mardi 26 août 2008

Enseignement du journalisme : le témoignage de Juan Asensio

Juan Asensio, critique, essayiste et rédacteur du blog littéraire Stalker, a suivi l'an dernier une formation au journalisme au Celsa, l'école d'information et de communication de la Sorbonne. Répondant aux questions de votre serviteur, il délivre ici les réflexions que lui ont inspiré une année passée au sein de ce qu'il appelle, reprenant ainsi le mot de Mallarmé, les armées du « reportage universel ».



Roman Bernard : Juan Asensio, vous portez un regard très critique sur les journalistes et les médias, aussi bien sur votre blog que dans votre dernier livre, Maudit soit Andreas Werckmeister !. Vous remettez notamment en cause le traitement qu’ils donnent à l’actualité littéraire, en concentrant leur attention sur des auteurs que vous jugez médiocres et, à l’inverse, en ignorant des auteurs qui vous semblent talentueux. Pourquoi, donc, avoir fait la démarche de suivre une formation au journalisme ? Était-ce une manière pour vous de « connaître l’ennemi », ou, pour paraphraser Georges Brassens, d’apprendre « les mille et une recettes qui vous valent à coup sûr les honneurs des gazettes » ?


Juan Asensio : Georges Brassens ? Je préfère Karl Kraus (1) écrivant que son « courage – celui qui consiste à déceler l'ennemi dans son propre camp – fut un des plus estimables ! ». Mon courage fut de peu de poids, et puis, je vous rappelle que je n’appartiens pas au camp des journalistes. J’ai même trouvé, vous le verrez, des compensations esthétiques à mon séjour d’une année dans les limbes communicationnelles.

Je suis très critique à l’égard du journalisme tel que certains le pratiquent, oui, pour le moins, même si, remarquez-le, le travail de bénédictin accompli par mon ami Jean-Pierre Tailleur dans Bévues de presse, qui jamais, à ma différence, n’use du style pamphlétaire, est une charge d’une extraordinaire efficacité, donc ravageuse, contre un milieu qu’il connaît infiniment mieux que moi et les pratiques lamentables du maljournalisme. Quelles sont-elles ? La liste en a été dressée mille fois : imprécisions de toutes espèces, petites, grosses et monumentales, rareté des sources, non-recoupement des informations, lesquelles d’ailleurs sont parfois caviardées ou tout simplement fausses, incorrections chatoyantes d’une langue réduite à quelques mots aisément compréhensibles, bidonnages manifestes et insignes, petits ou grands renvois d’ascenseurs entre amis, népotismes discrets ou outranciers, inculture crasse et souvent fière de l’être, prétention digne d’un Tamerlan (2), etc.

J’ajoute un bémol à vos dires : je n’évoque, sauf exception bien sûr comme celle que constitue le cas de l’inénarrable Pierre Marcelle officiant pour Libération, que des journalistes spécialisés en critique littéraire, vous le savez mon domaine de prédilection. Dans ce champ beaucoup plus économique et publicitaire que réellement culturel, qui finalement n’intéresse pas beaucoup de personnes hormis le tout petit monde de Saint-Germain-des-Prés, le vide y est aussi sidéral qu’infiniment bruissant : cela palabre, gazouille, babille, ânonne, bavarde, crie, chuchote, se tape sur l’épaule, fait des sourires, éreinte, baise, s’entredéchire, s’entrelèche, se copie, s’entreglose comme l’écrivait Rabelais mais cela (l’il y a, le domaine du neutre, qu’évoquait magistralement Levinas) n’évoque presque jamais intelligemment les livres. Ma tête de Turc favorite est Pierre Assouline qui, je crois, ne sait tout simplement pas lire. Un journaliste spécialisé en critique littéraire a, durant son existence, revêtu deux défroques : celle du pigiste ayant à peine digéré sa première année de Lettres modernes puis, si tout se passe bien et s’il n’a pas développé, trop jeune, un cancer de la langue ou d’une partie de son anatomie plus honteuse, celle d’une vieille catin dont les tarifs dépendent, comme il se doit, de ses prestations plus ou moins expertes. Entre ces deux pôles d’une chaîne de vie honteusement médiocre, dont le premier n’est rien de plus que le gamin attardé (mais déjà terriblement vorace) que le second méprise dans le meilleur des cas et qu’il n’hésitera pas à sabrer dès qu’il en aura l’occasion, officient, comme ils le peuvent, quelques journalistes sans doute honnêtes et droits. Je ne sais pas vraiment s’il m’a été donné d’en rencontrer, pour le moment du moins et dans le seul domaine de la critique littéraire, je le souligne une nouvelle fois. Peut-être n’existent-ils tout simplement pas en France, le Système corrompant jusqu’aux plus purs.

Je réponds à votre seconde question : je travaillais dans la Bourse, pour une banque internationale qui a décidé de fermer le département Recherche (en d’autres mots : l’analyse financière) dont je dépendais, acculant au chômage plus de cinquante personnes. Ledit groupe gaspillant des millions d’euros pour vanter son image qu’il espérait « socialement responsable », j’ai pensé (et je ne me suis pas trompé) qu’il pouvait aisément financer une possible reconversion (c’est ainsi que j’ai dû vendre mon projet, vous vous en doutez). Depuis des années, j’avais le désir de connaître l’ennemi comme vous dites mais le plus intimement possible, de l’intérieur bien évidemment, afin de vérifier empiriquement si toutes les critiques que j’avais lues sur l’enseignement du journalisme étaient fondées ou parfaitement aberrantes, provenant à l’évidence de quelques esprits aigris, jaloux et tout simplement dérangés. Je vous laisse deviner quelle sera ma réponse.



R.B. : Comment décririez-vous la formation que vous avez reçue au Celsa ?


J.A. : Pour être parfaitement précis, il s’agit d’une année de formation professionnelle, intitulée MSJ ou Master spécialisé en journalisme. Cette formation est très récente – le Celsa étant plutôt connu pour ses cours sur la communication – et s’adresse à un public déjà inséré de longue date dans le circuit professionnel et qui, pendant les cours, continue de travailler. Elle se compose de cours théoriques (les plus inintéressants, de loin) et de modules pratiques, ateliers de télévision ou de radio par exemple. J’estime que le Celsa n’a pas à se préoccuper de ma culture générale, surtout lorsqu’il s’agit de m’enseigner les vertus de l’étude comportementale de la sexualité des tribus sauvages (véridique !), mais plutôt doit ou devrait m’apprendre à utiliser les outils avec lesquels les journalistes travaillent. Cela n’a été le cas que fort imparfaitement.

J’attire également votre attention sur le fait que ce master est destiné à l’élite de l’élite si je puis dire, tout du moins à des personnes ayant, le plus souvent, exercé ce métier de journaliste durant des années. En aucun cas nous ne nous sommes mêlés à la population-type de cette école : à savoir, de ravissantes idiotes bronzées toute l’année qui se destinent à la communication, à la publicité, ou à ce drôle de métier à peu près inutile, sauf, apparemment, lorsque l’on jouit d’un joli physique : attachée de presse. Vérifiez ce que je vous dis : allez ainsi sur Facebook et tapez Celsa dans le moteur de recherches. Vous y constaterez qu’un parterre de Lolitas regroupées dans un groupe de « discussions » hautement intellectuelles, qui apparemment toutes ont été élues miss Camping durant leur dernier été de farniente, y constitue la population pas franchement hétéroclite de cette école prestigieuse, qui s’est transformée en succursale de la Star Academy ou peut-être, dans les cas les plus impressionnants, de L’Île de la tentation.

Au-delà de mon amusement et de mon ironie absolument pas misogyne, il faut bien comprendre que cette féminisation excessive, pour ne pas dire aberrante d’une grande école doit signifier quelque chose de plus grave qu’une simple baisse du niveau général ou au contraire une augmentation des phéromones des rares mâles s’y trouvant : j’y vois le fait que le journalisme n’est pas considéré autrement que comme une branche de la communica…, pardon, de la Com, cette lèpre contemporaine. Après tout, je pourrais dire de la Com, bien sûr en exagérant volontairement le rapprochement qui donc choquera, ce que Victor Klemperer (3) écrivait du nazisme, on le sait passé maître en propagande : « Le nazisme s'insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s'imposaient à des millions d'exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente ». « Expressions isolées », « tournures », « formes syntaxiques »… Voyons, est-ce que le monde des médias contemporains est parfaitement indemne de semblables détournements de sens, mensonges éhontés, approximations hasardeuses, slogans publicitaires, simplifications excessives du sens des mots, consécutivement du sens des propos tenus et, in fine, de la réalité elle-même ?

Poursuivons. Au sein de ce MSJ, mon cas a constitué une exception apparemment, puisque je n’ai à mon actif que quelques pages (mon article sur Villa Vortex de Maurice G. Dantec paru dans La Revue des deux Mondes) en tant que pigiste rémunéré et une connaissance plutôt théorique du métier de journaliste, même si certains de mes amis exercent cette très noble profession. Le Celsa nous choyant comme sa vitrine professionnelle, que pensez-vous qu’a été l’enseignement qu’il a délivré à des individus qui avaient tous plus de trente ans et tout de même un peu plus d’expérience que les midinettes nubiles nommées plus haut ?

En quelques adjectifs : cet enseignement fut très rarement bon (il le fut tout de même, surtout dans l’apprentissage des techniques radiophoniques ou télévisuelles), bien plus souvent sommaire, presque toujours effrontément partisan, rageur (lorsqu’il m’est arrivé de m’étonner de certaines dérives dans les propos et même le comportement de nos intervenants), bref, presque totalement insignifiant, à des années-lumière du prestige dont jouit et continue apparemment de jouir, je ne parviens toujours pas à m’expliquer ce mystère, le Celsa.



R.B. : Quelles conclusions en avez-vous tirées sur le système médiatique français, d’une manière générale ?


JA : Tout d’abord, mes conclusions ont porté sur la façon dont ce même système organisait son enseignement, partant formait les esprits de celles et ceux qui en grossiraient les rangs, déjà forts nombreux. Que voulez-vous que je pense de journalistes qui, la plupart, ont traîné leurs guêtres dans des salles de classes similaires à celles du Celsa où on leur enseigne à ne pas trop penser, à avoir toujours un œil ouvert sur le fil de l’AFP, à « ouvrir » un flash en privilégiant l’information la plus sensationnelle au détriment de la plus intéressante, à lutter sans merci contre les affreux dictateurs sanguinaires qui nous gouvernent, etc. ? Finalement, nous avons les journalistes que nous méritons, puisque nous sommes incapables de nous doter d’une école dont le prestige ne serait pas le seul effet d’un mirage médiatique ou d’une bulle spéculative gonflée à l’hélium publicitaire : de vrais locaux (4), un matériel haut de gamme, surtout, bien sûr, des professeurs triés sur le volet et pas uniquement des « intervenants » dont la seule préoccupation semblait être de nous tutoyer au bout de deux secondes de cours pardon, de propos décousus échangés dans quelque café du commerce de Boue-sur-Glaise.

Plus largement, j’ai été frappé par un phénomène dont j’avais trouvé la description hallucinée dans un remarquable ouvrage d’Armand Robin, que tout étudiant en journalisme devrait avoir lu et relu une bonne quinzaine de fois avant d’oser coucher par écrit ses maigres certitudes. Ce phénomène est relativement simple à énoncer, complexe toutefois, je le suppose, quant aux mécanismes langagiers qu’il met en branle : « Des univers géants de mots tournaient en rond, s'emballaient, s'affolaient, sans jamais embrayer sur quoi que ce fût de réel » (5). Armand Robin, évoquant les « bas-fonds » du langage qu’il était contraint de disséquer pour gagner sa vie, était frappé par la formidable puissance et tout à la fois l’extraordinaire fragilité des techniques de propagande (dans notre cas : communiste) qui paraissaient ériger une espèce de monde virtuel, de contre-monde non pas totalement désamarré du nôtre mais lui ressemblant étrangement, un peu comme nous le voyons dans les récits de Kafka ou dans ceux de Dick. Tout vous semble a priori normal et pourtant, une drôle d’intuition vous avertit que la réalité dans laquelle vous vous déplacez n’est absolument pas la vôtre !

Robin poursuit : « La fausse parole ne peut être tout à fait aussi fausse qu'elle le prétend ; et même la non-parole ne saurait devenir tout à fait non-parole ; en effet un néant réclamant sa qualité de néant cesse d'être du néant ; le négatif-à-l'extrême (et c'est précisément le cas des êtres de propagande) est par définition non-possible, pour la très simple raison que la nature du négatif-à-l'extrême est de tendre à l'inexistence et que tendre à l'inexistence suffit à empêcher d'inexister » (6). C’est affirmer en somme que le langage médiatique (je le confonds volontairement avec celui de la propagande) érige sans peine une fausse réalité, labile mais jamais parfaitement inexistante, mélangeant inextricablement vérités et mensonges, ayant elle-même ses lois et ses codes, ainsi que ses modes de propagation, comparables à ceux des rumeurs de guerre analysées par Marc Bloch (7).

Ainsi, au Celsa, une certaine Valérie Mahaut appartenant au Parisien nous demanda de rédiger une dépêche annonçant que Nicolas Sarkozy avait effectivement donné une gifle à son ex-femme. Vous vous souvenez sans doute que ce lamentable et horrible crime ayant choqué les honnêtes citoyens que nous sommes mobilisa il y a quelques mois les énergies de nos plus fins limiers journalistiques, dont la Terre entière nous envie le professionnalisme et la rigueur. Cette intervenante, qui passa la majeure partie de ses heures de cours à griller des cigarettes au soleil dans l’agréable jardin du Celsa, était absolument certaine que quelque mystérieuse entité au pouvoir phénoménal nous cachait la vérité sur ce sujet, explosif selon ses dires. C’était bien sûr l’honneur tout entier de la profession journalistique de se boucher le nez et de plonger dans les poubelles pour mettre la main sur cette fichue main courante censée apporter gloire et prospérité à celle ou celui, certainement opiniâtre et prêt à risquer sa vie, qui la dénicherait. Je me souviens m’être étonné, auprès de Valérie Mahaut, de la bêtise et de l’insignifiance de pareil exercice : après tout, elle voulait nous faire travailler sur des bruits, des rumeurs alors qu’il y avait tant de sujets plus intéressants et, eux, bien réels. Que croyez-vous que notre Mata-Hari de la plus réputée presse d’investigation me répondit ? Ceci : « Et tu veux être journaliste [je n’avais jamais prétendu une telle horreur] ? Toi, tu commences super mal… » ! Je crois bien ne rien avoir commencé mais peu importe…



R.B. : Nous avons déjà eu l’occasion de discuter de l’actualité des Illusions perdues. Le jugement de Balzac sur la presse vous semble-t-il pertinent aujourd’hui ? Pensez-vous que l’évolution des technologies de l’information ait aggravé les dérives qu’il dénonçait, déjà, sous la Monarchie de Juillet ?


J.A. : Pertinent ? Il est imparable vous voulez dire, ce jugement ! Vous citez Balzac, je vous renvoie aux premières pages de L’Imposture, de Bernanos, qui décrit par le menu une longue conversation entre des lettrés, des hommes d’influence comme on les appelle sottement de nos jours et un pauvre type exerçant la noble profession de pigiste, du nom de Pernichon, tout un programme… Il y a là quelques pages d’anthologie sur la giration folle de ces univers virtuels décrits par Armand Robin. Tout de même, le pauvre et pathétique Pernichon finira mal puisqu’il se suicidera, ayant peut-être compris qu’il n’était rien de plus que l’une des innombrables bouches sales qu’utilise le journalisme pour accroître son emprise sur les esprits. Un autre sort fut réservé au personnage du Bel-Ami, de Maupassant, Georges Duroy qui, simple grouillot ou fait-diversier d’un journal de la capitale comme il en existait des dizaines dans les années 1880 à la faveur de la fièvre spéculative, finit après quelques années de copinage et de services rendus, en raison surtout de son charme personnel, ses compétences professionnelles étant quelque peu… inexistantes, par épouser la fille de son patron, le banquier Walter, enrichi en grande partie grâce aux services rendus par son journal au gouvernement. Souvenez-vous également du personnage de Rouletabille inventé par Gaston Leroux, ce globe-trotter infatigable et surtout passé maître dans la culture d’un solide réseau d’informateurs, surgeon-type de la petite bourgeoisie arriviste.

Les exemples, du reste, sont innombrables, qu’ils soient spécifiquement littéraires ou à la charnière entre la littérature et l’essai philosophique, comme les ouvrages de Karl Kraus, redoutable pourfendeur, au début du siècle passé, du journalisme en tant qu’il créait une sorte de réalité seconde (de « mauvais rêve », eût écrit Bernanos) presque totalement décorrélée de la réalité de notre monde. Je cite ce long extrait, saisissant, de Kraus évoquant la Première Guerre mondiale, ne sachant d’ailleurs si Armand Robin connaissait ce diable d’Autrichien, tant les thématiques de ces deux auteurs paraissent se ressembler : « Il se pourrait bien qu'on découvre un jour à quel point a été insignifiante cette guerre mondiale comparée à l'automutilation de l'esprit humain par la presse, dont la guerre ne fut au fond qu'une des émanations. Il y a quelques années, un Bismarck – qui a lui aussi surestimé la presse – notait que "tout ce que le peuple allemand a conquis par l'épée est gâché par la presse", et il alla jusqu'à rendre celle-ci responsable de trois guerres. De nos jours, les liens entre les catastrophes et les salles de rédaction sont plus profonds et, de ce fait, beaucoup moins clairs. Car pendant qu'une guerre se déroule, l'acte est plus puissant que le verbe ; mais l'écho qu'on lui donne est plus fort encore que l'action. Nous vivons de l'écho des choses et dans ce monde sens dessus dessous c'est lui qui suscite le cri [je souligne]. » (8)

Sans conteste, l’accroissement extraordinaire de notre puissance technique a favorisé la circulation quasi instantanée de l’information (9). Plus que jamais, « nous vivons de l’écho des choses », comme si, en fait, nous avions franchi une espèce de mur du son symbolique qui nous éloignerait inéluctablement de la vie toute simple, de la « réelle présence » de la réalité remplacée par des mots trompeurs. Du reste, nul besoin d’attendre que Lucien de Rubempré se suicide par pendaison pour comprendre ce qui se tramait au tout début du XIXe siècle. Voyez ainsi ce qu’écrivait Benjamin Constant en 1814 : « Lorsque de certaines idées se sont associées à de certains mots, l’on a beau démontrer que cette association est abusive, ces mots reproduits rappellent longtemps les mêmes idées » (10). Cette remarque ne pourrait-elle aujourd’hui s’appliquer au cas de certains mots (comme « réactionnaire ») qui, employés à dessein par de hâtifs imbéciles, suffisent à vous condamner à la peine maximale prévue par le code (tacite et donc non écrit !) médiatique, à savoir la réclusion à perpétuité dans une cellule totalement silencieuse, d’où il vous sera non seulement impossible de vous échapper mais qui vous réduira au mutisme le plus inhumain ?



R.B. : Votre style a-t-il été affecté par votre formation au Celsa ?


J.A. : Mon Dieu, j’espère bien que non ! L’un de nos intervenants, une fois de plus journaliste du Parisien, un certain Frédéric Mouchon que j’avais renommé par dérision Mouton, a systématiquement raccourci mes phrases au prétexte qu’elles étaient trop longues. Je vous jure qu’elles étaient pourtant beaucoup plus courtes que celles de mes textes publiés sur Stalker ! Peu importe, car, très impressionné par le savoir d’un jeune homme se disant fanatique de littérature et employant le terme « Astérix » pour « astérisque » je le suppose, je fis profil bas et réduisis mes phrases aussi drastiquement qu’un sauvage de l’Amazonie les têtes de ses ennemis. Las ! Voilà qu’elles devinrent trop « sèches » et pas assez « accrocheuses », bref, « vendeuses ». Je ne vous étonnerai pas en vous disant que j’ai obtenu certaines de mes plus mauvaises notes en presse écrite, une vraie catastrophe, sauf lorsque je me suis amusé à inventer une enquête de toutes pièces : tout y était faux ou presque, les personnes citées, leurs propos bien sûr, la problématique même de mon texte…

Et puis, comme si je ne savais pas faire des phrases courtes (huit années dans la Bourse, à rédiger quotidiennement ce que l’on nomme le Morning Fax – donc un document très important pour l’entreprise, où il ne s’agit pas de faire de la littérature, croyez-moi ! –, vous apprennent à dire l’essentiel, en l’occurrence évoquer précisément l’actualité économique et boursière de la veille, en quelque quinze lignes, et dans un temps qui vous est compté…), comme si je ne savais, donc, pas faire des phrases courtes (celle-ci, en tous les cas ne l’est pas vraiment…) et que ces dernières étaient forcément plus claires que des phrases longues…



R.B. : Pensez-vous qu’il soit possible d’améliorer les formations au journalisme, ou que le principe même de formation au journalisme soit mauvais ?


J.A. : Je vais vous le dire tout net : à mon sens, c’est le métier de journaliste tel qu’il est exercé depuis une bonne cinquantaine (voire centaine) d’années qui ne devrait tout simplement pas exister. Souvenez-vous que non seulement Balzac que vous avez cité, mais aussi Bloy et, à l’étranger, Karl Kraus et George Orwell, ont adressé de très vives critiques au système et au langage médiatiques qui restent parfaitement valables de nos jours, à l’heure où nos amis journalistes n’en finissent pas de tresser des couronnes de laurier à Internet (presque tous les intervenants de la presse écrite nous tenaient un discours louangeur sur ce sujet. Il suffisait que je dise que j’avais un blog pour que leur regard s’humecte d’admiration).

Car enfin, quel est le but, oserais-je écrire la mission du journalisme tel qu’il est pratiqué non seulement en France mais aussi aux quatre coins du monde ? Rendre compte des événements me direz-vous et ainsi tenter, je dis bien tenter de nous proposer une image parmi des milliards d’autres de la vérité, à charge pour le lecteur de se forger ses propres convictions et d’approcher peut-être quelque peu de cette vérité, si tant est qu’elle existe. Cela, c’est une scène idyllique, digne d’une publicité vantant les mérites fleuris d’un fromage embaumant l’atmosphère à quelques lieues à la ronde. Et la réalité, je vous prie ? En paraphrasant Orwell et en changeant le terme « novlangue » par journalisme, nous pourrions dire : « Ne voyez-vous pas que le véritable but du journalisme est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité » (11). Je crois que nous n’en sommes pas bien loin et que, dans bien des cas, cette prédiction faite par le romancier a été largement dépassée : il y a quelques années, lorsque sévissait le stalinisme dans bon nombre de facultés, le simple fait de se dire non-communiste (pas même de droite, notez-le) suffisait à briser la carrière de certains élèves et même de professeurs ! Dans trop de cas, les journalistes estiment qu’ils sont les seuls juges capables de punir celles et ceux qui ont commis un de ces « crimes par la pensée ». C’est tout simplement inacceptable, dégoûtant, odieux, et je n’ai de cesse de dénoncer, dans mon propre domaine, ces dérives. Bien sûr, on me paie en une monnaie qui n’est ni trébuchante ni (surtout pas) sonnante : le silence concernant mes ouvrages, seule arme mais la plus redoutable, avec le mensonge pur et simple, dont disposent les journalistes.



R.B. : Chacun des deux versants du paysage politique français reproche à la presse et aux journalistes d’être « inféodés » au versant opposé. Il semble pourtant que la grande majorité des journalistes soit « progressiste », et donc plus proche de la gauche. Qu’en pensez-vous, à la lumière de ce que vous avez pu observer au Celsa, chez les intervenants comme chez les élèves ? N'estimez-vous pas que le problème est ailleurs, que, de gauche ou de droite, les journalistes (et apprentis) français sont surtout imprégnés par le « politiquement correct » ?


J.A. : Première réponse, une anecdote véridique. Le tout premier jour de cours, un intervenant (il y a peu de professeurs titulaires au Celsa mais en revanche beaucoup d’intervenants, gage sans doute de professionnalisme et d’« ouverture »…), grand reporter pour Arte, Vladimir Vasak, nous affirme, après quelques minutes d’un pseudo-cours sans queue ni tête, que le rôle du journaliste consiste à se vouloir, contre vents et marées, une vigie. Fort bien, même si je doute qu’il ait lu Sainte-Beuve, qui employa ce terme à propos du rôle que devait assumer le critique littéraire. Quel est donc le rôle d’une vigie ? Vous me répondrez : avertir sa hiérarchie directe ou son équipage du danger qui croît à l’horizon et, ainsi, non seulement sauver le plus grand nombre possible de vies mais prendre les mesures de protection, éventuellement d’attaque, qui s’imposent. Je ne vous étonnerai probablement pas en vous affirmant que notre gardien de la morale n’envisageait cette noble, voire sainte mission de vigie que dans son aspect le plus stupide, puisqu’il s’agissait, par tous les moyens, de résister à l’ogre Sarkozy, une fois de plus !

Ma surprise fut doublée d’un profond dégoût lorsque, toujours durant cette première intervention, notre impeccable guetteur scrutant l’horizon du désert des Tartares d’où rien ne venait nous avoua sans la moindre retenue, un immense sourire éclairant tout son visage, qu’il militait activement dans Désirs d’avenir, autrement dit pour la candidate Ségolène Royal. Discrètement, complice et toujours tout sourire, il alla même jusqu’à nous assurer que nous pourrions (nous : pas même des journalistes professionnels dans bien des cas, tous n’ayant pas même la sacro-sainte carte de presse, nous devions donc comprendre notre chance formidable…), grâce à ses bons services, obtenir les meilleures places dans l’espace réservé aux journalistes lors des réunions publiques de Ségolène Royal. Après cette première journée de cours, j’ai bien failli ne plus revenir au Celsa, étant tout de même sidéré que le premier triste sire venu se sente investi d’une mission divine et regarde de très haut, avec une grimace de mépris, celui qui osait émettre quelques réserves déontologiques sur de tels procédés. Apparemment, pour ce journaliste également, je partais d’un bien mauvais pied dans la profession !

Une image à présent, que d’ailleurs j’évoquais à ce même cours de Vladimir Vasak qui me regarda alors comme si j’étais le cousin germain de Sarkozy en personne, voire, tout simplement, quelque étudiant lui rappelant une ou deux règles journalistiques évidentes. Il y a, dans une Salle des Marchés, ce que l’on appelle une « Muraille de Chine », à savoir une séparation matérialisée physiquement (par un mur, fût-il transparent) entre l’espace dédié à la vente (ou à l’achat bien sûr) et celui réservé au déontologue chargé de vérifier la légalité des procédures (elles sont singulièrement complexes et redondantes, comme l’affaire Kerviel l’a démontré pour les profanes) boursières. Apparemment, cette « Muraille de Chine » (12) n’existe tout simplement pas dans l’esprit de bon nombre de journalistes… Je pourrais, à ce sujet, vous citer bien d’autres anecdotes vécues durant cette année au Celsa concernant des cas manifestes de maljournalisme tels que je les ai gardés en mémoire.

Seconde réponse, qui confirme votre juste intuition. Oui, bien sûr, le mélange est connu qui paralyse les consciences françaises, qu’elles soient, pour le dire vite, de droite ou de gauche : trouille suraiguë, volonté de se faire une place au soleil sans trop choquer, ou alors en ne choquant que modérément, afin de continuer de vendre des exemplaires de torchons, cette volonté nécessitant le déploiement d’efforts surhumains afin de se constituer un réseau pour lequel aucun sacrifice ne sera jamais trop grand. Récemment, j’avais publié sur Stalker un texte très violent, après que cette pauvre gamine, Anne-Lorraine Schmitt, a été tuée par un homme dans une rame vide de RER. Immédiatement, la presse de droite, Valeurs Actuelles en tête de cette joyeuse armée de libération des belles âmes, voire devenue le porte-drapeau d’une croisade chargée de reconquérir le doux et saint territoire de la France livré aux hordes barbares, s’est imaginée (et y a sans doute cru réellement) qu’il était respectueux et intelligent de faire de cette jeune femme une icône, que dis-je, une sainte. Selon nos preux chevaliers, Anne-Lorraine aurait témoigné, face à son meurtrier, d’un courage de martyre. J’ai employé des termes d’une violence extrême pour condamner ce meurtre ignoble. Pourtant, l’idée défendue par certains des journalistes de Valeurs Actuelles est tout simplement scandaleuse car jamais, bien évidemment, ils n’auraient donné de la « sainte » à une femme assassinée qui eût été de confession musulmane. Je me permets de vous renvoyer à ce texte et à mon petit échange avec Laurent Dandrieu, fort instructif quant à la lâcheté de ces journalistes va-t-en-guerre à condition qu’ils restent planqués derrière leur écran.



R.B. : Que vous a inspiré votre observation des médias par l'enseignement du journalisme sur l’évolution de la société française ? Comptez-vous en faire un livre, à l’avenir ?


J.A. : Une chose toute simple, que je vous livre dans sa radicalité : je ne vois aucune façon d’amender en profondeur ce que Mallarmé nommait le « reportage universel » et les écoles où on enseigne ce langage décérébré puisqu’il s’agirait, en somme, de remplacer un bavardage constant et inconsistant, une rhétorique devenue folle , par une parole de poids réel, douée de pesanteur selon la terminologie de Carlo Michelstaedter. Bien évidemment, je ne nie pas la qualité de certaines enquêtes fouillées : il doit tout de même exister en France de bons journalistes. J’affirme seulement que ces travaux sérieux sont noyés dans une nasse où frétillent une multitude démentielle de bruits insignifiants.
Quoi qu’il en soit, rien d’autre ne me vient à l’esprit que l’hypothèse évoquée assez bellement par Frank Herbert dans Dune et ses suites : une guerre contre les machines (il la nomme « Jihad Butlérien ») ou plutôt, puisque cette dernière serait sotte en plus d’être rigoureusement impossible, une guerre sans merci contre le discours orthonormé, machinal c’est le cas de le dire, que nous servent la majorité des médias, quel que soit leur support.

Parfois, me souvenant des textes que j’ai cités plus haut, je me dis qu’il suffirait de quelques minutes d’un silence médiatique total et réel pour que nous reprenions nos esprits et décidions de limiter l’usage des médias (à quoi peuvent donc bien nous servir des centaines de chaînes de télévision, des milliers de journaux et de quotidiens, sinon, comme disent nos censeurs, à témoigner de la bonne santé de nos joyeuses démocraties ?) mais, comme celui-ci est improbable, à moins que nous imaginions une catastrophe de dimension planétaire, je suis singulièrement pessimiste quant à l’évolution de la société française et occidentale dans son rapport de plus en plus sommaire et exclusif, avec ses propres médias. Je ne vois guère ce qui pourrait l’arracher à sa trouble fascination : demandez donc à une souris, sur le point de se faire dévorer, de détourner ses yeux vitreux de ceux, fascinants, du serpent et il y a fort à parier que votre échec n’illustre comiquement la vieille antienne, mille fois vérifiée, de la servitude volontaire…

Un livre, me demandez-vous ? Non. J’ai déjà fort à faire, vous l’avez sans doute remarqué, en accomplissant, dans les domaines de la littérature et de la critique littéraire, un véritable travail d’Hercule puisqu’il s’agit, quelque peu je l’espère, de rendre plus propres les écuries d’Augias dans lesquelles se vautrent nos cacographes. Et puis, les livres critiques sur le rôle et les pratiques des médias existent en grand nombre. Songeant à un sujet de mémoire à présenter pour valider mon année au Celsa, j’avais même escompté pouvoir présenter un travail sur la réception critique comparée, par les médias eux-mêmes, concernant des ouvrages comme ceux de Tailleur ou de Cohen qui justement les critiquaient vertement. Que croyez-vous qu’il me fut répondu ?



Criticus est membre du Réseau LHC.

A lire, la note de Juan Asensio du 26 août 2008.

