lundi 31 mars 2008

Criticus revient... bientôt

Cher lectorat, je tiens à m'excuser de ce que, depuis un mois tout juste et le billet où je comparais le Québec et le village d'Astérix, il n'y ait pas eu sur Criticus, qui a pourtant reçu récemment les encouragements d'Éric Zemmour en personne (!) de véritable article. Cela est principalement dû à mes activités universitaires, professionnelles et festives, qui m'ont considérablement détourné du blogging, lequel avait fini par devenir une seconde nature depuis un an. C'est précisément parce que le moment où je vais pouvoir recommencer à bloguer - demain soir j'espère - s'approche à grand pas que je tenais à apporter cette précision. Criticus n'est pas mort, qu'on se le dise ! J'espère que ma longue absence n'avait pas fini par convaincre certain(e)s d'entre vous du contraire. Un peu de patience, Criticus revient.

Roman Bernard

mercredi 19 mars 2008

Sarkozy : on ne change pas une méthode (et une équipe) qui perd

Ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur. L’ intervention de Nicolas Sarkozy était attendue, au lendemain du remaniement ministériel. Le chef de l’État, qui ne s’était pas exprimé officiellement depuis la défaite de la majorité aux élections municipales, a fixé la feuille de route du gouvernement lors du Conseil des ministres, mercredi. Balayées les réserves de personnalités de droite sur la politique conduite par le gouvernement de François Fillon depuis mai 2007. À commencer par celles de Jean-Pierre Raffarin, fustigeant lundi matin une UMP « trop à droite » devant « s’ouvrir au centre ».

Ou Nadine Morano, nouvelle secrétaire d’État à la Famille, qui appelait la majorité à prendre en compte l’avertissement lancé dimanche par les électeurs.
Nicolas Sarkozy a plutôt préféré l’interprétation de son Premier ministre François Fillon, du secrétaire général délégué de l’UMP Patrick Devedjian et du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale Jean-François Copé, qui estimaient que les électeurs avaient voulu signifier au gouvernement une attente supplémentaire de réformes. Il a assuré qu’il n’y aurait « ni changement de cap, ni ralentissement des réformes, ni plan de rigueur ».

Reconnaissant que les élections municipales avaient « exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi », il a néanmoins affirmé que « la plus mauvaise réponse serait de ralentir le changement ».

Les réactions ne se sont pas fait attendre, de la part d’une opposition échaudée par la décision de Nicolas Sarkozy de maintenir le gouvernement en place et de lui adjoindre six nouveaux secrétaires d’Etat. Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, a ainsi jugé « bizarre, voire stupéfiante » la faible ampleur du remaniement, qu’il estime « à l’opposé » du message des Français lors des élections municipales et cantonales. Du côté du Parti communiste, on parle d’une « droitisation renforcée », faisant notamment allusion à l’entrée au gouvernement de Nadine Morano, considérée par le PCF comme archétypique d'une « ultra-droite ». À l’opposé du spectre politique, Jean-Marie Le Pen a, quant à lui, dénoncé « une vaine inflation des ministres et des intitulés », ironisant sur la volonté initiale de Nicolas Sarkozy de disposer d’un gouvernement resserré.

Roman Bernard

Belgique : sortie de l'impasse, pas de la crise

Si l’accord passé mardi entre les principales formations politiques flamandes et wallones permet à la Belgique de se doter enfin d’un gouvernement, neuf mois après les élections législatives, il laisse en suspens les questions qui fâchent.

Celles de la réforme de l’État fédéral - la classe politique flamande demande un renforcement des prérogatives des régions - ou de l’avenir de la minorité francophone de Flandre, font partie des problèmes dont la résolution est repoussée au mois de juillet.

Le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, qui prêtera serment jeudi en compagnie du nouveau gouvernement (dont la composition était au centre des tractations entre partis ces deux derniers jours), réussit donc à former un cabinet après deux tentatives avortées, en août et décembre 2007. Les partis de la coalition, qui réunit trois formations francophones et deux flamandes, alliant des libéraux, des chrétiens-démocrates et des socialistes, n’avaient jusqu’ici pas réussi à se mettre d’accord, notamment sur le sort de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), peuplé à majorité de francophones mais enclavé dans la Région flamande, néerlandophone.

Jusqu’à présent, les francophones du « BHV » bénéficient de facilités de la part de l’administration : éducation, justice, formalités administratives en français. Mais les députés flamands, craignant que les francophones, plus dynamiques démographiquement, ne fassent « tâche d’huile » en Flandre, veulent revenir sur ce compromis. Une des principales raisons de la crise institutionnelle.

Pour gagner le soutien des partis francophones, nécessaire à la constitution du gouvernement, les partis flamands ont donc dû accepter de temporiser et de geler cette réforme, même si elle fait partie du programme proposé par Yves Leterme aux élections législatives de juin 2007.

De nouvelles tensions devraient donc apparaître entre partis flamands et francophones en juillet prochain, comme à l'occasion, plus récemment, de l’obligation décidée par le gouvernement de la Région flamande de parler le néerlandais ou de l’apprendre pour bénéficier du logement social.

