Il n'y a pourtant rien de plus erroné que de prétendre, comme certains l'avaient fait en réaction à mon billet « Ce qui manque à la jeunesse de droite », que les journalistes français sont de droite. C'est même très majoritairement le contraire. Qui connaît bien les médias de l'intérieur - c'est mon cas, désolé de le rappeler à ceux qui en parlent sans savoir - sait pertinemment que les journalistes sont pour la plupart de gauche.
Le médiologue Cratyle, véritable successeur de Régis Debray, l'épopée guévariste en moins, en convenait lors d'un débat animé mais courtois à la République des blogs de janvier dernier. Patrice Lamothe - c'est son nom - ne passe pourtant pas, au contraire de votre ami rédacteur, pour un fieffé sarkozyste. Le Chafouin, qui refuse qu'on le classe dans le spectre politique, mais que l'on peut objectivement situer au centre-droit, partage ce constat. Il est vrai que, tout comme Cratyle et votre serviteur, il sait de quoi il parle, puisqu'il est lui-même journaliste.
Il existe pourtant des arguments, fondés mais non pertinents, pour dire que les journalistes français sont de droite. D'abord, les patrons des grands groupes de presse sont, c'est un fait, majoritairement sarkozystes. J'ai objecté à plusieurs reprises aux incrédules - ou plutôt à ceux qui croient béatement à la thèse inepte de l'appartenance des journalistes français à la droite - que ces Bolloré, Bouygues et Lagardère ne sont pas journalistes, et partant qu'ils n'écrivent ni ne filment, photographient, enregistrent, commentent. Ce sont les chefs, certes. Mais, d'une part, cela n'oblige pas leurs salariés, que je sache, à abjurer leurs idées de gauche au profit de celles de droite, et n'empêche pas non plus que ces mêmes salariés-journalistes fassent leur travail, sans que leur soit imposée comme règle de se convertir à la droite. Une remarque ici : pour les gauchistes d'Acrimed, est « de droite » toute personne qui accepte l'odieuse économie de marché, ce que sont bien obligés de faire les journalistes s'ils veulent que survivent leurs médias, pour la plupart en crise.
Cela n'en fait pas des droitiers pour autant, pour la bonne et simple raison que le clivage gauche-droite est mouvant. L'acceptation du marché n'est pas, n'est plus le facteur discriminant entre gauche et droite comme il l'était jusqu'aux années 1980.
Allons plus loin. Si les journalistes sont de gauche, comment ceux qui prétendent le contraire estiment-ils que les médias pour lesquels ils travaillent seraient, eux, de droite ? C'est sur la ligne éditoriale que l'influence du patron de presse se fait sentir. Il serait toutefois inconséquent de croire que le patron, par le biais des hommes qu'il a placés à la tête de son média, va unilatéralement imposer une ligne éditoriale à des journalistes soumis et résignés. Il s'exerce nécessairement un rapport de forces entre les deux parties. Si la plus puissante possède l'argent, qui agit comme un moyen de contrainte et de récompense à la fois - et donc de domination -, les journalistes possèdent la compétence professionnelle, ce qui n'est pas rien.
Un bon patron de presse sait qu'il ne pourra pas agir totalement à sa guise avec une équipe qui, en dehors du « nerf de la guerre » qu'est l'argent, n'a en rien besoin dudit patron pour produire le contenu de son média. Celui-ci, à l'inverse, a besoin d'une bonne équipe pour produire un bon contenu, car contrairement à une idée popularisée par certains blogueurs, l'information est un métier, qui s'apprend.
Le rapport de forces est donc plus équilibré que ne pourrait le penser celui qui ne connaît pas la vie d'une rédaction. Toutefois, en plus des chefs qu'ils nomment, les patrons disposent d'une seconde arme, ou plutôt d'une seconde armée, celle des chroniqueurs et éditorialistes, qui donnent leur coloration politique aux médias.
C'est là que la mauvaise foi des tenants de la « droititude » des journalistes et des médias apparaît au grand jour. Ils citent la liste, longue mais volontairement non exhaustive, des éditorialistes et chroniqueurs, dont certains, éminents, sont en effet de droite : Nicolas Baverez, Éric Zemmour, Ivan Rioufol, Alain-Gérard Slama, Yves Thréard, François d'Orcival, Alexandre Adler, Claude Imbert... Cette liste ferait presque oublier leurs confrères, non moins nombreux ni même éminents, de gauche.
