Difficile d'y échapper aujourd'hui, tant on nous le rabâche depuis la fin des élections de 2007, et à plus forte raison depuis le début de l'année présente : la France prend pour six mois deux présidences : non pas celle de l'Union européenne, ce que Nicolas Sarkozy et son gouvernement parviennent à faire croire aux journalistes, mais celles du Conseil européen et du Conseil de l'Union européenne (ou Conseil des ministres).Le Conseil de l'Union européenne regroupe les ministres des États membres par domaine, en fonction de son ordre du jour. Son président n'est ni le chef de l'État ni celui du gouvernement de l'État-membre qui prend la présidence tournante, mais le ministre des Affaires étrangères de cet État (Bernard Kouchner donc). Il assure notamment un rôle de coordination des politiques communautaires. C'est en outre lui qui prépare les sommets du Conseil européen, lequel réunit les chefs d'État ou de gouvernement (et c'est donc Nicolas Sarkozy qui en assure la présidence). Conseil européen qui, lui, fixe les grandes orientations de l'Union européenne.
Ces deux instances étant collégiales, la France n'y exercera rien de plus qu'un simple magistère. Si l'on peut comprendre la volonté du chef de l'État et du gouvernement de valoriser son action, il peut être risqué d'encourir les critiques de l'opposition et de la presse (je ne parle pas de l'opinion publique, qui y est indifférente) si cette présidence française venait à décevoir.
D'autant que Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il profiterait de cette présidence pour porter certains dossiers qui lui tiennent à cœur. La tentation pourrait donc être grande, en décembre prochain, de lui reprocher des échecs dont il ne sera que co-responsable, même si son gouvernement et lui veulent faire croire le contraire, et y parviennent souvent.
Les médias parlant de présidence de l'Union européenne, les Français sont donc manifestement persuadés que la France va présider pendant six mois aux destinées de l'Union européenne, ce qui est faux. J'ai moi-même pu constater en décembre dernier que sur certains grands dossiers, comme les perspectives financières de l'Union, la présidence française n'allait strictement rien changer. Ce qui, pour moi, au fond, n'a pas grande importance : je ne suis pas favorable à la construction européenne. Il n'y a pas d'identité européenne opposable à l'identité nord-américaine, mais une identité occidentale commune à chacune des deux rives de l'Atlantique Nord. C'est ce sur quoi j'insisterai bientôt avec le commentaire sans cesse différé de Qu'est-ce que l'Occident ?, de Philippe Nemo, véritable manifeste de l'Union occidentale.
Roman Bernard

Criticus est membre du Réseau LHC.



40 Commentaires:
salut,
je suis d'accord avec cette phrase que je suis "surpris" (en fait pas tant que ça...) de lire ici :
"je ne suis pas favorable à la construction européenne"
Moi non plus. Et surtout pas s'il s'agit de s'opposer aux USA.
Tu lis Philippe Nemo : sais-tu qu'il s'agit d'un dangereux libéral ? ;)
http://www.wikiberal.org/wiki/index.php?title=Philippe_Nemo
En tout cas, il a signé une très belle préface au livre magnifique que je lis en ce moment "Droit, Législation et Liberté" de Hayek.
à bientôt !
ça c'est pour recevoir les mails...
« Surpris » ? Je viens d'écrire deux articles sur le sujet... à croire que tu ne me lis pas, mon cher Lomig! ;-)
Quant à l'opposition stérile aux Etats-Unis, il ne faut pas oublier, de leur côté, l'unilatéralisme. Ces deux attitudes nuisent à l'unité du monde occidental. C'est d'ailleurs la thèse centrale de Philippe Nemo : l'Union européenne et l'Empire américain ne sont pas des solutions.
Je ne cesse d'être surpris par ton "occidentalisme". Je ne comprends vraiment pas comment tu ne peux pas ne peux faire de différence entre la civilisation européenne et américaine. Comment peux-tu te reconnaître dans ce pays d'obèse, qui roule en Hummer, pour qui le port des armes à feu est un droit constitutionnel, qui est hyper religieux au point de se prendre pour la nation "élue" et j'en passe ...
Question : Où s'arrête selon toi l'occident ? Est ce que tu y intègre la Russie et où est ce que tu arrête la frontière à l'est du continent ?
rassures-toi, Roman, je te lis.
SImplement, je faisais un peu d'ironie, parce qu'un point ne me parait pas toujours très clair dans ton attitude (du moins j'ai un peu de mal à te positionner).
