mardi 14 octobre 2008

La nation française est-elle morte ?

J'ai renoncé à regarder le match France-Tunisie ce soir. Comme je le redoutais, la Marseillaise a été copieusement sifflée par une large partie du public du Stade de France, situé, faut-il le rappeler, à proximité de la Basilique royale de Saint-Denis où gisent plusieurs dizaines de rois de France. Cet événement serait anecdotique s'il n'était pas récurrent. Cela s'était produit en 2001 lors du France-Algérie (4-1 pour la France) de triste mémoire, interrompu après l'invasion de la pelouse par des « Algériens » qui étaient en fait, à n'en pas douter, français.

Marie-George Buffet, ministre communiste de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement de « Gauche plurielle » de Lionel Jospin, avait tenté de ramener les « jeunes » à la raison. Son échec prouvait bien, comme le ferait plus tard l'agression de manifestants anti-CPE par d'autres « jeunes », qu'il ne suffit pas de « dialoguer » pour être aimé, encore moins pour être respecté. Mais la leçon n'a jamais porté...

En 2002, lors de la finale de la coupe de France Bastia-Lorient (remportée 1-0 par les Morbihanais), les supporters corses avaient également sifflé l'hymne national, ce qui avait conduit Jacques Chirac à quitter le Stade de France... avant d'y revenir, image assez fidèle de la fausse fermeté de la France à l'égard de ses ennemis déclarés.

Puis, l'an dernier, à ma grande surprise et ma non moins grande consternation, le même scénario, encore, s'est reproduit, pour France-Maroc, alors que le contentieux entre le Royaume chérifien et son ancienne puissance coloniale n'est pas exactement le même qu'avec l'Algérie. Ni le Maroc, ni la Tunisie, n'ont été colonisés au sens strict.

Le match s'était conclu sur un résultat nul (2-2), et si le public, acquis à la cause du Maroc, semblait redouter la victoire française qui se dessinait au cours de la rencontre, il s'était félicité de l'égalisation in extremis des Marocains.

Je m'étais ému des sifflets, car je croyais encore, naïvement, non seulement au bien-fondé, mais encore à l'effectivité, du modèle « jacobin », assimilationniste, d'intégration français. Si je reste persuadé de la supériorité de ce modèle sur le multiculturalisme britannique, le « pilarisme » néerlandais ou le communautarisme nord-américain, je ne suis plus autant convaincu de sa réalité.

Car ce que prouvent ces charivaris, ce n'est pas, ne nous méprenons pas ici, la haine de la France par le Maroc et la Tunisie, même si les protectorats imposés par le passé à ces deux pays y sont à l'origine d'un réel - et relativement logique - ressentiment.

Lorsque les Bleus sont allés gagner le Tournoi Hassan II au Maroc, à chaque fois juste avant les campagnes victorieuses du Mondial 1998 et de l'Euro 2000, l'équipe de France, son hymne, n'avaient pas été sifflés par le public marocain, « sportif ».

Délitement du sentiment national et échec de l'intégration
Ce que ces lazzis et ces huées démontrent, c'est donc que la France n'assimile plus, non seulement les nouveaux venus, mais aussi, et c'est évidemment plus grave, leurs enfants. Qu'on ne me fasse pas de procès en angélisme, mais je pense que les fautifs en sont, en premier lieu, les Français eux-mêmes, qui ont laissé se déliter le sentiment national. Ce n'est pas la faute des immigrés s'il est devenu honteux d'arborer le drapeau tricolore, d'entonner la Marseillaise, ou, attitude qui a davantage ma faveur, de se dire fier de la France, de sa langue et de sa culture.

Et il serait inconséquent de ne pas faire le lien entre ces événements parasportifs et les émeutes de 2005, qui avaient signifié au monde entier l'échec de l'intégration à la française, alors que la France en avait longtemps tiré une fierté certaine.

Car, n'en déplaise à Emmanuel Todd, qui avait pourtant appelé à la « renaissance de l'idée de nation », notamment dans L'Illusion économique, ces émeutes n'empruntaient pas à la geste révolutionnaire de la Fronde, de 1789, 1830, 1848 et 1871. Elles n'étaient pas des preuves d'intégration, mais au contraire de rejet.