Notes

(1) Dans Cette grande époque précédé d'un essai de Walter Benjamin (Petite Bibliothèque Rivages, 1990), p. 214.
(2) Cette prétention réellement grotesque et comique, j’ai dû la subir non seulement de la part de certains de nos intervenants (souvent les plus incultes, comme il se doit), mais surtout lorsque je me suis trouvé face à Véronique Richard, directrice du Celsa qui ne fit auprès de notre promotion qu’une seule et unique apparition, en début d’année, pour nous en vanter les mérites, ce qui est son droit le plus strict. Elle consentit cependant, du haut de son trône de dignité, à m’accorder un entretien de quarante-huit bonnes secondes montre en main, parce que je me plaignais vivement (et par écrit, sans cela…) d’une note parfaitement aberrante délivrée par une intervenante anglo-saxonne, Diane Selighson, dont l’esprit ne semblait pouvoir accepter qu’une seule vérité pas vraiment mal-pensante : l’Afrique avait été la proie et continuait de l’être d’odieux petits blancs réactionnaires, voire fascistes. S’il vous arrivait de lever les yeux aux ciel ou simplement de faire la moue lorsque vous entendiez ces fadaises, vous aviez immédiatement droit à 1) un regard horrifié, celui de Diane, 2) plusieurs regards tout aussi horrifiés, ceux de certains de mes camarades de classe, 3) l’assurance qu’un tel affront ne serait pas oublié au moment de vous noter. Passons. Profitant donc de l’aubaine et considérant le fait que de toute façon la directrice du Celsa se contrefichait de mes malheurs, je glissai à sa royale oreille quelques appréciations sur l’enseignement tel qu’il était délivré, sans honte, au sein du MSJ, à des « étudiants » frôlant la quarantaine et qui, souvent, avaient infiniment plus de culture générale que les intervenants payés pour nous répéter des généralités que nous avions apprises en classe de quatrième. Inutile de vous dire qu’elle me signifia rapidement que notre entretien était fini, comme un roi se débarrasse d’un battement de cil de son bouffon pas même favori, non sans avoir écorché une bonne vingtaine de fois mon nom que de toute évidence elle venait de découvrir à l’instant !
(3) Dans LTI La langue du IIIe Reich (Presses Pocket, coll. Agora, 1998), p. 40.
(4) Un vieux proverbe moldave, dont je ne garantis pas l’authenticité, affirme que l’on juge la qualité d’un restaurant, avant même d’avoir avalé sa première bouchée, à la propreté de ses toilettes. Celles du Celsa valent le détour, même si l’appétit risque de vous manquer après les avoir visitées. Disons qu’elles sont… comment l’expliquer… dignes d’un improbable quart-monde qui aurait découvert l’usage de l’écran plasma avant même celui de l’eau courante. Bien sûr, ce n’est là qu’un détail, sordide si on veut, mais les bâtiments et les locaux tout entiers du Celsa, à l’exception d’une belle façade rénovée servant bien sûr d’aguichante vitrine, sont eux aussi dans un état assez lamentable, de toute façon sales.
(5) La Fausse parole (Le temps qu'il fait, 1985), p. 54.
(6) Ibid., p. 67.
(7) « Une fausse nouvelle naît toujours de représentations collectives qui préexistent à sa naissance ; elle n’est fortuite qu’en apparence, ou, plus précisément, tout ce qu’il y a de fortuit en elle c’est l’incident initial, absolument quelconque, qui déclenche le travail des imaginations […] », Marc Bloch, Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre (Allia, 1999 [première publication en 1921 dans la Revue de synthèse historique]), pp. 48-9.
(8) Karl Kraus, op. cit., p. 187.
(9) Sous la Restauration, le public des quotidiens ne concernait que 200 000 lecteurs alors qu’il englobait la quasi-totalité de la population adulte à la veille de la déconfiture de 1940 ! Cette même sinistre année, une dizaine de millions d’exemplaires publiés, toutes publications confondues, alimenta la curiosité des Français. Ces chiffres, bien évidemment, peuvent nous paraître dérisoires, alors que sévit de nos jours, avec les cybermilitants, le mythe d’une information totalement transparente donc accessible au dernier des esquimaux perdu sur sa banquise décongelée, ce mythe étant le dernier surgeon de celui que cultivèrent les dreyfusards de 1900, les partisans du Front populaire en 1936, les résistants à la Libération ou enfin les thuriféraires des radios libres des années 1970 qui, tous, affirmaient le droit inébranlable à une information aussi universelle que généreusement citoyenne.
(10) Benjamin Constant, De l’esprit de conquête et de l’usurpation [1814] (Flammarion, coll. GF, 1986), p. 181.
(11) George Orwell, 1984 (Gallimard, coll. Folio, 2001), p. 79.
(12) En termes moins vagues, la « Muraille de Chine » est une expression symbolique désignant l’ensemble des procédures dont l’objet est de prévenir la circulation indue d’informations confidentielles (auxquelles appartiennent, par exemple, les fameux délits d’initiés), notamment privilégiées, susceptibles de générer des conflits d’intérêts.
(13) « Mais la rhétorique organisée en système, alimentée par l’effort constant des siècles – fleurit au soleil, porte ses fruits et profite à ses fidèles. – Et dans l’avenir elle en portera d’autres. Et on verra chaque homme préoccupé uniquement de sa vie », Carlo Michelstaedter, La persuasion et la rhétorique (L’Éclat, 1998), p. 160.
(14) Quelques chiffres, pour le moins éloquents : on dénombrait en 1872, soit une année après l’armistice avec la Prusse, la Commune et les lois restreignant la liberté de la presse, environ 3 826 hommes de lettres ou publicistes, 7 372 en 1881, 9 148 en 1906 (selon les chiffres indiqués par Christophe Charle dans son ouvrage intitulé Naissance des « intellectuels », éditions de Minuit, 1990, p. 237). Combien de journalistes en France, actuellement ? Et ce chiffre, sans doute assez conséquent (37 301 très exactement au 2 janvier 2008, si l'on en croit les données fournies par la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels), correspond-il à un réel besoin, de la part des citoyens, de garantir la diversité de l’information ? Allons allons, cette antienne nous a été répétée bien trop de fois, et sur tous les airs, pour qu’elle soit parfaitement honnête…

Entretien reproduit sur le blog de Juan Asensio, Stalker

179 Commentaires:

le chafouin a dit…

Quelle prétention ce Stalker. Pas pu aller plus loin que la deuxième question. Pourtant il y aurait à dire. Si ce type pense que le journalisme s'adresse aux élites, il se trompe.

Plog a dit…

j'ai un doute sur la déontologie du système financier et la «muraille de Chine» exaltée ici comme un modèle pour le journalisme. C'est la même qui a permis à Kerviel de passer du back office ou front office ?

Criticus a dit…

@ Le Chafouin : je trouve au contraire que Juan Asensio a répondu de manière plutôt complète à mes questions... le document Word qu'il m'a envoyé faisait neuf pages ! Oui, il y a à dire sur le maljournalisme, ce que je t'invite à faire ici, en commentaire. Tu es légitime pour en parler, aussi je ne comprends pas ce commentaire quelque peu... expéditif...

@ Plog : sur cette question, je laisse Juan Asensio lui-même vous répondre.

le chafouin a dit…

Parce que ce type confond la haine qu'il porte aux journalistes, misérables mortels qui ne lui arirvent pas à la cheville, et les critiques légitimes qu'il faut porter sur le système.

Parce que ce type confond les journalistes en général et les critiques littéraires.

Oui il y a des choses intéressantes comme le manque de neutralité des profs, et des journalistes en général.

Je note que la crise économique des médias, qui est une partie importante de la crise morale de la presse, ne l'intéresse pas du tout, par exemple.

Mais je ne vois aucune nuance dans ses propos, qui comme d'habitude sont grossiers, sentent le soufre et sont excessifs. Et comme chacun sait, tout ce qui est excessif est... dérisoire.

Pour qui se prend-elle, cette diva?

Tous les commentaires sur les bimbos décolorées sont totalement hors sujet et le décrédibilisent totalement. Quant à traiter pierre assouline de catin, j'avoue que je ne l'aurais pas ublié à ta place.

C'est pourquoi j'ai bien envie de lui faire une réponse argumentée dans un billet.

Lui dire, notamment, que la presse n'est pas là pour s'adresser aux élites ou parler un langage aussi soutenu et diversifié que le sien.

Mais j'hésite, car je crois que ce serait lui faire trop d'honneur.

Stalker a dit…

Du calme, chafouin.
Remarque préalable, puisque vous semblez ne pas comprendre grand-chose : ce que vous avez dû lire dans mes réponses vous concerne d'une certaine façon puisque je n'ai strictement aucune estime pour les trouillards se planquant derrière un ridicule pseudonyme, comme vous le faites.
C'est donc la première et dernière fois que je vous réponds, notez-le, n'ayant pas de temps à perdre avec les planqués.
Vous voulez me répondre ? Sur votre blog je suppose ? Diable, plutôt que de faire le malin, nourrissez-le, votre blog, et surtout conférez-lui ou tentez de le faire, quelque qualité.
Continuons.
Contrairement à vos affirmations idiotes, je ne mélange rien puisque j'ai bien précisé que 1) je n'évoquais que ma propre expérience de l'enseignement et donc, consécutivement, 2) pas du journalisme en tant que tel, dont je ne sais rien ou presque. Autre précaution, je n'évoque que 3) la critique littéraire, mon domaine et n'ai jamais traité 4) Assouline de catin, juste de piètre lecteur et de mauvais journaliste, nuance de taille. Je le fais d'ailleurs régulièrement sur mon blog et apparemment, Assouline n'a jamais pu me faire taire alors vous...
5) Sauf à dépasser les 15 pages Word, je ne pouvais pas évoquer toutes les thématiques liées au maljournalisme n'est-ce pas puisque de petits chafouins (je reste poli, un autre adjectif me vient sous la plume...) sont incapables de dépasser la deuxième question !
Soyez donc un minimum cohérent ou alors : taisez-vous, car vos petites sorties ridicules en plus d'être fausses ne font rien de plus que grossir les cohortes grasses du reportage universel, celui que je stigmatise effectivement.
Voyez, vous n'avez franchement, strictement rien compris à mon intention : moins les causes astronomiques, astrologiques, anthropomorphiques, médiumniques, assouliniques de la "crise" des médias que le contre-monde qu'ils érigent.
Lisez, et, avant de l'ouvrir, pensez bien à réfléchir.
En fin de compte, je vous ai sans doute fait trop d'honneur en vous répondant car, voyez-vous, j'ai l'impression que vous appartenez à cette caste typique des forums et commentaires : vous critiquez sans comprendre, vous l'ouvrez sans réfléchir et, lorsqu'on prend la peine de vous répondre, vous témoignez d'une indéfectible mauvaise foi.

christophe a dit…

Quand un analyste financier se prend pour Léon Bloy, il a intérêt à s'indigner.

le chafouin a dit…

@Stalker

Votre réponse résume ce que je vous reproche : votre mépris, votre arrogance, rendent votre critique inepte. Vous êtes incapabale d'entrer en contact avec vos semblables. Vous vous croyez meilleur. Vous le pensez sincèrement, et c'est détestable.

J'ai pris la peine après le commentaire de Criticus de lire l'intégralité du texte. Ne jouez donc pas les vierges effarouchées.

Je ne vois pas le rapport ni avec mon blog, ni avec mon anonymat : vous tentez de me décrédibiliser d'entrée avec des arguments sans lien avec le sujet qui nous préoccupe.

Peut-être mon blog ne vous intéresse-t-il pas. On s'en moque! Je n'ai pas besoin, comme vous le faites, d'utiliser un style ronflant et ampoulé comme le vôtre, qui ne pouvez pas vous passer du mot "catin" (ou "pute", ou choix)pour survivre. Un psychologue pourrait trouver matière à réflexion.

Quant à mon anonymat (roman bernard trouve également qu'il ne sert à rien), il me sert à établir une différence entre mon travail de journaliste et celui de blogueur. je ne suis pas "planqué", puisque connaître mon nom ne vous servirait à rien. Qu'est-ce qu'on en a à faire, franchement? De même que votre nom ne m'apprend rien. Je m'en fiche éperduement. Il ne garantit aucune qualité supérieure à un écrit anonyme (quoique pas tant que ça, je signe le chafouin).

Je partage certaines de vos idées ou de vos vues sur le journalisme, sur les médias, mais je trouve odieuse la façon dont vous les présentez, ai-je le droit de le penser? Merci. Votre bonne foi, à vous, vous honore.

Ne mentez pas, ne dites pas que vous vous cantonnez aux critiques littéraires : vous critiquez une forme d'enseignement, tout en précisant que de toutes façons, pour vous, le journalisme tel qu'il existe depuis 50 ans (je vous cite) est une hérésie totale.
Donc vous ne faites que confirmer des présupposés. Ne me dites pas que vous êtes allés au Celsa avec un état d'esprit positif. L'occasion de taper sur les blondes siliconées était trop belle.

Je trouve par ailleurs dommage que vous tiriez des conclusions sur l'enseignement du journalisme en général, à partir d'un exemple que vous mêmes ne semblez pas avoir bien compris : vous parlez d'une formation en un an, alors que l'école de journalisme qui a pour nom Celsa est une formation en deux ans. Manifestement, vous êtes déjà passé à côté de quelque chose. Il s'agit d'une formation professionnelle absolument pas représentative de ce qui se fait en France en matière de formation.

Quant à Assouline, je ne cherche ni à vous faire taire (paranoïa?), ni à le défendre. Vous ne le traitez pas directement de catin, vous traitez les critiques littéraires de "vieilles catins", nuance, il est vrai.

Pour le reste, si vous refusez d'engager le dialogue avec personne moins brillante que vous, c'est que vous n'avez rien compris aux blogs. Etre interviewé sur un blog, c'est s'exposer à la critique.
Merci de l'honneur que vous m'avez fait en me répondant. Grand seigneur, Stalker! ;)

Stalker a dit…

Je déroge, une seule fois, à la règle que je m'étais fixée, en vous répondant donc.
Effectivement, l'anonymat est fort répandu sur la Toile et en représente sa lèpre.
Car enfin, que vous sachiez mon nom ou pas, on s'en fout mais que penser d'un type qui crache sur le système sans oser se montrer ? Vous êtes journaliste et n'osez pas signer vos petits articulets de vos prénom et nom ? Alors vous êtes un lâche, alors vous êtes un pleutre alors, oui, je n'accorde pas le moindre crédit à un journaliste planqué critiquant les autres journalistes en signant le chafouin...
Comment vous dire sans trop vous vexer : c'est absolument minable.
Sur le Celsa : j'ai bien précisé de quel type avait été ma formation et que le Celsa était spécialisé en com, pas en journalisme, vous savez lire ou pas ?
J'ai bien précisé, après mon petit trait d'humour sur les blondes (et les brunes, je suis moins misogyne que vous...) que cette féminisation excessive d'une école réputée devait bien signifier quelque chose n'est-ce pas ? Oui ou non ? Encore une fois, relisez-moi avant de jouer la vierge rougissante.
Continuons.
Je ne refuse jamais d'engager le dialogue, y compris avec les imbéciles donneurs de leçon, la preuve... En revanche, s'il y a quelque chose que je ne supporte pas, c'est le type qui résume un entretien de dix pages en quelques clichés facilement digérables pour les mononeuronaux de votre espèce : j'évoque des auteurs, je cite mes sources (moi, monsieur le journaliste), je fais des rapprochements, j'évoque une problématique certes pas économique mais plutôt, pardonnez-moi le terme que vous trouverez pompeux : métaphysique.
Vous n'y comprenez rien ? Ma foi, l'ami, c'est votre droit le plus strict de vous cantonner dans votre médiocrité mais, de grâce, ne reprochez pas à celles et ceux qui écrivent, sur des blogs ou dans des livres (ce qui est mon cas, comme sans doute vous ne le savez pas), de donner autre chose que des textes ridicules et plats comme les vôtres !
Poursuivons : je ne fais que confirmer des présupposés !
Ah bon, sans blague ? N'ai-je pas écrit en toutes lettres que j'avais, de l'enseignement du journalisme, une bien piètre opinion ? N'ai-je pas dit que je me suis inscrit (après sélection, notez-le) non pas pour les confirmer bêtement, mais pour me faire une opinion fondée sur des PREUVES ? N'ai-je pas dit que, dans ladite formation en une année reçue au Celsa, j'avais eu quelques bons intervenants, surtout celles et ceux qui étaient chargés de la pratique ?
Encore une fois donc, vous confondez tout, à dessein (ou alors c'est que vous êtes stupide) et mélangez des choses qui, dans mon article, j'ai beau le relire, ne me choquent pas parce que, justement, à votre différence, j'ai pris la peine de NUANCER mon propos.
Quant aux généralités, en effet, je le revendique d'ailleurs, ce point est la conséquence, je l'ai déjà dit, d'une présupposé métaphysique concernant les trouillards comme vous, les journalistes courageux (je n'ai jamais dit qu'il n'y en avait pas), les blondes et même les brunes.
Que vous ne soyez pas d'accord avec ma vision, je le conçois fort bien mais, de grâce monsieur le piètre lecteur, avancez des arguments plutôt que des sottises me concernant et stupidifiant (néologisme, je précise) ce que j'ai écrit.
@ Christophe : que répondre à cette idiotie ?
Rien.

le chafouin a dit…

Quelle suffisance! Je suis vraiment marri de ne point être de votre niveau intellectuel et de vous imposer une discussion aussi pénible à vous, ô stalker, bien supérieur au commun des mortels.

Il n'y a rien à ajouter de plus sur le fond, je ne vais pas vous convaincre que vous faites preuve de mépris et d'arrogance. Les lecteurs de criticus jugeront si oui ou non, votre texte est nuancé.

Bref. J'ai mon avis, j'ai précisé ce qui devait l'être en ce qui concerne le fait que cette formation est un petit sous ensemble du Celsa (qui n'est pas une école de com, mais une école de com et une école de journalisme), on n'est pas d'accord, tant pis, n'épiloguons pas là dessus.

Juste une précision : je ne vois pas en quoi écrire court est une preuve d'idiotie ou de pauvreté intellectuelle. Le but d'un journaliste est quand même de se faire entendre. Ce faisant, on évite d'employer des mots que la plupart des gens ne connaissent pas. je ne crois pas qu'il s'agisse d'un nivellement par le bas.

Si je parle économie, c'est parce qu'il ne faut pas oublier que la presse n'est pas qu'une institution qui a des devoirs (déontologie, pédagogie, etc), mais aussi une entreprise qui a un bilan et un chiffre d'affaires. Ecrire un journal comme vous écrivez votre blog serait donc un véritable suicide, sauf votre respect.

Ensuite, sur l'anonymat, vous n'êtes pas le premier à me faire ce reproche. Pourquoi, une lèpre? Emile Ajar, comme pseudonyme, était-ce une lèpre? Sans prétendre à ce niveau d'écriture, mon blog n'a pas pour raison d'être une critique du journalisme (je ne suis pas Narvic, mais vous ne l'avez sans doute pas lu), je ne vois donc pas trop en quoi je suis un lâche. Je considère qu'en tant que journaliste, je n'ai pas à mêler le média dans lequel je travaille à mes opinions sur la politique en général et les médias en particulier. D'ailleurs je n'en parle pas, je n'évoque jamais de cas précis liés à l'exercice de mon travail. Où est le problème?

Je n'ai pas honte de mes opinions, mais j'estime que les deux activités doivent être séparées. Comment le faire sans être anonyme?

Mes quelques critiques sur les médias sont bien plus nuancées que les vôtres, ou que celles d'autres blogueurs qui se prennent pour des nouveaux journalistes. je me garde bien, de plus, d'accuser nommément tel ou tel journaliste.

Alors je vous le demande : où est le problème?

P.S : mes textes sont "ridicules et plats" selon vous : comment discuter quand les avis sont aussi tranchés? Les arguments du type "j'écris mieux que toi" ou "tu ne comprends rien à mon texte", ou "j'ai un plus gros zizi", désolé, mais ça fait un peu cours de récréation.

C'est le mot minable que vous avez employé, c'est ça?;)

Criticus a dit…

@ Chafouin : je me permets de te faire remarquer que tu n'as lu l'intégralité de l'entretien qu'après mon commentaire !

Comment, donc, pouvais-tu affirmer dans ton premier que Juan Asensio n'était pas allé plus loin que la deuxième question ? Explique-moi.

Sur le fait que j'aie publié un texte où certains critiques littéraires sont comparés à des catins, ce que selon toi je n'aurais pas dû faire, j'y vois une nouvelle application pratique de nos divergences de vue sur la liberté d'expression. Pour moi, à moins que l'interviewé n'appelle nommément au meurtre de l'un des journalistes qu'il évoque, il n'y a aucune raison pour que je ne publie pas ses réponses.

Quant à l'anonymat que tu entends préserver, je note, une fois de plus - mais la première fois publiquement - que bien que n'étant pas titulaire de la carte de presse contrairement à toi, j'ai toutes les raisons de "craindre", dans les entreprises de presse que je croise, que mon identité soit connue. Surtout lorsque la ligne éditoriale diffère de mes opinions, ce qui fut le cas lors de mon stage au Monde. Et pourtant, j'ai fait un atout de cette double étiquette, notamment, lors de ce même stage au Monde ainsi que lors d'un autre stage au journal L'Alsace, en publiant des articles sur le monde du Web. Vues les difficultés pour trouver du travail dans la presse, il se pourrait même que Criticus soit plus parlant que n'importe quel press book ou autre CV.

Le Phage a dit…

@Chafouin
Et comme chacun sait, tout ce qui est excessif est... dérisoire.

Non, je l'ignorais. Qu'un journaliste ou un propos de bon sens sache se nuancer, fort bien, mais à toujours vouloir de plates proses modérées, on finit par affadir son propos et servir un fade brouet en guise de texte. Témoin, ce qu'a pu écrire Assouline sur McCarthy à l'occasion de la parution de la Route.

Ayant ainsi décrétée nécessaire la mollesse du style et de la pensée, comment ces pâles journalistes vont-il traiter du Darfour, du Tibet ou du Laos (où les Hmong sont encore assassinés sans que la presse se donne la peine de publier grand chose sur le sujet - sans doute parce qu'on ne peut ressentir une rage excessive que sur un sujet à la fois--?) ?

Avec platitude.

Et comme chacun sait, tout ce qui est excessif est... dérisoire.
Votre "tout" prétend énoncer une sentence universelle, alors qu'elle est seulement particulière. Quelques notions de logiques pourraient vous être utiles, visiblement. Carence gênante pour un homme qui fait de l'information son domaine.

le chafouin a dit…

@criticus

- je n'ai pas dit cela, j'ai dit que moi je n'étais pas allé plus loin, l'introduction m'avait trop agacée. Ton commentaire m'a incité à le faire pour aller vers une critique constructive de ce papier.

- je n'ai pas dit que tu n'as pas bien fait de publier, je dis que tu es responsable des insultes qui sont publiées sur ton blog. Catin en est une, même si en l'occurrence, j'ai fait erreur, puisque ce n'est pas une personne nommément désignée (pierre assouline) qui est visé mais une catégorie de personnes. Dont acte. J'aurais été à ta place, j'aurais au moins questionné stalker sur la pertinence de cette insulte. N'en parlons plus.

- sur l'anonymat je t'ai déjà dit que je trouvais ton choix courageux car effectivement tes opinions ne sont pas communément bien vues dans le milieu de la presse, où la bienpensance et le conformisme sont la règle. je respecte donc ton choix, et il n'est d'ailleurs pas exclu qu'à l'avenir je lève cet anonymat car je vois bien l'intérêt qu'on peut en tirer en matière de CV.
Mais mon choix n'est pas basé sur le même raisonnement. Comme je l'ai dit plus haut, je trouve que les gens que je croise dans mon travail, mes sources, n'ont pas à connaître mes opinions politiques (dont je n'ai toutefois pas honte, et qui ne sont d'ailleurs pas un mystère pour mes collègues). Et je trouve que c'est une forme de respect pour mon employeur de ne pas mêler son média à mon activité de blogueur.

Encore une fois, contrairement à ce que laisse entendre stalker (lèpre, quelle lèpre?) mon nom n'apporte rien à mes textes.

le chafouin a dit…

@le phage

vous jouez sur les mots. une critique est dérisoire si elle est excessive, cela n'a rien à voir avec la platitude!

Etre plat, ce n'est pas être nuancé. Etre nuancé, c'est ne pas mettre les deux pieds dans le plat sans réfléchir. C'est ne pas être aller dans un seul sens. C'est conserver un peu de recul.

L'excès, de toutes façons, n'est jamais bon. Et son contraire n'est pas la platitude, encore une fois.

Criticus a dit…

@ Le Phage : Le Chafouin, à un mot près, a ici cité Talleyrand, qui disait que "tout ce qui est excessif est insignifiant".

@ Le Chafouin : peut-être suis-je responsable des insultes publiées ici, mais je n'ai rien contre les insultes. Je ne tiens jamais rigueur à personne de m'insulter - et, comme tu te l'imagines, les "réac" et "facho" à mon endroit ont plu ces deux dernières années, alors que je ne suis pas très loin du centre -, je ne vois donc pas de raison de m'émouvoir d'un inoffensif "catin".

Les insultes ne sont jamais que des mots. Je préfère une insulte outrancière à la morgue conformiste d'un Pierre Catalan.

J'en ai jusque-là du politiquement correct, des procès en sorcellerie, de la censure antiraciste et anti-tout, et veux contribuer à libérer la parole de sa gangue bien-pensante. La violence de l'humour du Stalker n'est donc pas pour me déplaire.

J'ai fait le choix de tomber le masque car je presens que la Révolution conservatrice, qui pointe timidement sur le plan politique, va bouleverser le monde des médias. J'ai 25 ans et entends donc me placer dans cette course.

On ne pourra pas continuer, tel un moulin à café rouillé et grippé, à ressasser les mêmes fadaises soixante-huitardes éternellement.

J'assume ce que je dis car je pense que les idées que je défends finiront par prévaloir en Occident.

le chafouin a dit…

@criticus

Mon anonymat n'est absolument pas une façon de ne pas assumer mes opinions, puisque les gens que je connais et que j'apprécie, ainsi que la plupart des mes collègues et même mes patrons, savent que je tiens un blog et le lisent à l'occasion.

Sur l'insulte, je ne dis pas qu'il faut avoir un langage feutré, mais que pour remettre en cause, sur le fond, des critiques littéraires, on peut utiliser autre chose que l'insulte et que le mot "catin".

L'insulte pour l'insulte, ce n'est jamais bon. A mon sens, on ne doit pas être vulgaire si on veut convaincre. Regarde Redecker, que tu apprécies : dans sa tribune qui lui a valu une fatwa, il n'insulte personne. Il n'y a pas besoin d'insulte pour diffuser un message fort ou pour être antipolitiquement correct.

Je suis un peu plus pessimiste que toi sur la prédominance future de tes idées, mais pourquoi pas. Ce serait certainement mieux que cette bienpensance actuelle, j'en conviens.

Criticus a dit…

Tiens, tu défends Redeker, cet odieux "islamophobe" (quel concept absurde) ? Tu m'en vois soulagé.

Evidemment que le néo-conservatisme va l'emporter. On ne va pas éternellement continuer à ne pas faire de gosses, à ouvrir nos frontières à tout vent, à ne plus assimiler les nouveaux venus, à devenir des obèses incultes et efféminés ! Il y a bien un moment où l'Occident va prendre conscience de sa décadence. Quand il se sentira menacé. Espérons qu'il n'y aura pas eu (trop) de heurts avant ce ressaisissemnt.

le chafouin a dit…

Ou une fois que l'islam y sera majoritaire?
Je ne suis pas sûr que cette révolution conservatrice te plaira si tel est le cas ;)

P.S : je ne défends pas redecker, je trouve toujours son texte excessif.

Criticus a dit…

Ce sera la guerre avant, crois-moi.

PS: ok, tu as été pierrecatalanisé.

le chafouin a dit…

@criticus

cesse avec pierre catalan! J'ai une pensée autonome, vois tu.

Il faut donc absolument boire cette bière pour parler de tout cela de vive voix.

Criticus a dit…

Absolument.

PS : une chose qui va te faire plaisir concernant la Révolution (néo)conservatrice; je pense qu'elle ira de pair avec une rechristianisation massive de l'Europe. Que j'encouragerai, comme Bonaparte a soutenu l'Eglise.

le chafouin a dit…

Dieu t'entende! ;)

Criticus a dit…

J'en doute, je ne crois pas en Lui.

Si les Occidentaux m'entendaient, ça me suffirait. Je crois de toute façon qu'ils n'auront pas le choix.

Ce sera la (re)conversion au christianisme ou la chute... comme au dernier siècle de l'Empire romain. En tout cas, je remarque que dès qu'on pousse un peu une discussion, on en arrive à Dieu !

Stalker a dit…

Pardonnez-moi de vous déranger, vous aurez tout le temps de prendre votre bière.
Etonnant, tout de même, de constater la façon dont ce piètre lecteur (pas besoin de le nommer) reconnaît qu'il n'a pas lu mon texte dans son intégralité, qu'il l'a ensuite lu, puis finalement qu'il continue à commettre contresens sur contresens le concernant.
Il n'y aurait donc qu'onze pages d'insultes dans ce que j'ai écrit ? Stupidité !
Je lui propose de critiquer mon texte sur le fond (disons, pour faire vite, une vision réactionnaire de la réalité, surtout littéraire) et il en est incapable tout en continuant de jouer le malheureux petit Calimero décérébré. Voilà un rôle qui lui va à ravir il est vrai...
Les médias s'adresseraient uniquement à tous les Raoul sur leur tire ? Je veux bien le croire, surtout lorsqu'on donne de la merde aux cochons et qu'on le fait en toute connaissance de cause !
Moi, j'essaie de donner quelques perles (ou, restons prudents : des textes honnêtes et de vraies critiques) à des lecteurs que, par a priori et simple politesse, je ne considère pas comme des imbéciles.
Finalement, le plus prétentieux des deux n'est pas celui que l'on croit.
L'anonymat : je me demande comment il faut faire pour faire comprendre deux idées à notre bon babouin, pardon, chafoin qui, une fois de plus, mélange tout et nous sert le prétexte facile Gary/Ajar.
Bin voyons ! Que l'on signe Gorge profonde (Mark Felt) lorsqu'il s'agit de faire sauter rien de moins qu'un président des Etats-Unis et que l'on risque tout simplement sa peau ou, à tout le moins, de sacrés tracas, je veux bien le concevoir.
Que l'on signe de pauvres articles mal écrits, mal renseignés et finalement aussi nuls que tous les autres que l'on dénonce mollement, j'appelle cela des procédés, je me répète, minables : il s'agit donc de se ménager une petite carrière tout en critiquant, du bout de la langue, ses confrères, tout en restant anonyme !
Et c'est ce pleutre qui me donne des leçons ?
Et il a encore l'indécence de seulement oser la ramener ?
Pauvre gars va... Enfin, non, je ne me fais pas de soucis pour votre avenir : faites gaffe tout de même au cancer de la langue, hein, comme je me suis permis de le rappeler dans mon petit texte !
Voyez-vous, mes 8 années dans une société de Bourse (je réponds à l'autre Raoul en lui précisant que je n'ai jamais été analyste financier, il aurait pu s'en rendre compte en lisant mes réponses, une fois de plus...) m'ont permis une liberté totale de ton à l'égard de pratiques journalistiques minables (une fois de plus, dans mon domaine...) et, ma foi, si c'était à refaire, je le referais sans hésiter.
Plutôt s'ennuyer au boulot que de laper le cul de ses confrères comme un misérable chafouin...
Puisque nous sommes dans ce rayon, je précise, à toutes fins utiles, que je suis parfaitement conscient des risques, vis-à-vis du Celsa, que je prends en ayant répondu à RB, puisque je n'ai même pas encore "validé" (par un mémoire) mon année.
Je n'en tire aucune gloriole, je veux juste être parfaitement transparent et, surtout, surtout, ne point avoir à lire les leçons de nains rampant contre les murs et se permettant de vous toiser sans avoir, je le répète, absolument rien compris quant au fond de notre discussion.
Vous êtes un journaliste, Chafoin ? Bravo, car vos petites tirades ont merveilleusement illustré les tares apparemment congénitales que je pointais dans votre profession : absence de culture, mauvaise foi, absence de sources et de recoupements des informations, langage basique, anti-intellectualisme primaire, prétention sans bornes, pensée qui l'est tout autant (primaire) et surtout, réduction de la pensée des autres.
Bienvenue mesdames et messieurs : voici un cours, forcément magistral et le Chafoin, fort gentiment, a décidé d'endosser le rôle du potache attardé dont nous avions besoin pour l'illustrer.
Quant à la révolution conservatrice censée nous gagner, allons allons...
Roman, je vous rappelle qu'être un homme réellement libre, c'est l'ouvrir contre TOUS les camps, y compris le sien.
Je n'hésite ainsi jamais à dire ce que je pense sur les pratiques de certains journalistes réputés de droite (Valeurs Actuelles, pour ne pas les citer; cf. mon article sur Anne-Lorraine Schmitt et celui sur le récent bouquin de Bruno de Cessole).
Encore une fois, je précise aux petits malins que je n'en tire aucune gloriole : juste la capacité de pouvoir me regarder dans une glace.
Et vous, petit malin, quelle image d'ectoplasme votre miroir vous renvoie-t-il ?

le chafouin a dit…

@Stalker

Mais je vous méprise cordialement, ne vous inquiétez pas! On tourne en rond avec vous. On a bien fait de vous refuser l'entrée dans Kiwis, en tout cas. On n'a pas besoin de types comme vous, complètement autistes. Je répète : autiste, car vous persistez à ne pas répondre à mes arguments, et vous refusez la contradiction. Vous vous contentez de vous écouter, en vous disant : "oh oui, que je parle bien".