De fait, tu penses que la construction européenne n'est pas une bonne chose. Comme je sais par ailleurs que tu es ouvert sur le monde, que tu ne vois pas la mondialisation et le libre-échange comme des menaces, je pourrais en déduire que tu es clairement et simplement "libéral" ; or ce n'est pas forcément comme ça que tu te définis toi-même. Tu te revendiques de droite, ce que je conçois. Mais la droite, en France, est clairement constructiviste et pro-construction européenne. non ?
à bientôt, je ne sais pas si j'ai réussi à faire comprendre ce que j'ai du mal à saisir...
@ Malakine : mon « occidentalisme » n'est en tout cas ni un pur atlantisme ni un néo-conservatisme à l'américaine. Je ne suis pas dupe de la décadence des Etats-Unis, ni de celle de l'Europe d'ailleurs. Je dis simplement qu'il n'y a pas d'identité européenne, en tout cas pas d'identité européenne opposable à une identité nord-américaine. Les Etats-Unis sont peut-être peuplés majoritairement - mais pas exclusivement - de crétins obèses et pollueurs, ils n'en restent pas moins membres de la civilisation occidentale au même titre que nous.
Et, franchement, je ne les trouve pas beaucoup plus décadents que les Néerlandais, les Britanniques, les Allemands ou les Scandinaves. C'est juste qu'à 300 millions, avec leur niveau de vie, ça se voit plus. Je vois d'ailleurs moins de différences culturelles entre un Européen de culture germanique, anglo-saxonne ou scandinave et un Américain qu'entre ce même Européen du Nord et un Européen du Sud. De la même manière, bien qu'ayant vécu pendant deux ans à Strasbourg, je me sens plus proche d'un Québécois que d'un Allemand. Et je suis persuadé que c'est avec une construction panoccidentale que nous pourrons endiguer cette décadence de l'Occident, qui touche les deux rives de l'Atlantique.
Quant au problème des frontières du monde occidental, il est le même que pour celles de l'Europe. Pour moi, la césure faite par les huntingtoniens entre l'Occident et le monde slave orthodoxe est artificielle. Même si les différences avec la Russie sont importantes (comme celles avec l'Amérique du Nord d'ailleurs), il me semble clair que, dans le monde tel qu'il est, nous avons surtout des points communs avec les Russes.
Pour moi, l'Occident va de Vancouver à Vladivostock, de Reykjavik à Melilla. Autant dire qu'il ne doit pas y avoir grand-monde qui pense comme moi à ce sujet... à commencer par les Russes, qui ne se considèrent pas comme des Occidentaux mais comme ds Orientaux. Ce que je déplore, car je ne vois pas bien quel avenir commun nous pouvons imaginer sans la Russie et les Etats-Unis.
@ Lomig : mon positionnement est effectivement ambigü. La preuve en est que je suis d'accord avec la plupart de ce que Malakine et toi écrivez, alors que vous êtes, l'un par rapport à l'autre, sur des positionnements radicalement antagonistes. Si je suis un libéral, je suis un libéral de raison et de circonstance. Je constate que le monde occidental est majoritairement libéral, et que l'« État-Providence » à la française est en faillite. Je me suis donc partiellement converti au libéralisme. Ce qui ne m'empêche pas de rester attaché à la France, à sa langue et à sa culture. Et d'être pour un État fort dans les domaines purement régaliens (ce qui est d'ailleurs compatible avec la définition de Frédéric Bastiat de l'État libéral, assurant la sécurité et la liberté des citoyens). Je vois parfaitement ce que tu as du mal à saisir dans mon positionnement, je m'y perds parfois moi-même. Disons que mes deux valeurs fondamentales, la nation (française) et la civilisation (occidentale) font de moi un ovni politique. Je suis, par défaut, plutôt proche de la droite, et plutôt libéral. Mais il m'arrive d'être d'accord avec la gauche républicaine et patriote, et d'être en désaccord avec la droite libérale et américanolâtre. Ce qui fait que je vois mal comment je pourrai réaliser mon rêve de gosse qui est de faire de la politique. À moins d'arriver à une synthèse entre tous ceux qui veulent défendre la nation française et tous ceux qui veulent défendre la civilisation occidentale... autrement dit, une synthèse impossible à réaliser...
Salut,
c'est très intéressant. merci pour ta franchise. Je suis d'ailleurs moi-même en contradiction "interne" sur pas mal de point, et c'est tout l'intérêt des discussions que de s'en rendre compte.