Et, fussent-elles menées par des individus de nationalité française, ceux-ci ne se définissent pas, à l'évidence, comme tels, puisque « Français », ou plutôt « céfran », est devenu une insulte dans certains pans de la population. La nationalité française est pourtant, dans la longue tradition théorisée par Ernest Renan (1882, Qu'est-ce qu'une nation ?), une nationalité « civique », c'est-à-dire subjective. Est français celui qui se définit comme tel. Ni la naissance sur le sol français, ni le fait d'avoir des parents français, ne confère selon cette conception la nationalité.

Il faut donc en finir avec cette véritable absurdité française qui combine droit du sol - toute personne née sur le territoire français est française - et droit du sang - toute personne d'ascendance directe française l'est aussi. Il conviendrait ainsi, comme le proposait, entre autres, Ivan Rioufol dans son pamphlet, La Fracture identitaire, dont j'avais écrit l'an dernier la longue mais assez complète recension, de revenir au jus voluntatis, c'est-à-dire à l'obtention de la nationalité au mérite, principe qui avait été retenu un temps par la Révolution française de 1789.

Cela reviendrait à cesser de ne pas voir qu'il est possible de posséder des papiers français et de ne pas être français, un état de fait qui peut tout aussi bien concerner des Français dits « de souche » puisque, nous l'avons dit, le rejet de la nation est avant tout le fait des Français eux-mêmes. Leur exemple a juste été imité.

Cette mise en perspective doit donc nous faire prendre conscience de la gravité de la situation : il n'est pas anodin que l'hymne de la France soit outragé, conspué.

Non pas, comme certains doivent le craindre ou feindre de le croire, parce que cela serait de mise à donner des arguments supplémentaires à l'extrême-droite. Le 21 avril, certes, n'est pas loin. Mais la violence du Front national est - et reste - verbale.

Mais parce que, lorsque cet effacement de la nation entre en résonance avec les menées de leaders religieux obscurantistes, le retour des guerres de religion n'est pas loin.

La question est à présent de savoir si la France, et toutes les nations occidentales confrontées au même problème, se sont préparées à l'éventualité de tels conflits. La réponse, négative, prouve à mon sens la pertinence - et l'urgence - d'une réponse coordonnée au niveau occidental, qui aurait des implications dans tous les domaines concernés : immigration, intégration, éducation, urbanisme, sécurité, laïcité, etc.

Roman Bernard



Criticus est membre du Réseau LHC.

Arborescence de la controverse à retrouver sur Pearltrees.

À lire aussi sur ce sujet, les articles de Rubin Sfadj, Malakine, Le Chafouin, Falconhill, Mathieu L, Manuel, Monsieur Pingouin, Lolik et Cratyle.

34 Commentaires:

Elyas a dit…

Las, je ne peux qu'être d'accord avec ton analyse.
Le constat est d'autant plus douloureux qu'on n'assiste pas seulement à une "identification" culturelle comme on peut l'avoir avec les communautés d'origine portugaise, italienne, libanaise,... Dans ces cas-là, on assiste lors de ce type de rencontre sportive à un soutien pour l'équipe portugaise, italienne,etc, en lieu et place d'un soutien à l'équipe de France. Mais cela s'arrête là.
Ici, cela ne s'y limite pas : on a bel et bien un rejet volontaire de la France. Qu'on souhaite soutenir le Maroc car ses parents/grand-parents en sont originaires, je peux le comprendre; mais que cela implique en plus de rejeter sa propre nationalité, cela me sidère...

Alors oui, une partie du problème vient de difficultés socio-économiques qui peuvent les faire douter de leur place dans la société française; d'autant que ce phénomène de rejet s'exprime le plus violemment chez les jeunes de 13-25 ans, encore en phase de construction identitaire. Il faut agir à ce niveau.
Mais il faut aussi arrêter l'angélisme, et muscler un peu le discours vis à vis de ce genre de comportement, y compris en renforçant le sentiment national (le service militaire est à mon sens une piste).

Manuel a dit…

D'accord avec toi Elyas.
Criticus, l'abrogation de la loi du sol résoudrait-elle les problèmes?
Le fait que les jeunes qui sifflent la marseillaise ne soient pas français mais tunisiens vivant en France ferait-il une différence?
On a un problème de société grave, le fait que des jeunes perdent totalement leurs racines et se perdent dans le rejet et parfois la violence.
Il faut trouver la source à ce rejet de l'identité française.
Et la guerre de religion!? Ces jeunes sont perdus entre 2 nations qui ne les acceptent pas, ils sont certainement influençables et potentiellement dangereux si influencés par les mauvaises personnes, mais comme je l'ai déjà dit, il faut réussir à les rendre fiers d'être français, car ils sont français qu'ils le veuillent ou non.

