation implique -malgré la liberté concédée aux hétérosexuels de participer-, je me suis interrogé sur l'utilité sportive qu'il y avait à organiser une telle compétition. À ma connaissance, les autres ne sont pas interdites aux homosexuels.

Pourquoi, alors, en créer une dont l'intitulé même associe le sport, qui est l'activité universaliste par excellence, et une revendication à caractère communautariste?

Oui, pourquoi? Pour promouvoir les valeurs et l'identité de la communauté homosexuelle, nous dit-on dans cet article de Rue 89. (qui devient, de fait, mon anti-source d'informations!)
Je suis tout à fait favorable au fait qu'une communauté, qu'elle se reconnaisse par une pratique religieuse ou une orientation sexuelle, tienne à être respectée en tant que communauté.

En revanche, je suis absolument opposé à ce que ces mêmes communautés, sous couvert d'affirmation et d'auto-promotion, utilisent l'espace public à des fins de prosélytisme. Le sport, je le répète, est universaliste par essence, et ne doit par conséquent être soumis à aucune pression communautariste. Que les hétérosexuels soient autorisés à concourir ne change d'ailleurs rien au problème. Ce qui est inquiétant, c'est qu'avec des entreprises de cet ordre, la tentation va être grande, pour chaque communauté, de créer ses propres compétitions, comme certains voudraient que chacune puisse créer ses propres institutions, ce qui a été envisagé au Canada.

J'aimerais juste savoir, dans l'esprit des laudateurs d'entreprises de cet ordre, comment il va être possible d'assurer un réel vivre-ensemble si chaque communauté ne voit rien de mieux, pour s'affirmer, que d'organiser une manifestation à sa gloire.
Je me permets d'apporter ma propre réponse au préalable. La société qui se profile, si les pressions communautaristes se multiplient, sera celle du repli sur soi, de la peur et de la violence. Dans ce domaine comme dans d'autres, les bonnes intentions ne constituent pas une excuse.

Il est plus que temps de faire comprendre la nécessité qu'il y a, pour chaque communauté, à s'adapter aux valeurs que porte la société à laquelle elle est censée participer, plutôt que de laisser progressivement l'intérêt général s'effacer devant le chantage des groupes de pression.

À bon lecteur.

Roman Bernard

Droite Park

Allez, je referme cette séquence vidéo avec celle-ci, ancienne elle aussi (désolé encore!) mais qui à ma connaissance a (un peu) moins circulé...

Roman Bernard

Juste pour le plaisir...

Criticus, encore dans son enfance, n'existait pas quand Noël Mamère, l'écologiste bien connu, indigna la France entière en étant pris en flagrant délit de mensonge. Il fallait bien que notre blog fasse honneur à cette vidéo, juste pour le plaisir... Désolé mais c'est plus fort que moi...



Roman Bernard

jeudi 24 mai 2007

Nouvelle "fausse-vraie" manif de droite

Décidément, Rue 89 est, malgré des prises de position contestables, un blog d'information de tout premier plan. C'est en effet grâce aux anciens de Libé que j'ai pu découvrir une nouvelle version des "manifs de droite", quatre ans après le premier épisode dont nous diffusons également la vidéo.



Cette fois, les faux intermittents réagissent à l'élection de Nicolas Sarkozy. Moins bon que les dernières manifs tout de même...

Roman Bernard & Timothé M.

Réaction à un article de "Rue 89"

J'ai découvert avec intérêt Rue 89, le blog des anciens de Libération. Bien que ne partageant pas les conceptions politiques de ses rédacteurs, je dois reconnaître que c'est, à mon sens, le meilleur blog d'information en langue française actuellement.

Cela tient au fait qu'il est écrit par des journalistes, ce qui renforce chez moi l'idée que l'information doit être l'affaire de professionnels. Cela m'est d'ailleurs confirmé par la formation au journalisme que je suis depuis maintenant un an.

J'ai toutefois eu le déplaisir de tomber, au hasard de ma visite, sur cet article qui traite de l'opposition d'une communauté évangélique luthérienne allemande à la transformation de son temple en une synagogue. Je suis agnostique, et ce n'est donc pas sur un plan religieux que je m'oppose à cet article. Quoiqu'il soit étonnant que le journaliste prenne fait et cause pour la communauté juive au lieu d'adopter le ton qui convient, c'est-à-dire celui de la neutralité, il est en revanche insupportable qu'il qualifie Luther, l'inspirateur de la Réforme protestante, de "plus grand antisémite de son temps". Voici la réaction à l'article que j'ai postée, au nom de Criticus:

Bonjour,

J'aimerais réagir au groupe nominal suivant:

"Luther, le plus grand antisémite de son temps"

C'est une accusation grave. Quand on accuse, il faut des preuves. J'aimerais donc juste savoir en quoi, selon l'auteur de cet article, Luther était "antisémite".