Il ne me semble pas contradictoire d'aimer la France, et d'être libéral. Un libéral ne nie pas l'existence des valeurs, au contraire. IL rappelle juste qu'elles sont des abstractions personnelles, et ne peuvent donc pas servir pour "construire" une politique. mais ça ne doit pas empêcher de se reconnaitre entre personnes qui ont les mêmes valeurs, non ?
Les idéaux français, et ceux de la civilisation occidentale me paraissent se marier assez harmonieusement dans la philosophie libérale. non ?
Si, ils se marient d'autant mieux que nombre de théoriciens du libéralisme étaient des français. C'est ça le plus dur à faire comprendre : que le libéralisme n'est pas forcément d'essence anglo-saxonne.
Tu sais quoi je me reconnais tout à fait dans ce que tu écris !! Et particulièrement quand tu considère que ton positionnement flou empêche tout engagement politique. J'en suis également au même point ! On est des esprits libres et en recherche.
Moi aussi par certains cotés, je suis libéral. Libéral politiquement (voir mon prochain article sur les délits non intentionnels) mais aussi économiquement ... A coté de ça, j'ai horreur de l'individualisme moderne, que je considère être le plus court chemin vers la décadence et la barbarie.
Et je remarque que l'on est tous les deux attaché à la même notion, celle de civilisation. J'ai voulu même un temps, tenter d'échaffauder une doctrine autour de ce mot "le civilisationnisme".
Pour revenir à l'occident, si tu inclus les russes, alors je peux te suivre. Parce que moi, tout français que je suis, je me sens plus proche de l'âme slave que du mythe du justicier solitaire et des super héros.
Mais tu sais, tu as 50 ans d'avance sur notre époque. Cet occident là ne pourra prendre conscience de son unité que lorsque la décroissance démographique se sera fait sentir et que le monde sera dominé par peuples d'asie.
Ceci dit, ça peut aller plus vite ... Tu as du remarquer la proposition du président Medvedev de créer une alliance de sécurité à l'échelle de l'occident tel que tu le décris, Etats-Unis, Europe et Russie.
"Il n'y a pas d'identité européenne opposable à l'identité nord-américaine, mais une identité occidentale commune à chacune des deux rives de l'Atlantique Nord."
C'est sérieux comme affirmation?
Mr Criticus a-t'il déjà sorti son nez de son beau pays la France? A-t'il déjà été aux U.S, en Afrique, en Asie?
J'en apprends tous les jours sur ce qui découle de l'ignorance déguisée, et c'est douloureux.
Voyons Manuel, Mr Criticus est journaliste, il a donc tout vu, tout lu, expérimenté chaque chose et doit être considéré comme spécialiste de tout sujet qu'il s'oblige à traiter...
Vous qui n'avez que fait le tour du monde pendant 2 ans, vécu en Allemagne, au Japon, en Inde, en Israel et en France ne pouvez savoir à quel point il a raison quand il vous assène qu'il existe une identité occidentale opposable à celle de l'Afrique, puisqu'il le dit il a raison, rien à voir circulez citoyen !!
Sinon criticus, juste comme ça, par humanisme, je vous conseille l'écoute de l'album No Quarter, vos certitudes sur le mélange des cultures pourraient (je l'espère) s'en trouver modifiées.
Une question, le libéralisme qui vous est si cher, est-ce un concept humain, ou un concept "occidental".
Ou peut-être que le libéralisme occidental se nourrit de l'orient?
@ Malakine : Tu fais beaucoup d'honneur à l'égotisme-hédonisme-relativisme-nihilisme en le qualifiant d'individualisme moderne. En effet, il mène droit à la décivilisation et donc à la décadence et à la barbarie. Il faudra que les Occidentaux au sens large prennent conscience de ses effets mortels, notamment en termes démographiques, pour qu'une Union occidentale soit possible. 50 ans, c'est peut-être un peu long, mais il est clair que le fruit n'est pas encore mûr, loin de là.
@ Manuel : "Mr Criticus a-t'il déjà sorti son nez de son beau pays la France? A-t'il déjà été aux U.S, en Afrique, en Asie?