Criticus a dit…

@ Elyas Je ne sais pas si le service militaire serait utile : il donnerait un nouvel argument aux bien-pensants, qui sont les vrais responsables de ce désastre, selon lequel la France est militariste, sécuritaire, et donc raciste, etc.

@ Manuel L'abrogation du droit du sol ne règlerait pas les problèmes, mais clarifierait la situation : il faudrait mériter d'être français pour le devenir.

Suffira-ce ? Non, évidemment, puisque la France n'a plus aucun pouvoir d'attraction : il faut effectivement redonner la fierté d'être français, mais que cela corresponde à un véritable projet de société. Je n'en vois pas l'ombre aujourd'hui, et vois encore moins comment le faire accepter à des gens qui sont en effet français mais rejettent cette identité.

Et surtout, par qui le faire accepter ? Les Français, pour l'essentiel, se foutent de la France, et notamment de sa langue.

Comment pourraient-ils donner à des jeunes déstructurés l'envie d'aimer la France ? Je ne vois pas trop...

Rubin a dit…

J'allais te répondre sous forme de commentaire, mais une fois lancé, j'ai fini par rédiger un billet à part entière. Si je suis d'accord avec toi quant à l'échec de l'intégration, je ne tire pas du tout les mêmes conclusions de ce constat commun : http://blog.sfadj.com/2008/10/aprs-france-tunisie.html

La pratique est un peu cavalière, mais je ne vois pas comment faire autrement.

Criticus a dit…

Merci, j'ai répondu... et t'ai linké.

ballon a dit…

yep

le chafouin a dit…

Si je comprends bien, criticus propose de n'accorder la nationalité qu'aux français, ceux qui le méritent, ce qui je pense pose deux questions :

- comment cela se passerait-il? Un examen de passage? des contrôles de l'Etat de votre bonne françaiserie? j'ironise mais je me demande vraiment comment çàa marcherait.

- surtout, une telle conclusion n'est-elle pas un aveu d'échec? Cela signifie qu'on abandonne le combat, qu'on lâche les armes?

Si j'agrée à ton constat, roman, et à ton écoeurement, je partage plut^to l'avis de rubin : relancer l'assimilation est à mon sens une meilleure option.

Rubin a dit…

Cette fois-ci je suis d'accord avec Chafouin. Comme quoi chez LHC on fait bouger les lignes ;-)

le chafouin a dit…

@rubin mais certainement!

allez j'écris mon petit texte à mon tour.

pour moi l'assimilation est clairement en cause.

D'ailleurs les maghrébins ne sont pas seuls en cause : les chinois, par exemple, ne font pas de bruit mais ne s'intègrent pas plus. Même moins...

FalconHill a dit…

Je ne sais pas si tes solutions sont la bonne. Mais je sais que la France combat le racisme. De manière juste mais pas assez efficace à mon gout.
Hier soir, on a eu du racisme, à forte échelle, dans le Stade. Y aura t'il des sanctions pour les contrevenants ? Pas l'impression que ça ait ému ceux qui, par ailleurs, sont les premiers à monter au filet sur ce genre de filet.

Assez aimé la position de Fillon, juste. Faire cesser le match, purement et simplement.

Je n'aime pas cette haine de la France et des français. Mais je n'aime pas le racisme d'une manière générale, normalement que je ne l'apprécie pas non plus quand je me sens moi même visé. Car je me suis senti insulté hier soir, c'est désagréable...

Bonne journée à toi

René a dit…

Bravo ! Je te réponds avant même de lire les commentaires qui me précédent, tant ma réaction est spontanée.

Tu fais une analyse quasi parfaite de la situation, non pas seulement dans les stades qui ne sont que le lieu de comportements révélateurs, mais dans la société toute entière.

Le laxisme, dû notamment au risque supposé d'être condamnées en tant que raciste, dont font preuve depuis plusieurs décennies les autorités à l'égard des "communautés issues de l'immigration", loin de calmer les esprits, est de nature à activer les tensions. Et c'est bien ce qui se produit dans les faits.

Le modèle d'intégration dont s'enorgueillissait notre pays il y a encore peu, échoue totalement aujourd'hui, essentiellement à cause du fait que les immigrés et leurs descendants ne sont pas traités avec la même fermeté, et le même respect de la loi républicaine, que les "français de souche". Sous prétexte de "discrimintation positive", même avant que l'on utilise l'expression, on a marginalisé une part importante de la population.