Le concept même d'antisémitisme a été formé au XIXe siècle, et ne s'applique donc pas rétroactivement au XVIe. En l'occurence, le terme exact serait "antijudaïque" et non "antisémite".

De grâce, cessez de chercher dans le passé lointain des maux qui relèvent du présent ou du passé proche.

Cela n'apporte rien à la connaissance historique ni même à la réflexion sur le monde contemporain de traquer les vices de notre temps dans l'Histoire, qui par nature doit être étudiée sans émotion et donc sans idéologie.

Que je sache, aucun historien sérieux en Europe ne remet en cause l'apport des Grecs à la formation de notre culture. Faudrait-il cependant, en appliquant le même type de raisonnement que celui qui est utilisé pour faire de Luther un "antisémite", voir dans les Hellènes des criminels contre l'humanité au prétexte que ceux-ci, comme toutes les civilisations antiques, pratiquaient l'esclavage?

Merci de cesser d'attiser cette guerre des mémoires.


Roman Bernard

mardi 8 mai 2007

"La campagne du net"

Diffusé sur Arte mais aussi sur internet toute la semaine, ce documentaire revient sur le rôle d'internet et des blogueurs dans la campagne présidentielle.



La campagne du Net : diffusion gratuite sur Arte.tv


Recommandé par des Influenceurs


Les réactions à chaud sont chez Versac.

Timothé M.

lundi 7 mai 2007

Aberration.fr

Par distraction plus que par intérêt intellectuel, je me suis amusé à naviguer sur les sites des journaux qui avaient ostensiblement appelé à voter pour Ségolène Royal.

Le Monde, comme à son habitude, a su coller avec la pensée dominante du moment. Alors qu'il soutenait officiellement Madame Royal la semaine dernière, dans un éditorial où il évoquait peut-être abusivement l'antagonisme de "deux France", Jean-Marie Colombani a cette fois exhorté l'ensemble des responsables politiques français à "Changer", ce qui constitue précisément l'idée-force de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Moins prompt que Le Monde à l'allégeance et à la déférence au nouveau pouvoir, Libération continue à faire tourner son fonds de commerce anti-sarkozien.

Illustration -parmi d'autres- du refus du quotidien de gauche d'assumer la défaite de la candidate qu'il a soutenue contre vents et marées -quitte à se découvrir subitement une passion pour le patriotisme français ou la souveraineté du Québec-, cet article écrit par le politologue Paul Alliès analyse la victoire sans ambages de Nicolas Sarkozy comme "le triomphe du bonapartisme".

Rien de choquant jusqu'à ce qu'on lise les leçons politiques que la gauche française devrait selon lui tirer de l'échec de Ségolène Royal.

Elle doit pour lui rompre avec la Ve République car "abandonner la Ve République, c'est tourner la page d'un régime marqué du sceau de l'empire colonial et de l'indifférence à la construction d'une Europe politique" (sic!).

J'avais à peu près tout lu, entendu et vu en termes de mauvaise foi dans la campagne.

Mais voilà que l'après-campagne, qui devrait pourtant conduire à un rassemblement de tous les Français autour de celui que la majorité d'entre eux a choisi pour présider pendant cinq ans aux destinées de la France, montre une gauche si incapable d'accepter la défaite qu'elle en vient à accuser les institutions!

Celles-ci sortent pourtant renforcées par ce scrutin qui a montré une forte bipolarisation du jeu politique entre un pôle libéral-conservateur et un pôle opposé dont on désespère avec Dominique Strauss-Kahn qu'il devienne un jour social-démocrate.

Mais cet universitaire estime que ce "régime marqué par l'empire colonial" -alors que sa première réalisation a justement été l'indépendance de l'Algérie- et caractérisé par "l'indifférence à la construction d'une Europe politique" -c'est pourtant au début de ce régime honni que le couple franco-allemand, moteur de la construction européenne, a pris son envol avec la signature du Traité de l'Élysée en 1963- est à l'origine de la défaite de la gauche en 2007, et partant, de tous les idéaux dont elle se croit propriétaire.