Mais regardez vous dans la glace, vous êtes ridicule, bien au contraire, pas "droit dans vos bottes" comme vous vous plaisez à le répéter.

Croire que je cherche à faire carrière en éditant un blog est risible... si je suis anonyme. Je vous le répète, lisez-le, plutôt que de baver tout seul devant votre écran comme un épileptique. Il ne s'agit absolument pas d'un blog de critique des médias. Ni d'un blog professionnel. C'est un espace per-son-nel. Vous entendez? Per-son-nel.

ça y est, vous avez bien lu? Vous avez compris? Allez, je le répète : per-son-nel. Nulle part il n'est indiqué que c'est un blog de journaliste. c'ets juste mon blog. je ne suis pas que journaliste!

Oui je reconnais deux erreurs : n'avoir pas lu tout de suite l'intégralité, et m'être trompé sur l'emploi du mot "catin". That's it. Dont acte.

Pour le reste vous ne faites qu'enfiler des généralités sans intérêt. Comme quand vous dites que je personnifie les errements de tous les journalistes (j'en suis flatté). Typique de la phrase non justifiée qui vous permet de vous faire plaisir à peu de frais.

Oui, nous sommes d'accord, le contenu des journaux n'est pas satisfaisant. Oui, la formation n'est pas satisfaisante sur le fond (pas sur les techniques) car elle est conformiste à souhait.

Je ne suis en revanche pas d'accord avec vous sur la culture générale. Si vous voyiez l'état des rédactions, vous pourriez vous rendre compte qu'il n'est pas inutile d'apprendre certaines choses aux étudiants-journalistes. Certains collègues sont quasiment-illettrés, sans exagérer. Criticus, tu confirmes?

Quant à l'emploi de mots issus d'un champ lexical relativement pauvre, vous n'avez pas répondu.

Allez, un peu d'efforts et on aura une discussion construite.

Stalker a dit…

Chafouin, blog personnel, journalistico-critico-personnel ou pas, il ne vaut rien.
Vous ne répondez pas quant à votre anonymat, bizarre non ?
Discuter avec vous me dites-vous ? Mais de quoi diable puisque vous ne semblez toujours pas avoir compris quel était mon présupposé, quel était le fond de ma critique des médias puisque, journaliste, vous ne connaissez apparemment pas un seul des auteurs que je cite !
De quoi voulez-vous donc parler AVEC MOI, si ce n'est, ce que vous faites depuis des heures, de la pluie et du beau temps ?
Vous ne le comprendrez d'ailleurs pas, ce fond(s) qui est le mien, avant de vous être quelque peu ouvert les yeux sur Stalker ou mes livres.
Du boulot en perspective mais, voyez-vous, avant de répondre à Pierre ou à Paul, j'essaie de savoir d'où ils viennent si je puis dire, me livrant à une petite généalogie de leurs présupposés (politiques, métaphysiques, religieux).
C'est ma façon d'estimer (à tous les sens de ce terme) les forces de mes adversaires alors que vous !
Regardez donc : vous me tapez sur l'épaule, faites le malin, reconnaissez votre navrante première lecture, m'accusez de tous les maux, me sommez de vous répondre... et ne comprenez rien à mes réponses !
Tsss l'ami, va falloir revoir votre manière de faire, je suis plutôt coriace en joute, traînant sur la Toile depuis des années et ayant participé à tous les forums imaginables, littéraires, culturels, politiques, religieux...
Avant cela donc, avant d'achever vos petits exercices de vacance pour vous mettre à niveau (mais oui, vous manquez de bouteille, de finesse et de repartie), de quoi donc parler, si ce n'est de ce que vous n'aimez pas dans mon article (et dont au demeurant je me fous ?).
De rien.
Je suis d'accord sur un point et un seul : la culture générale, non seulement et à l'évidence des étudiants en journalisme mais AUSSI des critiques littéraire professionnels ou de ce qui se fait passer pour tel dans les principaux canards est absolument navrante.
Lisez donc mes billets contre Pierre Assouline, Pierre Marcelle et tant d'autres...
Une nouvelle fois mais vous semblez ne même pas voir que ma critique de votre position est imparable, une nouvelle fois, donc, je me permets de démonter votre pauvre petite position depuis laquelle vous distribuez les bons et mauvais points : vous servez à vos lecteurs des textes eux-mêmes insignifiants et vous plaignez ensuite de l'incuriosité générale ?
C'est idiot et, je vous le redis pour la cinquantième fois je crois, de mauvaise foi.
En revanche, constatant, comme vous, l'incroyable bêtise de la majorité des étudiants (pas seulement en journalisme, rassurez-vous... Que dire des lettres que je connais très bien) MAIS aussi de leurs professeurs (voir ma catégorie Cacographes et Tartuffes), je tente de mettre en ligne des textes de valeur, vous comprenez, de V-A-L-E-U-R, quitte (surtout) à ce qu'ils soient polémiques et qu'ils FORCENT à réfléchir.
D'où ma volonté de SERVIR autre chose que de petits textes creux comme le sont ceux que j'ai pu lire sur votre blog (rassurez-vous, je lis bien, je lis même très bien, pas de risque donc que j'aie laissé passer, chez vous, un texte génial, voire, tout simplement, correct).
D'où ma volonté d'employer un vocabulaire qui dépasse les 15 mots utilisés par le novlangue de l'AFP que recopient religieusement la majorité de nos journalistes.
Petite précision, finale : vous ne m'avez pas accepté dans le réseau Criticus ?
Quelle blague : j'ai demandé à y entrer, mais oui, puis, constatant que l'une des conditions pour y entrer était l'ouverture des commentaires (je n'aime pas les discussions de comptoir, que vous illustrez à merveille), je vous ai dit non, ayant d'ailleurs employé des termes assez vifs avec Roman qui, je le suppose, confirmera ma version des faits.
Du reste, même si j'y étais rentré, rassurez-vous, il m'aurait juste fallu de quelques minutes de lectures des différents blogs composant le réseau pour que j'en détale en courant...
J'avoue, et c'est un compliment pour le travail de RB sur Criticus, que c'est surtout son blog qui m'avait donné l'envie d'y entrer.
Vous avez, décidément, le babouin, bien des défauts, voire TOUS les défauts décrits dans mes réponses.
Le travestissement de la réalité les couronne tous...

Criticus a dit…

@ Stalker et Le Chafouin : je suis ravi que nous puissions tous trois nous accorder sur l'ignorance crasse de nombreux journalistes. Qu'il peut être judicieux d'éclairer au cours d'une formation initiale au journalisme. En revanche, dans le cas du MSJ du Celsa, s'adressant à des professionnels, l'enseignement ne doit être en effet que technique. Pour la culture générale, c'est hélas trop tard.

Juan, j'ai lu vos billets sur Anne-Lorraine Schmitt et le livre de Bruno de Cessole. Et je suis d'accord sur le fait qu'il faille taper aussi - voire en priorité - sur son propre camp. Mais vue la représentation donnée aux idées mal-pensantes dans les médias, il n'est pas toujours inutile d'y faire oeuvre de militant. Sans doute est-ce naïf de ma part.

Comme est peut-être candide mon intuition d'un triomphe de la Révolution conservatrice en Occident. Reconnaissez au moins que c'est plus original que de redouter l'"effet de serre" !

Quant à Kiwis - dont j'ai mis neuf mois à détaler, et je dois dire que sans le Chafouin, justement, mon adhésion n'aurait pas passé le cap de l'été 2007 -, je confirme que Juan a bien été admis, par trois votes (dont le mien) contre deux, avant que certains votants ne reviennent sur leur décision en raison du blocage des commentaires, lequel, s'il est inconcevable pour un blog politique, se justifie (après réflexion) pour un blog littéraire.

J'ai dû en informer Juan, qui a, je le confirme également, rejeté la proposition d'ouverture des commentaires et donc renoncé à son adhésion à Kiwis qui, sinon, lui était acquise de droit. Juan a effectivement "employé des termes assez vifs", pour reprendre ses mots. Nous nous en sommes expliqués depuis. Mais ne parlons plus de Kiwis, cela n'en vaut pas la peine. Mon billet y suffit.

Stalker a dit…

Bien.
Maintenant que le babouin a été renvoyé dans ses pénates et qu'il croule sous de nouvelles lectures (rendez-vous compte : Kraus, Robin, Orwell, Balzac, Michelstaedter, Tailleur et... Asensio !), nous allons quelque peu avancer je l'espère.
Effectivement Roman, j'avais pourtant précisé ce point comme tous les autres d'ailleurs mais la formation que j'ai suivie est nouvelle (ou presque) et s'adresse surtout à des journalistes professionnels.
Le niveau de mes collègues en culture générale et dans leurs spécialités était souvent très impressionnant mais rien à faire : nos intervenants s'adressaient à nous comme si nous étions des gamins venant de passer leur bac !
Le problème est donc le suivant : à mon sens, le Celsa a complètement échoué lorsqu'il s'est agi de nous donner un "vernis" de culture générale et échoué en partie lorsqu'il s'est agi de nous former aux différents supports médiatiques, faute de moyens adéquats mis à notre disposition.
Concernant les médias dits de droite : je ne sais si je suis moins naïf que vous mais s'il y a bien une chose que je ne puis supporter c'est l'esprit de clocher, et cela, quel que soit le camp politique.
La droite reproche systématiquement à la gauche ses petites combines, le maillage dense de ses réseaux d'amis, de copains de copains, d'ex, de tout ce que vous voudrez.
Mais croire que ces minables pratiques que j'appelle d'entreléchage sont réservées à Saint-Germain-des-Prés est une erreur COLOSSALE.
Je ne me gêne donc jamais pour dire ce que je pense aux mauvais journalistes de droite et c'est bien dommage pour moi car, du coup (je le suppose...), ils sont plutôt rares à daigner évoquer mes ouvrages.
Tant pis, je gueule en toute connaissance de cause et c'est, ma foi, une façon bien modeste de montrer un peu de courage dans une société de couchés ou, disait Rimbaud (allez Babouin, un nom de plus), d'Assis...

le chafouin a dit…

@Stalker

;)

Désolé pour ce retard dans ma réponse, en fait de mon côté j'ai un travail, vous comprenez.

J'aurais dû en rester à mon post initial, qui suffisait amplement à répondre!

J'hésite entre colère et rire quand je vous lis. Je soupçonne un bon fond chez vous, derrière un vernis d'agressivité et de méchanceté... Peut-être que vous pourriez vous aussi partager cette bière dont nous parlions avec criticus. Enfin, si vous daigner vous abaisser à discuter avec des êtres infiniment méprisables comparés à votre divine élégance.

Qu'à cela ne tienne, si pour vous la joute se réduit à traiter d'idiot son interlocuteur, de bon à rien, de type qui ne comprend rien à rien, vous avez gagné, sans conteste. Si cela se résume à dire "mon blog est mieux que le tien, qui ne contient, rien, mais absolument rien d'intéressant", oui, vous l'avez emporté.

Ecrire, ce n'est pas empiler des auteurs comme vous le faites.

Je connais très bien les petits soldats du journalisme, je connais aussi très bien les illusions perdues, roman qui a été en partie à l'origine de ma vocation de journaliste. Merci à vous de vouloir me cultiver, c'est très aimable.

j'ai lu votre blog à plusieurs reprises, que je n'ai pas aimé non parce qu'il n'est pas intéressant en soi, mais parce qu'il ne m'intéresse pas moi eu égard à la vulgarité qui semble y règner. Peut-être devrais-je regarder d'avantage en profondeur : la forme m'a rebuté, je l'avoue.

A propos, sans commentaires, ce n'est pas un blog, qui suppose un échange. Il s'agirait donc plutôt d'un site internet d'autopromotion et d'humeurs.

Quant à l'anonymat, je vous ai répondu vingt fois : je ne vois pas en quoi indiquer mon nom au lecteur serait une preuve de quoi que ce soit, y compris de courage.
J'assume mes propos, mon pseudonyme les assume. Koztoujours, diner's room, eolas sont des blogs anonymes de qualité et je ne vois pas en quoi leur anonymat nuit à leur crédibilité. Idem pour Narvic, de Növovision.
Je vous le répète pour la enième fois : mon anonymat a été décidé en commun accord avec mon patron, par respect pour le média dans lequel je travaille. Si j'avais mis mon nom, j'aurais à coup sûr dérivé vers la politique régionale (nord pas de calais), vers la critique de faits médiatiques locaux, et il y aurait eu conflit d'intérêts entre mes idées et mon boulot, qui n'ont pas à entrer en connection et doivent rester deux sphères séparées.

Après, sur le fond, ok, nous sommes d'accord sur la nullité de bien des journalistes. Je ne vois pas ce qu'il y a de nouveau là dedans. Le conformisme, ok, toujours d'accord.

Bon, une fois qu'on a dit cela, ça ne vole pas haut, désolé.

Vous tirez des conclusions générales (sur quesiton de Roman) d'une formation très spécifique qui n'a rien à voir avec l'école de journalisme appelée Celsa (je vous l'apprends : c'est de celle-ci que le celsa tient sa réputation, pas du msj), ni avec les autres écoles du type ESJ, CUEJ...

C'est tout ce que j'ai voulu dire : 1/ vos conclusions vont trop loin eu égard à l'expérience que vous en avez eu et 2/ la forme que vous utilisez (surtout au début) est détestable : vous n'êtes pas obligés de mépriser les autres pour vous faire comprendre.

Que vous n'aimiez pas cet avis qui m'est personnel, c'est une chose, mais de grâce, ne déviez pas du sujet en répliquant que de toutes façons mon blog est nul, que je suis un lâche anonyme et que je n'ai rien compris à vos thèses, somme toute basiques, excusez-moi.

LePhage a dit…

Criticus a dit :
Evidemment que le néo-conservatisme va l'emporter. On ne va pas éternellement continuer à ne pas faire de gosses, à ouvrir nos frontières à tout vent, à ne plus assimiler les nouveaux venus, à devenir des obèses incultes et efféminés ! Il y a bien un moment où l'Occident va prendre conscience de sa décadence. Quand il se sentira menacé. Espérons qu'il n'y aura pas eu (trop) de heurts avant ce ressaisissement.

Heu, je ne vais pas pousser des cris de vierge effarouchée à la lecture ces quelques lignes, mais tout de même... on dirait du mauvais Dantec... Vous utilisez de gros concepts (l'Occident) et vous appelez à un retour du christianisme sans être croyant. S'il y a une chose qui m'agace prodigieusement, ce sont ces personnes qui en appellent aux vénérables valeurs chrétiennes, alors qu'elles n'y comprennent rien, car la morale de l'Eglise n'est que sa coquille extérieure, un ensemble de conventions sociales qui n'ont rien à voir (ou si peu) avec sa véritable nature. Bloy disait que le christianisme n'avait rien à voir avec la morale, mieux : n'était pas une morale. Abellio disait que le moralisme de l'Eglise, c'est la dégradation de son ontologie. Le processus de spiritualisation des peuples tel qu'on peut le lire dans la Bible et le deviner dans l'Europe médiévale est quelque chose de plus subtil que la fondation d'un ordre social "non décadent". Il s'agit de d'une anthropogenèse, d'une montée de l'homme vers lui-même par la différentiation de ses pouvoirs (passage de la pensée mythique moniste à la science séparatrice, de la synthèse à l'analyse pour faire vite). Cette montée doit se poursuivre. Donc le retour à..., oubliez cela n'a aucun sens dans la cadre de l'authentique religion chrétienne (Saint Irénée, Duns Scot, Joachim de Flore, Bloy, de Maistre sont des penseurs de l'évolution de la religion, des mœurs, des temps et même (dans le cas de Scot) d'une évolution de la raison). Donc un nietzschéen cyberpunk est peut-être parfois plus près du christianisme que vous. (Ce fut le cas de Dantec avant sa congélation stylistique).

Pour me faire bien comprendre, une petite anecdote zen : deux moines en route sont surpris pas la nuit et le froid. Ils arrivent devant ancien temple où se trouve une statut en bois du Bouddha. Aussitôt le maître décide de la brûler pour se réchauffer. Le disciple s'étonne. Le maître de lui expliquer qu'il ne s'agit là que d'un vulgaire morceau de bois. Pas du Bouddha.

Comprenez-vous l'apologue ? Le sens d'une religion n'est pas dans ses gestes publiques qui ne sont que l'écorce qui doit tomber.

Etant moi-même catholique, j'avoue préférer de francs athées qui recherchent un changement de l'homme, son avenir machinique, nietzschéen, deleuzien, que sais-je ?, et non un retour à des valeurs érigées par une religion en laquelle ils ne croient pas. Ils sont au moins en accord avec eux-mêmes.

D'autres part, les valeurs de l'Occident, cela n'existe pas. Relisez un ouvrage sur le Moyen-Age. Vous verrez que Charlemagne est loin d'être un saint, que le Bas Moyen Age (et haut fond même le haut) est encore pétris de tabou et prescriptions fort peu chrétiens, barbare en vérité, et qu'un violent fond païen l'anime encore.

L'occident n'est qu'un vocable commode qui ne signifie rien, regroupant différentes époques et différentes sensibilité qu'il écrase pour accoucher d'une mixture absurde. A moins de construire soi-même un tel concept, soit qu'il désigne un usage de la raison, un sens historique, un esprit objectif (au sens de Hegel), bref un travail conceptuel qui justement détruise l'usage courant et commode du vocable.

Sans haine aucune, je vous adresse ce (trop) long message non pour tenter de vous humiliez, mais vous inciter à nuancer votre pensée.

Le Phage.

Criticus a dit…

@ Le Phage : rassurez-vous, vous ne m'avez aucunement humilé, l'eussiez-vous voulu. Je crois être toujours aussi cohérent avec ma pensée et reste agnostique. Je dis juste que le christianisme apparaîtra comme un refuge pour des populations occidentales décadentes, déboussolées... et menacées. Dire que l'Occident n'existe pas prouve l'ignorance de nombreux Occidentaux de leur propre identité. L'Occident, c'est une civilisation, caractérisée par un double héritage judéo-chrétien et gréco-romain, et qui réunit les nations européennes, l'Amérique du Nord et les dominions britanniques d'Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande). Il suffit d'aller dans n'importe laquelle de ces contrées pour se sentir chez soi, et, hors d'Occident, de rencontrer d'autres Occidentaux pour se sentir une identité commune. Cela prouve, au passage, l'absurdité de la "construction" européiste, qui vise à faire d'une seule partie de l'Occident une entité à part entière, étrangère aux autres pôles de l'Occident. Le chrétien que vous êtes, et contrairement à ce que vous laissez entendre, je respecte votre foi, croit peut-être que la seule entité qui compte est la Chrétienté, mais il s'agit ici de religion, et non de civilisation, laquelle va bien au-delà... mais est liée à elle. D'où ma prophétie qui devrait vous réjouir, mais vous a choqué.

@ Stalker : pour ma part, je critique davantage les journalistes de gauche, ce qui s'explique pour des raisons bassement arithmétiques : l'immense majorité des journalistes français est de gauche. Quant aux hommes politiques, je crois ne pas avoir épargné Sarkozy, sa "politique" et son "gouvernement" sur Criticus.

@ Le Chafouin : non, je crois que tu as bien fait de lire l'entretien et de commenter à nouveau. Je note que tu en partages d'ailleurs l'essentiel...

le chafouin a dit…

@criticus

Absolument! A part sur l'utilisation d'un vocabulaire pauvre, que je trouve dommageable mais bien naturel.

Au fond, je trouve juste l'expérience inepte et le langage trop abrupt pour convaincre.

Ozenfant a dit…

Mon cher Criticus,

Je trouve très courageux de ta part de publier Juan Asensio.
On ne peut analyser le journalisme depuis une position unique de lecteur lambda.
Il me semble que pour être en mesure de juger des erreurs de la presse des dons d'observations très au dessus de la moyenne ne sont même pas suffisants.
De la même manière qu'on ne voit pas grand-chose au milieu d’un plaine, on ne voit pas grand-chose si l’on se contente de lire ou d’écouter la presse.
Il faut monter sur quelques collines, changer de perspectives de nombreuses fois, lire les presse étrangères etc. etc.
C’est au moment où je me suis mis à vulgariser des produits innovants, que j’ai pu constater la pompeuse assurance que seule procure l’ignorance des journalistes spécialisés.
Par la suite, la tragique mort de Senna à Monza et les hypothèses farfelues dues à l’incompétence des journalistes à été un autre fait décisif dans ma perception des approximations journalistiques.
En ce moment les délires de la presse occidentale au sujet de la Géorgie, ne me surprennent donc pas.
En ce qui concerne le journalisme, les opinions se divisent en deux clans éternels:
Les crédules et les discriminants.

Les bons journalistes existent, comme les bons médecins.
En France ils sont rares, ils ont rarement le courage et la déontologie de leurs collègues Anglo-saxons.

Il faut savoir que c’est un métier extrêmement difficile puisqu’on est obligé de juger de sujets qu’on ne connais pas forcément, ne les connaissants pas à fond on a donc pas toujours la compétence pour choisir l’expert adéquat, on peut être mené en bateau par des gens indélicats, menteurs, mal intentionnés etc.
J’ai donc vérifié tout au long de mes carrières professionnelles le décalage souvent conséquent entre ce qui est raconté aux gogos et la réalité de terrain.
Malheureusement on voit toujours le monde comme l'on est fait : la punition du menteur est qu'il ne peut croire personne (lol).
Juan Asensio n’est donc ni haineux ni cynique, il peut simplement dire comme Bernard Shaw : "Je possède ce don d'observation appelé cynisme par ceux qui en sont dépourvus."

Je n’en veux nullement aux journalistes qui font un métier extrêmement compliqué et contraignant, demandant un vrai sacerdoce et une déontologie sans faille :

Un superbe métier, comme chercheur ou chirurgien... donc très, très difficile !

Ozenfant a dit…

@Criticus,

La lecture de Luciano di Crescenzo sur les philosophes Grecs et Romains dépeint assez bien la chute de la raison analytique des Thalès, Socrate, Aristote, Démocrite, Épicure, Lucrèce devant la basse méchanceté hypocrite du précurseur de l'obscurantisme : Platon.
Qui n'a pas compris çà, a du mal à comprendre les 15 siècles de servitude que l'humanité lui doit.

Beaucoup essaie encore de ne pas comprendre (lol) !

Stalker a dit…

Au Chafouin : vulgarité de Stalker ? Celle-là, je ne l'avais encore jamais entendue. Violence, prétention, polémiques, méchanceté, érudition et j'en passe, oui, mais... vulgarité !? Il y a près de 700 notes dans mon blog alors, de grâce, taisez-vous, lisez et revenez.
Un conseil : allez voir dans la partie Art poétique, j'ai ai regroupé mes textes les plus personnels.
Vous avez un boulot, vous ? Super. Moi aussi, nous avons donc un seul et unique point commun sauf que, à votre différence, je n'ai pas la trouille d'écrire sur un blog dont l'auteur est un toutou, une brosse à dent, le collier de votre grand-mère, la culotte de ma tante, que sais-je ?
Position que je maintiens : je le répète, je n'ai aucune estime pour un blog qui reste, volontairement, anonyme.
Sur l'anonymat : j'ai écrit une note jouissive qui devrait vous plaire, intitulée Traçabilité de la carne de porc...
Je note une chose depuis le début de vos interventions : Roman, Le Phage, moi-même avons pointé un certain nombre de... d'incohérences dans votre discours sur lesquelles, mystérieusement, vous ne revenez jamais.
Je vous méprise ? Non, vous ne savez pas me lire et, sous le prétexte que mon discours dépasse quelque peu (par sa forme et son fond) le prêt-à-penser habituel que la majorité des blogs nous servent, vous me traitez de pédant.
Je ne le suis d'ailleurs pas l'ami car, franchement, si je vous méprisais, passerais-je autant de temps à vous répondre par le menu ? Allons allons, réfléchissez un peu nom de Dieu, vous allez finir par me lasser (vraiment)...
Je me contrefous des commentaires, parce que, 99 fois sur 100, ils se bornent à ne donner rien d'autre que cela, comme vous le faites : un avis, du style, "Ouais, cool ta note. Bises, Lol". Je me fous de votre avis, vous ne semblez pas bien le comprendre.
Prenez donc exemple sur les interventions du Phage : il ne donne pas son avis, il vous démontre que vous avez tort, NUANCE.
Comme vous ne savez rien de mon blog, vous apprendrez que, si je n'autorise (presque) jamais les commentaires, j'ai toujours publié les textes que des inconnus (à condition qu'ils usent de leur vrai patronyme) m'ont envoyé, y exposant des positions que je ne partage absolument pas. Voyez, pour vous citer deux exemples, les dialogues Moury/Rivron sur le Traité de Constitution européenne ou, beaucoup plus polémique, la série intitulée Bellum Civile.
Ozenfant : très intéressant, ce que vous nous dites mais, ma foi, je n'ai jamais prétendu que les bons journalistes, en France, n'existaient pas. Ce serait idiot de le dire : ils sont effectivement noyés dans la masse des crétins et, s'ils parviennent à rester purs (à la louche, la pureté, pour un homme, n'existe que dans les cervelles malades des fanatiques), si donc ils parviennent à rester purs durant toute leur carrière, ma foi, je m'incline très bas devant eux.
Seulement, voilà ce que je me suis borné à dire : je n'en connais aucun.
De plus, as usual, pardon de le répéter mais puisque vous ne comprenez rien, je suis obligé de perdre mon temps à vous répéter mille fois la même chose, de plus donc, vous n'avez pas une seule fois fait allusion à ma position, pour le moins étrange aux yeux d'un babouin comme vous : à savoir, celle d'une consomption du langage considéré comme un organisme VIVANT.
Pas étonnant alors, si vous continuez à parler dans le vide, et moi à vous répondre.
Gageons que ce blog aura des lecteurs plus compétents que vous, mon petit journaliste.
J'aurais aimé rebondir sur l'ânerie qui a été écrite concernant l'affaire Kerviel (en deux mots : les contrôles existent bel et bien et cette histoire prouve une seule chose, Kerviel n'a bien évidemment pu AGIR SEUL, que vous êtes bête !) mais là, pardon, je dois aller dîner en plus que charmante compagnie.

Sana a dit…

J'ai l'impression d'être assise en tailleur au beau milieu d'une salle de rédaction. Ou d'un amphi. Autant la lecture de l'interview m'a été agréable et instructive, autant il m'est fastidieux de suivre cette tortueuse lutte d'egos. Ce tumulte, cette cacophonie. Qui s'élèvent en définitive davantage pour dénoncer les "postures" des uns et des autres que pour critiquer leurs idées respectives. Le Chafouin, je vous trouve culotté de prêter à l'interviewé une arrogance plus outrageuse, plus insupportable que la vôtre. Je suis moi-même journaliste, et il n'y a rien qui m'horripile autant que ces rédacteurs moyens qui érigent la phrase "dégarnie", "saine", étincelante de "simplicité" en un modèle suprême pour s'adresser au lecteur, à l'auditeur ou au téléspectateur "lambda". Cela revient à lui supposer plus d'ignorance, plus d'abrutissement que son esprit ne recèle et ne recèlera jamais. Cela revient à le prendre pour un obscur crétin. A le "mépriser". Non content de mépriser sa cible en lui proposant un panel d'inepties, on méprise aussi ceux qui osent trouver nauséabondes lesdites inepties. Le dédain est royal. C'est bien là le problème le plus atroce du journaliste. Une suffisance effroyable, qui n'a d'égale qu'une fascination échevelée pour la linéarité du style, la compression des phrases et du savoir. I'm done with this.

P.S : Très sympa le blog !

Eric a dit…

Pas eu le temps de tout lire, surtout pas tous les commentaires, mais j'ai à peu près le même ressenti que le chafouin. Le Stalker est trop littéraire, ce qui n'est pas un défaut. je l'avais interviewé à une époque, comme 5 autres blogueur:
voir ce pdf http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/files/ecrivains_blogueurs.pdf

le chafouin a dit…

@sana

Merci pour le rédacteur "moyen", qui montre que vous êtes au-dessus des luttes d'égos ;)

Relisez, ce n'est pas ce que j'ai écrit. Je ne méprise pas les idées de Juan Asensio... Juste son style décadent.

Et en ce qui concerne la fadeur du vocabulaire employé, je suis le premier à m'en plaindre : ça aussi, je l'ai écrit.

Je suis toutefois persuadé que ce n'est pas en rédigeant ses articles comme un écrivain (attitude de fait élitiste) qu'on parviendra à regagner les lecteurs qui fuient comme la peste la presse écrite.

Il y a sûrement un entre-deux à trouver.

@Stalker

Je vous le dis, je n'aime pas votre blog, que je trouve effectivement vulgaire.
Je ne vous répondrai pas dans le vide, puisque vous parlez tout seul devant un miroir. Je répète vingt fois la même chose, vou sne lisez pas. On n'avance pas d'un poil.

Ozenfant a dit…

@Stalker,
Les erreurs induites par la nature même de la profession que j’ai décrites précédemment ne peuvent pas plus être reprochées aux journalistes que "Ne pas décrocher une médaille d’Or aux JO ne peut l’être aux sportifs". Les plus grandes Universités Scientifiques font venir de grands chercheurs, à prix d’OR, pour enseigner, comme le facétieux Albert Einstein en son temps ("Quand on sait on fait, quand on ne sait pas, on enseigne").
A défaut de bénéficier de cours d’un JF Revel, d’un André Frossard, j’ai bien peur que des cours de journalisme dispensés par des médiocres ou des inexpérimentés ne puissent être que médiocres.
A cela s’ajoute l’incroyable mépris du "Cercle des initiés" pour "Le public", qu’il faut entendre pour le croire (J’ai fréquenté, à une époque, la famille d’une des éminences grises de Pompidou.)
Les journalistes Richard Salant, ex-président de CBS News et Katherine Graham, éditeur du Washington Post nous en donnent un aperçu : "Notre travail est de donner aux gens non pas ce qu'ils veulent, mais ce que nous décidons qu'ils doivent avoir." ET PUIS : "Nous vivons dans un monde sale et dangereux. Il y a des choses que le grand public n'a pas besoin de connaître, et ne devrait pas connaître. Je crois que la démocratie prospère quand le gouvernement peut prendre des actions légitimes pour garder ses secrets, et quand la presse peut décider de publier ce qu'elle sait ou non."