Et cette part de la population, qui ne peut en conséquence se ressentir comme intégrée, c'est une lapalissade, se sent au contraire rejetée puisque traitée "à la marge", et se révolte instinctivement contre ce pays qu'on leur a imposé et auquel ils se sentent étrangers.

Tu as raison de dire que la nationalité est ressentie ou n'est pas. Mais comment peut-elle être ressentie par des citoyens que l'on traite différemment des autres ? Même si c'est soi-disant avec bienveillance...

Il est totalement inadmissible que des citoyens français sifflent la Marseillaise. Est-il admissible qu'on leur impose la nationalité française s'ils ne la souhaite pas ? Et dans ce cas, est-il normal de continuer à les traiter comme des Français ?

Il n'est pas besoin d'adhérer aux thèses de l'extrême droite pour se poser la question. Je rejette ces thèses que je trouve ineptes et abjectes, mais je pense sincèrement qu'on n'intègre pas de force, et que ceux qui ne veulent pas être intégrés doivent en tirer les conséquences, de gré ou de force cette fois.

Il est vrai par parenthèse que les comportements dont on parle commis par des Français ne sont pas plus acceptables que commis par d'autres, et il est vrai également que le non-respect de la culture, à commencer par la langue, et même celui de la loi, sont devenus monnaie courante et que cet état de fait est tout à fait déplorable.

Je tiens à ajouter une précision importante à ce qui précède. L'intégration n'est ni une fin en soi, ni une condition sine qua non à la présence sur notre sol. Je n'ai rien contre l'idée d'un nombre même important d'individus vivant en France de manière permanente bien que n'étant pas français. A deux conditions cependant : l'auto subsistance et un comportement citoyen. Faute de ces deux conditions réunies, ces individus n'ont rien à faire en France.

A bientôt.

LOmiG a dit…

Très bon billet !
j'ai écouté la radion et découvert cette polémique ce matin lors d'un trajet professionnel.

Et j'étais attéré de voir le niveau des questions posées par les gars de France Info : fallait-il arrêter le match ? Question idiote, réponse forcément insatisfaisante !

La vrai question, c'est qui siffle ? et pourquoi ? Criticus y apporte des réponses claires.

Mais avant de passer à des réflexions sur l'ensemble de la société, ne faudrait-il pas commencer, exactement comme pour les cas de fascisme/racisme dans les stades, par se donner les moyens de virer des stades ceux qui visiblement n'y sont pas pour le spectacle ?

Commençons par sanctionner les fautes, au cas par cas et dans l'esprit des valeurs qui sont les nôtres...

à bientôt !

Je précise que je trouve les billets du Chafouin et de Rubin excellents également, mais je ne vais pas aller y laisser le même commentaire !

Gael dit "le Chacal" a dit…

SAlut,

Note un peu dissonante de ma part, mais cela ne vous étonnera guère puisque je suis autonomiste!

Avant tout, je tiens quand même à souligner que je trouve cela dommage de siffler un hymne, quelqu'il soit! L'hymne français idem.

Cependant, je pense que si la France a si mauvaise presse, c'est que l'assimilation ne respecte pas l'identité ou les identités de chacun.

J'avoue que je suis plus partisan du multiculturalisme britannique. Moi qui suis ET français ET breton (sans hiérarchie), je pense que l'on peut appartenir à plusieurs nations, à plusieurs peuples, à plusieurs cultures. L'assimilation n'autorise pas cela et cela équivaut à dire "les étrangers doivent devenir français pour vivre en France".

Bref, pour moi, la nation française existe (même s'il n'y a pas qu'une seul nation en France: les territoires peuvent se chevaucher après tout), mais si elle était moins rigide, elle se porterait mieux!

Gael.

Rubin a dit…

@Gael: Je ne dis pas autre chose, encore que je sois un peu plus réservé sur le régionalisme.

le chafouin a dit…

@lomig

il est vrai qu'il est atterrant, comme les ministres cviennent de le proposer, d'arrêter un match daznqs ce cas. Ceal revient à dire qu'il suffit de siffler pour faire arrêter un match.

Non, il faut agir à la racine et donc sur la politique d'intégration mais ça, c'est moins vendeur dans les médias...

Criticus a dit…

@ Le Chafouin : comme je l'ai dit chez toi, je suis pour que l'incitation à l'assimilation soit effective, en rendant la nationalité française difficile à obtenir, en l'assortissant de privilèges, et en réduisant les flux migratoires. Auquel cas je n'ai rien contre le fait que des étrangers vivent en France.