En 2002, la gauche attribuait sa défaite à l'obsession de la sécurité qui avait selon elle marqué la campagne dans les grands médias. En 2007 c'est donc "la faute à la Cinquième".

Je crains pour les socialistes français que s'ils ne réalisent pas enfin, 48 ans après leurs homologues allemands, leur aggiornamento idéologique, ils ne seront obligés de trouver en 2012 deux coupables de leur nouvelle défaite: eux-mêmes d'abord, parce qu'ils n'auront pas su comprendre le monde tel qu'il est, et la droite ensuite, parce qu'elle ne l'aura que trop bien compris.

Roman Bernard

"Je vous l'avais bien dit!"


C'est ce qu'aurait pu dire la candidate perdante à l'issue du second tour.

Comme elle l'avait prédit vendredi dernier sur les ondes de RTL (voir billet du 6 mai), des violences ont éclaté à la suite de l'annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy. Les forces de l'ordre, les voitures, mais aussi les drapeaux tricolores, ont été victimes de la fureur anti-démocratique de quelques manifestants.

En témoigne cette photo prise à Toulouse par Associated Press (AP) et publiée sur le site du Figaro, où l'on voit des "antisarkozystes" toulousains flétrir le drapeau français après l'avoir décroché de la façade de l'Hôtel de Ville. Des émeutiers qui ne partagent apparemment pas l'amour du drapeau de celle qu'ils auraient pourtant voulu voir l'emporter.

Espérons que cette haine de la République, de la France et du suffrage universel, si elle venait à conduire à d'autres excès de ce genre, serait fermement condamnée par tous les démocrates qui composent notre paysage politique.

Nicolas Sarkozy a été élu par une nette majorité des Français, à l'issue d'un scrutin marqué par une participation massive.

Que ceux qui s'insurgent contre le verdict des urnes cessent donc de se prétendre "démocrates".

Roman Bernard

dimanche 6 mai 2007

Le Mauvais Observateur

Voir le dernier sondage Internet du Nouvel Observateur (à droite en cliquant sur la capture d'écran).



Il est intéressant de voir que l'hebdomadaire propose comme quatrième réaction possible à l'élection de Nicolas Sarkozy: "Le 18 juin, j'appelle de Londres".

Nous osons espérer que l'auteur de cette petite plaisanterie ne veut pas implicitement comparer Nicolas Sarkozy au maréchal Pétain, car c'est ce que cette association douteuse pourrait laisser imaginer. N'oublions pas, d'ailleurs, que c'est du général de Gaulle que le nouveau président de la République se réclame. Passons.

Cette tendance à s'opposer systématiquement au verdict des urnes qui caractérise une certaine gauche depuis 2002 serait acceptable -il est compréhensible que les socialistes regrettent d'avoir choisi si massivement une aussi mauvaise candidate- si ce sondage malfaisant n'avait pas des antécédents. Pour mémoire, après la tuerie de Virginia Tech aux États-Unis, le "Nouvel Obs" avait recueilli 20,36% de votes pour la proposition: "La tuerie de Virginie est moins grave que les massacres en Irak".
Devons-nous rappeler que ce type d'insinuations nauséabondes fut utilisé lors des attentats du 11 septembre 2001, époque à laquelle les États-Unis n'étaient pas présents en Irak ni même en Afghanistan ? Les belles âmes comparaient alors les 2000 morts du World Trade Center aux presque deux millions de Rwandais victimes du génocide de 1994...

Les internautes interrogés avaient aussi été 45% à considérer que les émeutes de la gare du Nord étaient "la faute à Sarkozy". Encore une question hautement indécente.

Mais le clou vient avec la question concernant l'arrestation de Cesare Battisti. 60,94% des sondés y voyaient un "sordide coup électoral" contre 39,06% seulement qui considéraient la capture de cet assassin comme "une mesure de justice normale".

Il est temps de réapprendre aux brebis égarées de Mai 68 le sens du mot "justice".

Roman Bernard & Timothé M.

Une manif' de droite -version longue-

Pour ceux qui avaient aimé la première version, voici la longue.



Encore plus drôle ;-)

Timothé M.

Quand la gauche aux abois légitime la violence


Le Figaro rapporte dans un court article publié ce matin sur son site Internet que 27 voitures ont été brûlées la nuit dernière dans les IIIe, Xe et XVIIIe arrondissements de Paris. Un phénomène peu ordinaire au coeur de la capitale.