Mais voilà, Stalker, si un homme adulte doit en toute logique dire : "Ah! Oui, je n’étais pas au courrant, je vais inclure vos remarques dans mon raisonnement !"… un con-vaincu par contre continue inlassablement à surfer sur ses préjugés.
Comme le dit justement le journaliste André Frossard : " Les gens intelligents sont ceux qui changent d'avis avant les autres." Phrase incompréhensible pour l’orgueilleuse suffisance des convaincus. Convaincus qu’ils sont, par définition, de détenir la vérité. !

Stalker a dit…

Vulgarité : c'est vrai, chafouin, que remplacer des notes écrites dans le style qu'utilise mon charcutier pour alpaguer ses clients par des vidéos débiles, cela, ce n'est absolument pas vulgaire.
C'est juste con.
C'est vrai qu'écrire aussi tristement que vous, ce n'est pas vulgaire, c'est juste que vous êtes incapable (vous le reconnaissez) d'écrire autrement, id est : avec un peu de style.
Autant lire une dépêche AFP, je vous assure qu'elles sont tout de même plus instructives que vos notes.
Nouvelle mise au point : au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, puisque vous ne savez apparemment pas lire, je ne cherche pas à reconquérir un lectorat perdu.
Mon blog est purement littéraire, même dans ses approches d'autres domaines que celui de la littérature et, ma foi, face à des revues spécialisées en critique littéraire, n'a absolument pas à rougir de sa qualité.
Heureusement, en effet, que mes lecteurs sont un peu plus intelligents et cultivés que vous.
Vous vous trompez si vous pensez que votre écriture poussive réduite à une peau de chagrin stylistique, se voulant, je le suppose, purement objective (ce qui n'existe pas, le style, c'est l'homme, ce qui ne laisse présager rien de bon vous concernant...) va attirer des lecteurs.
Ce que j'ai lu chez vous, en me retenant de ne pas bailler, je l'ai lu dans mille autres blogs.
Ce qui est chez moi, vous ne le trouverez nulle part l'ami.
Je note, pour la millième fois, que vous êtes PARFAITEMENT INCAPABLE d'argumenter de VRAIES critiques sur mes réponses, vous contentant d'en travestir les termes ou de les embrouiller sans n'y comprendre rien.
Sur ma conception du langage, pas un mot.
Pourquoi ? Parce que, effectivement, vous êtes crasseusement inculte. Ce serait peu de chose si encore vous étiez un type intellectuellement honnête, ce qui n'est pas franchement le cas dans vos réponses (voyez, je ne généralise pas).
C'est donc bien, cette fois-ci, la toute dernière fois que je m'adresse à vous, directement ou indirectement.

Stalker a dit…

Ozenfant, oui, vous avez raison je crois.
Je me permets de vous conseiller la lecture d'Amende honorable de Julien Capron (cf. lien), vous aimerez si je juge bien ce que vous avez écrit, ici, par deux fois.
C'est effectivement cela qui m'a toujours sacrément étonné, y compris, je l'ai dit, au Celsa, cette alliance entre une inculture manifeste et cette extraordinaire prétention doublée d'un mépris sans pareil pour les lecteurs, considérés comme des veaux...

le chafouin a dit…

Stalker, vous êtes divinement intelligent mais vous ne comprenez pas que la qualité de mon blog n'a rien à voir là dedans. Essayez de vous décoincer, de vous dérider, de laisser tomber vos présupposés, car ce n'est tout simplement pas le sujet. Et si vous n'aimez pas les Deschiens, qu'y puis-je?

Vous vous gaussez du mépris qu'ont les journalistes pour "les gens", mais comment définissez-vous le sentiment qui vous anime à l'endroit de ceux qui n'ont pas votre formidable niveau intellectuel, et vos si belles tournures de phrases? Je crois que ça aussi, c'est du mépris. Passons.

Souffrez qu'on s'adresse à d'autres que vous. Que vous ne soyiez pas le centre du monde : en parlant de lecteurs, de qualité du langage, je pensais à la presse, pas à votre blog. Et je parlais à sana. Je me doute que de votre côté, vous n'êtes pas du tout, mais pas du tout à même de vous adresser au grand public. C'est un choix respectable.

Se pose donc cette question : peut-on exprimer des idées intéressantes dans un registre lexical commun? L'utilisation de ce champ lexical est-elle en soi preuve de bêtise et d'ignorance? Le message est-il moins important que la forme qu'il prend?

Non, assurément. Après, on a le choix entre vouloir faire le pédant et vouloir à tout prix utiliser des mots que ne comprend pas le commun des mortels (j'ai des collègues comme ça, que du coup personne ne lit). Ou essayer de se mettre à portée de la moyenne, c'est-à-dire assez bas. Baladez-vous dans les quartiers populaires, sortez de chez vous, et vous verrez le niveau. Je ne suis pas pour autant favorable à un nivellement par le bas.

C'est bien pour cela qu'il y a différentes sortes de journaux, des journaux populaires, d'autres intellectuels, d'autres érudits, d'autres à mi-chemin... cessons de croire que la culture et l'intelligence sont à portée de tous, c'est faux.

@Ozenfant

Sujet intéressant de savoir ce que doivent savoir ou non les lecteurs, télespectateurs et auditeurs : la transparence doit-elle être totale à votre avis?

Peut-on cacher sciemment une information? je veux dire, pour le bien commun par exemple?

Sur le mépris, je crois qu'il existe. Il y a beaucoup à dire sur les rapports entre journalistes et lecteurs. Ces derniers ont souvent une hostilité grandissante envers les premiers. Un mépris également, parfois de la méfiance. Les premiers, eux, ne savent pas trop à qui ils s'adressent.

Pour ma part, je m'adresse à un lectorat populaire, et je m'adapte de bon gré. Quand je suis arrivé en école de journalisme, on m'a dit "on va vous désapprendre à écrire". ça m'avait choqué, je me souviens. Mais il est évident qu'on nous entraîne à réduire notre champ lexical et à utiliser quelques centaines de mots au maximum. C'est bien dommage mais ce n'est pas une fatalité : chacun écrit comme il l'entend.

Le Phage a dit…

Comme cela discute peu sur le véritable fond de l'histoire, - à savoir : la désagrégation du langage -, je vais mettre mon grain de sable.

Ce que Juan Asensio tente de dire, c'est qu'au lieu d'élever les consciences, on les abaisse. Je m'explique par un contre-exemple : le roman médiéval a en partie créé notre monde (fine amor, valorisation du comportement chevaleresque, goût de l'effort et de la conquête, création de la figure du héro, etc.) A l'inverse, le journalisme en général, par son inculture crasse, par le fait que son discours est coupé des sources vives de la langue française, parce qu'il ne tente jamais d'instruire (sinon des procès), enfonce le lectorat. Oublieux que le langage est créateur de valeurs quoi qu'on en fasse (je pense que Nietzsche a établi ce point), leur discours en crée de misérables, impensées, plates et d'un conformisme à faire pleurer (qu'il s'agisse du Monde, des braillements de Marianne ou de l'Express).

La justification des journalistes serait : notre langage est purement informatif. Inculture une fois de plus : depuis les travaux de Wiener sur la cybernétique, on sait que l'information n'est jamais neutre. Une information est par nature modificatrice du système qui l'accueil, sinon elle n'est pas information mais redondance. L'information, c'est ce qui modifie l'action du système par ajout de data. En ce sens, elle est toujours in-formation, mise en forme, détermination.
Il n'y a d'information sans incidence que celle qui n'en est pas : le bruit de l'agitation pseudo-politique française.

Méconnaissant la nature de son médium linguistique, le journalisme se laisse prendre dans les rets (le mot est de Nietzsche au sujet de Socrate) du parler commun. Je parlais de cybernétique : le mauvais journalisme me semble un système auto-intensificateur de soi. Le socius lui apporte des valeurs qu'il lui recrache et que la société incorpore un peu plus de se les voir ainsi recrachées.

Ce qu'au fond, je reproche le plus aux journalistes est le survol systématique de leur sujet. Quand un informaticien parle du réseaux qu'il monte, il ne peut pas se contenter d'être allusif : il est précis, technique, rigoureux. Les journalistes parlent du réchauffement climatique sans posséder aucune notion de mécanique des fluides, des mathématiques du chaos ou de biologie environnementale. A chaque fois, c'est ainsi. La seule chose qu'il semble posséder, ce sont les allusion et les piques de nos politiques. Des enfants qui jouent à se taquiner dans une cour d'école.

Didier Goux a dit…

Ah ! la belle empoignade que voilà ! Pour une première visite ici, je ne suis pas déçu : j'ai eu l'impression de me retrouver sur mon propre blog, il y a un an et demi, avec déjà Juan Asensio dans le rôle du principal bretteur !

Juan : j'ai souri à votre premier commentaire, lorsque vous affirmez qu'il sra l'unique que vous laisserez ici : je savais bien, moi, ce qui s'annonçait !

Sinon, pour la question de l'anonymat, je signale en passant que j'ai ma carte de presse depuis quasiment trente ans et que cela ne m'a pas empêché de signer mon blog de mon nom. Mais il est vrai que je n'y aborde que très peu les questions de presse. Lesquelles, généralement, m'ennuient.

le chafouin a dit…

@Didier

Je ne pense pas qu'il y ait de problème en soi à signer de son nom. Ma propre déontologie (qui n'a rien à voir avec une quelconque lâcheté) m'a poussé à ne pas le faire, mais je conçois fort bien qu'on pense autrement...

@le phage

Entièrement d'accord avec vous sur le survol des sujets, ce qui n'est pas le même thème que celui du langage.

Le journaliste est obligé de passer sans cesse d'un sujet à un autre. Certains font l'effort de se renseigner, d'autres ne font que colporter ce qu'on leur a dit dans un point-presse, en donnant vaguement la parole à quelqu'un qui pense l'inverse, mais sans véritablement avoir saisi le sujet.

C'est pourquoi je pense que l'on en doit pas balayer d'un revers de la main la question économique : c'est le faible nombre de journalistes qui les contraint à un rythme de plus en plus soutenu. Et dan le même temps, le manque de crédibilité du contenu entraîne une fuite des lecteurs, et le serpent se mord la queue.

Vous avez globalement une piètre opinion - que je partage en partie - de l'information en général, et vous dites que les médias n'élèvent pas. Mais est-ce seulement leur but?

A mon sens, leur principal problème, c'est de raconter les faits - mal, éventuellement - tels qu'ils parviennent à leurs oreilles, mais sans jamais les mettre en lien ni les analyser, sans leur donner la profondeur, la consistance nécessaire à la bonne compréhension globale, par le lecteur-citoyen, de ce qui arrive.

christophe a dit…

pour un analyste financier je trouve que stalker écrit pas mal. c'est encore un peu confus mais ça viendra.

Criticus a dit…

@ Le Chafouin : sur le manque d'effectifs dû à la récession de la presse... dans toutes les rédactions - nombreuses - où je suis passé, j'ai vu beaucoup de journalistes qui ne faisaient rien - dans Bel-Ami, ils jouent au bilboquet, aujourd'hui, ils vont sur YouTube ou DailyMotion - ou qui faisaient semblant de travailler, en mettant une journée à écrire un papier de 1500 signes.

Je crois plutôt qu'après un âge d'or, où les gens achetaient le journal même quand il n'y avait aucune information de valeur, époque où les journaux pouvaient se permettre d'être en sureffectif et de surpayer les titulaires - sans payer les stagiaires et en sous-payant les pigistes, amusant pour une corporation de gauche -, la réalité oblige à présent la presse à, de plus en plus, ne garder que des journalistes qui travaillent. Ce qui explique que, dans une rédaction, le jeune - stagiaire, pigiste ou CDD - soit souvent celui qui bosse le plus, pendant que des vieux feignants et/ou incompétents se la coulent douce. On les laisse filer vers la retraite, au lieu de les virer sans forme de procès. Mais ce serait difficile, pour des médias qui crient au scandale dès qu'une usine en faillite doit licencier, de faire de même alors qu'elle n'est pas moins en faillite...

Donc, l'antienne "il-faut-acheter-du-journal-pour-que-les-médias-puissent-embaucher-pour-que-les-journalistes-ne-soient-plus-surchargés-pour-que-les-journaux-soient-bons", c'est n'importe quoi.

Je n'achète pas de journaux et ne lis la presse que sur Internet. Je changerai d'attitude quand je serai en CDI. Je ne veux pas que mon argent serve à payer des gens qui, en ne foutant rien mais en s'accrochant à leur job, m'empêchent de prendre leur place.

le chafouin a dit…

@criticus

Tu as raison d'effectuer cette précision, mais en même temps, en toute objectivité, quand tu dois enfiler trois reportages dans la journée, les rédiger et finir à 22h minimum, je ne vois pas comment tu peux éviter les maux que souligne le phage.

Tous les journaux ne ressemblent pas à ceux que tu connais.

Le mien n'est pas dans cette configuration : nous somme squasiment uniquement des jeunes "dynamiques" : les "vieux" sont tous partis au fil des clauses de cession.

Et je connais des tas d'hebdos locaux où les types se crèvent à faire un journal à 4 personnes, en étant payés à peine le smic.

Idem pour les locales de m6, par exemple.

je ne vois pas comment on peut atteindre ainsi l'idéal que prêchent - à raison - tous ceux qui ont qq chose à reprocher à la presse.

Ce ne doit pas être une excuse, mais c'est une explication : le fond du problème, c'est que la véritable raison d'être d'un média n'est pas d'élever les âmes. Mais de gagner du pognon. Et ils en gagnent, ma foi!

Criticus a dit…

@ Oz : Effectivement, les bons journalistes sont rares en France, mais je pense que la récession, paradoxalement, devrait permettre une adaptation darwinienne de la profession : seuls les meilleurs resteront. Et si les médias traditionnels ne s'adaptent pas, ils seront remplacés par le Web, c'est tout !

@ Sana : oui, il y a un dédain certain à considérer que le "lecteur lambda" est incapable de comprendre une langue soignée.

A ma connaissance, les Français comprenaient les discours du général de Gaulle, sans doute les plus riches qu'un homme d'Etat ait jamais donnés en langue française.

Je ne crois pas au nivellement par le bas, mais au nivellement par le haut. On ne refermera pas la "fracture sociale" en s'abaissant à ce que l'on croit être l'attente des classes populaires, notamment d'origine étrangère. Je crois que ces dernières aimeraient davantage qu'on les traite avec respect et donc que l'on n'ait pas la condescendance de vouloir se "mettre à leur hauteur". Cela vaut pour les politiciens comme pour les journalistes. Ce qui est comique avec ces derniers, c'est qu'ils sont souvent moins cultivés que ceux qu'ils croient instruire.

@ Eric : effectivement, ce n'est pas un défaut. Le Stalker n'est pas "trop" littéraire, puisque c'est un critique littéraire ! Il a d'ailleurs bien précisé, dès le début de l'entretien, que c'est à ce titre qu'il critique les médias français.

@ Le Phage : "notre langage est purement informatif"... vous avez raison, c'est ce que pensent nombre de journalistes... d'où leur amusement quand je leur dis que je fais partie du conseil d'administration d'une association internationale de promotion de la Francophonie. Si le langage n'est qu'information, pourquoi promouvoir une langue ? Autant tous parler le même sabir anglicisé prétendument international. Lors de mon séjour à Shanghaï -cf. archives de mai et juin -, l'un de mes camarades de promo tenait à me parler dans un fort mauvais anglais, car "la langue n'est qu'un outil". Comment voulez-vous qu'avec de telles conceptions, la presse "élève les consciences", pour reprendre vos termes ? Par ailleurs, j'attends votre réponse sur l'identité de la civilisation occidentale...

@ Didier Goux : pouvez-vous reproduire ici le lien de l'article d'il y a un an et demi ?

@ Le Chafouin : les clauses de cession... encore un scandale. Les journaux coulent, les rats quittent le navire... avec la cargaison ! Au lieu de consacrer l'argent qui reste à embaucher, investir, voire augmenter les salariés les plus méritants, on l'utilise à donner des centaines de milliers d'euros (véridique !) à des vieux paresseux et égoïstes.

Je ne doute pas de ton travail et de ton dynamisme, mais cette réalité mérite d'être rappelée pour nuancer ton misérabiliste constat. Les journaux se sont endormis sur un trésor, et au lieu de l'utiliser pour s'adapter à la révolution numérique, ils ont préféré moins travailler et s'augmenter. Très français tout ça.

Didier Goux a dit…

Désolé, très cher : mon empoignade avec Juan Asensio (avec qui je me suis "défâché" depuis, il vous le confirmera) était sur mon premier blog. Auquel j'ai explosé la tronche, un soir de très mauvaise humeur blogosphérique, et sans garder d'archives.

Ensuite, la polémique s'était transportée sur le forum de la Société des lecteurs de Renaud Camus. Elle a pris de telles proportions que le forum a été fermé deux semaines et toutes les contributions supprimées !

Stalker, c'est Fafner...

le chafouin a dit…

Oui, c'est un vrai scandale. Comme toi, j'en ai vu partir quasi millionnaires...
Avec le sourire aux lèvres, en plus.
Je précise pour ceux qui ne le savent pas, qu'une clause de cession peut s'obtenir dès qu'un journal change de main. Les journalistes peuvent alors partir sans même invoquer de problème de consience, en raflant 1 mois de salaire par année d'ancienneté.

Donc pour les types qui ont 40 ans de carrière...

Mais je ne vois pas comment changer ce fait, puisqu'il s'agit d'une convention collective.

Criticus a dit…

@ Didier Goux : Fafner ? Certainement pas ! "Faf" signifiant "facho", je ne vois pas comment un légitimiste pourraît l'être. Le légitimisme est réactionnaire, le fascisme révolutionnaire. Les deux sont évidemment inconciliables.

@ Le Chafouin : je m'étonne que les journalistes, toujours prompts à dénoncer ces "salauds de patrons gavés de stock options et de parachutes dorés", soient très discrets sur les clauses de cession... cela mériterait un billet, tiens. Non, effectivement, on n'y peut rien changer. Juste éduquer les futurs journalistes de manière à ce qu'ils se sentent moralement obligés de refuser un chèque de 300000 euros (je n'invente rien) quand leur journal perd de l'argent, ne paie pas ses stagiaires et sous-paie ses pigistes. Idem pour les patrons.

Stalker a dit…

Fafner ?
Mon cher Didier, hélas, j'ai beau chercher, je ne vois venir aucun Siegfried à l'horizon.
J'en ai d'ailleurs remis une couche, à l'occasion de ma note sur Mario Praz... Faut vous dire que je ne suis pas près d'oublier certaines choses lues sous la plume de... Bref, passons, nos gueulantes nous auront au moins permis de devenir amis (je l'espère, n'employant guère les mots à la légère).
Je réponds à l'idiot qui me traite d'analyste financier : je ne le suis pas, il faut le répéter combien de fois, à la fin ?
Et quand bien même je le serai, l'idiot (Raoul je crois, ah non : Christophe) aurait mieux fait de se demander par quelle grâce un analyste financier peut en même temps qu'il exerce son travail écrire des notes régulières, sans parler de livres !
Mais cela, non, apparemment, ce n'est pas rentré encore dans son cervelet.
Pas grave, je commence à avoir l'habitude.
Bon.
J'adore vous voir analyser les maux des médias français : je ne conteste d'ailleurs absolument pas la pertinence de ces analyses, qu'elles soient sociales, socio-économiques ou liées à l'explosion de la Toile mais...
... mais vous ne prenez tout simplement pas les choses à leur racine je crois, ce que j'ai essayé de faire.
Comme quoi, l'exemple du Celsa n'avait pas beaucoup de valeur en soi puisqu'il n'est que la conséquence extrême, parmi dix mille autres, d'une putanisation de la parole qui ne touche pas seulement la France mais, je crois, le monde civilisé (ce qui doit exclure, au moins, l'Antarctique et quelques coins reculés du Sahara)...!
Les clauses de contrat... Je me demande comment un type n'osant pas signer de ses prénom et nom ses écrits virtuels (à tous les sens du terme) peut oser porter un jugement sur de vieux briscards qui se cassent quasi-millionaires de leur canard qui coule ou que l'on rachète.
Roman, je ne suis pas très certain d'être légitimiste, plutôt, suivant la définition qu'en donna le génial Gomez Davila (zut Babouin, un auteur de plus...), réactionnaire authentique !
Demandez à DG de vous expliquer, il est tombé amoureux de Gomez Davila (je crois, il m'a semblé voir sur son ancien blog une foule de citations de notre auteur).
Mais là, c'est évidemment un autre sujet.
Encore que, l'un d'entre vous a remarqué que 99% de la presse française était à gauche et il a parfaitement raison...

Le Phage a dit…

@Criticus

Je suis partagé sur votre utilisation du mot Occident. D'une part, je suis plutôt d'accord, surtout que vous ne limitez pas l'Occident à l'Europe -ce qui est effectivement stupide-, mais en faites une sensibilité et un héritage. Je suis d'autant plus d'accord qu'un "retour" aux valeurs occidentales n'est pas pour moi synonyme de replis : je le vois au contraire comme une participation à une intéressante diversité culturelle. Si le Japon a autant de rayonnement culturel, c'est bien parce qu'il n'abandonne pas complètement ses traditions, et de ce fait offre quelque chose d'original au reste du monde. Ne pas trop s'ouvrir, c'est donc, paradoxalement, être soucieux d'une réelle altérité.

MAIS, je maintiens que le concept d'Occident est trop ambigu. Vous parliez de l'héritage judéo-chrétien et gréco-romain. De confession chrétienne et ancien élève de philo, je connais ce double héritage. Mais l'étudiant d'histoire que vous avez été sait aussi pertinement que la christianisation de l'Europe fut lente et complexe : des éléments barbares, païens, celtes, et dans une moindre mesure orientaux, arabes, peut-être même iraniens (zoroastrisme) se mêlent également à la naissance de l'Europe moderne. De plus le double héritage que vous mentionnez fut intégré de façon problématique : bien souvent les clercs du Moyen Age mécomprennent les sources antiques, les interprètent à leur sauce de manière pour le moins cavalière (ainsi, la renaissance carolingienne qui fut moins une époque de reconquête du savoir antique que d'organisation administrative du pouvoir royal).

Donc, je suis d'accord pour parler de racines communes à retrouver (car quelle civilisation offre une telle richesse historique ? La royauté, la chevalerie, les ordres monastiques, les guerres de pouvoir...) Il est clairement de notre intérêt de faire revivre en nous cette histoire et cette sensibilité que cette histoire a forgé (un exemple : la détestation médiévale du rire -trop païen, ferment de critique et de révolte- permit la (ré)invention et la promotion du sourire, plus fin, plus délicat.) Il n'empêche : le concept d'Occident reste malhabile d'un point de vue épistémique. C'est d'un point de vue plus scientifique et plus rigoureux que ma critique portait.

PS : très intéressants, vos papiers sur la Chine, notamment dans votre honnêteté à l'égard des problèmes de traduction. Voilà ce que j'appelle un journalisme conscient de l'implication du sujet dans tout énoncé. Rafraîchissant.

PPS: j'espère ne pas être visé quand vous dites que ceux qui disent que l'Occident n'existe pas sont ignorants de leur propre identité.Je pense avoir prouvé le contraire.

le chafouin a dit…

Stalker

vous aviez dit que vous ne m'adressiez plus la parole : faites-le plutôt que de radoter sur cette histoire d'anonymat qui vous empêche de dormir.

Criticus a dit…

@ Stalker : j'ai utilisé le concept de "légitimisme" par commodité, comme, en mai dernier, dans l'article Nicolas Sarkozy et l'impossible synthèse des droites ( http://criticusleblog.blogspot.com/2008/05/nicolas-sarkozy-et-limpossible-synthse.html ). La nomenclature de René Rémond est sans doute obsolète, mais c'est le terme qui convenait le mieux. En revanche, si vous revendiquez votre authenticité réactionnaire, je ne peux que m'incliner devant tant de courage, vu que "réac" est probablement l'insulte suprême que la bien-pensance profère à l'encontre de ceux qui affirment leur respect d'un héritage culturel. Souvent, d'ailleurs, à des gens qui sont simplement conservateurs, réformistes, ou, comme moi, néo-conservateurs.

@ Le Phage : oui, vous m'avez prouvé le contraire dans ce dernier commentaire. Je disais cela car la notion même d'Occident semble étrangère aux Occidentaux.

Quand ils ne se disent pas "citoyens du monde", ou, à l'inverse, uniquement citoyens de leur pays, ils s'inventent une identité qui ne repose sur rien, l'Europe. Du moins qui n'a de sens que si elle a une connotation civilisationnelle (ce qui oblige à l'associer à l'Amérique du Nord).

Prétendre que l'espace délimité par l'Atlantique, la Méditerranée, l'Oural, le Bosphore et les Dardanelles est le territoire de la "civilisation européenne" est absurde : l'Empire ottoman est allé jusqu'aux portes de Venise et de Vienne, et l'Espagne a vu passer plus de califes que de "présidents du gouvernement" espagnol. Notez que je ne suis pas contre une structure confédérale européenne, à condition qu'elle soit chapeautée par une Union occidentale. Un projet qui ne risque pas de voir le jour avant longtemps... ou tout simplement avant que le déclin ne soit patent.

Sur la formation de ce qu'il est convenu d'appeler "Occident", il faut mentionner, bien plus que la "Renaissance" carolingienne (Fernand Braudel, dans L'Identité de la France, se demandait si l'Empire carolingien avait vraiment existé... je répondrais presque par la négative), la "Révolution papale", ou Réforme grégorienne. Je sais que je ne vous apprends rien, mais cet événement est probablement le plus important de l'histoire de l'Occident. C'est à ce moment que la synthèse entre Jérusalem, Athènes et Rome a été accomplie.

Je crois d'ailleurs que le défi majeur, pour l'Occident, plus que le djihadisme ou le réchauffisme, est de garder intact le fragile écheveau qui nous relie au royaume d'Israël, aux cités grecques et à l'Empire romain. Sur le plan religieux, Benoît XVI a d'ailleurs, dans son Discours de Ratisbonne que des journalistes de gauche - Ô, redondant pléonasme ! - ont qualifié d'"islamophobe" alors qu'il n'évoque qu'une citation d'un empereur... byzantin, appelé la Chrétienté à ne pas se couper de ses racines grecques. L'enjeu me semble donc plus qu'important.

Quant à la Chine, je pense que si j'avais pu rester un an - au moins - et non un mois seulement, j'aurais pu en écrire un livre, tant il y a d'enseignements à tirer de son observation. Il aurait aussi fallu que j'apprisse la langue... mais comme vous l'avez noté, les problèmes de traduction ont permis l'une des plus fécondes leçons de ce voyage.

le chafouin a dit…

@Criticus

Sans vouloir te contredire sur ce sujet sur lequel nous sommes en désaccord depuis un moment, je sens confusément, comme toi, qu'un Européen a des liens communs avec un Etats-unien, un néo zélandais, un australien, mais surtotu parce que ces pays sont une émanation de l'Europe.

Donc parler de civilisation européenne, de culture commune gréco-judéo-chrétienne n'est pas si absurde.

Au fond, on parle peut-être de la même chose dans ce cas-là.

Certes, les califes ont dominé l'espagne et les turcs ont conquis l'est de l'europe jusqu'à vienne, mais cela reste des accidents de l'histoire, non?

Criticus a dit…

Des accidents de l'histoire, dont il reste Istanbul (Byzance/Constantinople), qui est une cité européenne et la (seule) justification de l'entrée de la Turquie, pays non-occidental, dans l'Union européenne. Donc des accidents aux grandes conséquences ! Construire une Union à base non pas géographique mais culturelle est la solution à ce problème. Et pourquoi ne prendre qu'une partie de l'Occident ? C'est absurde.

Ozenfant a dit…

Boudiou !
Qu'apprend-je ?
je suis dans un blog de néo-cons ?
Nom de Zeus !

A 10 ans j'étais Mendésiste.
A 17 ans Socialiste.
A 25 ans anti-communiste primaire.
A 35 ans Gaulliste post mortem et Giscardien (j'ai honte).
A 45 ans Mitterandiste (J'ai honte aussi) et regrettant mon anti-communisme primaire de jeunesse (ayant fréquenté l'autre coté du rideau de fer).
A 55 ans Chevènementiste et Dupont-Aignantiste (Souverainiste).

Si a 25 ans j'avais pensé tout connaître et déjà tout mis sous étiquettes : DONC NE PLUS RIEN A AVOIR Á APPRENDRE ! J'aurais vécu pour quoi ?

Nest-ce pas formidable d'être un être sans arrêt perfectible et sans étiquettes ?
Penser tout sa vie là même chose c'est du fanatisme comme disait Churchill : "Un fanatique est quelqu'un qui ne veut pas changer d'avis et qui ne veut pas changer de sujet."
Personne de se sent visé ?

La pensée ne commence qu'avec le doute, ce qui induit nécéssairement un pessimisme de l'intelligence et un optimisme de la volonté afin de déboucher sur des actions concrètes.

oz a dit…

@Crticus,
Sur mon blog... Une discussion avec un prof de l'école de commerce et d'économie de Pontant-Combault:
Quelle fiscalité pour que les acteurs de l’économie soient enfin incités à croître et à se multiplier ?

L'affrontement de l'Expérience et du virtuel (lol) !

Criticus a dit…

OK.

A 14 ans, j'étais communiste.

De 15 à 18 ans, j'étais socialiste. Comme je l'ai dit récemment, j'ai même adhéré au MJS (j'ai honte).

De 18 à 19 ans, j'étais chevènementiste.

De 19 à 23 ans, j'étais bonapartiste (ou gaulliste, c'est la même chose).

Depuis, je suis bonapartiste (gaulliste) ET néo-conservateur.

Les néo-cons sont d'ailleurs, la plupart du temps, issus de la gauche. Si ça peut te rassurer, je ne pense pas aller plus à droite, je me suis au contraire considérablement recentré depuis un an. Ce que j'ai pas encore été : gauchiste, chrétien-démocrate, "libertarien" et lepéniste. Il y a peu de risques.

Polydamas a dit…

"Evidemment que le néo-conservatisme va l'emporter. On ne va pas éternellement continuer à ne pas faire de gosses, à ouvrir nos frontières à tout vent, à ne plus assimiler les nouveaux venus, à devenir des obèses incultes et efféminés ! "

J'espère que lorsque vous évoquez le terme "néoconservateurs", vous ne pensez pas à la vision américaine des choses, c'est à dire pour faire bref, l'idéal des Lumières avec les moyens et le pragmatisme conservateur...

Inutile de dire ce que je pense de l'idéal des Lumières, cet héritage que nous impose la gauche depuis 200 ans.


@ Oz:

On n'est pas obligé de passer par tous les sentiers de la connerie pour faire son expérience, il y en a un peu marre de cette exigence de stupidité.


@ Le Chafouin:

Vulgaire, le blog du Stalker ? Il est tout sauf vulgaire, c'est le blog le plus exigeant que je connaisse, celui qui vous tire le plus de vos tripes, celui qui réclame du lecteur un tel effort qu'on en sort eprouvé, mais grandi, après sa lecture. Inutile de dire que même parmi Lieu Commun, et sur Internet tout court, peu de blogs arrivent à sa cheville...

le chadfouin a dit…

@criticus

Coco à 14 ans? L'angoisse!

Dis donc tu en as fait du chemin.

@polydamas

il faudrait que je retrouve cet article, la première fois que je suis allé sur ce blog, je suis tombé sur un écrit très grossier qui parlait de "putes", de "catins", bref de choses qui ne m'ont pas incité à revenir.

J'y suis retourné cette semaine, ce qui m'a incité à réviser mon jugement initial. Je vais chercher la référence...

Criticus a dit…

@ Polydamas : j'ignore si c'est une vision américaine, mais je ne ferais certainement pas remonter la décadence de l'Occident aux Lumières. Pour moi, elle date des années 1960. Et donc, "l'idéal des Lumières avec les moyens et le pragmatisme conservateurs", ça me convient !