Je n'ai pas l'habitude d'insulter mes commentateurs, mais manifestement, vous ne savez pas lire. Vous n'avez qu'à aller en bas de la page d'accueil (!) pour voir que j'ai passé un mois à Shanghai récemment. Huit mois au Canada pour étudier il y a deux ans. Où je suis retourné l'an dernier pour un stage. Et puis, un mois et demi au Danemark (pour travailler) et un mois au Maroc il y a quatre ans. Sans compter des voyages aux Etats-Unis, en Irlande, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en République tchèque, en Suisse... tout cela alors que je n'ai que 25 ans.
J'ai donc visité les contrées que vous indiquez avant que vous ne me les suggériez, et pas seulement en tant que touriste mais ausi en tant qu'étudiant et en tant que travailleur. Et, aidé en cela par de saines et instrutives lectures (grâce auxquelles je sais que l'on écrit "a-t-il" et non "a-t'il" comme vous le faites), j'en suis arrivé à la conclusion qu'il n'y a pas, je le répète, d'identité européenne. Et en tout cas pas d'identité européenne opposable à l'identité nord-américaine.
@ Fabrice : je ne relève même pas.
@ Manuel : le libéralisme est un concept occidental, de portée universelle. De la même manière que l'écriture était mésopotamienne avant de se répandre au monde entier.
Mazette, un mois a Shanghai, idem au Maroc, un mois et demi au Danemark, mais que n'écrivez-vous pas pour le National Geographic au lieu de vous contenter des pages radio/télé du Monde !!!
Mais Shanghai c'est grand, le Maroc et le Danemark aussi, dites moi jeune encyclopédiste, quelles populations visitâtes-vous en ces occasions ? La jeunesse dorée à votre semblance ou les quartier "populaires" ?
J'ai souvenir de l'élite culturelle tunisienne qui me faisait me sentir tellement en France à Tunis que j'ai préféré prendre le car pour échapper un peu à mes repères, pour découvrir un pays bien différent de celui qu'on me présentait à la plage.... Avez-vous pris la peine de faire de même lors de ces innombrables voyages qui formèrent le socle de votre réflexion ?
Quand à corriger Manuel, le jour où, comme lui, vous parlerez couramment plus de 6 langues étrangères vos leçons grammaticales prendront un sens, d'içi là évitez d'étaler votre culture comme d'autres le font de la confiture.
@ Fabrice : vous oubliez le Canada. Trêve de plaisanteries, je vois que vous suivez pas à pas mon itinéraire, ce à quoi je ne crois pas vous avoir obligé. Puisque vous êtes un lecteur si régulier, je me dois, cette fois-ci, de relever vos commentaires et d'y répondre. Je passe sur l'accusation d'appartenance à la "jeunesse dorée", totalement infondée : avez-vous également établi mon arbre généalogique pour voir que mes arrière-grands-parents sont des paysans, mes grands-parents des ouvriers, et mes parents des fonctionnaires ?
Bref. Au cours de mes pérégrinations, que vous pouvez bien trouver dérisoires, je m'en moque, j'ai été amené à rencontrer toutes sortes de populations. Les "jeunesses dorées" ne sont d'ailleurs pas forcément moins intéressantes que les "classes populaires". Cela ne vous convainc pas ? Tant pis. Je remarque, d'ailleurs, que vous ne contestez pas le fond de mon billet, à savoir qu'il n'y a pas d'identité européenne. Je suis curieux d'avoir votre réaction, puisque votre ami tombe dans la caricature.
Ami dont je n'ai pas contesté l'ouverture au monde, d'ailleurs : c'est plutôt lui qui m'a accusé de ne jamais être sorti de France, alors que des billets, sur la page d'accueil, prouvent le contraire !
Vous parlez d'étaler la culture comme de la confiture (c'est un peu éculé, comme remarque), mais vous avez étalé les voyages de votre ami de la même manière. Ce que, pour ma part, je n'ai fait que sur demande. Et vous, allez-vous me dire que vous vous êtes rendu en Patagonie, en Tasmanie, au Groenland et en Alaska pour tenter de discréditer mon argument?
Je vais faire court car pas de temps.
Il n'y a pas d'identité européenne mais pas non plus d'identité occidentale commune à chacune des deux rives de l'Atlantique Nord.
Sinon merci pour les cours de grammaire, j'en avais bien besoin.
Pour ce qui est de ma remarque sur vos voyages, et bien vous avez raison, je n'ai pas lu votre profil, car les quelques remarques et billets que j'ai lu de vous me suffisent, j'essayais juste d'expliquer cette ignardise. Il doit donc y avoir une autre raison.
"ignorance déguisée", "ignardise"... juste un dernier commentaire, M. le Globe-Trotter : sur quoi vous basez-vous?