Ces exactions ne sont probablement pas sans lien avec le scrutin d'aujourd'hui.

Rappelons que le soir du premier tour, une soixantaine de véhicules avait été incendiée dans le nord-est de Paris, où des incidents sont envisagés par le ministère de l'Intérieur en cas de victoire de Nicolas Sarkozy.

Les auteurs de ces faits étaient liés à la mouvance anarchiste.

Une violence potentielle qu'a utilisée Ségolène Royal vendredi dernier pour faire redouter l'élection du président de l'UMP. Elle a estimé sur les ondes de RTL que "(sa) responsabilité aujourd'hui, c'est à la fois de lancer une alerte par rapport aux risques de cette candidature et par rapport aux violences et aux brutalités qui se déclencheront dans le pays (au cas où Nicolas Sarkozy l'emporterait, ndlr)".

Brandir la menace de violences pour effrayer l'électorat modéré, voilà tout ce que la candidate socialiste aura trouvé pour essayer désespérément d'être élue.

Non seulement ce chantage anti-démocratique prouve-t-il la vacuité du programme de Ségolène Royal -pourquoi ne profite-t-elle pas de son temps de parole limité pour faire des propositions constructives aux Français?-, non seulement intervient-il au dernier jour de la campagne officielle, ce qui est un procédé détestable, mais il relève de la mauvaise foi la plus éhontée: les socialistes n'ont eu de cesse, depuis cinq ans, de reprocher au ministre de l'Intérieur qu'a été Nicolas Sarkozy de construire son ascension politique sur l'exacerbation des peurs des Français.

Gageons que la majorité d'entre eux aura bien compris qui cherche vraiment à les effrayer et ne se fera pas dicter son choix par de prétendues mises en garde.

Roman Bernard

samedi 5 mai 2007

La Francophonie, absent majeur de la campagne présidentielle


J'ai attendu la fin de cette campagne présidentielle pour laisser aux deux candidats, ainsi qu'à tous les éliminés du premier tour, l'occasion de s'exprimer sur la Francophonie avant de conclure que celle-ci était le grand absent de cette élection.

Une fois n'est pas coutume, je ne soutiendrai pas sur ce point Nicolas Sarkozy, malgré une chronique parue dans Le Figaro du 22 mars, promouvant une "francophonie vivante et populaire". À la lecture de cet article, je crois que le candidat de l'UMP, pas plus que tout autre prétendant à la présidence de la République, n'a mesuré l'ampleur de la politique à mener pour défendre ce que nous avons de plus essentiel: la langue française, qui est l'objet de l'admiration des élites culturelles du monde entier et qui constitue, dans le jeu de la mondialisation, à la fois l'atout majeur de la France et son meilleur outil pour conserver sa cohérence sur le plan national.

Je n'encenserai pas non plus Ségolène Royal - quoi de plus naturel!- dans ce domaine, car si elle avait su, le 23 janvier dernier, me toucher sur un sujet cher à mon coeur, en défendant l'idée de "la souveraineté et la liberté du Québec", à l'occasion de la visite d'André Boisclair, chef du Parti québécois (indépendantiste) en France, je ne suis pas sûr que ce soutien du bout des lèvres révélât chez elle une réelle prise de conscience de la nécessité, pour la France, de défendre dans le monde les peuples avec lesquels elle partage cette langue et cette culture qui constituent la raison principale, sinon la seule, de ma fierté d'être un citoyen français.

Je crois surtout que l'appui très modéré de Ségolène Royal à une cause -dont je ne serais pas surpris qu'elle l'ait découverte le matin même- est surtout dû au fait que le Parti québécois, social-démocrate, partage sur de nombreux sujets des vues semblables à celles du Parti socialiste. La candidate du PS a donc, une fois de plus, pensé en termes strictement politiciens un enjeu qui engage l'avenir de la France.

Et, soyons justes, Nicolas Sarkozy, qui essayait sûrement de convaincre chiraco-villepinistes et villiéristes en parlant de Francophonie, n'a pas non plus compris que la défense de la langue française n'est pas un sujet comme un autre.

Pourquoi cette détermination, chez moi, à défendre la langue, alors que celle-ci, me dit-on, s'enrichit des apports extérieurs, et qu'elle n'est pas, partant, menacée?