@ Le Chafouin : si tu as été choqué par des insultes, aussi utiles à la vie sociale que n'importe quel autre mot de la langue française, c'est que tu es politiquement correct. Il est grand temps que tu quittes Kiwinutile ! Je précise publiquement, puisque tu reproches tout aussi publiquement à LHC d'être un réseau "libéral de droite" (c'est antinomique, mais bon), qu'il l'aurait moins été si tu l'avais co-fondé en y faisant venir d'autres blogs... Quant à mon "communisme" à 14 ans, c'était surtout une admiration de l'URSS.

J'en suis revenu, mais on ne peut pas oublier la contribution majeure de l'Union soviétique au progrès scientifique, notamment en matière de conquête spatiale...

Stalker a dit…

Ah, je vois ce qui choque notre vierge chafouine...
Effectivement, j'ai le verbe fleuri mais... n'est-ce pas ce même chafouin qui me demandait, ici même, de me décoincer, de sortir, bref, de vivre ?
Il est vrai que le concernant nous ne sommes plus à un revirement près...
Disons que j'ai l'habitude d'appeler les choses par leurs noms : un con est un con, un faux-cul un faux-cul et une salope... Ah, là, les adjectifs sont légion.
Bizarre tout de même comme nous sommes passés de l'enseignement du journalisme tel qu'il est pratiqué par le Celsa à des questions d'ordre plus général.
C'est peut-être parce que ma réflexion sur le langage était elle-même peu aisément réductible aux petites cases du chafouin, non ?
Ah !

Ozenfant a dit…

@Polydamas,

La grossièreté à toujours été l’arme des impuissants.

"L'expérience, c'est le nom que chacun donne à ses erreurs." disait Oscar Wilde, et c’est pour cela que les gens intelligents sont ceux qui changent d'avis avant les autres.
Ceux qui ont la prétention de détenir la vérité DONC LES ENNEMIS DES LUMIÉRES, ne font même pas le complexe de l’obscurantisme !

Tout se passe comme si la conscience des limites du cerveau humain leur était inconnue.
Hé oui, il est facile aux grands hommes (des lumières) d’être modestes et de douter.
C’est de n’être rien et modeste qui est difficile !

cilia a dit…

J’ai des questions plutôt qu’un commentaire. Des questions à tous les journalistes présents qui voudront bien me répondre.

Si je généralise, il semble y avoir chez une part importante des journalistes une condescendance et une rancune tenaces envers les blogueurs. Or, au cours de cette formation, Stalker au contraire nous parle d’une admiration. Ce n’est pas incompatible (un peu tordu tout de même). Mais, je serais curieuse de mieux comprendre comment s’articulent ces deux extrêmes.

Les défauts majeurs de cette formation décrits par Stalker se retrouvent-ils dans toutes les formations au journalisme ? Et à l’étranger ? Au moins dans les pays très comparables au nôtre ? (les défauts majeurs d’après ma lecture du billet que sont l’orientation politique très envahissante des enseignants-intervenants , la féminisation artificielle des étudiants, un goût pour la transmission d’un certain savoir faire à surtout veiller sur le fil de l’AFP, et à considérer par principe que le traitement (et l’appétence ?) des histoires salaces permet de toucher à l’essentiel)

Enfin, je n’ai pas vu dans le billet de références à une situation économique propre à notre époque précise, mais elle est évoquée dans des commentaires, et ailleurs qu’ici. Qu’en pensez-vous Stalker, qu’en penses-tu Criticus, ou tout autre bien sûr ? (Chafouin, je ne demande pas, je sais déjà)

Polydamas a dit…

Vous allez pas me faire le coup de la grossièreté, vous aussi ? Mais oui, Oz, vous êtes plus intelligent que moi, si vous considérez que le seul critère qui vaille est de retourner sa veste...

Je précise mon propos.

Je considère que votre parcours est honorable, mais ne considérez pas, s'il vous plait, parce qu'il s'agit du vôtre, que c'est LE SEUL qui soit honorable. Quelqu'un qui défend des idées, vaille que vaille, même à l'opposé des miennes, aura tout mon respect car il est bien plus difficile de maintenir que de renoncer.

Alors, certes, il faut savoir faire preuve de souplesse, s'adapter dans une certaine mesure, à la réalité, mais non, être ferme sur ses positions n'est en aucun cas de l'obscurantisme, comme vous semblez le suggérer. Ce qui m'amuse est que vous semblez rajouter que les Lumières sont justement ceux qui disent qu'ils ne savent pas. Par mes aïeux, je me demande bien pourquoi Voltaire a tenu des propos aussi définitifs sur tel ou tel sujet, si il était en proie au doute. Et la guillotine, non plus, partie intégrante des Lumières ne fut pas en proie au doute.

Mais puisqu'on en est aux citations, je ne sais plus qui disait: "Ce n'est pas de la faute des girouettes si le vent tourne..."

Ouioui, c'est de la provoc. :-)

PS: Je vous l'accorde, c'est plus facile d'être certain de soi lorsqu'on s'appuie sur une doctrine datant de 2000 ans.

Didier Goux a dit…

Je confirme ce que dit Juan Asensio plus haut : Nicolàs Gòmez Dàvila est un écrivain remarquable. Si l'on va sur mon blog (et non, ce n'est pas de la retape !), et que l'on clique sur le libellé "réactionnaire authentique", on pourra lire un certain nombre de ses aphorismes.

Quant à Juan Asensio lui-même, je ne pense pas que le terme "grossier" lui convienne. Il manie une langue rugueuse, hérissée même que j'ai parfois du mal à suivre (il le sait), mais je lui dois la découverte de deux ou trois auteurs, comme le merveilleux Guy Dupré, dont je serais sans doute resté ignorant sans lui.

Criticus a dit…

@ Cilia : j'ai aussi été surpris d'apprendre que les intervenants du Celsa admirent les blogueurs. C'était le contraire dans l'école dont je viens d'être diplômé. (je ne la nomme pas mais je rappelle que j'ai habité à Strasbourg pendant deux ans...)

Cela tient peut-être à ce que l'école dont je suis issu pratique un enseignement du journalisme "à l'ancienne" alors que le Celsa, qui est plus une école de communication que de journalisme, est réputé plus "moderne".

A partir de ce que je connais, je dirais que l'on peut généraliser les observations du Stalker à l'enseignement du journalisme en France. Il y avait eu le fameux livre de François Ruffin sur le CFJ de Paris, Les Petits soldats du journalisme. Son défaut majeur résidait dans le fait qu'il était écrit par un gauchiste - oui, un gauchiste - et que, donc, les critiques qu'il adressait au CFJ étaient non seulement politiquement correctes, mais n'allaient pas dans le sens contraire à la doxa dominante dans les médias. En gros, Ruffin reprochait au CFJ et aux médias de ne pas être assez de gauche, un comble ! C'est cette mauvaise foi qui se retrouve dans les critiques de la gauche et de l'extrême-gauche sur les médias : dire que ces derniers sont "de droite" (journalistes de base compris) alors que toute personne de bonne foi qui connaît les médias de l'intérieur sait que l'immense majorité des journalistes français est de gauche. Le témoignage de Juan Asensio permet de rééquilibrer quelque peu les choses. Bien que Criticus figure en lien sur Rue 89, je doute que cet entretien y soit repris.

Dommage, car il permet d'amorcer une véritable critique des médias.

Quant à la situation économique de la presse, je me vois obligé de me répéter : il y a moins récession que mort de la poule aux oeufs d'or. De la Troisième République aux années 1990, une quantité excessive, à mon sens, de titres de presse a fleuri en France. Le lectorat était fidèle, et prêt à payer pour un journal qui ne le méritait souvent pas (ex : Libération). Cet empire de la presse a fait croire aux journalistes qu'ils étaient assis - couchés plutôt, à juger de la paresse de la plupart d'entre eux - sur un matelas d'or, et que ce serait toujours comme cela.

Malheur ! Le Web et les "gratuits" (qui ne le sont pas, puisque financés par une pub dont l'argent provient des annonceurs... et donc de leurs clients, c'est-à-dire nous) ont remis en cause cet état de fait. Et, plutôt que de se remettre en question, en travaillant davantage, en baissant les salaires excessifs des titulaires, en investissant massivement dans Internet les ressources financières et humaines des entreprises, bref, de se remettre vraiment en question, la presse a préféré continuer comme avant : "On aura toujours besoin du papier", répètent les journalistes de presse écrite pour conjurer la menace - et, surtout, ne pas en tirer les conséquences.

Il en va de même pour la télé, et, dans une moindre mesure, la radio.

Contrairement au Chafouin qui exagère le travail des journalistes - les vieux -, je me réjouis de cette évolution "darwinienne" de la presse. Le Web va phagocyter chacun des trois médias, et c'est tant mieux : sur le Web, on est obligé de répondre à une demande, et celle-ci ne va pas dans le sens de ce que les médias traditionnels croient que le citoyen attend.

Le Web permet une libération de la parole, que Criticus, ou Stalker - et même Le Chafouin, qui est quand même hostile à l'avortement et demande la reconnaissance du "génocide" vendéen, ce qui n'est pas très en vue dans les médias actuels - illustrent bien.

Le Web est une revanche de l'écrit sur l'audiovisuel, mais aussi de la liberté d'expression sur le politiquement correct. Je ne peux, bien sûr, que m'en féliciter.

Stalker a dit…

Bonjour.
Sur la question des liens entre économie et crise des médias, j'ai déjà répondu, en partie : évoquer ce point, effectivement passionnant, m'aurait conduit à rendre à Roman un texte encore plus important et, ma foi, comme nous sommes sur la Toile, il faut quelque peu se soucier de l'attention, vacillante, de nos lecteurs...
Et puis, je laisse cette question à d'autres que moi, qui sont plus compétents en la matière.
J'ai préféré, pour ma part, aller tout de suite à l'essentiel : la crise du langage dont, je le répète, in fine, la crise économique découle.
Considérer les mots comme une marchandise cotée, donc surestimée ou au contraire décotée, c'est peu ou prou admettre que la circulation universelle de l'argent ne peut en rien gâcher, mais au contraire l'aider, celle des mots tournant à vide, comme l'écrivait Armand Robin.
Ce présupposé, Chafouin n'y a strictement rien compris, est d'ordre métaphysique voire, employons, après réactionnaire, un nouveau (vrai) gros mot : religieux.
Je vous renvoie au Sang des pauvres de Léon Bloy et aux thèses de Henri Du Buit, exposées sur Stalker.
Sur les blogs : oui, j'ai été frappé de constater cet engouement pas franchement rationnel pour ce média que, du reste, critiquent les petits pions des grands quotidiens (en n'oubliant jamais de créer leurs propres blogs, voire plate-formes de blogs, comme Le Monde...).
En fait, je crois que cette fascination ridicule (je rappelais systématiquement à nos intervenants que 95% des blogs ne sont que du caca en barre) provient du fait que le Celsa, cela a été répété ici-même, est surtout une université spécialisée dans la com...
D'où de stupides cours ou des "sociologues des médias" (mais oui, cela existe !) nous bassinaient avec les théories communicationnelles appliquées à la Toile le tout, bien sûr, comme il se doit, en n'ayant qu'une pratique très vague de l'instrument !
Encore une fois donc, un savoir totalement décorrélé de la réalité, ce qui est une des définitions possibles du journalisme tel qu'il est trop souvent pratiqué en France : j'appelle cela, en termes plus crus, du BAVARDAGE, si la littérature, par opposition, nous APPREND à voir plus de réalité, non pas une réalité chimérique et labile, mais une réalité redoublée d'une profondeur insoupçonnable, verticale.
Le journalisme, à tous les sens de ce terme, c'est l'absolue horizontalité, la platitude.
Encore une fois, c'est là une généralisation et je SAIS qu'existent de bons papiers, voire de bons journalistes.
Relisant les commentaires des uns et des autres, je reviens aux blogs : non Roman, je le répète, je ne vois pas bien la libération de la parole que vous évoquez.
Car enfin les blogs excellents sont tout simplement très rares si on les compare à l'immense marée de merde hébergée par Skyrock et d'autres plates-formes...
En plus, cette libération présumée est elle-même biaisée : en effet, Roman, il y a peu de chances pour que Rue 89 relaie cet entretien, tout simplement par esprit de corporatisme, trouille, inculture grossière.
C'est drôle : l'un des "patrons" de Rue 89 était justement venu nous parler de son bébé au Celsa, nous arrachant des larmes en nous disant qu'ils (lui et ses collègues) n'en vivaient pas.
De toute façon, le modèle de Rue 89, au mieux, disparaîtra dans deux-trois ans, avec peut-être une revente à la clé, ce qui n'est même pas certain...
Car je ne vois pas l'intérêt de faire, sur la Toile, ce que Libération fait sur le papier.
Si les blogs et les sites arrivent un jour à trouver un business model, ce sera justement en se singularisant drastiquement par rapport aux médias "traditionnels", et d'abord par leur contenu (la forme étant, quoi qu'on en dise, toujours de l'écrit).

Quentin a dit…

Critiquer le journalisme de façon radicale, cela suppose que l'on a beaucoup de temps devant soi. Le journalisme, la pratique de l'écrit journalistique, est devenue par trop universellement décadente pour qu'on puisse expédier la chose rapidement.

J'ai moi aussi le privilège de sortir d'une de ces morgues de la pensée qu'on nomme si frauduleusement "école de journalisme". S'il ne doit y avoir qu'une seule chose à dire à leur sujet, c'est qu'on y brasse beaucoup d'air. Les cours théoriques, qui constituent la majeure partie du cursus, ne sont qu'une vaste plaisanterie idéologique, une ballade touristique aux tréfonds abyssaux de la pensée moderne, une initiation aux rites macabres de la sociologie la plus déviante. Les quelques exemples cités par le Stalker en donnent un avant goût. La "sociologie des médias". L'analyse méprisante du milieu journalistique par ceux qui le façonnent. Voilà bien une forme ultime du cynisme moderne.

Dire qu'on invite les élèves à la compromission serait un euphémisme. Les lécheurs de postérieurs ont trouvé là leur paradis. C'est à qui trouvera la phrase la plus subtilement flatteuse, à qui inventera la manière la plus délicate d'introduire oralement sa grosse démission intellectuelle. Comprenez, pour leur défense, que la perspective d'une bonne note soit irrésistible...

Cette expérience, complétée par les incontournables stages professionnels, m'a dégoûté du journalisme, profondément. Tout simplement parce que l'idée de vérité, la simple prétention d'approcher la vérité, est ridiculisée. Ce qui importe, c'est les faits. Non pas la vérité des faits, la vérité qui fait les faits, la vérité derrière les faits. Non, juste les faits. Le journaliste est un con d'observateur, ami et interlocuteur des institutions, grand ordonnateur du vide. Un communiquant comme les autres. Normal que tout le monde se sente un peu journaliste.

Et je n'ai pas parlé du népotisme outrancier, de la virtualité dans laquelle vivent les journalistes, et de leur athéisme flou, puisque, voyons, on ne peut raisonner quand on croit en Dieu.

Se placer dans une perspective métaphysique, dans la situation d'un homme habité et animé par le désir de Dieu, c'est sortir du journalisme contemporain. Et si l'on sort du journalisme d'aujourd'hui, de cette "horizontalité", pour entrer dans le fond, alors peut-être trouvera-t-on à nouveau des choses à dire.

En attendant, quel silence derrière la cacophonie ! Quelle absence d'idées !

Stalker a dit…

Quentin, parfaitement d'accord avec vous et en désaccord total sur votre conclusion : non, en guise de refuse de la verticalité, reste la littérature, du moins la vraie, celle qui, allez savoir pourquoi, intéresse peu les journalistes qui préfèrent évoquer les lamentables navets de Nothomb, Sollers, Angot et quelques autres nains et mégères décérébrés et (surtout) sans talent.
D'ailleurs, quand elle les intéresse, cette grande littérature (citons quelques grands auteurs contemporains comme Gass, Pynchon, McCarthy, Bolano, je cherche un Français, voyons, qui donc, voyons voyons... non, je ne trouve personne hormis Guy Dupré, parfaitement inconnu du grand public et même des amateurs éclairés comme Didier Goux...), c'est pour en dire d'affreuses banalités, contre lesquelles, modestement, à mon échelle et sans bien évidemment le soutien des caciques de la presse qui taisent mon travail, je lutte sans relâche.
Je ne crois cependant en aucune amélioration, à plus ou moins court terme, de la situation dramatique dans laquelle se vautrent les consciences françaises.
Comme l'autre, j'attends les Cosaques encore plus que le Saint-Esprit, qu'ils mettent un bon coup de pied à l'innombrable armée de culs mous composant la médiacratie de notre pays et, pour finir, qu'ils les pendent haut et court, cela fait des années que ces porcs menteurs vivent en nous livrant pour unique pâture d'ignobles mensonges (sur à peu près tout).

Ozenfant a dit…

Stalker & Quentin,

Il se trouve que je suis un des derniers socialistes par solidarité.
Solidaire avec les employés et travailleurs pauvres et méritants… Pas un socialiste de parade style caviar-bobocrate parisianniste du PS Français.
Bizarrement, je partage votre jugement de la presse la + à plat ventriste du monde et même de la pauvre littérature Française contemporaine (Après Camus) !
Mais un pays en décomposition n'est-il pas condamné à cela ?
Quand même j'ai eu une faiblesse pour Muriel Barbery et son élégance du hérisson !

Pour les pauvres fanatiques qui n'étant rien, s'accrochent à des idées fixes pour se donner l'illusion d'être quelque chose : Et hop ! Une petite pensée de Descartes (je ne suis pas fan, mais celle là, leur va tellement bien !) :
"Pour atteindre à la vérité, il faut, une fois dans sa vie, se défaire de toutes opinions que l’on a reçues, et reconstruire à nouveau et dès le fondement tout le système de ses connaissances."

Pour montrer à ces ectoplasmes ce qu'est l'honnêteté intellectuelle, je donne l'exemple de la critique objective de mon propre parti: Hé oui, "Qui aime bien châtie bien" :
François Hollande chef d’orchestre socialiste démissionnaire et ses fausses notes à La Rochelle la Huguenote. http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/08/franois-holland.html?cid=128401592#comment-128401592

Stalker a dit…

Ca alors...
Je me demande, Ozenfant, comment on peut avoir un cerveau (peut-être moins bien fait que celui de Descartes mais tout de même un cerveau) et être socialiste à notre époque, vu l'absence radicale de pensée caractérisant notre parti.
Même par solidarité ou ce que vous voudrez.
Notez que je dis, actuellement : il est bien loin le temps où les socialistes avaient quelque envergure intellectuelle...
C'est drôle : à vous lire les uns et les autres, je me rends compte qu'à 3 mois, 2 ans, 8 ans, à 15, à 20, à 30 et dans quelque temps à 40 ans, j'ai toujours cordialement détesté les socialistes.
Surtout depuis que j'en ai croisé, dans la Bourse, beaucoup : ils se faisaient assez facilement des fixes annuels de plus de 100 000 euros (non, je n'ai pas ajouté un zéro) et se réclamaient des idées socialistes.
Je me souviens encore d'une après-midi de déroute boursière où je riai aux éclats lorsqu'un de mes potes vendeurs me dit : "bien évidemment que je suis socialiste, je ne vois pas où est le problème"...
Cela, non, vous n'avez, ils n'ont pas l'air de voir où sont les problèmes...
ATTENTION : comme je sais que certains, ici, lisent mal voire pas du tout, je précise que je n'ai aucune sympathie particulière pour le bon Nicolas et sa clique cliquetante (et la même chose peut être dite du ridicule Bayrou, Germain Souchet, sur Stalker, avait écrit une note terrible sur les contradictions du centrisme)...

le chafouin a dit…

Stalker, ça nous fait un point commun : moi aussi, j'ai toujours cordialement haï toute forme de socialisme.

N'essayez pas de faire de moi l'antithèse de votre discours : je précise que je n'ai à aucun moment dans cette discussion, critiqué votre point de vue sur le langage : je trouve juste que ce n'est pas le problème déterminant. Pour moi, c'est un détail de la crise de la presse française.

Mais entièrement d'accord pour dire que la crise économique découle de la crise morale et non l'inverse.

J'ajoute que pour moi, l'insulte, la grossièreté, nie sont jamais utiles. N'y a-t-il pas des mots plus intéressants à utiliser que salope, con, ou caca?

Criticus : arrête de brandir le mot politiquement correct à tout bout de champ. Tu le brades, et je crois qu'il ne me définit pas du tout. Etre contre la vulgarité, est-ce être politiquement correct?

cilia a dit…

Merci pour vos réponses Criticus et Stalker.

Je me permets de réitérer ma question sur la comparaison entre l’enseignement en France et celui en des pays comparables.
Au delà des critiques systématiques habituelles de notre pays et des lauriers relatifs tressés à nos voisins, c’est la contre-enquête de Rue89 à propos du papier de BHL sur le conflit russo-géorgien dans le Monde qui me fait insister sur ce sujet.
Rue89 nous fait découvrir, simple lecteurs, le fact-checking.
Et j’imagine…l’enseignement théorique de ce fact-checking immédiatement dévalorisé par un « on vous apprend ce que c’est, mais pour x ou y raisons, nous ne l’appliquerez jamais », ou au contraire, une formation très ‘puriste’, pulvérisée dès les premiers jours d’activité professionnelle par un « écoute coco(tte), c’est bien mignon ce qu’on t’a appris à l’école, mais là, on n’est plus dans la théorie et si on appliquait vraiment ce principe, on se retrouverait tous au chômage en six mois ». Qu’en est-il ? A quel niveau intermédiaire ressemble le plus la réalité du travail de journaliste ?

A Stalker plus particulièrement, je n’avais effectivement pas compris à quel point vous considériez si direct le lien entre l’appauvrissement du langage et la médiocrité du journalisme.
Si je translate cette règle à ce que je connais plus intimement, il me faut du temps pour y penser, mais elle ne me semble pas étrangère.
Cependant, vous parlez également d’argent, et là, je suis désorientée.
J’ai un ressenti si puissant de l’évolution négative de notre conception de l’effort, de la difficulté, de la capacité intellectuelle, que j’en suis restée là. Et là où j’en suis, je ne vois pas l’argent et ses effets comme vous le faites. En tout cas pas comme raison première ou majeure.
Pour illustrer mon sentiment, l’apprentissage de la lecture d’un enfant semble peu à peu relever d’un petit exploit. J’exagère…mais si peu. L’argent pourtant, n’a pas grand chose à y voir. Et au contraire, les conséquences de cette conception si peu valorisante de nos possibilités se retrouvent dans bien des domaines, y compris le journalisme. Non ?

Quentin a dit…

Stalker, vous conviendrez avec moi que le malaise est spirituel. Qu'il l'est toujours.

Attendre de la littérature qu'elle distribue le pain que nos élites nous ont si longtemps refusé, c'est s'exposer à une longue attente, vu l'état actuel de la dite littérature. Ce serait comme d'attendre l'avènement d'une nouvelle élite, d'une véritable élite. Un horizon magnifique, mais qui présuppose des épreuves, des passages obligés. En un mot une ascèse. Et puis, le Salut peut-il passer par la littérature ? Rien n'est moins sûr, en ces temps de déliquescence de la langue.

Je dis ça tout en lisant de plus belle, fiévreusement, les auteurs oubliés qu'auraient dû lire nos pères. Je guette, comme vous, mais dans le passé. La force que je poursuis dans ces pages jaunies, c'est celle de la parole du Christ. La seule force qui puisse châtier la cohorte des marchands et autres colporteurs de péchés qui ont investit le temple, l'ont même démolis pour y mettre leur supermarché. Pour dire les choses simplement, je ne crois plus en une littérature qui ne soit pas d'abord une métaphysique, de préférence chrétienne.

Au fond ce que je cherches, c'est quelque chose qui déborde de la littérature, qui sorte de ces pages et me saisisse, moi le moderne, le désespérément moderne. Quelque chose qui me fasse agir.

castor a dit…

En ce qui concerne les sciences aussi, les journalistes sont plus que nuls. Probleme : ils en parlent quand meme !

Stalker a dit…

@ Cilia.
L'argent : j'ai été fasciné par mon expérience de près de huit années dans une salle des marchés. Comment vous dire en termes à peu près simples et compréhensibles de tous (même du Chafouin) : on a l'impression d'être dans... Matrix, avec des colonnes de chiffres verts et rouges sur des écrans Bloomberg et Reuters (les vendeurs sont les gens les plus rapidement informés de la planète. J'ai pu ainsi suivre en direct les attaques sur le WTC, puisque le Nasdaq se trouvait sous l'une des deux tours).
Ces chiffres indiquent le système le plus pur de l'offre et de la demande : vert, cela monte, rouge, cela descend. Rien d'autre.
Bien sûr, je plaisante : tous ces mécanismes sont d'une effroyable complexité, d'où l'emploi, dans ces mêmes salles des marchés, de jeunes sortis de maths sup, maths spé, puis, dans les meilleurs cas, d'X...
Plus sérieusement (encore que) : il y a un lien entre le langage et l'argent, voire plusieurs caractéristiques communes. Leur ubiquité, leur invisibilité, leur toute-puissance (où il appert que ce sont là, bien évidemment, des attributs divins...).
Seule différence, l'argent est devenu parole universelle, alors que nous ramons depuis Babel derrière un langage qui le soit.
J'affirme que le novlangue propre aux médias est cette nouvelle langue : réduite à quelques mots, mensongères, létale, fausse.
Je puis revenir là-dessus mais c'est un assez gros morceau et je vous ai renvoyé à mon article sur les travaux de Du Buit, sur Stalker (cf. son moteur de recherches).
@ Quentin.
Mais voyons, il y a de GRANDS auteurs contemporains qui n'ont pas oublié les Anciens ! Tout mon travail critique est justement analysable comme la quête, la lecture, le déchiffrement d'une permanence des traces du sacré, de l'autorité, de la tradition, dans la littérature contemporaine !
@u Chafouin.
Touchants, les efforts que vous faites pour vous faire aimer : continuez à ramer, cela, de toute façon, fera du bien à votre embompoint accumulé à force de rester derrière un écran...

Stalker a dit…

Quentin : j'ai oublié, pardon, la toute dernière partie de votre commentaire.
Je cherche la même chose et c'est une terrible écharde dans la chair !
Car l'art ne mène non seulement pas à Dieu mais non plus à l'action, à moins de l'abandonner comme Rimbaud.
Et encore, pas sûr que, dans le désert du Harare, croupissant sous la chaleur, il n'ait point regretté ce qu'il appelait ses "rinçures" (à savoir, ses textes)...
Lisez Staler, vous verrez bien vite que tous mes textes sont hantés par le démon de l'acédie (l'à quoi bon de Bernanos) et une sorte de mélancolie kierkegaardienne également.
Désolé, nous voici un peu loin du... Celsa !

Criticus a dit…

@ Stalker : permettez-moi, Juan, de vous contredire sur la libération de la parole permise, selon moi mais pas vous, par le Web : sans le web (et plus précisément Facebook), vous n'auriez pas découvert Criticus et ne m'auriez donc pas suggéré la lecture de votre blog, sur lequel j'ai découvert Jean-Pierre Tailleur et ses Bévues de presse, Vous aurez la guerre de Loïc Lorent, et bien sûr votre livre. Sans parler de Germain Souchet et tant d'autres.

Sans le Web, aurions-nous en ce moment ce passionnant débat ?

Même dans la "marée de merde" ,comme vous dites, que constituent 99% des blogs (vous êtes généreux avec 95%, cela m'étonne de vous), il est possible de voir des perles surnager.

C'était d'ailleurs le sens de mon article sur Paperblog.fr dans Le Monde, que vous aviez lu.

Sur les Cosaques, je retrouve votre conclusion à l'Enquête sur le roman : ce dont nous avons besoin, c'est d'hommes, et non des livres sous le poids desquels nous croulons.C'est limpide. Cristallin.

@ Quentin : nous sommes donc camarades. Pour ma part, j'ai préféré le journalisme à l'ennui de la carrière d'enseignant-chercheur en histoire qui me tendait les bras si j'avais continué dans cette voie. L'état de la recherche et de l'Université mériterait d'ailleurs un entretien comparable à celui sur la presse.

@ Le Chafouin : tu sais bien que je cherche à te faire réagir... depuis que je t'ai lu reprendre telle quelle une conclusion de Pierre Catalan sur l'"islamophobie", je m'inquiète... mais c'est une inquiétude bienveillante, sois rassuré !

@ Oz : j'ai assisté à trois ou quatre - cinq peut-être - réunions du MJS avant de fuir. J'avais dit, à la suite du 21 avril 2002, que Jospin aurait dû parler "peuple". Que n'avais-je pas dit là ! J'ai été censuré par un véritable connard. J'ai ainsi réalisé que je n'étais pas de gauche. Ce qui n'est pas facile quand on en est familialement issu.

@ Cilia : pour parler de ce que je connais, au Québec et au Canada (oui, ce sont deux pays différents, Chafouin), le journalisme est encore davantage une branche de la Com'. A l'Université, les undergraduates "apprennent" la communication, avant de bifurquer en Masters degree vers... de la communication, avec parfois une spécialisation en journalisme. Le benchmarking a donc ses limites... tout comme la glorification du journalisme anglo-saxon d'ailleurs. Je ne l'ai pas trouvé moins critiquable que le journalisme français... mais je le connais certes beaucoup moins.

@ Castor : il existe quand même des scientifiques qui publient des articles de vulgarisation ! Vous critiquez là de la presse française un de ses aspects les moins critiquables...

Ozenfant a dit…

@Criticus,
Moi aussi je suis allé une fois à une réunion de militants du PS constituée d’un mélange de jeunes de la lumpen intelligensia puant la suffisance des puceaux de la vie et de vieux fonctionnaires complexés puant l‘orgueil contrarié des faux modestes.
Comme toi, j’ai voulu aborder la suppression des aides sociales aux privilégiés et le laissé pour compte des travailleurs pauvres : De leur refus, JE N’EN EST PAS DÉDUIT QUE JE N’ÉTAIS PAS SOCIALISTE, MAIS QU’ILS N’ÉTAIENT PAS SOCIALISTES. En effet comme Bernard Shaw, je ne suis pas raisonnable : "L'homme raisonnable s'adapte au monde. L'homme déraisonnable essaye d'adapter le monde à lui-même. Par conséquent tout progrès dépend de l'homme qui n'est pas raisonnable."

@Stalker,
Je vais venir faire un tour sur ton blog, car je suis las du conformisme omniprésent dans la blogosphère, pire, si cela est possible que dans les médias !
L’avantage du monde réel sur la lâcheté de la virtualosphère, est que tu as devant toi des gens dont tu connais + ou - le parcours, tu les regarde dans les yeux et le mec ne vas pas t’insulter pour un OUI ou pour un NON si tes idées sortent du conventionnalisme tiède médiatique !
Est-il possible de sortir du simplisme du monde virtuel manichéen de la déconnosphère, où, quand tu mets le doigt où ça fait mal, le blogger commente la forme du doigt (lol) ?

Mon cher Quentin,
Je suis opposé aux religions qu’ont créé les hommes, pas à Dieu ! N’étant plus religieux, je me surprend à suivre instinctivement les dix commandements, en tous cas infiniment plus que les hypocrites qui vont s’aplatir dans les temples l’espace d’un moment pour marchander leur passage au paradis !
J’espère donc que c’est au deuxième degré que tu parles de la parole du Christ en disant :
"La seule force qui puisse châtier la cohorte des marchands et autres colporteurs de péchés qui ont investit le temple".
Car les initiateurs de la mondialisation (OMC), du nouvel ordre mondial (Des marchands du temple, précisément) sont à peut près tous des intégristes Chrétien, Juifs ou même Musulmans !