"pas d'identité européenne mais pas non plus d'identité occidentale commune à chacune des deux rives de l'Atlantique Nord"... pas d'identité nationale française non plus, j'imagine... bref, nous sommes tous des "citoyens du monde". Vous êtes un fin disciple de John Lennon... moi de Fernand Braudel (qui n'était pas "bien trop à la droite de la droite" pour répondre à votre commentaire sous le billet précédent). Je vous laisse juger qui des deux est le plus "ignare", "déguisé" ou non.
Je peux jouer avec vous moi aussi ?
Alors moi j'ai vécu et travaillé en Pologne, Hollande, Guyane Française, Iran, Émirats, Malaisie, Vietnam ....
J'ai fait de cours séjours en Australie, Chine , Corée, Japon, USA, Maroc, Espagne, Belgique, Norvège, ....
Suis-je qualifié pour m'exprimer ?
Et bien je suis d'accord avec Criticus pour dire qu'il n'y a pas d'identité européenne "opposable" (mot à ne pas négliger) à l'identité nord-américaine. Et cela me désole croyez le bien.
Je suis en ce qui me concerne, favorable à la construction Européenne, mais certainement pas celle que l'on nous propose. Moi ce serait plutôt celle de De Gaulle qui disait : "L'Europe, ça sert à quoi ? Ca doit servir à ne pas se laisser dominer ni par les Américains, ni par les Russes" Et je rajouterai: ni par les Chinois
Sinon, merci à Criticus de rappeler dans son billet la nature exacte de la "Présidence de l'Union Européenne"
@ RST : merci de rappeler le ridicule qu'il y a à se balancer son palmarès de voyages à la gueule. A ma décharge, et puisque je suis le plus jeune, je dirai que c'est lui qui a commencé.
Je suis peut-être autant que toi désolé du fait qu'il n'y ait pas d'identité européenne opposable à l'identité nord-américaine, pour reprendre cette formule consacrée qui fait bondir certains commentateurs précédents. Et je suis d'accord avec la citation de De Gaulle (encore une !), à laquelle, pour ma part, j'enlèverais "les Américains" et "les Russes" et je rajouterais "les islamistes". Cela afin de l'actualiser aux défis du monde contemporain. Sauf que l'Union européenne ne nous prémunit en rien de l'idéologie islamique, n'étant basée sur aucune valeur (et pour cause, elle n'a pas d'identité). Une Union occidentale, qui serait basée sur une identité et donc des valeurs claires, serait plus à même de lutter contre le fléau islamique.
@ Criticus
L'islamisme....
Vaste sujet.
C'est marrant, c'est un peu comme pour le libéralisme, je ne sais toujours pas ce que ça veut dire.
J'ai vécu (et travaillé) dans des pays musulmans (Iran, Malaisie, ...) et je n'y ai pas côtoyé que la jeunesse dorée chère à certains de tes commentateurs. Malgré cela, je n'ai pas non plus rencontré d'"islamistes".
Alors, je suis preneur de toute explication sur le sujet de l'idéologie islamiste.
Le sujet d'un prochain billet peut-être ?
@ RST
Le fait que personne n'ose plus critiquer une religion à cause des menaces de mort que cela implique et de l'acceptation implicite de ces menaces par les élites politico-médiatiques, c'est peut-être la preuve manifeste de l'existence de cette idéologie... et du danger grandissant qu'elle fait peser sur notre liberté.
Juste une toute petite mise au point. Retournez lire mes messages et trouvez une seule phrase ou je parle de mes voyages, et ensuite faites de l'ironie sur mon égo. Merci.
Ne pas confondre les noms des intervenants svp.
L'identité occidentale contre le fléau islamiste... On dirait du Stephen King.
Les américains, les allemands, les français, les polonais(?), les roumains(?), peut être même les russes font t'ils partie de la grande alliance occidentale contre le mal islamique.
Alors je ne suis jamais allé en Iran, Pakistan, ou Afghanistan, toutefois j'ai entendu plusieurs récits qui décrivaient des gens qui ne ressemblaient pas vraiment aux descriptions faite par les médias "occidentaux". Serait-ce possible que l'on veuille absolument maintenir en nous une "saine" haine de l'ignoble islamiste, afin qu'on puisse toujours avoir un ennemi derrière nous. C'est bon pour le chef quand le peuple a peur, la peur est un excellent moteur.