Tout simplement parce que toute langue, en plus d'être un outil de communication, est aussi un système de valeurs, et que la survie des valeurs universelles de la France est consubstantielle de celle de sa langue. Cette affirmation peut sembler péremptoire, mais les séjours que j'ai effectués au Québec m'ont bien montré que les Québécois -encore eux- ne défendaient bien leur culture que lorsqu'ils lisaient des livres français, formidables vecteurs de nos moeurs et de nos valeurs à travers le monde. Si la langue française venait à disparaître, je ne suis pas certain -je suis même persuadé du contraire- que les écrits des Lumières garderaient toute leur force.

Disparaître en tant que langue majeure, cela ne veut pas dire, dans le cas du français, cesser d'exister. La France, ainsi que la Wallonie et la Suisse romande, resteront francophones au XXIe siècle, car l'américanisation de nos cultures ne saurait s'immiscer jusque dans la conversation courante. Et c'est bien là le piège.

Si la France ne se préoccupe guère de la Francophonie, c'est bien parce que celle-ci est tellement bien implantée en France qu'elle ne peut être un sujet d'inquiétude.

Il serait sans doute louable, sur ce sujet comme sur d'autres questions internationales, d'élever quelque peu le débat et de voir que la menace qui pèse sur la langue française en Afrique et au Canada, couplée au déclin d'une production culturelle française de qualité, ne sera pas sans conséquence sur l'avenir de la France et de ses valeurs, puisque celles-ci ne pourront plus être défendues de par le monde.

Une initiative telle que la création de la chaîne d'information en continu France 24 est évidemment à saluer. Mais pourquoi cette chaîne a-t-elle choisi de limiter sa zone de diffusion en Amérique du Nord à Washington et New York, au lieu de l'étendre au Québec et aux communautés francophones du reste du Canada? Pourquoi, dans le même ordre d'idée, s'obstiner à utiliser, dans les médias notamment, des expressions anglaises comme "golden parachute" quand la traduction française est évidente?

La solution ne viendra probablement pas du (de la) prochain(e) président(e).

Peut-être viendra-t-elle, quand les États membres lui auront accordé davantage de prérogatives et de financements, de l'Organisation internationale de la Francophonie, qui, en plus de promouvoir la langue française dans le monde, plaide pour une redéfinition des rapports Nord-Sud, un sujet sur lequel gauche et droite s'entendent.

Peut-être, enfin, pourra émerger, si, ce que je souhaite, la Francophonie devient un réel acteur du monde multipolaire qui se profile, un "Commonwealth à la française"...réponse en 2012?

Roman Bernard

Retour sur la question du drapeau et de l'hymne


C'est peut-être la proximité du second tour, mais je me suis soudain rappelé qu'au moment où Ségolène Royal avait, pour contrer Nicolas Sarkozy sur le thème de l'identité nationale, invité ses militants à entonner la Marseillaise à la fin des meetings et à arborer le drapeau tricolore le jour de la Fête nationale, certains "ségolistes" de mon entourage s'étaient emparés de l'occasion pour m'appeler à voter pour la candidate socialiste, au nom des idéaux républicains et patriotiques qui sont les miens.
À l'époque, j'avais répliqué, et je le fais à présent sur Criticus, que les socialistes, après des années de dénigrement de l'idée de nation, étaient bien mal inspirés de vanter à nouveau les mérites du patriotisme, quelques semaines avant l'échéance électorale et parce que ce thème était rentable dans les sondages.

J'avais aussi évoqué le cas de pays très prompts à afficher leurs drapeaux, comme les pays scandinaves, dont l'identité nationale est pourtant largement folklorique aujourd'hui...si les Danois, les Suédois ou les Norvégiens sont si fiers de leur drapeau, c'est peut-être parce qu'ils n'ont plus d'autre raison de l'être...ils sont en voie d'anglicisation accélérée, et je ne vois pas ce qu'il y aurait d'enviable à développer, comme dans ces pays, un patriotisme de façade qui chercherait à masquer la disparition de la nation...une nation, ce n'est pas un drapeau, que je n'affiche jamais, un hymne, que je n'entonne que très rarement, ou encore une Fête nationale, à laquelle je ne participe qu'épisodiquement, mais une langue, une culture, des valeurs, et c'est cela que nous devons défendre.

Le Parti socialiste, plutôt que d'exhiber subitement des symboles nationaux qu'il méprise depuis plusieurs décennies, devrait plutôt se demander pourquoi le patriotisme est une valeur importante pour les Français et quelles sont les causes de cette demande de réaffirmation de l'identité nationale par les classes populaires. Et, enfin, déterminer ce qu'il y a d'essentiel à sauvegarder dans notre patrimoine.