Stalker a dit…

Roman, oui, j'aurais dû préciser : en effet, sans la Toile, je n'aurais moi-même pas autant écrit ou alors, j'aurais dû créer quelque revue confidentielle, qui se serait cassée la figure au bout de quelques années d'existence.
Notez d'ailleurs que c'est ainsi que j'ai commencé, réalisant mes premières armes à Lyon 3 avec Dialectique et Les Brandes où il s'agissait, d'abord, de contrer les crasseux de l'Unef et de l'Unef ID !
Lyon 3, pour ceux qui connaissent un peu, en tout cas dans les années 90, ça castagnait ferme, croyez-moi !
Donc, oui, la Toile me permet de toucher un public non seulement large mais virtuellement mondial, il suffit de consulter mes stats de fréquentation.
Et puis, oui, il y a d'excellents blogs, certains que j'indique dans la catégorie des Zonards, d'autres encore.
Ce qui me gêne c'est le silence (plutôt : le mutisme) observé par la presse officielle concernant mon travail : je suppose, n'étant plus naïf (depuis l'âge de 2 mois, pour celles et ceux qui n'ont pas suivi !) que ces trouillards, ces incultes, ces maljournalistes en un mot.
Evidemment, l'une des façon d'analyser ce silence, est de penser qu'on fait à ces crétins une sacrée concurrence...!
C'est ce que je me dis lorsque je suis optimiste...
Ozenfant : je pensais que vous aviez depuis belle lurette fait un tour dans la Zone !
Moi, avant de m'adresser à un blogueur, je vais toujours, quelques bonnes et longues minutes, voir ce qu'il a dans le ventre.
Prenez exemple sur Roman : je suis moi-même étonné qu'il ait semble-t-il lu pas mal de mes textes, d'ailleurs pas uniquement ceux consacrés à la littérature ou à la critique littéraire...
Voilà tout de même un gage de sérieux : mon grand ami le chafoin, à l'inverse, a gueulé avant même de savoir à qui il s'adressait, ni même si nous avions des positions communes... Ca, c'est du grand journalisme ou je ne m'y connais pas !
Ozenfant encore : je suis catholique mais, de grâce, ne faites pas de moi un adepte des soutanes (d'ailleurs, elles ont mystérieusement disparu, à croire que les curés préfèrent les jeans et les shorts)...
J'ai vécu 11 années d'externat catholique (à Lyon), recevant, de la 7e à ma seconde khâgne, un enseignement souvent absolument remarquable ainsi qu'une culture religieuse qui, je m'en rends compte chaque fois que je débats sur un forum ou dans les commentaires, fait incroyablement défaut.
Après tout, qu'on le veuille ou pas, la France, n'en déplaise à cet imbécile de Jacques Chirac, est évidemment chrétienne (je ne dis pas catholique) et c'est la chrétienté qui a bâti une somptueuse histoire.
MAIS, vous avez raison sur ce qu'est devenu le clergé français, un ramassis d'imbéciles consensuels et de moutons bêlants. Bernanos disait quelque part que le plus grand crime de la pensée était de se trouver confronté à un prêtre médiocre.
Ils se doivent d'être exceptionnels et l'immense majorité n'entre eux n'a qu'une envie : mêler leurs burnes racornies dans une étreinte fraternelle avec le monde entier, non point dans sa singularité mais dans sa lamentable indifférenciation.
De là que le clergé rechigne (je reste poli) à suivre l'impulsion salutaire venue de Rome, rien de bien étonnant : les prêtres, j'ose cette formule, sont devenus les journalistes du spirituel.
Même inculture crasse de leur propre histoire, même évangélisme jamais démenti, même lorsque les barbus leur enfonceront, à coup de pelle, quelques grammes d'explosif dans la gueule.
J'applaudirai, ce jour-là car, ma foi, il est temps que nos catholiques retrouvent un peu le goût du sang !
Je sais, je sais, chafouin va nous dire que j'emploie de gros mots super-vilains et d'autres que j'extrémise et que de l'extrémisme rien ne peut naître.
Si : une révolution, une vraie, celle qu'appelaient de leurs voeux toutes la génération, fascinante, de ces penseurs des années 30 unis autour d'une revue telle qu'Ordre nouveau.
Lisez Loubet del Bayle sur ce sujet.
Et, si vous en avez le goût et l'envie, lisez mon long article, celui-là vraiment violent (d'une violence salutaire je crois) écrit dans la rage après le meurtre d'Anne-Lorraine Schmit.

Criticus a dit…

@ Oz : n'y a-t-il aucune contradiction entre ton socialisme revendiqué et ton soutien à Nicolas Dupont-Aignan et "Debout la République" ? Simple question.

@ Stalker : tiens, moi j'étais à Lyon 2. Fidélité envers l'Université dans laquelle un père et deux oncles enseignent...

Une nuance, quant à mes lectures sur votre blog : ce sont surtout les articles non-littéraires, et plus précisément relatifs à la politique, vous le savez mon domaine de prédilection, que j'ai lus (et relus). Mais, depuis que vous m'avez envoyé le lien (novembre 2007), j'ai tâché de lire chacune de vos notes, exception faite de celles antérieures à cette époque, vous me le pardonnerez j'en suis sûr.

cilia a dit…

"L'état de la recherche et de l'Université mériterait d'ailleurs un entretien comparable à celui sur la presse."

Oh que oui Criticus ! Chiche que tu écris un billet sur l'enseignement supérieur en France, son état et ses liens réels avec la société et le monde du travail ?

le chafouin a dit…

@Stalker

Je note que vous ne pouvez écrire un commentaire sans me citer et j'en suis heureux, car cela prouve que je fais partie désormais de vos mentors. Vous m'avez ici cité bien plus fréquemment que Bernanos... ;)

Je suis persuadé d'avoir de nombreuses positions communes -nulle vulgarité ici - avec vous, comme avec Roman, mais ça n'empêche pas de "gueuler", comme vous dites. D'ailleurs, l'essentiel de mes divergences avec vous sont formelles sur le sujet qui nous préoccupe ici.

Le clergé français est effectivement souvent pathétique. Là, on peut employer le mot "politiquement correct".

Je ne cherche pas à me faire aimer de vous. Vous l'avez dit : je suis minable, inculte.

@roman : le mot "islamophobie" peut avoir le sens qu'on veut lui donner. En ce qui me concerne, je ne fais pas allégeance à Pierre catalan en la matière et je ne lui donne pas cette signification antiraciste.
Il n'est pas anodin qu'aujourd'hui, les projecteurs ne sont plus tant sur le catholicisme que sur l'islam. Ceux qui avant passaient leur temps à vomir sur le Vatican ont changé de combat. Parfois jusqu'à la caricature.

Donc en tant que chrétien, ayant moi-même dénoncé pendant des années le sort réservé à l'église cztholique dans les média,s je ne peux que déplorer que les mêmes simplifications réductrices visent l'islam. Il faut le juger en vérité, et pas en déformant tout et en racontant n'importe quoi!

Et je te répète qu'à ce titre je trouve souvent que toi come Lomig êtes un tout petit peu parano. Vous réduisez tous les problèmes à l'islam, comme tu l'as fait l'autre jour chez koz : on parlait suicide assisté, et tu as parlé d'islam!

le chafouin a dit…

@Stalker

J'oubliais : je ne cherche pas à me faire aimer, juste à quitter le ton de la polémique et de la dispute qui est un tantinet stérile et qui empêche la discussion d'avancer. Comme par exemple de parler de l'embonpoint des autres.

Je ne fais donc pas machine arrière sur ce que j'ai dit, mais je trouve juste qu'il est temps de passer à autre chose. Les autres commentateurs de ce blog méritent mieux!

Stalker a dit…

C'est bon chafouin, c'est bon !
Hier, je me promenais rue de Passy et, ouvrant les yeux devant tant de vulgarité désopilante, de bronzage splendide, de silicone étalé, de fric arboré sans la moindre honte, je me suis pris d'une subite envie : une belle explosion, oui, un attentat-suicide, histoire d'expédier illico presto une bonne centaine de pétasses rutilantes et abjectes...!
Surtout, aussi, pour le plaisir de voir l'évolution des titres des médias : d'abord :"L'horreur absolue", ou "La France meurtrie" puis "L'horreur dans l'un des quartiers les plus chics de Paris" et enfin "Salopes de riches, elles l'ont bien mérité !"
Ah !
Les médias, chafouin, ne sont que réduction : je ne vois pas trop comment un discours intelligent sur le catholicisme ou l'islam pourrait nous y être servi.
Laissons donc cela aux livres (bons).

Criticus a dit…

@ Cilia : contrairement aux médias, je crains de ne pas être vraiment compétent en la matière...

@ Le Chafouin : n'en rajoute pas. Je n'aurais certes pas réagi comme Juan, mais tu as : 1) critiqué le texte et son auteur sans les avoir lus (l'entretien et les articles sur Stalker). 2) fait dériver, du coup, le débat sur un affrontement interpersonnel. 3) inventé de toutes pièces cette histoire de refus d'adhésion à Kiwis alors que Juan était bel et bien admis, c'est lui qui a refusé d'ouvrir les commentaires et, donc, renoncé à son adhésion.

Sur le reste, tu dois, à mon sens, progresser dans deux domaines capitaux, et étroitement liés :

1) la capacité à appréhender un problème dans sa totalité.

2) la capacité à saisir les liens qui unissent tous les éléments dudit problème. Je m'explique.

J'ai relu le premier commentaire que tu as laissé ici ( http://criticusleblog.blogspot.com/2007/06/la-natalit-est-notre-seul-espoir.html ), le 6 juin 2007. Il s'agissait de la dénatalité de l'Europe. Tu m'avais reproché de lier le problème de la dénatalité européenne et celui de l'immigration extra-européenne.

Ces deux phénomènes sont pourtant corrélés, selon la logique des "vases communicants".

Dans le commentaire chez Koz auquel tu fais allusion, j'ai lié, car les deux problèmes n'en font qu'un, le mépris de la vie dont font preuve les autorités néerlandaises et l'échec de leur modèle d'intégration (et le développement de l'islamisme que ce dernier implique) : qui voudrait s'intégrer à une société qui refuse de réanimer ses vieux ?

Si Koz n'a pas daigné répondre à ce commentaire synthétisant les divers éléments du même problème (l'impasse de la société néerlandaise), libre à lui. Moi, je réponds à chaque commentaire.

Mais, à moins de ne pas voir tous ces éléments, et surtout de ne pas faire le lien entre eux, on ne peut pas dire que mon commentaire était hors sujet. Il était juste plus complet, plus... complexe.

Ce qui est hors sujet, c'est de dire que je réduis tous les problèmes à l'islam. Si tu lis les 220 billets publiés ici, tu verras qu'il n'occupe pas une place prépondérante dans les thèmes.

Quant aux laïcistes qui, selon toi, ont remplacé l'anticléricalisme par l'"islamophobie", je te rappelle que tu avais écrit un billet sur la différence de traitement entre les deux religions, lors de la ridicule affaire du pendentif Corpus Christi, qui figurait un squelette crucifié. Tu estimais, à juste titre, que l'indifférence des médias se serait muée en indignation générale s'il s'était agi de l'islam (ou du judaïsme d'ailleurs, remarque personnelle).

Voilà, je susi peut-être parano, mais toi, tu tiens deux discours contradictoires. Question : lequel des deux exprime ton sentiment ?

Stalker a dit…

Roman : mais oui.
Je ne voudrais surtout pas donner l'impression (fausse, naturellement) que je m'acharne sur ce pauvre ambulancier mais je répète que le Chafouin incarne à mon sens tous les défauts des mauvais journalistes, y compris la certitude que, quels que soient les désaccords, un peu de discussion et quelques bières aplaniront toujours les différences.
Eh bien non : des différences irréductibles existent dans les discours, c'est justement l'essence même du dialogue (du vrai dialogue, pas du propos de comptoir).

Oz. a dit…

Roman,

Mon "socialisme" ne colle pas aux étiquettes, ni aux modes actuelles de l'assistanat immigrationiste communautaire pro-gettos de Libé.
Je suis à mille lieux du simulacre de socialisme tel que le revendique la caviar bobocratie.

Je réclame juste une justice sociale équivalente à celle du Danemark (un pays de droite)... et le droit de vivre à peu près décemment pour les travailleurs pauvres.
Est-ce trop demander à un parti qui se dit socialiste ?

Stalker a dit…

Non, Oz, non.
D'ailleurs, cette aspiration devrait être aussi celle des partis de droite.
Mais ouvrez donc les yeux sur l'état des socialistes en France, si ce n'est déjà fait !
Et tirez-en, bon sang, les conséquences (si ce n'est également déjà fait !).

Criticus a dit…

@ Oz : c'est que j'espérais du PS à l'époque où j'étais (me croyais ?) de gauche. Mais Juan a raison, il n'y a pas grand-chose à attendre du parti de la prose...

le chafouin a dit…

@Criticus

Je te remercie de souligner ici mes torts, que j'ai moi-même reconnu à deux titres, qui se ressemblent étrangement :

- je n'ai pas lu, tout d'abord, en restant à une impression négative née de la façon qu'avait Stalker d'envisager le sujet, et j'ai ensuite changé d'avis après que tu m'as demandé de revenir sur ma décision.
- je suis resté à la vision initiale que j'avais eue à ma première du blog Stalker (à savoir la vulgarité des propos lus), et j'ai dit ici-même dans ce fil que ma deuxième lecture s'était avérée un plus nuancée et que je n'y ai pas retrouvé cette vulgarité.

Pour le reste j'ai cherché rapidement à éteindre l'incendie mais je dois avouer que le radicalisme de juan asensio ne m'a pas facilité la tâche. Dont acte : cela ne semble plus être le cas.

En ce qui concerne mon absence de capacité à synthétiser un problème, je n'ai pas la sentiment d'être contradictoire sur le sujet de l'islam et de sa place en Europe.

Comme tu le dis toi-même, je déplore le traitement réservé par les médias français au catholicisme. Je considère que tous les coups peuvent lui être permis, sans que cela n'émeuve personne.

En même temps, il ne faut pas tomber dans l'excès inverse. Je trouve que les médias ont totalement schyzophrènes au sujet de l'islam : ils se mettent en émoi à la moindre forme d' "islamophobie" (même si tu rejettes ce mot), mais ont eux-mêmes une vision assez négative de l'islam. Et en même temps, prennent systématiquement la défense du communautarisme.

En tant que catholique, je trouve qu'on ne respecte pas assez la liberté de croyance des musulmans. Et qu'en même temps, on est trop tendre avec tout ce qui est respect de l'unité de la "Nation" : l'islam ne doit pas déteindre sur la vie publique (créneaux réservés aux femmes dans certaines piscines, repas sans viande dans les cantines, etc...).

Quant à la natalité, je suis convaincu qu'elle doit une partie de son dynamisme à l'immigration, y compris extra-européenne. L'inverse me paraît assez étrange à concevoir! ;)
La logique de ton argumentation pour défendre ce commentaire chez Koz (il ne peut peut-être pas matériellement répondre à tous les participants) m'échappe : certes, les immigrants (a fortiori musulmans) n'ont peut-être pas une folle envie de s'intégrer au système décadent néerlandais, mais le problème doit à mon avis plutôt être vu ainsi : des migrants ne s'intègrent que si le système les y incite. Cf. La politique immigrationniste américaine du temps d'Ellis Island, par exemple.
Pour moi, les étrangers ont deux fois moins de chances de s'intégrer quand on répète partout que ça ne sert à rien de le faire, étant donné que "toutes les cultures se valent", s'enrichissent et se complètent.

Et surtout, quand il s'agit de s'interroger sur la faculté qu'a un Etat de faire ce qu'il y a de pire en matière de fin de vie, je ne suis pas sûr qu'il soit plus complet d'aborder la question de l'islam! Qui dans ton esprit est vu comme une conséquence du sujet dont on parle.

C'est pour ça que je parlais d'obsession (pas tellement paranoïa, en fait) au sujet de l'islam. Peut-être à juste titre, qui sait. Ce n'est même pas une critique, juste un constat.

@Stalker

Je n'ai absolument jamais cru que tout le monde était beau et gentil et que l'on pouvait tous se balader les mains dans la mains en chantant Imagine. Je n'ai jamais non plus imaginé que tout le monde puisse être d'accord au terme de toute discussion.

Mais, sans tomber pour autant dans le relativisme, ni dire que toutes les opinions se valent, et à moins de croire qu'on soit condamné à réfléchir tout seul, ne pensez-vous pas que c'est de la confrontation des arguments que peut naître une réflexion nuancée? Et donc plus complète, plus objective?

cilia a dit…

@ Stalker,

Je ne me promène pas rue de Passy, mais votre folle, obscène pensée semble avoir pour base que seules des femmes y exposent leur superficialité. Le quartier est interdit aux hommes ?

Criticus a dit…

@ Chafouin : tu raisonnes à l'envers sur la problématique dénatalité/immigration : ce n'est pas l'immigration qui alimente le "dynamisme" démographique. Quel dynamisme d'ailleurs ? Seules la France et l'Irlande se rapprochent du seuil de renouvellement des générations, tandis que le reste de l'Europe a un solde naturel négatif.

Né-ga-tif. Cela signifie qu'il meurt plus de personnes qu'il n'en naît. Bref, que l'Europe... se meurt, simplement !

C'est, bien au contraire, l'effondrement démographique qui oblige le recours à l'immigration, pratique qui ne se justifie que pour une immigration de travail et avec un modèle d'intégration assimilationniste, pas autrement.

Or, tu sais bien qu'avec le regroupement familial et le multiculturalisme promus par l'ONU, le Conseil de l'Europe, l'UE, etc; nous sommes en train de prendre le chemin inverse.

Cesse de reprendre les fadaises des médias sur l'"exceptionnelle" démographie française. C'est un mensonge. Pire, c'est un leurre.

Ca fait un an qu'on a ce débat. Quand vas-tu apprendre à compter... et à reconnaître que j'ai, en l'occurence, raison ?

Sur le fait qu'il faille inciter à l'intégration, c'est un comble que tu me le rappelles, à moi !

Tape les mots "métissage" et "assimilation" dans mon moteur de recherches et tu auras pas mal de résultats. Je suis suffisamment intéressé au sujet pour dire qu'en cédant au communautarisme (non-mixité dans les piscines par exemple), on aura... la guerre.

Là où tu n'as pas compris mon raisonnement, c'est que, pour que l'incitation à l'assimilation soit acceptable, il faudrait que les sociétés occidentales, et en particulier européennes, se refondent sur des valeurs saines.

La société néerlandaise est sans avenir. Sa dépravation éthique et morale (toxicomanie, proxénétisme, euthanasie, etc.) et la montée de l'islamisme qui en est le corollaire le prouvent bien.

On peut en dire autant du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Amérique du Nord... de la France... et de tout le reste de l'Occident.

Arrache-toi aux lieux communs colportés par la presse et tu verras qu'il y a de quoi être, sinon obsédé, du moins préoccupé.

Ozenfant a dit…

@Roman,
Ce n'est pas à l'homme de s'abaisser jusqu'au niveau moyen des idées reçues en vogue (La pensée unique du PS n'à objectivement rien de socialiste actuellement).
C'est à l'homme de lutter pour que les préjugés (re)-deviennent compatibles avec le minimum vital de la décence humaine :
Le socialisme n'est pas en cause, ce sont les étrons qui dirigents le PS qui le sont !
Quand tu lis ce que la Maire PS de ma ville NE DIT PAS sur le congrès de La Rochelle :
http://www.midilibre.com/articles/2008/09/01/20080901-REGION-Helene-Mandroux-Je-reviens-rassuree.php5
Tu comprends que PS ne veut plus dire Parti Socialiste, mais Parti du Simulacre.

Par ailleurs, Roman, si je peux me permettre...
Il est des interlocuteurs convaincus de détenir la vérité immanente avec lesquels toute forme de discussion est stérile, vaine et peux durer éternellement sans que jamais la barrière de l'incommunicabilité ne puisse être franchie : Ce n’est qu’un simulacre de conversation. Il y a 25 siècle que les con-vaincus sont démasqués : Pour paraphraser Héraclite l’obscur qui en parlait déjà très clairement (lol) : "Les convaincus sont dénués d'entendement et, bien que prêtant l'oreille, ils sont pareils aux sourds. Un dicton leur convient tout à fait: les présents sont absents"

Stalker a dit…

Chafouin : encore une fois, je n'ai jamais été contre une sainte confrontation d'idées, j'adore même cela qui, je vous le fais remarquer mais vous le savez, n'a rien à voir avec l'échange de nos avis respectifs.
Or, non seulement vous avez commencé par émettre un avis, idiot je vous le répète mais ensuite, lorsque j'ai martelé que vous ne saviez absolument rien de mes écrits, ni des postulats métaphysiques et religieux qui étaient les miens, vous avez continué à tenir des propos, sur mes textes, outranciers de bêtise.
Vous voyez donc que la vulgarité seule n'est pas outrancière.
Cilia.
Tssss, décidément, il faut tout vous dire !
Bien évidemment que des hommes (enfin, le mot est fort : des gamins sans cerveau) se promènent rue de Passy !
Mon propos, d'ailleurs, vous pourrez le confirmer aisément en vous promenant, un samedi après-midi ensoleillé, dans ce quartier.
Vous verrez que je n'exagère point, à moins que vous soyez vous-même aussi bronzée que siliconée et, finalement, superficielle !
Mais cela est un autre problème.
Revenons à nos moutons je vous prie, je vous préférais lorsque vous me questionniez sur l'équivalence entre argent et langage.

le chafouin a dit…

@criticus

Raison... Sur quoi?

ça m'amuse que tu tentes de me faire passer pour un bisounours sur ces questions. Ces sujets me préoccupent tout autant que toi, je n'en fais tout simplement pas une obsession. Je n'ai aucun désaccord avec ce que tu viens de dire, mais je n'en fais pas un point central de ma réflexion, contrairement à toi. Ya -t-il une vraie divergence entre nous là dessus?

Simplement, tu remarqueras que la situation française est différente de celle qu'on voit aux PB, non parce que la France est un pays moins décadent, mais parce que c'est un pays où traditionnellement, on est moins enclin au communautarisme (même si on y arrive).

Merci aussi de me considérer come un con incapable de réfléchir par lui même,et qui reproduit les inepties médiatiques : tu avoueras qu'à côté de l'allemagne et de la russie, qui courent au suicide démographique, la France est bien lotie. Ce n'est pas Byzance, mais c'est "mieux". Donc dire que la situation est catatrophique est étrange quand on sait qu'elle s'arrange, sans pour autant être merveilleuse. On est à un poil du renouvellement des générations.
Et après, c'est moi le pessimiste?

Quant aux immigrés, ils ont un devoir d'intégration, à mon sens. Donc prendre pour excuse du fait qu'ils restent à part la décadence de l'occident me paraît facile : s'ils n'aiment pas cette décadence, je ne les retiens pas. Mais vraiment pas.

Ce que je voulais te dire mon précédent commentaire, mais que tu ne relèves pas, c'est qu'il faut allier fermeté et justice, et donc traiter les musulmans en toute équité, plutôt que de sans cesse les ravaler à leur caricature extrémiste. C'est aussi pour cela que je trouve qu'il faut aussi s'indigner des formes d'intégrisme chrétien (comme je l'ai fait la semaine dernière).

Ozenfant a dit…

Roman,

Je n'ai répondu que partiellement à ta question sur la compatibilité du socialisme (le vrai, pas le substitut du PS caviar) avec les idées de NDA.
D'abord le Gaullisme a toujours été étiqueté à droite alors que Charles à toujours eu une politique sociale qui à plus tenu compte du peuple que celle de Mitterrand n'oublions pas qu'il à eu Mendès-France a ses cotés.
DE Gaulle, lui même était apolitique.
Ensuite NDA est étiqueté à droite car il est souverainiste mais il est très proche des idées de Chevènement donc pas néo-libérales du tout. Le Ché était un des mes préféré au PS, avant son accident cérébral qui l'a fait tomber amoureux de l'Ânesse du Poitou.
Si je devais choisir une place pour NDA sur l'échiquier politique, je le placerais entre les Radicaux et le PS.

@Juan Asencio,
Vous devez adorer Serge Askolovich, si vous détestez Assouline (lol) Ou bien ?
Au fait, votre blog, sage précaution, n'est pas compatible avec des commentaires...
Si je ne m'abuse ?

Criticus a dit…

@ Oz : tu as raison. Cela dit, il faut bien avoir conscience que l'Etat-"Providence" actuel ne fonctionne pas (plus). Pour moi, un coup de balai libéral permettrait au moins de rendre aux individus leur responsabilité.

J'estime que l'Etat doit tenir, dans l'ordre politique, le rôle d'un père, et non celui d'une mère. Et donc, en plus de l'édiction et de l'application des lois, de se contenter de ses prérogatives régaliennes : défense, police, justice, diplomatie, auxquelles j'ajouterais l'éducation. Cela ne fait pas de moi un néo-libéral pour autant : je suis contre le libre-échange. Je serais assez favorable à une forme (attention aux mauvaises interprétations possibles) de national-libéralisme.

Alors, bien sûr, De Gaulle avait une conception sociale de l'Etat, mais c'était dans un contexte d'expansion et de plein-emploi.

Pas sûr qu'il aurait été aussi social dans la situation actuelle.

@ Le Chafouin : raison... sur la problématique dénatalité/immigration.

Je ne cherche pas à te faire passer pour un bisounours. Et je ne pense pas que nos divergences sur le sujet soient si grandes.

Seulement, l'argument selon lequel on "stigmatise" une communauté de croyants me semble spécieux. Je m'étonne qu'un catholique puisse dire cela, s'il compare à 1905.

En 1905, l'Etat combattait les congrégations catholiques. Aujourd'hui, il laisse se développer des pratiques inacceptables (ex : les piscines).

Il y a donc bien, comme tu le disais dans ton billet sur le pendentif Corpus Christi, "deux poids, deux mesures". Je me demande, à te lire aujourd'hui, si tu n'espères pas que l'immixtion de l'islam dans la sphère publique permettra le retour du catholicisme en France.

Je connais d'avance ta réponse, mais si c'était vraiment ce que tu espérais, ce serait assez risqué : il n'y a pas la place pour deux monothéismes dans une même société, à moins que celle-ci ne soit strictement laïque.

Sur la supériorité du modèle assimilationniste français sur le modèle multiculturaliste anglo-saxon : je ne dis pas autre chose.

Et j'estime que, en partie du fait de la puissance d'attraction qu'exerce sur nous la société nord-américaine, nous sommes en train de renoncer à notre modèle, bon en principe, pour l'autre, qui est intrinsèquement mauvais.

Me rappeler, donc, que les immigrés ont un devoir d'immigration est inutile : pour moi, c'est un devoir d'assimilation. Mais cette assimilation serait plus facile dans une société qui ne serait pas décadente. Même en tant que français, donc d'une culture proche, je ne voudrais pas m'intégrer à la société néerlandaise, ou britannique.

Sur la démographie : je ne vois aucune raison de me réjouir d'une mauvaise situation, fût-elle comparée à d'autres, catastrophiques. On atteint presque (mais pas) le renouvellement des générations, et cela en partie du fait d'une natalité plus forte de la part des immigrés (cf. travaux de la démographe Michèle Tribalat). Sans assimilation, on se dirige donc vers une société culturellement plurielle, et donc conflictuelle.

Alors, en la matière, l'obsession paranoïaque, ou la paranoïa obsessionnelle, n'est peut-être qu'une simple forme de lucidité.

le chafouin a dit…

@Criticus

Nous sommes donc d'accord sur l'essentiel.

En ce qui concerne ma position sur l'islam en tant que religion, elle est claire : si je ne peux supporter que les atteintes portées parfois très injustement au cahtolicisme (cf le deux poids deux mesures), on ne peut pas non plus être d'accord avec les critiques souvent caricaturales envers l'islam. Et ne pas se tromper de combat sous prétexte de lutter pour la laïcité. Même si l'islamisme en tant qu'idéologie néfaste est un fléau à combattre sans faiblesse.

Ceci étant dit, je trouve que la vision de Sarkozy à ce sujet est bonne car assez souple : on reconnaît que les religions apportent quelque chose en tant que membres du corps social. Et on affirme les racines chrétiennes de la France, ce qui ne coûte pas grand-chose puisqu'il s'agit d'une évidence.

Stalker a dit…

Ozenfant
Disons que je n'aime pas l'incompétence se faisant passer pour de la compétence !
Songez au fait qu'Assouline va même faire très prochainement paraître un livre composé des... réactions de ses lectures.
Nul doute qu'il ait sagement expurgé certaines de mes interventions chez lui, voire qu'ils les aient tout simplement supprimées.
J'ai déjà répondu mille fois sur l'absence de commentaires sur mon blog, ici même : ce n'est pas une sage précaution, c'est plutôt une indifférence profonde pour les avis des autres.
Je veux des critiques, pas des avis, mais cela aussi, je l'ai assez répété.

Ozenfant a dit…

@Roman,

En tant qu'entrepreneur, je ne peut être que libéral.
Libéral ne veut pas dire CON.
Ne veut donc pas dire d'oublier :
D'"utiliser tous les moyens légaux mis à notre disposition en France et par Bruxelles pour nous protéger contre les prix venant des dictatures mettant leur bétail au service de leur impérialisme plus que naissant.
Un Libéralisme National, me va fort bien !
Pour cela il est urgent de libérer les forces vives de la Nation, mise depuis trop longtemps dans la camisole de force de la pénalisation du travail la plus insensée de la planète !

Pour changer de sujet:
"Un fanatique est quelqu'un qui ne veut pas changer d'avis et qui ne veut pas changer de sujet." W. C.(lol).

cilia a dit…

@ Stalker,

Non, je ne suis pas une bimbo, mais après ‘ le parterre de lolitas’ et votre fantasme terroriste, la tentation était grande, et facile, de dire que certains hommes également… ; sans parler de l’efficacité, désespérante pour moi les jours de mauvaise humeur, de la technique sur la gent masculine. Mais bref !

J’ai lu vos textes sur Du Buit. Et sans surprise, mais avec regret, je n’ai pas le niveau.
Je cumule l’inculture, une forme d’esprit encline à un rapport physique, primaire des choses, et l’absence de Foi (je ne m’en vante pas). Autant dire que je pars de beaucoup trop loin.
Un clic en appelant un autre, j’ai aussi lu le billet ouvert à Laurent Lafforgue sur l’école.
Et me voilà être, plus encore qu’au préalable, imperméable à la notion d’argent qui dénaturerait tout et serait si puissant, ou en tout cas comparable à la parole.

Il y a aussi comme une image qui se dessine en moi où chacun des commentateurs, des blogueurs, des journalistes, des auteurs, des penseurs cherche à dater l’Erreur, La grande faute morale, intellectuelle dont tous nos maux très actuels découleraient.
Je ne saurais pas donner mon avis puisque n’ai pas les armes, la connaissance, pour évaluer la pertinence de chacune de ces analyses.
Je suis incapable de juger si la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie a rendu service à l’humanité, si la Renaissance a foudroyé l’intelligence, si les Lumières ont éteint la pensée, si la fin du Gaullisme a rendu le français mercantile en plus de bovin, ou si même, l’Erreur n’aurait pas été commise au cours de la Préhistoire ; après tout, pourquoi serions-nous uniquement hermétiques à la puissante beauté cachée des dessins des grottes de Lascaux, et pas aux choix effectués par les Hommes d’alors, dont tout ce que nous vivons et connaissons depuis pourrait aussi bien découler ?
Mais je ne vois toujours pas de rapport direct avec l’argent !

Vous évoquez l’emploi d’élèves de prépas, voire de diplômés de l’X (je vois comme un trou entre les deux, mais je chipote) dans la finance.
Récemment, S. Royal a semblé découvrir cette réalité et a condamné (oui, moi, j’appelle cela condamner et sans appel) ces ingénieurs qui choisissent cette voie. Partagez-vous son avis ?
Et si oui, considérez-vous que c’est encore un sale coup de la puissance de l’argent ?
Pour moi non. Les conséquences de l’ignorance des métiers ne sont pas synonymes de convictions.
L’évolution, certes progressive, de certaines (grandes ?) écoles démontre que leurs dirigeants ne sont pas stupides ni aveugles.
En tout cas, toujours pas de bataille perdue d’avance contre l’argent.

Bon, j’arrête, j’ai déjà été trop longue.

Ozenfant a dit…

@Juan,

Ma question n'était pas critique !
Comprendre VRAIMENT la différence entre "critique" et "avis", ce n'est guère à la portée de la lumpen intelligensia et aussi difficile à comprendre, pour eux, que cette phrase, que j'adore de
ROGER MARTIN DU GARD : Les "comment" m'intéressent assez pour que je renonce sans regret à la vaine recherche des "pourquoi".