Je pensais les penseurs de ce blog assez éduqués et cultivés pour éviter les amalgames "cheap" (satanée culture u.s!).
C'est bien à Fabrice que je m'adressais en écrivant : "Vous parlez d'étaler la culture comme de la confiture (c'est un peu éculé, comme remarque), mais vous avez étalé les voyages de votre ami de la même manière."
Sur l'islamisme, peut-être que c'est un peu cheap d'en avoir peur, mais l'assassinat de Theo Van Gogh, les menaces de mort à l'encontre d'Ayaan Hirsi Ali, Mohamed Sifaoui, Robert Redeker, sont là pour nous rappeler que le danger pour la liberté d'expression en "Europe" est réel. Les attentats de New York, Madrid et Londres ont peut-être fait peu de morts, mais ils terrorisent depuis les populations. L'omerta imposée par les menaces de mort plus les frappes terroristes contribuent à faire de l'islamisme un véritable fléau pour les sociétés occidentales. D'autant qu'il ne se manifeste pas forcément de façon violente. Le séparatisme ethnico-religieux qui est à l'oeuvre dans nos "quartiers" est aussi encouragé par des islamistes comme Tariq Ramadan. Tariq Ramadan, d'ailleurs, qui a les faveurs des médias, en dépit des thèses qu'il professe. Dire que les médias donnent une image trop négative de l'idéologie islamique me semble douteux. En Palestine et au Liban, les morts qu'elle provoque (chez les musulmans et les juifs) sont toujours présentés comme une riposte légitime à Israël. Idem pour les attentats en Irak (dont les victimes ne sont pas les soldats américains mais bien plus souvent les Irakiens). Libre à vous de ne pas voir le péril que cette idéologie mortifère fait peser sur la liberté. Je préfère pour ma part être cheap et lucide, c'est plus prudent.
@ Criticus
Tu peux avoir des idées intéressantes mais tu as tendance aussi à faire des raccourcis sacrément expéditifs. Privilège de l'âge ?
C'est vraiment dommage.
Ainsi expliquer par l'"islamisme" (que tu n'as toujours pas défini)le conflit Israélo-Palestinien ou les attentats en Irak (tu as entendu parler des Sunnites et des Chiites ?) me partait un peu court ! Je ne sais pas si tu es "cheap" mais tu n'es certainement pas lucide !
salut à tous,
d'accord avec Criticus sur toute la ligne.
@ RST : si, je crois qu'il est lucide, et que toi, sous couvert de regarder toute la complexité du réel, tu oublies de voir les grandes lignes, et les évidences. Oui l'islam est une idéologie dangereuse, qui contient en elle des germes d'intolérance et de violence. ça ne veut pas dire qu'il faut le reprocher aux musulmans (pour la grande majorité modérés), mais qu'il faut rester tout à fait vigilant par rapport à cette idéologie.
à bientôt !
@ RST @ Criticus
Je m'invite dans votre débat. J'ai réagit comme Roman à la lecture de la citation de De Gaulle. On ne peut pas définir les modèles contre lesquels on se définit et oublier le monde arabo-musulman.
Je ne crois pas nécessaire de parler d'islamisme, juste de culture arabo-musulmane.
Je ne veux pas chercher la polémique sur le sujet. Je rappelerais juste l'affaire du mariage annulé pour cause de non virginité. Les deux protagonistes étaient pourtant de nationalité française et bien intégré socialement, mais bon ... Voilà ... Il subsite des différences et dans trois siècles, on en parlera encore.
Roman a raison, l'UE n'a pas de valeurs à opposer pour se prémunir contre l'influence de l'idéologie islamiste, mais pas plus qu'elle n'en a pour se prémunir contre l'envahissement de ses ondes par les sous merdes américaines et les valeurs qu'elles véhiculent.
C'est la Nation et l'idéologie qui la constitue qui est le seul rempart possible aux influences culturelles exogènes. De ce point de vue, la France a encore quelque chose à dire avec son idée de laïcité et son attachement viscéral à l'égalité homme-femme qu'elle a poussé jusqu'à vouloir nier toute différence entre les sexes.
Mais peut-on débattre de cette question sereinement ? Je me pose la question ...
@LOmiG
Ce qui est bien avec toi, c'est que tu vois tout en binaire : c'est bien ou c'est mal, c'est vrai ou c'est faux, c'est libéral ou ... socialiste (?)
La encore privilège de la jeunesse ?