@ Falconhill : je ne crois pas qu'il y ait racisme en l'occurence, et je suis de toute façon contre l'Inquisition antiraciste. Je ne reprends donc pas à mon compte le langage des associations « antiracistes » qui est à mon sens à l'origine de tout cela. Il y a peut-être davantage xénophobie, encore que, comme il s'agit de Français, c'est contestable. Le problème est lié au multiculturalisme, pas au racisme.

@ René : il n'y a aucune honte à ce que, sur ce point précis, les positions des personnes raisonnables ressemblent en apparence aux thèses de l'extrême-droite... En apparence seulement, parce que l'exigence d'assimilation est aux antipodes de la xénophobie lepéniste, qui est une forme de communautarisme blanc.

@ Lomig : en effet, même si, verbalement, la position de Fillon est satisfaisante, elle est inopérante sur le plan pratique : il ne faut pas arrêter le match !

Ce serait une victoire pour les siffleurs... comme, en 2001, quand le terrain avait été envahi pour éviter une humiliation à l'Algérie.

@ Gaël : le problème, c'est que le régionalisme que tu défends explique partiellement des situations comme hier soir. À partir du moment où l'on met publiquement en avant la pluralité des identités, on ouvre la voie vers des replis dont les séparatismes régionaux et les communautarismes sont les deux « branches », si j'ose dire...

Je n'ai aucun problème avec les cultures régionales (comme les religions), du moment qu'elles restent du domaine de l'initiative privée. Encourager les régionalismes et la préservation des minorités comme le fait l'Europe me semble dangereux.

Elyas a dit…

@Criticus
CEla donnerait des arguments aux bien-pensants ? Et alors ? En quoi cela devrait-il nous arrêter ?
D'autant qu'à mon sens l'armée en général et le service militaire en particulier sont tout sauf raciste. Que l'on soit noir, blanc, ou beur, quelle que soit son origine sociale, chacun se retrouve en uniforme, au même niveau. Et le point commun de chacun est de porter les couleurs de la France et de défendre ses valeurs. C'est l'occasion pour des gens qui ne se seraient jamais rencontrés autrement de se retrouver à travailler ensemble.

Sans aller jusqu'à souhaiter une guerre, il n'en reste pas moins que ce sont des conflits comme la guerre de 14-18 qui ont soudé les Français alors que certains n'en parlaient presque pas la langue (les Bretons par exemple).
Que ce soit sur des théâtres d'opérations armées extérieurs, ou même "simplement" pour des opérations humanitaires, je pense que cela souderait les Français entre eux et les ferait réaliser que nous partageons une identité commune.

@René
Bien au contraire, je pense moi que non seulement on peut intégrer par la force, mais même que nous le devons. Après tout dépend bien sûr ce que l'on appelle "par la force"... Mais en tout cas je pense que l'intégration "passive" (lutter contre les discriminations, faciliter l'employabilité des jeunes de banlieue,etc) est nécessaire mais pas suffisante. Il faut aussi de l'intégration "active" : service militaire, cérémonie systématique de remise de la nationalité à 18 ans, sanctions contre ceux qui sifflent la Marseillaise...

Car de deux choses l'une :
- soit on considère qu'effectivement on ne force personne à se sentir français, auquel cas on accepte qu'une forte proportion de Français rejettent la France et se replient dans le communautarisme. Car qu'en faites vous des centaines de milliers de Français qui rejettent leur pays ? Vous les expulsez ??

- soit on considère que la situation étant ce qu'elle est, il faut intégrer ceux qui ne le sont pas, ne serait-ce que parce qu'on a pas le choix. Et on y mets les moyens et on arrête de justifier ces comportements, comme par exemple Mme Buffet le fait.

Je suis d'accord avec votre idée qu'être Français doit être un choix et un sentiment d'appartenance, plutôt qu'une fatalité automatique. Mais d'un point de vue concret, comment matérialisez-vous cela ?
Pour moi, pas le choix : on fait en sorte que ceux qui ne souhaitent pas être Français changent d'avis.

Criticus a dit…

@ Elyas : peut-être que tu as raison... mais alors, il faut agir !

Car au train où vont les choses, c'est l'armée elle-même qui sera communautarisée... tu imagines ?

FalconHill a dit…

Peut être que j'use du vocable "antiraciste" par provocation. Contre ceux, justement, qui ne voient ce genre de procés que dans un seul et unique sens, et qui aujourd'hui tentent d'expliquer, voire même de légitimer, ce qui s'est passé hier.