Je suis parfaitement d'accord que les avis des microcéphales de la lumpen intelligensia sont dénués d’intérêt… mais leurs critiques seraient de toutes manières dénuées de pertinence, non ?
Ayant exercé moult métiers dans maintes contrées, j’essaie d’éviter les jugements de valeur, pas toujours facile quand on à un mur en face de soi !
Je m’efforce de ne parler que de choses que j’ai moi-même expérimentées (il y a suffisamment de journalistes pour parler de choses qu’ils ne connaissent ni des lèvres ni des dents). Pour évoquer des faits précis et vécus qui me permette de temps en temps de démasquer des préjugés admis par tous dans la deugeulosphère.

Mais, vous savez, JUAN, cela ne présente aucun intérêt pour la Lumpen I., elle préfère continuer son trip virtuel. La réalité, ça lui fait peur !

Ozenfant a dit…

@Cilia,
Très belle tirade, celle à laquelle nous venons d'avoir droit de votre part (sincèrement).

Dans mon monde tout simple de mec qui à travaillé de ses mains dans le productif, géré des sociétés avec la responsabilité de la vie de vrais gens entres ses mains.
Je ne connais donc pas trop la guerre entre les hommes et les femmes.
Par contre ma femme, elle, se marre quand elle voit les BIMBOS qui jacassent devant chez LIPP.
Les directeurs de grandes écoles ne sont pas tous cons, d’ailleurs l’un d’eux me faisait part en 1985 (et c’est plutôt pire maintenant), que le manque de réalisme des élèves français était préoccupant quand il comparait avec les élèves venus d’Espagne (ou d’ailleurs).
On voit les résultats désastreux quand des diplômés de grandes écoles et issus de l’administration viennent couler des boites comme Renault.
La déconnection de notre enseignement d’avec la vie futures des étudiants est criante quand on les lance dans la vie (ma fille de 18 ans vient de quitter la maison pour la capitale)…
Un élève en médecine, interne des hôpitaux à qui l’on a répété pendant toutes ses études qu’il est une -élite-, alors que son expérience nulle en fait un danger public : c’est criminel !
C’est pourtant ce qui se passe (il y a un an j’ai été obligé de fuir le CHU Lapeyronie à Montpellier, car entre les mains de potaches baptisés -internes- je craignais pour ma vie. J’ai heureusement été recueilli par un autre hôpital qui a pu me ré-opérer et réparer les dégâts).
Amicalement.

Stalker a dit…

Cilia.
Sur mon blog, vous avez mon adresse électronique : n'hésitez donc pas à m'écrire, je crains que vos questions, fort intéressantes, ne lassent les lecteurs venus pour débattre des médias.
Ne vous sous-estimez donc pas : comme vous le dites, vous n'avez peut-être pas le niveau (je ne fais que vous répéter) mais vous avez au moins l'intelligence de le reconnaître !
C'est absolument immense et, pour moi, cela vaut un bon milliard d'agrégations.
Voyez Socrate : l'intelligence réelle est de reconnaître que l'on ne sait rien.
Vous me faites rire, avec votre petit passage sur la technique : si j'ai bien lu entre les lignes, vous voulez me faire comprendre qu'il est éminemment facile pour une femme, même si elle n'est pas une bimbo, de parvenir à ses fins !
Ah bon ?
Sans blague.
Parce que vous vous imaginez que cette facilité, certains homme n'en jouissent peut-être pas ?
Ah, que vous êtes naïve ma chère !
Ozenfant : je sais bien que ce n'était pas une critique.
Maintenant mes chers amis, je dois vous laisser, avant de mettre en ligne le premier volet d'un long entretien avec un excellent auteur.
Au fait, par certains de ses thématiques, le dernier bel article de Pierre Damiens rejoint certains de vos préoccupations ici exposés.

Criticus a dit…

@ Le Chafouin : "on affirme les racines chrétiennes de la France, ce qui ne coûte pas grand-chose puisqu'il s'agit d'une évidence."

Une évidence... pas pour l'Union européiste, pas pour Jacques Chirac ("les racines de la France sont autant musulmanes que chrétiennes"), pas pour Dominique de Villepin, sans parler de la gauche, bien évidemment.

Songe que le discours de Latran a fait pousser des cris de vierge effarouchée (ou plutôt de mauvaise foi) aux "laïcistes" (qui pratiquent une laïcité à géométrie variable), alors que Sarkozy n'a fait que répéter ce que l'on devrait trouver dans tout manuel d'histoire ! Et que l'on retrouve, heureusement, chez les rares historiens médiévistes qui ne soient pas islamolâtres (cf. Sylvain Gouguenheim, coupable aux yeux du tribunal de la bien-pensance d'avoir prouvé que l'Europe ne devait pas son corpus grec à l'Islam mais à Byzance, aux Arabes chrétiens et aux traducteurs du Mont Saint-Michel).

@ Oz : un libéralisme national te va fort bien... va dire cela à tes camarades qui sont contre le libéralisme et la nation.

Bien qu'ils disent le contraire...

@ Stalker : non, les commentaires de Cilia ne sont pas lassants : nous avions de toute façon dévié par rapport au sujet initial, ce qui n'est pas pour me déplaire... ni vous non plus apparemment. Je craignais que vous ne vous investissiez pas dans les commentaires mais en fin de compte vous avez fort bien "joué le jeu", c'est le moins qu'on puisse dire.

@ Cilia : impressionné que vous puissiez obtenir tout ce que vous voulez. Pour ma part, je suis demandeur d'emploi dans deux jours et je doute que, même en me promenant nu à Passy, j'obtienne quoi que ce soit d'éventuels employeurs passant par là...

cilia a dit…

@ Oz,

Hors sujet pour hors sujet, ma mère a reçu à Arnaud de Villeneuve des soins qui l’ont sauvée, retapée, relancée pour un bon tour de manège. Si vous pouvez démontrer que les patients de Lapeyronie subissent un traitement particulièrement désastreux par le fait que de jeunes internes y tiendraient, singulièrement mal, un rôle injustifié mais prédominant, faites-le. Sinon, de grâce, laissez-moi croire que le hasard d’une hospitalisation d’urgence, chez nous, ressemble à celui de n’importe quelle autre ville. S’il vous plaît…

@Stalker,

Hmm…soit !
Petite frustration mais, Criticus dit quelque chose de très juste, vous avez déjà fort bien joué le jeu.
Certes vos interlocuteurs étaient très intéressants, y compris dans leur diversité, dans leurs qualités individuelles…bon ça va, j’arrête (mais je n’en pense pas moins).

@ Criticus,

Je n’ai jamais dit que nous pouvions tout obtenir. Juste que si les hommes étaient moins bêtes, aux deux sens du terme…

Après, pour ce qui est de ton boulot, tu ne sors jamais sans ton cerveau, n’est-ce pas ? Ton choix de carrière a été plus conscient que pour beaucoup d’autres, non ? Ta formation initiale est un petit trésor, n’est-il pas ? Alors, je te dis merde, mais, je ne m’inquiète pas ;)

As-tu jeté un coup d’œil sur le JDD d’hier ? On est loin de la couleur du sweat-shirt du ‘petit’ Louis, non ?
On peut tourner les choses dans tous les sens, il y a toujours un moment où on en revient à une question de personne ! Et Askolovitch ne nous laisse pas repartir endormis. Qu’en penses-tu ?

Criticus a dit…

@ Cilia : en fait je croyais que tu parlais de toi !

Sur le JDD : non, je ne le lis plus (et en tout, je l'ai lu deux fois dans ma vie) depuis l'article de complaisance sur Ségolène Royal en août 2007 (cf. mon avant-dernier billet). Ca me fait rire, la gauche genre Luc Mandret (et qu'on ne me dise pas que ce crypto-trotskiste est un centriste !) qui s'indigne des articles complaisants pour Sarkozy mais pas de ceux pour la gauche, et en conclut donc que tous les journalistes sont de droite...

Sur mon avenir professionnel : j'aurai en tout cas le temps de chercher ! Mais, ne le répète pas, il se pourrait bien que je m'oriente vers une nouvelle voie...

le chafouin a dit…

@criticus

Oui, quand je parlais d'évidence, je veux dire par là que les racines chrétiennes d l'europe, et tout particulièrement de la france, sont chrétiennes, que la gauche le veuille ou non : c'est un fait objectif.

Et les cris d'orfraie, oui, je m'en souviens, j'avais pas mal bataillé à l'époque.

Tu le vois, on a des "combats" communs qui sont bien plus importants que ceux sur lesquels on diverge.Changement de filière, chiche?

@Cilia

Non tu ne sais pas rien! ;)

Blague à part, j'ai souvent ce sentiment. Celui de n'avoir pas assez lu, d'être en retard dans ma découverte de la littérature, d'ignorer des pans entiers de la connaissance, et notamment scientifique... C'est frustrant mais en même temps, je me dis qu'on a beaucoup de choses à apprendre...
Après, il n'y a pas uniquement la connaissance, je crois, mais aussi une subtilité à avoir, une forme d'ouverture d'esprit et de psychologie pour comprendre le monde, et je pense que tu n'en es pas dépourvue!

Criticus a dit…

Un changement de filière ? Pour cela il faudrait que Neuf Telecom installe ma ligne... un mois que j'attends que les brontosaures du service public (France Telecom, entreprise publique) libèrent ma ligne.

Stalker a dit…

Changer de filière ?
Peuh...
Vous en connaissez beaucoup des personnes, vous, qui abandonnent en cours de route une thèse sur Satan pour entrer (et y rester, c'est le plus dur...) dans une boîte de Bourse ?
Allons allons, si un littéraire pur jus parvient à réaliser cela, même un énarque socialiste devrait arriver à être un épicier de droite...

Ozenfant a dit…

Ma chère Cilia,
Quand vous écrivez (ici comme ailleurs), j'espère que ce ne sont pas des mensonges ?
Alors pourquoi donc croyez vous que je m'abaisserais à vous inventer des agissement délictueux dans un CHU ?
J'ai passé 9 mois de tractations avec des échanges de courrier des visites à médiateurs etc. etc.
Je ne vais pas vous envoyer ici les copies des lettres décrivant l'invraisemblable absence d'écoute des infaillibles jeunes internes qui m'ont obligé à sortie en courrant (c’est une image), AVEC UNE FRACTURE OUVERTE de la paroi nasale, de Lapeyronie. (Radios de l’œil à A. de Villeneuve). Pour être ré-hospitalisé le soir même ailleurs (sous morphine).
Si la vérité vous intéresse venez poster une fois sur mon blog pour que j'ai votre Email, et je vous enverrais 1 ou 2 copies de mon courrier : on se croirait au moyen-âge.

Vous n'avez pas l'air idiote, vous vous rendez donc bien compte que BIEN SÛR, je n'ai pas dit que c'était LA MAJORITÉ DES CAS ?

C'est évidemment quand il y à des effets secondaires imprévus et qu'il faut alors sortir du train-train du dogme appris par coeur, faire preuve de vigilance, de dons d'observation, de discernement et d'écoute... Qu'ils sont pris au piège de leur suffisance.

Me suis-je exprimé assez clairement ?

Ozenfant a dit…

@Criticus et Cilia,
A propos de ce que la seconde écrit au premier :
"Juste que si les hommes étaient moins bêtes, aux deux sens du terme…"
MONTHERLANT a une phrase qui me plait bien :
"La bêtise ne consiste pas à n'avoir pas d'idées, cela, c'est la bêtise douce et bienheureuse des animaux, des coquillages et des dieux. La bêtise humaine consiste à avoir beaucoup d'idées, mais des idées bêtes."

Enfin pour conclure cet épisode sur la bêtise de l'homme, Voltaire l'a démasqué:
"L'éducation développe les facultés, mais ne les crée pas"
La bêtise instruite est seulement mieux habillée et moins évidente : Un cache-misère pratique pour les fils de familles hissés dans la vie par les sous-sous de papa.
Il dit aussi:
"Aime la vérité, mais pardonne à l'erreur".

Intéressant, parce qu'on est tenté de n'en voir que l'apparence et ne pas comprendre pas sa profonde sagesse.

Criticus a dit…

@ Cilia & Oz : Au risque d'abaisser le débat : Oz, l'une des rares satisfactions françaises, outre les 40 médailles à Pékin obtenues en BMX ou en lutte gréco-romaine, est notre système de santé, ruineux mais performant. La formation hospitalo-universitaire l'est également, puisque des étudiants du monde entier viennent se former chez nous. Je compatis pour votre nez, mais vous n'avez tout simplement pas eu de chance cette fois-là.

cilia a dit…

Mais je pardonne Oz, je pardonne ! Seulement pas quand je suis de mauvaise humeur.

Criticus, en BMX et lutte, il y a un zéro en trop. Mais si tu parles de tout, au hasard du handball, alors oui ;)
et merci de présenter notre palmarès comme un sujet de fierté, ça fait du bien.

Pour notre système de santé, tu as bien répondu pour moi.
Le sens critique, d’accord, mais si on se désespère de ce que l’on a de correct dans notre pays, on n’en finit plus. Quant à un certain excès de confiance en soi des internes, vu le métier auquel ils se destinent et des décisions qu’ils devront prendre, je préfère que ce soit le cas.
Ceci dit Oz, bien sûr que je ne remets pas en cause la véracité de votre mauvaise expérience.

le chafouin a dit…

Quand je parle de changement de filière, c'est parce que Criticus a écrit : "il se pourrait bien que je m'oriente vers une nouvelle voie..."

Voilà, ça me posait question!

Criticus a dit…

Et il se pourrait aussi que ce ne soit pas pour tout de suite...

Ozenfant a dit…

@Criticus,
Oui, ce que tu dis, c'est ce que je croyais aussi, c'est l'idée reçue la plus répandue, et donc il est normal que tu me répondes comme tu le fais. Puisque tu adores les idées reçues, cherche bien tu en trouveras des centaines disant que notre système médical est en perdition.

Et oui, l'idée reçue la plus répandue n’est en aucun cas une preuve.
Bien sûr qu’il y a un facteur chance, n’importe quel imbécile peut comprendre cela !
Il se trouve que ma sœur cadette qui à travaillé dans la médecine toute sa vie et donne des conférences à l’étranger sur sa spécialité ne partage pas du tout ton optimisme béat.
De plus, j’ai personnellement fréquenté les hôpitaux plus que la moyenne, puisque mon métier de jeunesse m’y a conduit de nombreuses fois et qu’ensuite, j’y ai conduit de nombreux sportifs à mon tour.
Des "histoires" comme celles qui m’est arrivée, j’en ai des dizaines à te raconter, des vertes et des pas mûres : les "séries TV" sur les hôpitaux nuls… ce n‘est rien à côté !
Je remarque que les preuves que je peux fournir n’intéressent ni Célia, ni toi (lol).
Moi aussi j’aimerais faire partie d’un -TOUT SUPÉRIEUR- c‘est tellement gratifiant !
Tu crois que cela me fait jouir de critiquer pour critiquer ?
Mais bon, si c’est ton credo est de "croire" et si ça te fait plaisir de penser que notre enseignement médical est supérieur aux autres : C’est comme ça te chante !

cilia a dit…

Oz,

Pour ma part, ce n’est pas parce que vos preuves ne m’intéressent pas que je ne vous les demande pas. Mais parce que chacun de nous qui a eu affaire à la médecine et aux hôpitaux pour lui-même et ses proches a des histoires dingues à raconter.
Je ne suis d’aucun optimisme béat sur le sujet, bien au contraire. Si je vous ai contredit initialement, très spontanément et sans réflexion d’ailleurs, c’est que je crois qu’il y a un risque disproportionné à trop douter, à être trop critique, désespéré ou cynique en ce domaine.
On peut considérer que notre système de soins est relativement performant (en terme de soins, je ne parle pas de la gestion de son coût) sans pour autant tomber dans l’excès de l’optimisme béat.

Criticus a dit…

@ Oz : si les comparaisons internationales réalisées par l'OMS sont fausses, pourquoi se fierait-on davantage à ton avis, basé sur des expériences personnelles ?

Ozenfant a dit…

@Criticus,

Pour l'excellent raison que si toi, Criticus, tu avais vécu ces expériences, non dénaturées par les filtres corporatistes, étatistes et médiatiques : Tu serais à ma place entrain d'essayer de me faire comprendre que les statistiques ne peuvent inclure des facteurs qu'on leur cache.
D'ailleurs j'ai lu ces rapports :
1° Qui d'une part ne peuvent connaître des facteurs comme celui que je cite (l'incapacité des internes à gérer des situations non conventionnelles), puisqu'ils sont niés par le mandarinat en place : DONC NON COMPTABILISÉS.
2° Qui d’autre part reconnaissent que le rapport qualité prix des prestations françaises est nul a chier.
Ce qu’il faut piger, c’est que : QUAND L’OPÉRATION SUIT LE CURSUS NORMAL SANS ANICROCHES, DONC EN NE FAISANT APPEL qu’à LA MÉMOIRE : LA MÉDECINE FRANCAISE EST CORRECTE. C’est dès que l’on sort des rails et que l’on fait appel à l’écoute, le sens de l’observation et aux qualités humaines que notre enseignement est nul, car quand ils commettent des erreurs (normales) de jugements : Il refusent de le reconnaître et donc attendent que le patient soit en réel danger pour réagir. Dans mon cas ils ont refusé de VOIR que j’avais eu des hémorragies de plus en + fréquente avant de venir à l ‘Hôpital, malgré les injonctions de ma femme et de mon fils. Il faut être vraiment très, très naïf pour croire que quelque un qui se croit infaillible et donc ne t’écoute pas, peut faire un bon médecin.
Quand tu amènes un mec avec un fracture ouverte à Toulon où le chirurgien se tire en courant parce que le Vendredi soir il à prévu de partir en WE, que tu es obligé de reprendre la route pour Marseille et qu’à la Timone, les internes te laissent poireauter (fracture toujours ouverte), parce qu’il sont entrain de finir leur poker… Qu’au bout de 2 heures, le sportif excédé te dis: "Si c’est çà la médecine française, amène moi à l’Aéroport, je préfère me faire soigner à Londres, même si ma fracture ouverte doit être opérée dans les 3 heures (pour ne pas risquer d‘infection). Quand ça t’arrives, Criticus, que ça t’arrive encore, puis encore : Tu te mets à perdre tes illusions.
Bizarre que tu n'ais jamais entendu les plus grands les plus grands médecins s'en plaindre, comme feu Minkowski par exemple.
Comme toujours, il y a les professeurs corporatistes qui défendent bec et ongles leur bout de gras et puis les honnêtes. Si je te disais que mon cousin germain, mon cadet de 5 ans à été 15 ans le patron de St Louis… tu ne me croirais pas non plus n’est-ce pas ? alors je ne te raconte pas ce qu’il disait sur la formation.
Tu n’es pas assez crédule pour ne pas savoir qu’entre les propos officiels et ce qui se dit en privé dans les milieux médicaux (comme politiques) : IL Y A UN GOUFFRE ?

Croire les rapports, la presse, les statistiques, c’est mieux que rien, mais ce n’est pas la réalité : Il semble que seuls les étudiants français en doutent !

Criticus a dit…

Non, je ne suis pas crédule, et c'est pourquoi je suis sceptique à l'égard du benchmarking ambiant : ailleurs, c'est mieux, voilà la pensée unique de notre époque, tout du moins en France.

Je suis loin d'être complaisant vis-à-vis des tares françaises, mais il y a bel et bien des choses qui fonctionnent mieux en France.

le chafouin a dit…

Oui, par exemple, le football.

Ok, je sors...

Stalker a dit…

Dites, sans vouloir, une fois de plus, vous déranger, vous commencez à sérieusement me casser les... pieds, chacun d'entre vous y allant de sa propre expérience sur tel ou tel sujet.
Super.
Seulement, ce n'est pas cela, réfléchir : il faut prendre de la hauteur, quelle que soit la dureté de l'expérience vécue (je ne minimise donc point celle-ci ni vos amères désillusions).
Il y a une crise du langage (qui est également crise de la représentation, partant : de la réalité) qui affecte TOUS les domaines de la société française et, sans doute, qui explique l'abrutissement général, qu'il soit celui du milie médiatique, politique, médical (ou hospitalier) et probablement celui de l'horticulture.
Je sais que l'on réfléchit par le cas concret et rarement en généralisant mais là, si je commence à vous raconter les mésaventures hospitalières de ma vieille grande-tante Gertrude, on est parti pour aligner 300 commentaires aussi larmoyants qu'inutiles.

cilia a dit…

@ Stalker,

Je crains d’être en partie responsable de ce grand n’importe quoi.
Une partie d’un commentaire d’Ozenfant m’a heurtée, j’ai voulu lui répondre, puis Criticus, et…nous en sommes là.
Au temps pour moi.

Ceci précisé, (i) nous sommes chez Criticus et c’est à notre cher hôte de dompter la bête que constitue ses commentateurs, (ii) j’ai vainement, par un exemple concret d’article, à mon sens de qualité, voulu relancer le débat, (iii) j’aimerais savoir un peu de ce métier si intriguant que vous avez exercé dans la finance, (iv) sans mauvaise foi, c’est bien le pouvoir de la parole qui m’a poussée à répondre à Oz initialement…

Criticus a dit…

@ Stalker : Je comprends votre exaspération et sifflerais volontiers la fin de la récréation, mais cela impliquerait de publier un nouveau billet, ce que je suis dans l'incapacité technique de faire en ce moment.

Ozenfant a dit…

@Juan,
Je comprend votre agacement et je suis de tout cœur avec vous quand vous nous dîtes:
"Il y a une crise du langage (qui est également crise de la représentation, partant : de la réalité) qui affecte TOUS les domaines de la société française et, sans doute, qui explique l'abrutissement général, qu'il soit celui du milieu médiatique, politique, médical (ou hospitalier) et probablement celui de l'horticulture."
Vous dîtes cela avec vos yeux de littéraire, je vous crois donc !
Si Roman m’avait dit :
"Au Québec, où j’ai un frère gd Patron d’un hôpital, j’ai vécu des évènements qui me prouvent que les mandarins couvrent des pratiques douteuses de leurs internes puis font tout pour que cela reste ignoré des statistiques officielles (pour des raison évidentes, tant personnelles que corporatistes)".
Ma réaction aurait été de lui dire simplement : "OK, informations complémentaires dont il me faut tenir compte : as-tu des copies des échanges avec le patron de l‘Hôpital".
Pourquoi donc aurais-je douté d’informations de Roman à priori ?
N’étant pas bourreur de mou, j’ai tendance à penser que le mensonge est une tare inutile et donc j’aurais accordé du crédit aux propos de Roman.
J’ai l’impression dans les blogs à assister en permanence a un concours de potaches con-vaincus à la suffisance que seule procure l’inexpérience. Qui se la pètent velu et où le chef est celui qui fait le mieux semblant de ne pas comprendre ce qu’on lui dit !
Je vous prie de bien vouloir d‘excuser mes excuses les plus hypocrites, mais quand on à l’habitude de côtoyer des ingénieurs avec des discours rationnels, le changement vous laisse… Pantois ? Interloqué ? Atterré ? Effrayé ?
En tant que chercheur ayant côtoyé des directeurs d’écoles supérieures de mécanique, ils m’ont fait part de leur constatations comparatives entre leurs élèves Français la plus part du temps purs théoriciens et leurs élèves Espagnols liant pratique ET théorie. Ce n’est pas un scoop, tous les entrepreneurs en sont conscient, ils comparent plus souvent d’ailleurs nos rêveurs étudiants avec les réalistes Allemands.
Je reformulerais donc votre phrase :
"Il y a une crise du réalisme de l’enseignement qui affecte TOUS les domaines de la société française et, sans doute, qui explique l'abrutissement général, qu'il soit celui du milieu médiatique, politique, médical (ou hospitalier) et probablement celui de l'horticulture."

Je suppose qu’un philosophe nous dirait "Il y a une crise due au renouveau de la dichotomie Platonicienne dans l’enseignement qui affecte TOUS les domaines de la société française et, sans doute, qui explique l'abrutissement général, qu'il soit celui du milieu médiatique, politique, médical (ou hospitalier) et probablement celui de l'horticulture."

Quand on est entrain de lire "Complexité, vertiges et promesse" de Réda Benkirane (lol).
Apologie de l’imagination et de l’erreur source de tous progrès… On mesure l’immense fatuité des "sachant" autoproclamés que Sam Butler définit parfaitement : "Il était né stupide et avait considérablement développé ses dons naturels."

Stalker a dit…

Oui, je vous comprends tous, rassurez-vous.
Je sais bien, aussi, ma chère C., que c'est le langage qui...
D'ailleurs, tout, absolument tout est affaire de langage, si l'on y réfléchit bien, y compris (surtout) le silence...
Voyez les mystiques mais aussi Wittgenstein et les fameux derniers mots de son Tractatus...
Mon expérience dans la Bourse ? Assez hallucinante pour les raisons déjà évoquées (ou pas ? Je ne sais plus) : m'ont frappé plusieurs choses comme 1) la dématérialisation absolue de l'argent, donc de la puissance, 2) la circulation quasi-instantanée de l'information (mon anecdote du 11 Septembre, vécu en quasi-direct), 3) la très grande dépendance des marchés financiers à l'information (un puits de pétrole qui se tarit à 200 m sous la surface d'un lac ouzbèque peut faire perdre plusieurs points au titre de tel ou tel groupe pétrolier), 4) l'absolue intrication des données géo-politico-économiques, 5) l'extraordinaire dépendance de ces marchés aux rumeurs, 6) le fait que je pouvais rédiger, sur un écran, mes notes pour Stalker et, sur l'autre (on a au moins trois écrans chacun dans la Bourse, cela fait super-chic), surveiller le cours erratique (pas tant que cela) de telle société dont il me fallait parler le lendemain en quelques lignes.
Je plaisante, bien sûr, pour ce dernier point.
Ozenfant, ne vous amusez donc pas à corriger mes phrases : je crois que, sauf erreur d'inattention, je sais encore ce que j'écris.
Je maintiens donc : crise du langage.

Ozenfant a dit…

@Juan,

Toutes affirmation gratuite induit la possibilité de correction (ce qu’on ne peut faire avec des apports de preuves).
Elle conserve une apparence de cohérence quels qu'en soient les noms propres utilisés :
Exemple :
"Ozenfant, ne vous amusez donc pas à corriger mes phrases : je crois que, sauf erreur d'inattention, je sais encore ce que j'écris.
Je maintiens donc : crise du langage."

Devient facilement :
"Juan, ne vous amusez donc pas à corriger mes phrases : je crois que, sauf erreur d'inattention, je sais encore ce que j'écris.
Je maintiens donc : crise de l'enseignement."

Notez bien (mais je suis sûr que cela ne peut échapper à votre inégalable perspicacité) que votre assertion est induite par la mienne...

cilia a dit…

Je peux jouer aussi ?

Et la crise qui découle de l’outil ? Crise exponentielle s’il en est.
Nous sommes suffisamment intelligents pour les créer, ces outils, mais le sommes-nous suffisamment pour nous y adapter ?

(je ne sais pas dans quelles proportions je lutte contre l’intrusion dans mon esprit de ce principe que tout n’est qu’affaire de langage d’une part, et d’autre part j’utilise ma réflexion)

Stalker a dit…

Ozenfant.
N'oubliez pas que l'ensemble de vos commentaires découlent de ma seule intervention.
N'oubliez pas que mes assertions paraît-il gratuites s'appuient non seulement sur l'entretien avec Roman qui lui-même est riche de renvois à des problématiques d'auteurs que vous semblez pour le moins ignorer, à un blog, le mien, où j'ai développé et continue de le faire cette même thématique, à quelques livres tout de même.
Soyez donc sérieux : les commentaires, cela amuse la galerie (30 secondes) et divertit lorsque l'on cherche à tuer le temps.
Mais, si, vraiment, vous voulez discuter avec moi, et pas bavarder plaisamment, je vous en prie, empruntez la voie étroite consistant à lire ce que je suis : un auteur.

Ozenfant a dit…

Juan Asensio,
J’aime bien votre ton pamphlétaire parce que j’apprécie l’impertinence, je partage aussi votre avis sur le très modeste niveau des médias français. Votre diatribe contre Marcelle me fait d’autant plus rigoler, que ses indignations morales ne sont pour moi, que des postures à l’usage des crétins. Bien que je ne sois pas un "initié" du sérail littéraire, et que mes goûts ne m’incitent pas à lire les auteurs français contemporains, je me permet de vous dire que vous seriez sans doute encore plus percutant si vous allégiez un tant soit peu vos phrases parfois trop alambiquées à mon goût, (je ne dis pas longues pour ne pas être traité de Mouton). A l’instar de Dumas junior : "Je préfère le méchant à l'imbécile, parce que l'imbécile ne se repose jamais."… autre raison de bien aimer les pamphlétaires de votre trempe. Á propos d’Assouline, ma femme, une vraie érudite au QI conséquent ( les deux ensemble, c’est assez rare pour être signalé !) a lu son livre sur Cartier Bresson "L‘œil du siècle", "Vie et mort d‘un grand reporter", "Le flâneur de la rive gauche" et "L‘épuration des intellectuels". Elle vous trouve inutilement cruel… Valérie Mahaut, Vladimir Vasak, si vous ne noircissez pas le portrait, sont conformes a ce que mes dons d‘observation m‘ont permis de constater de cette presse.
A la louche nos esprits critiques coïncident parfaitement.

"Faiseur", j’ai le privilège exceptionnel d’avoir exercé les métiers variés qui me plaisaient tout au long de ma vie. Sportif professionnel de bon niveau moyen avec seulement trois podiums en Championnats de Monde et quelques titres mineurs. Créateur et concepteurs de prototypes révolutionnaires (dont l’un présenté au journal d’A 2 de 20 heures) et d‘autres avec titres de champions nationaux. Chercheur appliqué (c’est une private joke) au niveau mondial. Enfin, gestionnaire d’entreprises (3) et Chef de cuisine amoureux des vins (600 références en cave) : Je vous ai fait "au plus court" et non exhaustif.
Je n’ai que des raisons d’être serein et sans haine !
Pourtant tout au long de la partie "publique" de ma carrière, j’ai pu mesurer l’incompétence crasse, le manque de déontologie, la suffisance des journalistes qui auraient bien voulu être à notre place. Frustrations de "critiques", CES RATÉS SYMPATHIQUES, comme les chantait Charlebois…
Une seul chose me dérange un brin chez vous, c’est votre enfermement dans le microcosme intellectualiste et votre expérience minimaliste du monde des -Gens qui Font- débouchant sur un point de vue unique, une approche étriquée de la vérité, une philosophie grabataire. Je passe même sur votre touchante absence d’humilité, mais il se trouve que je préfère encore çà, a la fausse modestie !
Vous vouliez des critiques et non des commentaires, n'est-il pas ?

tooptoop a dit…

"En aucun cas nous ne nous sommes mêlés à la population-type de cette école : à savoir, de ravissantes idiotes bronzées toute l’année qui se destinent à la communication, à la publicité, ou à ce drôle de métier à peu près inutile, sauf, apparemment, lorsque l’on jouit d’un joli physique : attachée de presse. Vérifiez ce que je vous dis : allez ainsi sur Facebook et tapez Celsa dans le moteur de recherches. Vous y constaterez qu’un parterre de Lolitas regroupées dans un groupe de « discussions » hautement intellectuelles, qui apparemment toutes ont été élues miss Camping durant leur dernier été de farniente, y constitue la population pas franchement hétéroclite de cette école prestigieuse, qui s’est transformée en succursale de la Star Academy ou peut-être, dans les cas les plus impressionnants, de L’Île de la tentation."

Des traumatismes enfouis, un physique ingrat, que sais-je, peuvent peut-être expliquer votre aigreur (manifestement, vous avez une dent contre le CELSA). En revanche, votre statut distingué de GRAND journaliste dans lequel vous semblez vous drâpé (la modestie ne semble pas être votre fort, mais bon) devraient au moins vous permettre d'éviter des erreurs... de mauvais journaliste. Parce que question approximations, erreurs, clichés vous êtes doués!