Roman Bernard

lundi 10 mars 2008

France-Italie



Puisque je n'ai pas, depuis le début de la semaine dernière et jusqu'au moins au milieu de celle-ci, le temps de poster, voici un cliché pris au Stade de France hier, lors de la victoire du XV de France contre l'Italie (25-13), dans le Tournoi des VI Nations.

Roman Bernard

mercredi 5 mars 2008

Le Festival de Roman(s)

À l'instigation de Monsieur Pingouin, je me suis inscrit pour faire partie des blogueurs en lice à l'occasion du Festival de Romans de l'expression sur Internet, dont le jury, composé de professionnels , départagera du 18 au 20 avril prochain les meilleurs blogs du Web francophone. Avant cela, la phase des votes, jusqu'au 31 mars, doit dégager les dix finalistes par catégorie. Celle dans laquelle je concours est « Politique / Expression citoyenne ».

Romans, ou Romans-sur-Isère, est une ville de la Drôme, au sud de la « région » Rhône-Alpes. Romans, son industrie de la chaussure, sa raviole (ravioli importé au XIXe siècle d'Italie par les ouvriers transalpins, de petite taille, fourré à la crème fraîche, au fromage et aux herbes), sa pogne (brioche parfumée à la fleur d'oranger) et, non loin, son fameux palais du facteur Cheval, un postier original qui construisit un véritable château avec des pierres que, selon la légende, il aurait ramassées pendant ses tournées.

Outre l'homophonie avec mon prénom et sa relative proximité avec mon Lyon natal, la ville de Romans a cette importance pour moi que j'y ai disputé un certain nombre de régates d'aviron entre 1998 et 2001. Ce festival est donc l'occasion de retrouvailles, que j'aimerais fructueuses : sans nourrir trop d'illusions quant au résultat final, je vous invite, comme le dit la mauvaise émission éponyme présentée sur La Chaîne parlementaire, à « voter pour moi ! »



Festival de Romans


Recommandé par des Influenceurs


Roman Bernard

dimanche 2 mars 2008

Criticus quitte Kiwis pour LHC

Criticus quitte aujourd'hui le réseau Kiwis pour LHC (Liberté, Humanisme, Critique), réseau fondé en partenarait avec Lomig, d'Expression Libre.

Le logo :



Et la bannière Les Influenceurs :



Réseau LHC


Recommandé par des Influenceurs



Groupe Facebook de Réseau LHC


Journal Cozop du Réseau LHC

Roman Bernard

samedi 1 mars 2008

Astérix, l’irréductible village gaulois et le Québec

Cet article sera publié lundi prochain dans La Rotonde, le journal francophone de l'Université d'Ottawa.

Faut-il être francophone pour comprendre les aventures d’Astérix le Gaulois ? Le succès mondial des albums mettant en scène le guerrier aux moustaches jaunes, consacré l’an dernier par son choix comme ambassadeur de la Convention internationale des droits de l’enfant de l’ONU, tendrait au contraire à prouver son universalité.
Les albums ont été traduits dans plus d’une centaine de langues, nationales, régionales, ou universelles, comme l’esperanto ou le volapük, et sont diffusés dans le monde entier.
Pourtant, le choix de l’ONU avait été contesté à l’époque, Astérix ayant été jugé trop Gaulois, justement. Trop Gaulois, donc trop Français. Ce reproche n’était pas dénué de justesse.
Pour comprendre l’humour et le sens caché de la saga scénarisée par Goscinny et dessinée par Uderzo, il semble qu’il faille bien connaître la France, son histoire, sa langue et sa culture, ce qui est le cas – en principe – des Français, et l’est, par extension, des francophones de Belgique, de Suisse, du Maghreb, d’Afrique noire et du Canada, qui ont tous reçu, pour leur bonheur ou non, la culture française par les livres, les films, les chansons.