Bonne soirée à toi

Ozenfant a dit…

Comme je suis de famille "Black-blanc-Beur" et que j'ai passé ma vie à prendre des décisions, présenté des projets, puis réalisé ces projets dans l'économie réelle, je suis obligé de vous répondre à tous :

Bon et alors, dans la vie réelle et compte tenu des l'état des choses : quelles décisions concrètes proposez vous (à part le service militaire, qui est une idée positive, mais un peu courte toute seule) ?

Je ferais part de vos propositions à mon gendre : (cadre de multinationale, Algérien de coeur, partiquant de l'Islam, et Français de passeport).

Criticus a dit…

@ Falconhill : je préfère ne pas me mettre du tout dans le jeu antiraciste... qui profite aux mêmes associations anti-françaises...

@ Ozenfant : tu ne perds jamais une occasion de détailler ton CV ! Quant à ton gendre, Algérien de cœur... mais alors pourquoi Français de passeport ? Pourquoi pas Algérien ?

Anonyme a dit…

monsieur ,il y'a une chose que vous ne verriez jamais dans vos médias: L'ARROGANCE française envers les maghrebins,qui remplit de haine ses derniers envers les français.
Je m'explique: par exemple lors de sa derniére visite en Tunisie Sarkozy a déclaré que la france a l'intelligence,et les tunisiens les mains d'oeuvres. Une vision totalement arrogante,moi je connais des dizaines de tunisiens hautement diplomé émigré en france ses derniéres années qui bossent chez Société générale,BNP,Alcatel,Ericsson...et votre président parle de mains d'oeuvres
c'était un simple exemple

Criticus a dit…

@ Anonyme : quand vous dites « Maghrébins », vous parlez des habitants du Maghreb, je présume.

Sur le néo-colonialisme de Nicolas Sarkozy - avéré, je vous l'accorde -, que son fameux « discours de Dakar » avait mis en lumière, je tiens à dire ici deux choses :

1) Contrairement à ce que vous avancez, les médias français en ont beaucoup parlé, pour s'en indigner pour la plupart (cf. BHL par ex.).

2) La vision qui animait son discours était néo-colonialiste mais non pas raciste. Sarkozy s'est placé dans la droite ligne de Jules Ferry... un néo-colonialisme humanitaire en quelque sorte.

ninaricci1 a dit…

Cher Roman,

Depuis l’antiquité, les français étaient connus pour leur chauvinisme exagéré, revoir vos archives footballistique. Le geste de BARTEZ lors de la rencontre amicale France-Maroc «Gros Plan » ou ce dernier a craché au visage de l’arbitre Marocain devant des millions de spectateurs,

Je vous laisse juger ce geste !!! Avant de se poser la question si la nation française est morte !!

A bon entendeur Salut !!!

Criticus a dit…

@ Hanane : je crois qu'il serait un petit peu réducteur de faire de Barthez l'emblème de la France. Oui, son geste était inexcusable, et il n'aurait jamais dû pouvoir rejouer en équipe de France (Coupe du monde 2006 par ex.)

Je ne crois par contre pas que le crachat de Barthez visait cet arbitre parce qu'il était marocain mais bien parce qu'il était arbitre. Ce n'était pas la première fois qu'il était en conflit avec le corps arbitral (cf. finale de la coupe de l'UEFA 2004 avec Pierluigi Colina, par exemple).

FalconHill a dit…

A propos de la - soit disante - arrogance des autorités françaises...

On entend ci et là qu'il ne faut pas faire d'amalgame sur les sifflets, qu'il ne s'agissait que de minorités... Et là, l'auteur courageusement anonyme vient nous faire un amalgame total avec "France = salops de colonisateurs arrogants".

Je trouve vraiment certains arguments insultants, et difficilement tolérables. Le respect, cela va dans les deux sens.
Ces genres d'argument, et de comportements durant France Tunisie, n'arriveront qu'à provoquer des déchirures plus grandes entre les différentes populations, et reprovoquer des 21 Avril.
Et les fautes seront largement partagées...

elfahem a dit…

excuser vous avez donner trop a cette affaire nous maghrebins ont a trop de respect pour la france.sacher une chose votre hynme est made in colonialisme..1500.000.000 merts en algerie plus 1000.000 en afrique est en asie .alors voila pourquoi ya des sifflets contre la marsaillesse c est un hynme de guerre .contre italie les francais ont pas cifflet hynme italien . svp arreter votre cinema c est pas avec ca que vous allez soigner les blessures xxxxxxx vous voulez plus jouer contre pays du maghreb tant mieux pour votre marsaillaise.sacher une chose nous maghrebin ont aimes la france et respecte la france est le peuple francais nous n avons pas heine danc nos coueurs .merci de tourner cette page pour interret de la france. elfahem tunisie

Criticus a dit…

@ Elfahem : j'ai écrit : « Car ce que prouvent ces charivaris, ce n'est pas, ne nous méprenons pas ici, la haine de la France par le Maroc et la Tunisie ».