Ainsi, avec le bosquet des patrons et éditorialistes de droite qui cache la forêt des journalistes de gauche, certains voudraient croire et faire croire que les médias français sont « de droite ». Ils vont même, laissant éclater ainsi au grand jour leur ignorance de la production d'un journal, jusqu'à dire que France 2 est une chaîne « de droite » car son présentateur-vedette, David Pujadas, est réputé proche de la majorité actuelle. Pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué, David Pujadas n'a pas filmé, monté, commenté ni même choisi les sujets qu'il se contente de lancer dans son JT.
La récente grève à France Télévisions pour protester contre la suppression de la publicité sur le service public de l'audiovisuel, voulue par Rocard et mise en oeuvre par Sarkozy, a montré des journalistes peu suspects de sympathie pour le président. S'ils s'opposaient à une idée de gauche - que, du reste, j'approuve -, c'est bien que la majorité actuelle, ou tout du moins son chef depuis son élection à la tête de l'UMP en 2004, n'a pas franchement leur faveur. Et, contrairement à leurs homologues des médias privés, les journalistes du service public télévisuel ne risquent pas un licenciement si leur reportage déplaît au président du groupe, Patrick de Carolis.
« Domination charismatique »
Alors, si les journalistes sont de gauche et les médias qu'ils produisent le résultat d'un compromis avec leurs patrons de droite, qu'est-ce qui explique que, comme le relevaient plusieurs blogueurs vendredi matin, les médias soient dominés par Sarkozy, qui y est omniprésent, y rencontre peu d'opposition et surtout, est devenu un vrai argument de vente pour la presse écrite, que ce soit par adhésion ou par rejet ?
Peut-être, comme le faisait remarquer Anna en commentaire à mon avant-dernier billet, les journalistes devraient-ils se poser la question de la responsabilité de cette domination sarkozyenne sur les médias, que Max Weber eût qualifiée de « charismatique ».
On ne peut reprocher à Nicolas Sarkozy, nommé au ministère de l'Intérieur en 2002 malgré la rancune tenace de Jacques Chirac, qui ne lui pardonnait pas sa trahison en faveur d'Édouard Balladur lors de la présidentielle de 1995, d'avoir voulu utiliser les médias à son profit. Si, dès son arrivée Place Beauvau, celui qui allait dominer le quinquennat chiraquien est devenu omniprésent dans les médias, c'est qu'il devait, pour évincer les héritiers naturels de Jacques Chirac, Alain Juppé puis Dominique de Villepin, partir à la conquête de l'opinion sur le terrain de la sécurité, thème qui avait décidé de l'issue de l'élection de 2002, avec le scénario que l'on sait.
La longue campagne électorale de Nicolas Sarkozy - cinq ans - a été relayée par les journalistes, car ceux-ci ont été littéralement sidérés par la communication d'un genre nouveau employée par le futur président : langage direct, vocabulaire familier, ton énergique. Tout le contraire de ses prédécesseurs. Il faut croire que les journalistes français n'étaient pas outillés pour s'opposer à l'instrumentalisation sarkozyenne des médias. Même lorsque, dans la campagne, nombre d'entre eux ont explicitement soutenu Ségolène Royal, les journalistes n'ont pu appuyer cette dernière qu'en diabolisant son adversaire, ce dont ce dernier s'est servi pour, suprême habileté, se poser en victime des médias qu'il avait pourtant utilisés dans son intérêt cinq années durant.
Les journalistes sont tout simplement soumis à Sarkozy car leur méconnaissance, pour ne pas dire leur ignorance des dossiers que vient défendre le président, et avant lui le candidat, les rend vulnérables face au rouleau compresseur de la communication sarkozyenne. S'il est des responsables de la réelle domination des médias par Sarkozy, dénoncée avec raison par les journalistes, c'est à n'en pas douter ces derniers.
Plutôt que de hurler avec les loups - ou plutôt bêler avec les moutons -, comme le fait notamment Libération qui consacre par appât du gain et court-termisme un nombre excessif de « unes » à Nicolas Sarkozy (« unes » qui, soit dit en passant, ne peuvent être comprises que par un lecteur français, ce qui est étonnant pour un journal soi-disant internationaliste), les journalistes français feraient mieux, s'ils veulent vraiment s'opposer à Sarkozy, de réaliser de véritables enquêtes sur la politique qu'il mène, ses insuccès et ses impasses. Au lieu, comme Véronique Auger jeudi soir dernier, de n'interroger le président que sur des détails mille fois répétés, sur lesquels Sarkozy peut se faire un plaisir de déballer son « plan com' ».