Je crois que c'est Nietzsche qui disait un truc du genre " Ce n'est pas le doute qui rend fou , c'est la certitude"
Et il me semble qu'en ce qui te concerne, les certitudes ça te connait !
Pour information, l'Islam ce n'est pas une idéologie, c'est une religion.
Figures toi que je pratique le doute de manière assez systématique.
Par ailleurs l'Islam est bien plus qu'une simple religion, dans la mesure où c'est une religion d'Etat dans beaucoup de pays. C'est donc aussi un système juridique (charia) et un sytème politique (visant à l'établissement de l'ouma).
C'est bien pour ça que j'appelle ça, volontairement, une idéologie (mot qui n'a d'ailleurs pas forcément de connotation péjorative dans mon esprit).
à bientôt !
@ RST : je ne pense pas qu'il soit réducteur de dire que le Hamas et le Hezbollah sont des milices islamistes, ni que le conflit sunnites-chiites en Irak est attisé par des leaders religieux obscurantistes. Les premières victimes de l'idéologie islamique sont les musulmans vivant dans les pays où, comme le dit bien Lomig, l'islam a valeur d'idéologie d'Etat et non pas seulement de religion. Je sais que tu as vu ça de près, et en tout cas de plus près que moi, mais à moins que nos médias soient "islamophobes" (il est permis de penser le contraire vu, encore une fois, le traitement qu'ils donnent au conflit israélo-palestinien), c'est cette image mortifère qui transparaît.
@ Malakine : j'espère que dans trois siècles, l'assimilation aura été faite. C'est un concept qui n'a pas bonne presse, tant il est inhérent à l'identité nationale française, dont on se demande, à part la gauche "chevènementiste" et la droite "bonapartiste", qui tient encore à la défendre dans les faits. Comme tu le dis, la laïcité et l'égalité hommes-femmes (qui n'a pas besoin de "parité") qu'elle véhicule ont encore un rôle à jouer, un rôle évident dans le monde actuel. A condition que l'idée de nation, et donc de nation française, puisse renaître.
Et en effet, l'Union européenne, vaste technostructure, n'est portée par aucune valeur. Elle est donc condamnée à la dissolution.
Bien sûr que la menace terroriste islamiste existe, mais il faut éviter justement l'amalgame entre l'extrémisme islamiste et la culture arabo-musulmane.
Stigmatiser le monde arabe revient à renforcer l'influence islamiste dans certains pays instables.
Je n'ai pas la solution, la répression ou le dialogue, un juste milieu..
Je vais étonner, mais je suis d'accord pour dire que le Hezbollah et la Hamas sont des entités terroristes, et mon cœur me dit qu'il faut les détruire par la force. Toutefois, cette méthode appliquée par Israël, par les U.S en Irak, ne fait qu'empirer les choses.
L'identité française existe et on doit se battre pour qu'elle survive.
Laïcité, démocratie, égalité, c'est ça notre culture, et ça on ne doit le perdre sous aucun prétexte.
Mais je ne vois pas en quoi un métissage culturel doit absolument être un ennemi de cette vision de notre société.
Si nos règles, nos lois restent inamovibles et fermes, ces influences culturelles, artistiques et traditionnelles nous enrichirons énormément.
"Si nos règles, nos lois restent inamovibles et fermes, ces influences culturelles, artistiques et traditionnelles nous enrichirons énormément."
C'est justement ça que j'entends par "assimilation"... et je ne crois pas qu'on en prenne le chemin.
Hé bien moi je persiste à dire, comme Malakine, que la notion d'"Union Occidentale" pour être valide n'en est pas moins irréaliste à l'heure actuelle : Roman, je suis d'accord avec toi mais tu as néanmoins 50 ans d'avance!
En attendant, j'estime que la seule solution viable pour justement créer un socle commun de valeurs et faire en sorte de ne pas se transformer en musée géant, passe par l'Union Européenne. Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi il y aurait une identité occidentale opposable à la construction européenne. L'un n'empêche pas l'autre, l'Union Européenne pouvant s'emboîter aux côtés des Etats-Unis, et de la Russie dans une moindre mesure (au moins pour l'instant), pour former cette union Européenne. De la même façon que l'identité française, à laquelle je ne compte certainement pas renoncer, n'a à être opposée à l'identité européenne, ou celle de breton à celle de Français,etc.
Simplement il faut procéder par étapes, d'autant que comme tu le rappelles les Américains eux-mêmes sont des champions de l'unilatéralité et auront par ailleurs besoin de quelques années de plus que nous pour constater le danger qui pèsent sur eux comme sur nous : celui de la décadence civilisationnelle.