J'ai aussi écrit : « Lorsque les Bleus sont allés gagner le Tournoi Hassan II au Maroc, à chaque fois juste avant les campagnes victorieuses du Mondial 1998 et de l'Euro 2000, l'équipe de France, son hymne, n'avaient pas été sifflés par le public marocain, " sportif ". » C'était pareil quand la France a joué en Tunisie.

Je sais donc bien que ces sifflets ne sont pas le fait de Tunisiens, mais de Français. C'est donc bien un problème franco-français.

Par contre, quand vous dites que la Marseillaise est « made in colonialisme »... elle a été écrite en 1792, à une époque où la France n'avait aucune colonie au Maghreb. Et si c'est un hymne guerrier, c'est parce que la France était alors menacée par les armées prussiennes et autrichiennes. Je n'ignore pas que la Marseillaise a été jouée, plus tard, dans les colonies, et cela explique certaines réactions.

Mais l'histoire de France ne se réduit pas à la colonisation (ni à la Collaboration). Par ailleurs, je suis sceptique quant aux chiffres que vous avancez sur les victimes.

Ozenfant a dit…

@ Elfahem,
J'aime beaucoup la Tunisie, je suis membre d’une famille mixte et j'ai des petit enfants Franco-Arabes. J'ai de plus, employé régulièrement et pendant + de 20 ans des Maghrébins.
Ce n’est pas leurs qualité de -Maghrébin- qui est en cause : Tous ceux que j’ai employé étaient soit intégrés comme mon gendre, soit NON nés sur le territoire français, soit des beurettes.
Les problèmes ne viennent QUE des jeunes hommes de nationalité française qui se rendent compte que l’ascenseur social ne marche plus. Et ils considèrent que c’est de l’esclavage que de travailler en Restaurant ou dans le bâtiment : Ils sont la plus part du temps "vendeur" ou "chômeur".
malheureusement, ils sont souvent agressifs : (J‘ai eu un jeune d'origine Maroccaine qui "disait" vouloir brûler l’entreprise "de mécréants, pire que les juifs" et tuer le second de cuisine par ce qu'il était athée).
Tout employeur ayant eu une expérience douloureuse de ce type, hésite à leur proposer un emploi… et le cercle vicieux infernale est bouclé.
Un langage clair et sans langue de bois leur expliquant que ce n’est pas un ascenseur social anti-maghrébin mais un ascenseur social EN PANNE pour tous ceux dont les parents ne sont pas où friqués, où avec un certain niveau de diplôme… comme le fait très bien Malek Boutih ! (C’est d’ailleurs ce qui fait qu’il est détesté : dire la vérité toute nue étant encore la meilleure façon connue de se faire haïr.)

Je ne me vois pas sifflant l'hymne allemand en Allemagne sous prétexte qu'ils ont tués mon Grand-père en 1940 !

Criticus a dit…

@ Ozenfant : merci de rappeler que l'ascenseur social est en panne pour tous les jeunes qui n'ont pas le capital social et/ou économique, et pas seulement pour les jeunes d'origine immigrée...

Gael dit "le Chacal" a dit…

@ Criticus: le régionalisme n'a rien à voir avec le séparatisme. A quoi mène de tels amalgames?

Bref, pour revenir au sujet:
http://www.lemonde.fr/sports/article/2008/10/17/platini-le-football-est-pris-en-otage-du-monde-politique_1107988_3242.html

Je partage l'avis de Platini! C'est délirant comme ce sujet sans importance prend de l'ampleur!

Gael.

Criticus a dit…

Sans importance en tant que tel, oui, mais ce qu'il révèle ne l'est pas !