Je n'aime guère Philippe Val, mais il me semble que cette conclusion à sa chronique du 14 septembre 2007 sur France Inter constitue une réponse parfaite aux adeptes de la prétendue « vigilance démocratique », qui n'abuse du reste personne :
Je pense qu’il y a deux sortes de critiques du journalisme et des médias : celle qui les hait et veut leur mort, et celle qui les aime et veut qu’ils s’améliorent. Ces deux critiques n’ont rien en commun. L’une est totalitaire [...] et l’autre est celle des démocrates exigeants : on aimerait parfois que la différence apparaisse plus clairement.
Roman Bernard



22 Commentaires:
Oui, ce n'est pas parce que le patron d'un journal est de droite qu'un journaliste de gauche n'a pas le droit de s'exprimer.
Mais un journaliste de gauche (ou, par exemple, bayrouiste) travaillant au Figaro (ça existe peut-être!) ferait bien de chosir une autre rubrique que la rubrique politique pour exercer ses talents...
salut,
intéressant comme point de vue. C'est vrai que la soumission vient du manque de "sérieux" sur les dossiers. C'est clair, même.
Le fait de vouloir faire du tirage en vendant aux gens ce qu'ils veulent, est un autre élément d'explication. On retrouve la même chose dans la blogosphère : combien de blogueur sont uniquement positionné en réaction à ce que fait ou dit Sarkozy ?
pour finir, tu utilises - par commodité - les mots "droite" et "gauche". c'est difficile à suivre, sans se réferer à une définition de ces deux mots. Chacun y met ce qu'il veut, et ça n'aide pas un débat strict sur les idées : exemple, la réaction d'Eric, que je ne comprends pas très bien...: un bon rédacteur en chef doit savoir mettre dans les pages politique / opinions des avis différents pour enrichir cette rubrique. je ne vois aucune contradiction pour un journaliste de gauche ou bayrouiste à travailler au Figaro. Pourquoi cette manière de cloisonner ? Les avis contraires s'enrichissent les uns les autres : ce sont les avis identiques qui se stérilisent.
à bientôt !
@ Éric : cela dit, si tu prends Éric Dupin, ancien membre du Parti socialiste, il a tenu pendant un an une excellente chronique politique dans les colonnes du Figaro... chronique qu'il a arrêté de tenir avec l'arrivée de Mougeotte à la tête du journal, c'est vrai. Mais Beytout est incontestablement de droite, et a fait confiance à un journaliste de gauche pour couvrir les élections. Il n'a subi aucune pression, pas plus que n'en subit Ivan Rioufol quand il tient un bloc-notes de droite mais très critique pour la majorité. Comme le dit Lomig, il est tout à fait possible pour une rubrique politique de réunir des journalistes de sensibilités différentes, voire divergentes. C'est même un gage de qualité.
@ Lomig : pour le clivage gauche/droite, je me suis référé à celui qui existe actuellement en France. Comme tu le dis bien, c'est par commodité essentiellement. Je ne peux pas fournir une définition satisfaisante des deux, car bien qu'étant aujourd'hui classable et classé à droite, j'ai été de gauche en tant qu'électeur pendant mes premiers scrutins. Alors, je ne peux me définir totalement comme étant de droite, mais un observateur objectif le ferait.
On peut facilement se rendre compte qu'un journaliste est de gauche ou pas. Par exemple, depuis que le gouvernement a annoncé son intention de relever progressivement l'âge des personnes âgés au chômage et en DRE, on a pu lire beaucoup de journalistes en train de se demander si cela n'allait pas compliquer davantage l'insertion des jeunes sur le marché du travail. S'il y a bien une idée typiquement de gauche, c'est de croire que le Travail est un gros gâteau qu'il suffirait de se partager équitablement pour tout arranger ! ;-)
Oui, et c'était le fait de journalistes réputés comme étant « de droite » ! (PPDA, Pujadas)
Je suis d'accord pour dire que les journalistes sont majoritairement de gauche, du moins d'après ce que j'en vois. Je dirais qu'ils sont majoritairement politiquement corrects, pour le moins.
C'est un peu plus compliqué en ce qui concerne la soumission au pouvoir, à ce qui brille; je pense que les journalistes, par fainéantise, pour avoir des infos, par lâcheté, par compromission et par conformisme (tout le monde se copie l'un l'autre) est "tendre" avec le pouvoir.
Il suffit de voir les questions posées par les journalistes à M. Sarkozy pour s'en apercevoir. Il y a une tradition monarchique qui ne se perd pas, dans ce pays...