Astérix, la Gaule sous de Gaulle

Si de Gaule il est question dans les aventures d’Astérix et Obélix, c’est plus de celle du général De Gaulle – hasard des sonorités -, sous la présidence duquel elles ont commencé (1959, un an après le retour de l’homme du 18 juin au pouvoir), que de la Gaule du temps de la conquête romaine, dont on ne retient aujourd’hui que la figure quasi-légendaire de Vercingétorix et sa tragique défaite à Alésia contre les légions romaines de Jules César.
Les écrits de ce dernier constituent d’ailleurs l’un des rares témoignages historiques de première main de ce qu’était la Gaule avant sa romanisation. On ne sait pas grand-chose des Gaulois, et si la France, du temps de la Troisième République, enseignait, jusque dans ses lointaines colonies, que les ancêtres des Français étaient les Gaulois, c’était vraisemblablement moins par attachement à cette civilisation disparue que pour minimiser les apports des conquêtes romaine et franque, dont les effets bénéfiques sont pourtant incontestables.
Comment être vraiment attaché, du reste, à une culture qui autorisait le sacrifice humain par les druides, sans doute moins sympathiques que ne l’est le vénérable Panoramix ? À vrai dire, Goscinny ne parle, dans les albums d’Astérix, que de la France. Rectification : il parle aussi des pays voisins, mais toujours vus au prisme des préjugés français.
Ainsi des Goths, coiffés de « casques à pointe » comme les soldats allemands lors de la Première Guerre mondiale. Des Bretons, chez lesquels quatre bardes aux cheveux longs font fureur, dans un album publié en 1966, à l’apogée des Beatles. Des Helvètes, spécialisés dans les banques, les coucous et le fromage. Des habitants de l’Hispanie, machos, ombrageux et querelleurs. Ou encore des Belges, séparés en deux peuples concomitants, qui lors de leurs « frugaux » banquets, se disputent la langue à table.
Même lorsque Astérix et Obélix ne parcourent que la Gaule, tous les clichés régionaux sont présents. Dans le chef-d’œuvre de la saga, Le Tour de Gaule, les Normands – alors que les peuples scandinaves, les Vikings, ne donneront leur surnom d’ « hommes du Nord » à la Normandie qu’un millénaire plus tard – disent « p’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non » comme le veut la tradition, et Camaracum (actuelle Cambrai) est spécialisée dans les « bêtises », fameux bonbons acidulés qui font la renommée – franco-française - de la bourgade de Cambrai.
Meilleur exemple de ces anachronismes historiques, le deuxième album, La Serpe d’Or, se déroule à Lutèce (ancêtre de Paris), présentée comme une capitale de la Gaule romaine, alors qu’elle n’est à cette époque qu’un village de pêcheurs installés sur l’actuelle Île de la Cité, les Parisii, qui donneront plus tard leur nom à ce qui deviendra au fil des siècles la capitale de la France. Sans connaître l’ambiance colorée des embouteillages sur les grands boulevards parisiens, difficile également de comprendre les apostrophes entre conducteurs de chars, dans les rues de Lutèce.
Si Astérix n’est pas le héros exclusif des francophones, il est tout du moins celui des francophiles. Alors, si Astérix est trop Gaulois, trop Français, où réside donc son universalité ?

Deux lectures opposées

Astérix, c’est aussi la résistance désespérée des petits contre les grands. Deux lectures antagonistes peuvent être faites de l’omniprésence de ce thème dans les aventures du guerrier gaulois.
La première, gaullienne et donc française, interprète la lutte du village comme la résistance obstinée de la France à toute intrusion, symbolique ou physique, de l’étranger. Dans le contexte de la République gaullienne (1958-1969), l’Empire romain, c’est bien sûr l’Amérique, contre l’hégémonie de laquelle le général De Gaulle n’a eu de cesse de s’insurger, tout en la soutenant, Guerre froide obligeant, contre l’Union soviétique. Mais plutôt que de s’identifier à Astérix, dont le succès était naissant, il se comparait plus volontiers à Tintin, dont la gloire était déjà installée, qu’il considérait d’ailleurs comme son « seul rival ».
La seconde lecture, universaliste, est celle des régionalistes ou des alter-mondialistes, qui font là aussi d’Astérix le héraut de la lutte des petits contre les grands, mais en le dépouillant – sacrilège – de son attribut gaulois, donc français.
C’est ce qui conduit certains à dépeindre José Bové en Astérix des temps modernes. La similitude s’arrête pourtant aux moustaches blondes et fournies. Astérix lutte véritablement, dans une guerre asymétrique, contre un ennemi supérieur en nombre et en force. Seule la potion magique, qui symbolise plus l’« exception française » que l’agriculture bio, permet de préserver l’intégrité de l’irréductible village gaulois. Il n’est pas, contrairement à M. Bové, l’histrion d’une nomenklatura prétendument mondialisée, qui confond résistance à l’oppression et refus de la civilisation et du progrès.

Astérix le Québécois

De façon surprenante, les Québécois, et les francophones des autres provinces canadiennes avec eux, ont réuni ces deux lectures a priori inconciliables pour défendre la cause de la Francophonie au Canada, qui s’apparente également à la défense d’un village assiégé.
Puisque Astérix symbolise la résistance de la France aux intrusions étrangères, ils défendent ce qu’ils appellent le « fait français » au Canada, tout en ayant une approche régionaliste –pour les simples autonomistes- ou alter-mondialiste de leur combat : en ouvrant le Québec au monde, et notamment aux francophones d’Europe, d’Afrique noire et du Maghreb, les souverainistes québécois espèrent distinguer, puis séparer la Belle Province du reste du Canada.
À travers cette fusion des deux lectures d’Astérix, c’est toute la modernité du souverainisme québécois qui transparaît, en réconciliant, après une séparation que l’on croyait définitive, le patriotisme et l’ouverture au monde, la nation et la gauche. Voilà une nouvelle réussite québécoise dont la France et les Français pourraient peut-être s’inspirer.

Roman Bernard

Encore un article captivant dans Le Monde

Un outil pour mieux repérer les "pépites" de la blogosphère

Roman Bernard