Alors pour vous répondre, en quelques lignes. D'abord le CELSA ne forme pas d'attachées de presse. Deuxièmement tous les élèves comme moi ont passé un concours après au moins deux années d'étude supérieure, souvent une prepa. Enfin, ce domaine "inutile" qu'est le com, la publicité, est ce qui permet dans ce pays à la plupart de la presse de vivre, et de survivre. Mais puisqu'apparemment vous n'avez jamais encore exercé vraiment la profession de journaliste, ce problème vous est sans doute étrangère.

Criticus a dit…

@ Tooptoop : si les écoles de journalisme et de communication comme le CELSA ne forment pas directement des attachées de presse, nombre de journalistes et de communiquants de formation finissent par exercer ce métier.

Quant à la publicité qui "sauve" selon vous la presse, je vous invite à lire ce que j'avais écrit à ce sujet en janvier dernier : http://criticusleblog.blogspot.com/2008/01/ces-mdias-gratuits-que-nous-payons.html .

Stalker a dit…

@ Tooptoop
Comique !
D'abord, relisez-vous parce que, pour, si j'ai bien compris, une personne sortant du Celsa après une prépa, vos quinze lignes sont truffées de fautes grossières.
Les fautes de frappe, c'est une chose, celles de grammaire et d'orthographe, une autre.
Un physique ingrat ? Diable non (il paraît) mais peu nous importe après tout. Même si j'étais très laid, je ne vois pas pourquoi mon article serait peu juste...
Une prépa ? Génial, et alors ? J'étais premier de ma khâgne, à Lyon, devant une bonne trentaine de filles qui sont aujourd'hui toutes profs et gentilles mères de famille et je vous rappelle ou vous apprends plutôt que j'ai moi aussi passé un concours pour avoir le droit de poser mon postérieur sur les bancs du Celsa.
Si la pub permet aux médias de survivre, je n'y peux rien, c'est peut-être, sans doute, que le public s'en détourne, non, et que ses achats ne suffisent pas (ou plus) à équilibrer les comptes de nos canards ?
Essayez de réfléchir avant de nous raconter des sornettes, monsieur le futur probable très mauvais journaliste, ou retournez sur la liste du Celsa sur Facebook, je crois qu'y paraissent quelques annonces pour élire la future Miss Chipolata & Bière.
Enfin, pour votre gouverne : je n'ai jamais prétendu être un journaliste ni même vouloir le devenir à tout prix.
Autant de contresens doivent signifier que 1) vous ne savez pas lire, vous 2) êtes un idiot, 3) je n'ai pas daigné vous regarder, au Celsa, ma jolie...
@ Ozenfant, mon cher Ozenfant.
Ma prétention ? Je n'en sais rien mais la vôtre, sous vos airs de grenouille de bénitier et de pucelle effarouchée par un poil de barbe, se pose là.
Qu'est-ce que vous savez de moi ? Absolument rien.
Vous me prenez pour un radis dont les racines pousseraient dans la solution miraculeuse contenue dans un tube à essais ?
Allons allons, plus jeune que vous (cela se sent, voilà qui est incontestable), j'ai peut-être infiniment plus de "vécu" comme tirait TouTou, que vous, et je n'en tire pourtant aucune gloriole.
Oui, je veux des critiques, en effet, pas des réductions qui ne réduisent rien d'autre que le sérieux de vos propos mon ami...
Je vous l'ai dit : plutôt que de nous exposer votre imparable CV, lisez-moi, à la fin.
Je crois bien que c'est la seule chose que je répète depuis mon premier commentaire.
Vous voyez, Roman, que ces commentaires sont une incroyable perte de temps (surtout pour moi) puisque je m'échine à répéter un bon millier de fois les mêmes choses !

Criticus a dit…

@ Juan : les commentaires sont utiles dans la mesure où le commentateur lit l'article et les commentaires auxquels il répond dans leur intégralité, ce qui est, je le concède, rarement le cas. Mais regardez les commentaires de Quentin, de Cilia ou du Phage, ils étaient quand même autrement plus intéressants que celui du toutou.

cilia a dit…

@ Tooptoop,

J’ai cru que vous alliez prendre la défense du Celsa.
Est-ce par manque de temps que vous ne l’avez pas fait ?
A vous lire, on pourrait facilement s’imaginer que la pub, la com’ sont devenues les derniers et uniques motifs d’existence de la presse. Est-ce véritablement ce que vous pensez ?

Ozenfant a dit…

@Juan,
Croyez moi, j'ai été très très minimaliste et modeste en vous donnant le minimum de renseignements possible sur ma carrière : juste assez pour justifier des propos, sommes toutes mesurés.
Vous semblez oublier que "Le châtiment du menteur, c'est qu'il ne peut croire personne.", pourtant Bernard Shaw avait un cynisme autrement plus élégant que le vôtre.
Vous non plus vous ne me connaissez pas et quand à vous lire, si ce que vous dîtes m’amuse, comme on est amusé par un ami qui passe sont temps à se foutre de la gueule des autres : On s’en fatigue vite !
La méchanceté gratuite est peut-être moins grave que la connerie, mais, cela devient vite pénible.
Au risque de blesser votre ego démesuré, ma femme qui à probablement lu 3 fois plus que vous : n’avait jamais entendu parler de Juan Asencio.
Je n’ai jamais eu peur de personne (à mon détriment souvent) et je suis absolument ravi d’enfin être traité de pucelle effarouchée… si je vous saviez Hi ! Hi ! Quand à grenouille de bénitier, c’est un peu comme si je vous gratifiait d’une appellation de "Grand écrivain au style d’une pureté admirable signe éternel d’une humilité rare" (lol).
Merci d’être venu : On se la pète velu quand vous êtes là !
Bon, j’ai assez perdu de temps pour aujourd’hui, avec l’écrivaillon microcosmique snobinard que dépeint si bien Jules Renard :
"La modestie va bien aux grands hommes. C'est de n'être rien et d'être quand même modeste qui est difficile."
Hasta la vista, querido Juanito !

Stalker a dit…

C'est cela, Ozenfant, retournez à votre femme qui, si elle a lu trois fois plus que moi, la pauvre, doit porter d'ignobles lunettes déparant un faciès a priori ingrat et à votre dictionnaire de citations et foutez-moi donc la paix avec vos petites leçons de vie à la con !
Roman : oui, en effet, nous avions un parasite ignare et de mauvaise foi, le chafouin. Nous en avons un autre, pédant, cuistre, jamais à court de recettes intellectuelles et qui semble même avoir été cloné dans sa version féminine...!
Pas de chance on dirait : celui-là, c'est le genre de suce-boules qui jamais ne paraît devoir quitter son hôte.
ALlez, je cours allumer le pauvre maljournaliste qu'est Pierre Assouline, vous m'excuserez donc de vous fausser compagnie...

Criticus a dit…

@ Oz : Juan se défend très bien tout seul, mais pour quelqu'un qui veut baser son raisonnement sur les seuls faits, d'où tenez-vous que votre épouse a lu trois fois plus que Juan ? C'est peut-être quatre, deux, ou, 0,5... Et quelle que soit la différence de quantité de lectures entre Juan et votre épouse, cela n'explique en rien le fait qu'elle ne le connaisse pas. Juan n'est pas écrivain, mais, comme sa notice Wikipedia l'explique, critique, essayiste et polémique. Ses écrits d'adressent donc à un public de connaisseurs... ce qui ne veut pas dire que tous les connaisseurs, votre épouse incluse, lisent ses livres. En tout cas, quelqu'un qui lit vraiment ne réduit pas ses propos à des citations comme vous le faites... cela dit en toute amitié.

@ Stalker : en fait, je crois que toutou est un garçon. Il (ou elle) nous confirmera cela.

Bon, prochain post demain sur les opérateurs qui mettent cinq semaines à installer Internet.

Criticus a dit…

polémiste pardon

Ozenfant a dit…

Mon Cher Roman,
Touché !
Je vais faire une chose que Juan est incapable de faire :
Je reconnais que j'ai eu tort !
Tort en effet d'écrire que ma femme avait lu trois fois plus que lui, il se peut en effet que ce ne soit que deux fois ! Mais comme elle est plus âgée que lui… Que ne se targuant pas de savoir écrire, elle passe son temps à lire : On peut en déduire qu’elle consacré un nombre d’heures très supérieur (au sien) à la lecture.

Je voulais te remercier de l’étude psychologique que tu as eu la gentillesse de nous fournir en la personne de Juan. Personnage doté d’une intelligence non négligeable. Je constate en souriant que tant que je partageais son avis… Il appréciait ce que j’exprimais (lol) : "Ozenfant : très intéressant, ce que vous nous dites mais, ma foi, je n'ai jamais prétendu que les bons journalistes, en France, n'existaient pas. Ce serait idiot de le dire : ils sont effectivement noyés dans la masse des crétins (…) Ozenfant, oui, vous avez raison je crois… C'est effectivement cela qui m'a toujours sacrément étonné, y compris, je l'ai dit, au Celsa, cette alliance entre une inculture manifeste et cette extraordinaire prétention doublée d'un mépris sans pareil pour les lecteurs, considérés comme des veaux..." Étonnant non ?

Comme il adore les citations, (sauf quand ce sont d’autres que lui qui les utilisent), je trouve un plaisir non négligeable et sans cesse accru à lui dire avec la Rochefoucauld que : "Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux qui sont de notre avis.: ".
Intelligence certaine, mais obérée par un sentiment d’infaillibilité chronique et fragilisée par des Troubles Obsessionnels Compulsifs lui faisant péter les plombs dès lors qu’il ne se sent plus le nombril du monde.
Cela enlève rien à son style flamboyant que j’aimerais bien posséder. Même si à l’impossible nul n’est tenu, tout le monde n’est pas Boileau : "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément". Toute une interview pour dire qu’une école de presse est nulle et envahie par la gauche bobocrate (celle dont j’ai honte) : Quel exploit !

Il faut lui reconnaître une forme de communication en effet loin de l’eau tiède, pour le fond c’est attendrissant de manichéisme.
Roman, je viens de relire TOUS les échanges : C’était d’une qualité exceptionnelle en dépit de l‘intervention d‘un ou deux crétins figés dans leurs certitudes !
Merci de nous avoir fourni le spectacle de la complexité d’un être sommes toutes humain, et dont les comportements sont pourtant si prévisibles. C’était un moment de bravoure assez rare, dans la virtualosphère.
Roman, peux tu me rendre visite (une fois)… que je puisse avoir ton Email ?

Stalker a dit…

Ozenfant, je reconnais que j'ai eu tort, en affirmant, par pure ironie, que votre femme avait sans doute lu plus que moi.
C'est rigoureusement impossible : j'ai lu autant et plus que si j'avais mille ans (citation cachée, vous adorerez).
Pour ma complexité, hum : allez faire un tour sur mon blog, catégorie Art poétique, j'y regroupe mes textes les plus personnels, riches de déconvenues, souffrances, cicatrices non cicatrisées, flamboiements de toutes sortes, colères et admirations.
Vous enrichirez ainsi votre herbier de citations.
Et puis, encore une fois, ne jugez pas mes interventions sans avoir lu mes textes : comme Ulysse, j'ai toutes les ruses dans mon sac, y compris celle de jouer le personnage qu'il me plaît de jouer ici ou là.
Ceci dit, je remercie à mon tour Roman de m'avoir ouvert ses portes.
Finalement, c'est également un pied-de-nez joué aux petits clowns des Kiwis...

Criticus a dit…

Je vous trouve étonnamment indulgent avec les Kiwis : au moins, un clown est drôle...

cilia a dit…

@ Criticus,

J’ai commencé à particulièrement m’intéresser à tes réflexions suite à un billet du Chafouin sur les JO en Chine. Je ne le regrette pas, surtout après ce présent billet !
Il y a deux jours, comme Oz, j’ai relu l’intégralité du billet et du fil, et ma conclusion est la même, c’était passionnant. Et je le dis d’autant plus volontiers qu’initialement, la violence des échanges m’avait perturbée.
Merci Roman !

Criticus a dit…

@ Oz : mais je t'ai déjà rendu visite, et lu ! Seulement, je commente très peu les autres blogs. Mon adresse courriel se trouve dans la barre latérale...

@ Cilia : c'est surtout Juan qu'il faut remercier, mais je dois avouer que je ne suis pas mécontent des questions que je lui ai posées. Je tâcherai d'interviewer Jean-Pierre Tailleur à l'avenir. Quant au prochain billet, je crois qu'il ne sera pas pour ce soir, mais pour demain...

cilia a dit…

Oui.
Et merci Juan.

Ozenfant a dit…

@Criticus,
Merci, je vais t’envoyer un mèl car je cherche un nègre.... Tiens, un texte qui va te faire bondir, peut-être ?
Nouvelle entorse au credo libéral des USA : Fannie Mae et Freddie Mac en passe d'être secourus par les pouvoirs publics. http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/09/nouvelle-entors.html#comments

@Juan,
Je vous préfère quand vous maniez l'humour : "C'est rigoureusement impossible : j'ai lu autant et plus que si j'avais mille ans (citation cachée, vous adorerez)." Il faut avoir une dose de dérision considérable quand on adore juger les autres de demander aux autres de ne pas vous juger…. Même si ce n’est que sur quelques pages d’interview.

Je suis d'accord avec votre appréciation des Kiwis et ne comprend pas comment Toréador peut les apprécier, lui qui partage avec vous une susceptibilité exacerbée et un certain talent certain.
Quand à mon "herbier de citations" j'avoue qu'il n’est que mon aveu d’impuissance à m’exprimer aussi bien que les grands auteurs : Je pourrais tricher et caviarder ces citations…. Tient ! C’est peut-être une idée… (lol).

Criticus a dit…

@ Oz : ok, j'attends ton mail...

le chafouin a dit…

C'est drôle, les Kiwis sont tellement nuls et inconsistants que trois grands esprits (oz, juan et criticus) se donnent la peine de perdre leur temps à sans cesse redire les mêmes âneries à leur endroit.

Ok, Kiwis n'est constitué que d'idiots incultes, moches, qui manquent d'humour, etc.

ça y est, c'est dit, maintenant on passe à autre chose?

Criticus, je note juste que pour quelqu'un qui n'est pas aigri, tu radotes, quand même ;)

Criticus a dit…

Qui radote ? Cela fait des mois que tu me sors cette ridicule histoire d'aigreur... il ne faut pas confondre avec mon dédain, bien réel, pour certains Kiwis... Je ne crois pas être revenu à la charge ici. J'ai juste dit que, pour certains, le qualificatif de clown est encore trop généreux... Au fait, quelles âneries ai-je dit au sujet de Kiwis ? Cite-moi une seule information erronée dans le billet.

le chafouin a dit…

Je note qu'ozenfant, toi et juan vous congratulez dans une même interprétation de ce qu'est Kiwis, voilà tout.

Oz et toi avez déjà dit mille fois le mal que vous pensiez de ce grand méchant loup, voilà pourquoi j'utilise le verbe radoter ;)

C'est de bonne guerre, mais je ne vois pas l'intérêt d'en faire un leitmotiv!

Ozenfant a dit…

La blogosphère, c’est le comble de la démocratie : Tout le monde s’y retrouve à égalité.
Le QI en barboteuse et le gâteux grabataire y conversent d’égal à égal avec de véritables néo-cortex. (Je pense par exemple à lucia bastenhof, à aiolive, à Groucho Marx, ou encore à Oppossum quand il n’est pas en colère). Au cours de mes études, j’ai eu une fois une grande complicité (et admiration) avec un élève qui avait un cortex mieux foutu que "le bout de mou pour chat" que nous tous, sommes si fier de trimballer dans notre grosse boite crânienne ! Ce qui m’avait frappé, c’est qu’il me disait tout le temps "çà, là, j‘ai pas compris ce que ça veut dire" et le voilà qui allait demander autour de lui. J’ai compris cette année là qu’un être doué d’intelligence, c’était surtout celui qui était CAPABLE DE DECELER toutes les choses qu’il ne comprenait pas.
Quand j’ai travaillé avec Chapman, le père des suspensions de voitures modernes, ou avec le créateur du V 12 Matra vainqueur de 24 heures du Mans ou d’autres Grd cerveaux : Ils avaient tous cette faculté d’exprimer ce qu’ils ne comprenaient pas et d’interrogation… qui distingue le possesseur de néo-cortex du microcéphale blogosphérien.
C’est pourquoi les BONS chercheurs scientifiques passent leurs vie à chercher leurs propres erreurs (à se remettre en question) et les crétins à affirmer leurs certitudes.
Carl Jung à dit "qu’une pensée réellement profonde a toujours quelque chose de paradoxal, qui apparaît aux esprits médiocrement doués comme obscur et contradictoire."
Cette phrase est un excellent test… si elle nous paraît obscure et contradictoire (lol).
Toute cette tirade pour dire qu’à l’inverse, un imbécile c’est avant tout quelque un qui ne se pose pas de questions parce qu’il croit toujours tout comprendre.
Chez les Kiwi, à l’exception de Toreador, qui se pose des questions ?


La vie est bien faite ! Si nous avions assez de dons d’observation pour nous apercevoir de nos propres tares : Que de suicides en perspective ! Merci mon Dieu de nous avoir ainsi protégé, nous, les simples d’esprits.

le chafouin a dit…

@ozenfant
Sur mon blog je n'ai pas le sentiment de balancer des certitudes mais plutôt d'ouvrir des débats et de me poser des questions. C'est pourquoi je suis très étonné de voir que depuis le début de kiwis tu balances sur ses membres et en particulier sur moi.

J'apprécie aussi le travail de Sebastien et des autres kiwis. Toreador aussi,bien entendu, mais il est sur un créneau très particulier, en choisissant de ne pas prendre partie idéologiquement.

Je répète ce que j'ai dit chez authueil : je trouve très drôle que quelqu'un dénonce les certitudes des autres avec autant de certitude!;)

Anonyme a dit…

On dirait une cour d'école pour intello ici !
J'ai eu une version différente de l'enseignement au celsa par l'intermédiaire du fils d'amis qui en sort après avoir fait sciences po, mais le niveau est tel ici que l'on ne peut pas discuter.

Chafouin reste tel que tu es : accessible, t'interrogeant sur tout, ouvert et intègre. Le reste basta...
Thaïs

Criticus a dit…

@ Thaïs : je ne sais pas si je suis aussi accessible, m'interrogeant sur tout, ouvert et intègre que Le Chafouin, mais j'aimerais avoir cette version.

Ozenfant a dit…

Carl Jung à dit qu’une pensée réellement profonde a toujours quelque chose de paradoxal, qui apparaît aux esprits médiocrement doués comme obscur et contradictoire.
Ainsi, quand le quidam lit : "La seule chose que je sais, c‘est que je ne sais rien" il y voit une chose contradictoire et paradoxale et répond une énorme CONNERIE:
"Mais en disant cela Socrate montre lui même une certitude ! "

C’est le degré zéro du sophisme et de la dialectique du Jésuite.

Avec une seule once de bon sens, on comprend (mais à condition de vouloir comprendre), que le sens profond (de la traduction du Grec) de cette phrase est:

"S’IL EXISTAIT UNE SEULE CERTITUDE, CE SERAIT QU’IL N’EN EXISTE PAS.

Si par miracle, pour la première fois de ta vie, Chafoin, il te montait aux neurones l’envie de douter :
Voilà une citation d’A. S. que tu pourrais faire l‘effort de comprendre où a défaut d’avouer ne pas comprendre, si ton immense orgueil recouvert de fausse modestie le permet :

"Le comprendre à chaque fois que nous ne comprenons pas, c’est cela penser… c‘est pourquoi l’homme ordinaire comprend tout alors que le sage ne comprend pas grand-chose"

D‘où "Une exceptionnelle aptitude à discerner ses propres erreurs, est donc ce qui caractérise les grands penseurs." D’où "Une exceptionnelle propension à être convaincu, est ce qui dénonce l’esprit médiocre" D’où "La suffisance naît de la méconnaissance de ses propres erreurs, souvent donc de l‘inexpérience".

Savoir que l’on ne sait pas n’est pas une certitude, c’est la constatation faites par tous les grands chercheurs depuis que le monde est monde.

Ozenfant a dit…

Qui se ressemble s'assemble !

C'est pourquoi le souriant Albert, qui LUI ne se prenait pas au sérieux à été combattu au début de sa carrière par la masse des nuls :

"Les grands esprits ont toujours subit une opposition violente de la part des esprits médiocres. Ces derniers ne peuvent comprendre comment un homme ne peut se soumettre sans y penser aux préjugés héréditaires mais au contraire utiliser honnêtement et courageusement son intelligence."

Nous les hommes (et les femmes, lol), avons cela de touchant, que plus nous sommes ensevelis sous les idées reçues, plus nous tenons à le faire savoir, et même à nous rassembler pour dire ensemble les grands messes de la médiocrité:
Cons et fiers de l'être !
Etonnant non ?

le chafouin a dit…

Tu es formidable ozenfant parce que tu es capable de parler tout seul!!

Mon immense orgueil? Je ris! Je ne passe pas mon temps à pérorer sur mes semblables en les accusant de tous les maux et du pire : leur sincérité et leur honnêteté intellectuelle.

Alors mon brave, si tu ne connais pas les kiwis et ne les a pas lus (je te conseille, je ne sais pas, thibaut, ou encore la lettre volée), fais le plutôt que de parler sans savoir.

Et puis, si tu pouvais te contenter de discuter normalement, come tout le monde,plutôt que de te raccrocher comme une béquille aux propos d'illustres anciens, ced pourrait contribuer à la fluidité de la discussion.

La culture, ce n'est pas celle qu'on étale.

Et ça me fait rire parce que sur la certitude... Tu nous laisses baba : qui ici, à part toi (et naturellement juan), est convaincu de sa supériorité intellectuelle?

Pas moi, désolé. Je suis conscient de mes limites et je n'entends pas prouver aux autres que ma vision des autres est la bonne. Je leur propose mon analyse, mais je peux changer d'avis.

Tu le vois : pour un "immense orgueilleux", je m'abaisse à essayer de te convaincre de ma bonne foi. Alors que je ferais mieux d'éviter tes sarcasmes, je les recherche pour m'expliquer avec toi.

tiph a dit…

Roman,
Je t'ai connu un peu plus regardant sur les discours que tu juges pertinent. Cette itw n'apporte rien, si ce n'est une longue, très longue logorrhée acrimonieuse d'un être qui en a fait son fond de commerce...
On connaît tous les déficiences du système d'enseignement du journalisme, toujours est-il qu'il nous incombe de faire le tri dans ce que l'on nous enseigne, entre ce qui relève de la personnalité des intervenants et ce que l'on peut garder de leur enseignement...
Allez, a+
Tiph

Stalker a dit…

@ Tiph.
Autant de bêtise apparemment contente d'elle-même, la vôtre, est consternante.
Que vous répondre ? Rien.
Que vous conseillez ? Pas grand-chose : peut-être de tenter quelque peu d'approfondir votre réflexion ET vos imparables critiques du travail des autres, que celui-ci vous plaise ou pas d'ailleurs.

Criticus a dit…

@ Tiph : j'ai décidé, de conserve avec Juan, de réaliser cet entretien car il me semblait qu'il apportait une critique originale par rapport à celle de François Rufin (qui est intéressante elle aussi). Dans la première réponse, Juan cite Bévues de presse, de Jean-Pierre Tailleur. Je trouve étonnant - pas tant que cela, en fait - que son livre ne nous ait jamais été conseillé pour avoir un regard distancié sur notre métier.

épatite a dit…

@Criticus : Merci pour cet interview, c'était intéressant.
@chafouin : il me semble que tu as toi même lancé les hostilités et les insultes en traitant Juan Asensio de prétentieux, et ses réflexions de fausse dès le premier commentaire. Tout ça sans justification, c'est assez fort. Bon courage quand même pour ton blog qui parfois est intéressant.
@Juan Asensio (Stalker) : Rhaaa... il ne fallait pas laisser répondre, laisser pisser. Chafouin n'aime pas ton style, tant pis pour lui ; en revanche, nous sommes nombreux à l'apprécier. C'est dommage que tu te sois montré si vulnérable à cette non-critique. Continue, reste calme et incisif, c'est comme ça que tu nous es utile et que tu nous plais.

Criticus a dit…

@ Épatite : et surtout, Le Chafouin n'a pas lu l'interview avant d'attaquer Juan Asensio...

Anonyme a dit…

Salutation d'une idiote bronzée du Celsa qui contrairement aux dires de ce gentil monsieur n'a pas l'intention de finir à la Star Academy...

Criticus a dit…

@ Anonyme. Cela dépend : êtes-vous « ravissante » ? ;-)

lecygne a dit…

Un seul mot : hypocrisie.
Nous voyons bien en effet que Juan Asensio est un journaliste en mal d'audience et d'égo qui n'a pas bien intégré la notion de recherche et d'enquête. En effet, et pour l'exemple, l'école qu'il dénigre ne forme pas à la noble profession des attachées presse, mais bien à celle des meilleurs experts des différents médias et des moyens de communication. Où alors s'est-il trompé d'"école de com", auquel cas son commentaire est peut-être pertinent.
Et puis n'est-ce pas puéril que de cracher sur une formation qu'il a utilisé et dont, on le sait bien, épuisé tous les contacts pour parvenir à ses fins ?

Juan ou quand investigation rime avec tabloidisation.

Cher Juan, longue vie à vous et vos bons mots.

Ps : j'assume parfaitement être ancien élève du Celsa et être en parfait désaccord avec votre ton et vos arguments.

Criticus a dit…

@ Le Cygne : il y a des attachées de presse qui sortent de toutes les écoles de communication et même de journalisme, même si ce n'est pas leur vocation première.

Votre remarque n'est donc pas pas très judicieuse. Vous parlez de manque de recherche, d'enquête et d'investigation, mais vous ne répondez pas sur le fond des arguments de Juan. C'est cela qui m'intéresserait, pas des attaques personnelles contre Juan ou une défense corporatiste du CELSA.

Le Cygne a dit…

@ Criticus.
Je m'attendais bien entendu au contre argument du "défense corporatiste". Oulala, la théorie du complot non ?
Plus sérieusement, le fait est que ce postulat de départ d'une école de communication, quelle qu'elle soit, étant si acariâtre et si fumeux conditionne la suite du discours. La preuve en est de la seconde question (judicieuse pensez-vous ?) de l'interview où il est demandé de tirer des conclusions sur le "système médiatique français" en fonction d'une seule expérience partagée uniquement par une seule personne... joli raccourci non ?

C'est en cela que ma critique plutot porte sur le postulat de départ qui éclaire par trop négativement la suite du discours de JA. En effet, le fait est que l'on trouve dans ces écoles de journalisme en particulier, de com en général de brillants élèves, ouverts, qui auront à charge de "leader" les canards boiteux.
N'est-ce pas donc la corporation des journalistes elle-même qui est à mettre en cause, plus que les écoles qui n'en sont qu'un reflet, parfois plus ouvert et alertes cependant que la profession elle-même (notamment au celsa où l'exigence universitaire de la Sorbonne plane de manière certaine) ?

Enfin et pour terminer, il est interessant de noter qu'au Celsa, les élèves de journalistes se considèrent comme détachés du reste des formations de l'école (la publicité, com politique et com interne/DRH)... alors qu'au final semble nous dire JA, ils ne feraient que la même chose : manquer d'esprit, de pertinence de jugement.. voire être uniquement beaux et bronzés.

Peut-être est-ce en cela que JA est révolté, contre un monde qui ne le comprend pas, qui ne veut pas le comprendre, un monde ou "la com" en somme semble ne pas l'atteindre.

C'est son droit le plus strict, mais cracher sur un système dans son ensemble en stigmatisant une école en particulier au lieu de stigmatiser éventuellement ceux (personnes, institutions) qui pourrait justement changer cela... apparait comme de la désinformation plus qu'une tribune d'un penseur objectif et un discours honnête.

Pardon pr cette longue réponse ;)

Criticus a dit…

@ Le Cygne :

Théorie du complot ? Quel rapport ?

Non, je dis que vous devez admettre que la critique d'une école, par l'un de ses anciens élèves, n'est pas forcément le fruit pourri de son aigreur. C'est trop facile !

Ensuite, vous faites référence à la troisième question et non à la deuxième... on peut tout à fait, à partir d'un exemple, tirer une conclusion sur un système... il n'y a nul raccourci à cela, simplement un esprit empirique qui fait de l'observation la source première de la connaissance. Observer une école, sa population d'élèves qui se destinent au journalisme, ses intervenants qui sont journalistes, permet de se faire une idée du monde de la presse. Une idée subjective, incomplète, contestable, mais bien légitime.

Je laisse Juan Asensio vous répondre sur le reste...

Le Cygne a dit…

@ criticus

"Une idée subjective, incomplète, contestable, mais bien légitime."Tout est dit, vous avez raison. C'est heureusement la base d'un débat.

Toutefois la légitimité d'une interrogation de départ devrait normalement être questionnée et mise en perspective... lorsque l'esprit est (ou se dit) critique.

Encore une fois, JA écrit ce qu'il souhaite. Ce que je veux souligner simplement c'est qu'il se décrédibilise dans le rôle d'un "journaliste pertinent, partial et professionnel" lorsqu'il parle à cette tribune et écrit ce que l'on peut lire dans l'interview.

The end pour Le Cygne.

Criticus a dit…

@ Le Cygne : je crois qu'il y a un malentendu; à ma connaissance, et comme JA le répète, il ne fait pas œuvre de journaliste mais de critique littéraire.

Le Cygne a dit…

@ Criticus

Peu importe le métier en fin de compte, il s'agit d'esprit (vraiment) "critique".

Stalker a dit…

Cher Roman, non, je ne prendrais pas trop de temps pour répondre à ce tartuffe déplumé car, voyons, cela commence mal lorsqu'il affirme que je suis un... journaliste !
A croire que les gens, en France, ne savent vraiment pas lire ce qu'ils ont sous les yeux.
Ensuite, cette affirmation, ridicule et odieuse, selon laquelle j'aurais épuisé tous mes contacts pour y parvenir : bin non mon bon couillon, j'ai été accepté SUR DOSSIER ET après un entretien DEVANT UN JURY composé de PROFESSIONELS !
Pigé ?
Sans compter le fait que j'ai acquitté mon inscription, une somme rondelette de quelques milliers d'euros.
Pour le reste, rien à redire à ce que j'ai écrit : si cet apôtre de la com/ancien du Celsa ne sait pas lire, ma foi, il illustre remarquablement mon propos...

Robert Marchenoir a dit…

Bien. Je constate qu'il y a au moins quelques repères intangibles dans ce monde déboussolé. Stalker confirme ici qu'il est un grand malade.

On comprend pourquoi il n'ouvre pas les commentaires sur son blog : ce n'est pas tant pour éviter les importuns venus de l'extérieur, que pour s'interdire à lui-même les agressions délirantes, obsessionnelles et interminables telles que celle qu'il inflige ici au Chafouin. En somme, il s'agit d'une hospitalisation psychiatrique volontaire, demandée par le patient dans son propre intérêt.

Je me moque de la culture et du talent de Stalker, s'il croit, comme il le démontre ici une fois de plus, que ceux-ci l'exonèrent du minimum de respect humain envers son semblable.

En fait, c'est cette conviction même qui démontre irréfutablement les limites de la sagesse de Stalker.

Il a indubitablement une certaine culture ; mais il n'ira jamais au-delà, empoisonné par sa certitude d'une supériorité qui l'affranchirait de ses devoirs les plus élémentaires.

Il a indubitablement un certain talent ; mais il restera à jamais un petit talent, étouffé par son démon intérieur qui lui commande de cracher à jet continu sur quiconque conteste le bien-fondé de ses idées.

Criticus a dit…

@ Robert Marchenoir :

À la décharge de Juan Asensio, Le Chafouin n'avait pas lu l'entretien avant de le critiquer. Je n'aurais certainement pas réagi comme Juan, mais je me serais tout aussi certainement un peu énervé.

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