@ Chafouin
Il y a soumission à Sarkozy parce qu'il est le président, pas parce qu'il est de droite, contrairement à ce que prétendent les gauchistes. Qu'auraient-ils dit sous Mitterrand ? Qu'il était de droite ? Sous Jospin, qui avait la cote auprès des médias -mais non des Français- ? Qu'il menait une politique « libérale » ?
Cher Criticus,
Ce n'est pas pour jaboter, mais je ne me prononcerai pas sur la
droiture ou la gaucherie des journalistes (Selon certains le Liban n'aurait plus de président depuis le novembre 2004
au lieu de 2007, ou certains confondraient l'héparine et les rapines euh l'hérapine. Certes, ce ne sont que des coquilles, voire des coquillettes, néanmoins cela constitue un bon nombre de raisons qui nous prouvent qu'il faut vraiment mettre la main à la pâte.).
Nôtre ami le Chafouin dans l'une de ses ficelles a manié la baguette tel un chef d'orchestre pour nous guider au son de sa complainte : jetant son pavé dans la mare aux
canards et expliquant que le journaliste devait rédiger dans l'urgence ses articles quitte à bâcler le sujet.
C'est tout le problème de l'artisanat, il faut bien faire son blé.
En accord avec ce cher penseur d'outre-politique, je pense aussi qu'il existe une fascination de certains journalistes pour le clinquant et notamment celui de l'ancien candidat présidentiel de l'UMP.
Grâce à lui, les feux de la rampe, haut fournil du pain béni à la presse, n'ont pas eu à craindre l'extinction puisqu'ils ont pu être alimentés (au moins les hebdomadaires si je peux encore croire Le Monde, +6,77% des ventes en 2007) régulièrement par ses faits et gestes.
Concernant le complot qui laisse penser que les journalistes sont à la solde de la droite, c'est presque vrai - au second degré - puisque c'est le patron de presse (de droite) qui règle la note tandis que le journaliste (paraît-il de gauche) lui glisse son billet. J'imagine qu'il y a comme tu le décris un rapport de force entre les deux entités patron-journaliste. Dans mon imaginaire de pingouin, je croyais que le mal se situait au niveau du rédac' chef, mais comme je n'ai rien à voir avec la presse il est bien normal que je sois mal informé à ce sujet.
En outre, il est clair que bien connaître ses dossiers devrait empêcher les journalistes de passer pour des guignols de l'info.
Ceci dit, au niveau télévisé, n'a-t-on pas plus affaire à des présentateurs plutôt qu'à des journalistes ?
Et, le plus curieux est que cela ne semble déranger personne que les présentateurs aient visiblement hérité de questions pré-établies. Je n'irai pas jusqu'à dire que la liberté de la presse est dans le pétrin, mais plutôt que de laisser des portes-micros (Sauf Yves Calvi selon le chafouin) face à l'ancien ministre de l'intérieur, ne pourrions-nous pas revenir à l'allocution habituelle et ensuite laisser les commentateurs faire leur gagne-pain ?
Cher Alcidé, non seulement je suis en tous points d'accord avec toi, non seulement j'apprécie que tu viennes enrichir mon blog par tes jeux de mots, mais en plus, je pense que ton propos est compatible avec le mien. Je voulais réagir aux procès en sarkozysme intentés par les gauchistes aux journalistes, ce qui ne veut pas dire que ces derniers soient exempts de tout reproche. En fait, je voulais équilibrer, d'où le titre nuancé.
Pingouin, arrête de te moquer de moi! ;)
Cher Chafouin, tu te méprends. Je ne me moque pas de toi. :=)
Cher Criticus,
En effet, nos propos ne sont pas incompatibles. C'est juste que je vois plus la soumission de porte-micros que de journalistes (sauf Yves Calvi) à un exercice dans lequel ils ont du mal à briller et à ne pas passer pour des faire-valoir, voire avec des gens en connivence avec le pouvoir.
Le chafouin nous en parle dans une de ses ficelles aussi d'ailleurs.
Tiens au passage, Éric qui a commenté en premier ton billet, t'a mis en lien dans le sien.
Merci de me le signaler ! ;-)
Criticus- je suis d'accord avec la plupart de ce que tu dis, mais pas avec la pondération que tu donnes aux différents effets.
Je crois que l'angle d'attaque droite-gauche joue un rôle marginal dans le positionnement des journaliste (au niveau du journaliste, pas à celui du rédac-chef). Certains journaliste ne sont ni de droite ni de gauche, mais plutôt opportunistes, d'autres, comme le décrit trés bien Chafouin sont pris par le quotidien de leur métier, d'autres enfin par des raisons personnelles -famille, argent,...- qui leur laisse bien peu de moyens de tenir tête à leur chef.