Je n'amalgame pas régionalisme et séparatisme : mais tu parles d'une nation bretonne, au même titre que la nation française. Je ne vois pas comment la nation bretonne pourrait exister sans s'en séparer. Idem pour la Flandre, la Catalogne, la Corse, le Pays basque, l'Écosse, etc...

ninaricci1 a dit…

Faut il vraiment situer le comportement des spectateurs qui ont sifflé l’hymne national français dans un cadre « anti nationaliste » ? La position et les dispositions prises par le Gouvernement français, d’annuler à l’avenir, un match si l’hymne national est conspué, manque à mon avis de tact et de professionalisme.On a donné au comportement anti sportif et « primaire », je l’admets, une importance qu’il n’ y avait pas lieu de lui accorder .
Mr Le Pen ne s’était il pas posé la question, publiquement de surcroit, du bien fondé de « La Marseillaise » alors que l’équipe nationale de France était composée de joueurs qui n’était majoritairement pas de « souche française » ? A-t-on interdit Mr Le Pen d’antenne ou lui a-t-on retiré sa nationalité ? Devrait on aussi arreter un match si des insultes racistes ou à caractére xénophone étaient proférées à l’encontre de joueurs, quelque soit leur nationalité ? Fallait il prendre la décision de sanctionner les supporters corses et les interdire de stade si une autre finale du meme genre était jouée à l’avenir ? La FIFA enverra t elle un avertissement à la Fédération Française de Football pour ingérence dans les affaires strictement footballistiques, comme elle a agi face au comportement du Gouvernement Ethiopien et a exclu l’équipe de l’Ethiopie des phases éliminatoires de qualification à la Coupe Du Monde 2010 ? Non….. à toutes ces questions je présume.

On empechera jamais les débordements anti sportifs sur un stade de football.Et priver des joueurs de disputer un match pour lequel ils se sont préparés n’est vraiment pas une solution qui aménera des supporters surchauffés à ne pas siffler un hymne.
Face à la betise, l’ignorance est reine….
Les joueurs français eux ont été plus intelligents que le gouvernement Sarkozy, ils ont entonné leur hymne au milieu des sifflements.C’est la force de sa propre conviction qui compte et non celle des autres qui qualifie un « nationaliste ».

L’autre volet de cet article, que je trouve d’ailleurs très étoffé et réfléchi, est celui de « l’assimilation ».
Faut il interpreter ces comportements anti sportifs, comme un refus d’assimilation.Quelque part oui….
Je signalerais, pour préciser, que des conflits surgissent également entre les habitants des pays maghrébins et ces memes immigrés, lorsque ces derniers viennent passer leurs vacances « au pays ».Et d’après quelques témoignages que j’ai pu receuillir de la bouche meme de certains, il existe chez eux ce sentiment « d’etre également rejetés » dans leur pays d’origine.
La crise est donc identitaire et les causes à cette crise sont multiples, et seules une reflexion et une analyse approfondies pourraient aider à en définir les tenants et les aboutissants….
Ceci étant, le respect de l’autre est au dessus de toute considération politique ou d’assimilation.

Tout en condamnant cet acte anti sportif, en premier lieu, je reiterais également mon desaccord quant à annuler un match de football pour cause de conspuation d’hymne national.Ce qui ne pourrait qu’exacerber les relents xénophobes au lieu de les attenuer en ne leur accordant pas plus d’interet qu’il n’en faut.

Criticus a dit…

@ Hanane : mais je suis entièrement d'accord avec ça !

J'ai trouvé absurde cette volonté du gouvernement d'interrompre le match, d'autant que c'est impossible en match officiel : ou alors, l'équipe de France devrait perdre le match sur « tapis vert ».

Sur les propos de Jean-Marie Le Pen : évidemment que je ne les partage pas, j'ai une conception « assimilationniste » de la nation et ne voit donc aucun inconvénient à ce que l'on prenne les meilleurs pour porter le maillot bleu, fussent-ils d'origine africaine.

Quant aux insultes xénophobes et racistes (ou méprisantes pour une région comme lors de l'affaire de la banderole du PSG assimilant les Nordistes à des pédophiles, des chômeurs et des consanguins), il ne faut pas non plus interrompre le match, mais prendre des sanctions.

Et ces sanctions ont été prises.

Ce que révèlent vraiment ces sifflets, c'est l'échec du modèle assimilationniste d'intégration.

Échec catastrophique car, comme tu le dis, et comme j'ai pu le constater moi-même lors d'un long voyage au Maroc, certains jeunes, qui rejettent la France se sentent rejetés au Maghreb, et pour cause : ils sont français, et non maghrébins. J'ai personnellement peur que ce malaise identitaire n'en conduisent certains à être recrutés par les fondamentalistes.

D'où le ton alarmiste de mon billet. Merci pour ton commentaire.

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