La gauche n'a vraisemblablement pas tiré certaines des leçons qui s'imposaient après le 21 avril...cinq nouvelles années passées dans l'opposition devraient l'y aider.

Roman Bernard

vendredi 4 mai 2007

Revue de blogs : "Sarko facho"

La diabolisation de Nicolas Sarkozy, stratégie désormais assumée de la candidate socialiste, n'est certes pas un phénomène nouveau sur la blogosphère. Mais elle s'est fortement amplifiée ces dernières semaines pour atteindre un niveau démesuré.

Certains blogueurs, comme Jules et Oliv' de chez What's Next se sont indignés.

Parmis les blogueurs classés à gauche, il semble naturel de révéler le "danger pour la démocratie" que représente Nicolas Sarkozy. Au risque de perdre à mon sens pas mal de crédibilté.
Voir les nombreux exemples chez Guillermo de voter à gauche ou encore chez Lancelot.

Même Quitterie Delmas, porte parole des jeunes de l'UDF et soutien de François Bayrou, en temps normal modérée, franchit la ligne jaune pour justifier son vote en faveur de Ségolène Royal.

Sans parler des vidéos-poubelles qui circulent sur Dailymotion comme la désormais tristement célèbre "Le vrai Sarkozy".

J'aurais aimé qu'on élève un peu le débat, puisque cela n'a pas été fait par les médias traditionnels.

C'est tout le contraire qui s'est produit. Vivement le 6 mai.

Timothé M.

Ségolène Royal a "gagné" le débat...


...du moins c'est ce que pensaient 52% des lecteurs du Monde.fr interrogés lorsque j'ai à mon tour répondu sur le site...j'avoue ne pas bien comprendre pourquoi une candidate qui a passé une heure et quart à éluder toutes les questions qui lui étaient posées, qui, pour faire diversion, a sans cesse harcelé son adversaire en feignant même une colère manifestement injustifiée, et qui n'a fait aucune proposition de fond, aurait remporté le débat.
J'ai peut-être été influencé par mon intention de voter pour Nicolas Sarkozy, mais il m'a quand même semblé que "mon" candidat avait largement, et sans conteste, dominé les débats.

J'explique la prétendue "domination" de Ségolène Royal dans la seconde partie de l'émission, celle portant surtout sur les questions d'éducation -on aurait voulu que les problèmes internationaux aussi fussent abordés, mais on ne pouvait certes pas en attendre beaucoup plus de "la France présidente"- par le contraste évident avec la première, où les questions économiques ont permis à Nicolas Sarkozy de faire valoir une connaissance des dossiers sensiblement supérieure à celle de sa contradictrice du soir.

Il est vrai que s'il est un enseignement à retenir de cette deuxième partie, c'est que Nicolas Sarkozy a été globalement décevant, laissant à Ségolène Royal la possibilité de reprendre pied après une première partie où elle a trouvé le moyen de proposer un raccompagnement de toutes les femmes fonctionnaires -j'ose à peine imaginer le drame national si un criminel se glissait parmi ces "raccompagnateurs"-, une taxe sur les valeurs boursières -cela a déjà été envisagé, puis abandonné, au niveau européen, avec la taxe Tobin; pourquoi la France, subitement, relancerait-elle cette mesure de façon unilatérale?-, et enfin une exonération de taxes sur l'écologie -le clou de la soirée.
Visiblement, Ségolène Royal a peu goûté d'être humiliée sur toutes les questions qui permettent de juger de la stature présidentielle d'un candidat, et elle a donc contre-attaqué, sans succès, sur des questions mineures comme l'accès à l'école des handicapés.
Nicolas Sarkozy n'ayant apparemment pas jugé bon d'écraser définitivement sa rivale, d'aucuns ont pu croire que celle-ci avait fini par "gagner le débat".

Le résultat, dimanche, nous permettra de savoir si les Français, dont certains ont considéré que Ségolène Royal avait démontré lors du débat sa capacité à diriger la France, porteront à leur tête une femme qui n'a rien à offrir d'autre que des incantations à la limite du chamanisme.

Réponse dimanche 6 mai, 20 heures.

Roman Bernard



Crédit photo : © Guillaume Paumier, cc-by-sa-2.5, Wikimedia Commons