Les entreprises de presse actuelles sont tenues par des objectifs économiques et gérées... comme des entreprises. Le pouvoir des salariés existe, il y est fort, il n'y est jamais déterminant. Pour un journal comme Le Monde, où l'avis de la réaction importe réellement -et encore...- combien de radios, de télés, de magazines où comme le note notre cher Alcidé, le rapport de force entre un "porte-micro" et son tout puissant patron est infiniment déséquilibré.
Pour finir, un lien bien utile sur le mode de travail des rédac-chefs les mieux considérés....
http://www.bakchich.info/article3574.html
@ Cratyle : en fait, pour que ce débat soit pleinement satisfaisant, il faudrait déterminer ce que l'on entend par « gauche » et « droite » et l'on verrait qu'entre la gauche à laquelle appartiennent les journalistes et la droite à laquelle appartiennent leurs patrons, les différences sont ténues. Leur opposition à l'intérieur des médias est à mon sens moins idéologique que sociale... mais c'est un autre débat.
Le vrai débat ne serait-il pas de chercher à déterminer si les propos des journalistes sont réellement sincères ou seulement destinés à vendre du papier ?
Qu'ils soient "de droite" ou "de gauche" n'a finalement pas énormément d'importance, et pour peu qu'on ait une petite habitude de les lire, on se fait vite son opinion au sujet de leurs convictions, avouées ou non. Et on peut donc aisément ré-interprèter leurs propos en conséquence !
Je ne suis pas "de gauche", c'est le moins qu'on puisse dire, et pourtant certains articles de Libération ne me laissent non seulement pas indifférent, mais encore m'arrive-t-il (rarement, il est vrai) d'abonder dans le sens de tel ou tel chroniqueur dans ses pages, avec tout juste le recul que me permet la connaissance de la couleur de ses opinions...
Mais ce qui me hérisse, c'est quand un journaliste qui se dit politiquement neutre (en existe-t-il vraiment ?) oriente ostensiblement ses propos, à la limite quelquefois du simple respect de la vérité, dans un sens ou dans l'autre. Qu'il ait des opinions, je ne lui reproche pas. Qu'il les exprime, je trouve ça normal. Qu'il prétende le contraire est scandaleux : ça lui donne une crédibilité indue aux yeux de ceux de se lecteurs qui ne pensent pas a priori comme lui. Et c'est une forme sournoise de propagande...
Absolument René, et c'est pourquoi, en ce qui me concerne, je suis pour le retour à une certaine forme de presse d'opinion, qui aurait le mérite de la sincérité et de l'honnêteté, valeurs qui font considérablement défaut aux médias français actuels. Même le site MediaPart, qui s'autoproclame indépendant, est clairement de gauche. La gauche aurait-elle honte d'elle-même,comme la droite naguère ?
Ouf que celà fait du bien de lire ces lignes.
Bien sur que les journalistes sont de gauche.C'est leur droit.
Ce qui est puant c'est leur hypocrisie.
Genre on pose des questions d'une certaine façon, ou on interrompte quand c'est nécessaire, ou on présente l'information suivant une certaine tournure etc etc.
Un top dans le domaine : Samuel etienne sur itélé. Tres sympa au demeurant mais un gauchiste bien faux cul.
Prenons Bourdin sur Rmc, au moins lu il emet une opinion, et il assume. Est il de droite de gauche ou rine du tout, j'en sais rien mais au moins il est pas faux cul.
J'aimerai un jour dire mes quatre vérités à ces gogos ... A quelle occasion ???
Merci pour ton billet !
C'est moi qui vous remercie pour votre commentaire ! À quelle occasion pourrez-vous le leur dire ? Eh bien, si j'arrive à faire carrière, je peux transmettre votre grief (en plus, j'ai le même, donc je n'oublierai pas ;-) ). Sinon, je ne sais pas... @+
Alain-Gérard Slama on peut douter, bien qu'il écrive dans le Figmag et occasionnellement dans le journal papier.
Les journalistes sont à gauche, c'est à fait. Lire à propos le livre d'Eric Brunet, excellent
Être de droite : un tabou français ? Il faudra que je le lise, à l'occasion...
Emportez le en Chine, ou pour le voyage tant ça se lit vite. Vous risquez d'ailleurs de faire rapidement un article après pour en parler.
J'ai déjà le livre controversé de l'historien Sylvain Gouguenheim (Aristote au Mont-Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne) en route, et je risque d'écrire la fiche de lecture une fois que le buzz sera terminé... mais enfin, quand je reviendrai, pourquoi pas ? Ce serait intéressant.
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