Quant à dire que l'Union Européenne n'est basée sur aucunes valeurs, je ne suis pas complètement d'accord; outre le fait que la construction de ces valeurs se fait avec le temps et à mesure que l'Union politique avance, on constate quand même un certain nombre de points communs entre pays de l'UE, qui parfois divergent des Etats-Unis. C'est notamment le cas en termes de législation sociale, généralement plus protectrice et "solidaire" -au sens de répartition obligatoire et centralisée-, ou de façon plus générale avec une attitude d'aversion au risque et de principe de précaution que les Américains n'ont pas : OGM, cellules souches,etc
P.S.: J'aime bien le jeu de mot du titre ;)
@ Elyas : je ne pouvais pas m'en douter avant la rédaction de ce billet, mais le titre convient encore mieux à Sarkozy depuis le "rapatriement" d'Ingrid Betancourt (qui est mois Française que Colombienne, mais passons).
Oui, tu l'as dit, je suis un visionnaire... peut-être qu'une fois que je ne serai plus en âge de faire de la politique, mon idée d'Union occidentale verra le jour.
Pour l'instant, en effet, ceux qui risquent d'y être le plus réticents sont, paradoxalement, les Etats-Unis. Mais comme tu le dis bien, ils vont dans un avenir proche être confrontés aux mêmes défis que nous... quant aux valeurs européennes, tu cites quand même les deux pires aspects de la gouvernance des sociétés européennes : l'étatisme et le sécuritarisme. Pas le meilleur moyen de me convaincre du bien-fondé de la construction européenne... enfin, tu as raison, au moins, on se retrouve là-dessus.
@Criticus : Certes, j'avoue que ce ne sont pas non plus mes aspects préférés...
Mais c'était juste pour souligner un certain esprit européen, une façon commune de voir les choses qui se retrouve aussi dans la diplomatie. Par exemple quand les Etats-Unis soutiennent Israël, l'UE finance l'"Etat" Palestinien...Mais là je sens que je suis en train de te donner un argument de plus ;)
En tout cas qu'on aime ses aspects ou non, ils ne correspondent pas seulement à un mode de gouvernance mais bien à une aspiration réelle et marquée des peuples européens...
"une aspiration réelle et marquée des peuples européens"... euh, quand on leur donne la parole, aux Européens, soit ils boudent le scrutin, soit ils votent contre... je crois que cette option exprime surtout la volonté des élites eurocratiques de se démarquer des Etats-Unis... un peu comme le Canada en fait. L'Europe est en train de devenir un grand Canada, le bilinguisme en moins... ;-)
Ben ces cons d'Européens sont bien plus similaires qu'ils ne le croient ou veulent l'admettre.
Globalement, ils demandent à leurs gourvernements le même type de chose, notamment d'être protégé de tout risque, réel ou imaginaire, que ce soit le chômage, les OGM ou l'immigration...D'où une tendance politique générale qui se dégage au niveau européen, un "état d'esprit européen".
Sauf que les peuples ont le regard tourné vers leur nombril et ne se rendent pas compte de tout cela. Et persistent à croire que leurs intérêts nationaux sont différents de ceux de l'Europe voire pourront s'en passer...Un peu comme l'attitude que tu déplores vis-à-vis de l'Union Occidentale !
Mais à ce niveau là, je crois que, encore pire que ceux qui ne voient pas l'intérêt de l'Europe et n'en veulent pas (et du coup sont cohérents quand ils votent "non"), il y a ceux qui veulent de l'Europe et votent "Non" quand même...Comme ils veulent d'une Europe mieux, plus ceci et plus cela, ils se disent que le meilleur moyen d'y arriver...c'est de tout bloquer. Super malin.
Et malheureusement, surtout en France, je pense que ça représente un sacré nombre de ceux qui votent contre...
Ce que tu indiques comme "valeurs européennes" me semble plus relever du politique, de l'économique et du social que du culturel, du civilisationnel. Je ne suis pas sûr que ces "valeurs" suffisent à faire une identité.
Quand je dis qu'il n'y a pas d'identité européenne opposable à l'identité nord-américaine, cela veut dire que, certes, la France et l'Allemagne sont toutes deux très différentes des Etats-Unis, mais si on les compare tous trois, on aura bien trois cultures nationales en présence, et non deux cultures "continentales".
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