jeudi 25 février 2010
La défense de la langue française, un « combat d'arrière-garde » pour Libération
À lire, cet article mal écrit, prétentieux, sénile et puéril à la fois, bref publié sur Liberation.fr par Laurent Sagalovitsch, parti en Colombie-Britannique pour vendre de maigres talents littéraires qui n'avaient sûrement pas été reconnus en France :
« Comment leur clouer le Québec ? »
On y apprend notamment que le Québec, en dépit de « son accent chuintant, sa bonhomie chaleureuse, son hospitalité toute méditerranéenne » (sic), est « un sale moutard capricieux jamais content » et « pleurnichard », et que la défense de la langue française au Canada est un « combat d'arrière-garde ».
En fait, ce que Laurent Sagalovitsch reproche au Québec, c'est sa francité : « Pour l’expatrié qui a quitté en catimini la France pour ne plus avoir à subir la mauvaise humeur perpétuelle de ses adorables compatriotes, le coup est rude à encaisser. »
Laurent Sagalovitsch devrait quand même s'estimer heureux qu'il existe encore un pays francophone où il peut trouver un journal assez prodigue pour financer sa piètre prose.
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mardi 23 février 2010
Pétition pour demander la suppression de la HALDE
LHC, le réseau des blogs libres, humanistes et critiques
Cette pétition, accessible en cliquant ici, sera transmise à Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.
Connaissez-vous la HALDE (1) ? La Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Égalité a pour mission de lutter contre les discriminations. Qu'est-ce qu'une discrimination ? La HALDE donne cette définition :
Une discrimination est une inégalité de traitement fondée sur un critère prohibé par la loi, comme l’origine, le sexe, le handicap etc., dans un domaine visé par la loi, comme l’emploi, le logement, l’éducation, etc.
Cette définition oublie volontairement le premier sens du mot « discriminer » en français — non péjoratif — (acte de l'intelligence qui sépare les choses différentes), et renvoie à une vision égalitariste de la société.
Discriminer, c'est choisir. Choisir, c'est être libre.
Il n'y a qu'un seul domaine où la discrimination n’est pas acceptable, c’est celui de l’égalité des individus devant la Loi. Chacun, quel que soit sa couleur, son sexe, sa religion, sa profession, etc. doit être traité de la même manière par la Loi. Sur ce point, et seulement sur ce point, combattre la discrimination est indispensable. Mais il n'y a pas besoin d'un organisme dédié pour cela !
Depuis sa création, la HALDE n'a cessé de montrer son inadéquation avec la réalité (par exemple en suspectant des textes de Ronsard de faire de la discrimination anti-seniors). Vous pourrez trouver une liste assez complète des affabulations de la HALDE sur le site de Riposte Laïque (2).
Au-delà du ridicule, au-delà de l'inutilité, la HALDE présente des dangers pour la liberté, et elle vient récemment de le confirmer (3). Elle vient de se faire l'alliée d'une islamiste militante, dans son combat pour imposer son voile islamique dans la crèche où elle travaille, au mépris du règlement intérieur de la crèche, laïque bien entendu.
« En 1992, une femme se fait embaucher, sans voile, bien sûr. Petit à petit, elle vient avec un bandana, puis le bandana progresse, insidieusement, et devient un voile à l’iranienne. Cette femme commence à tenir des discours militants, contre l’homosexualité, contre les mécréants, contre les juifs, et sème le trouble dans l’institution. Elle réussit à imposer des repas hallal, le midi, quand elle a la responsabilité de passer les commandes.
[…] Elle entame un rapport de forces avec sa hiérarchie, ne veut pas le retirer, refuse de quitter les lieux, et, en toute logique, se fait licencier pour un ensemble de fautes lourdes. Affaire classée ? Que nenni ! […] La brave dame demande donc à l’association 80 000 euros de dommages et intérêts pour licenciement abusif. Après tout, une policière qui refuse de retirer son voile est payée depuis six ans, pourquoi ne pas essayer ? Et naturellement, elle est appuyée dans sa démarche par... la Halde ! »
Laissons le mot de la fin à Malika
« Est-il un tant soit peu responsable d’avoir créé une structure telle que la HALDE, financée par le contribuable, qui s’ingénie à diviser le corps social de notre pays en dressant des catégories de personnes les unes contre les autres et en injectant, chemin faisant, haine et ressentiment des uns envers les autres ? […]
Quand donc un député aura-t-il le courage, lors des questions au gouvernement, d’interpeller nos ministres sur ce scandale, et de demander la dissolution du machin présidé par Schweitzer, qui est devenu une machine de guerre contre la laïcité, et le bras armé de la discrimination positive contre l’égalité républicaine ? »
Le Réseau LHC, avec tous les défenseurs de la liberté et de la laïcité, lance une pétition dans ce sens. Pour la signer, cliquez ici. N'hésitez-pas à la faire circuler largement autour de vous !
___________________________
1 HALDE.fr
2 http://www.ripostelaique.com/Un-dossier-complet-de-Riposte.html
3 http://www.ripostelaique.com/Dans-une-creche-la-Halde-defend-le.html
4 Supprimer le HALDE : un acte politique salutaire pour la paix
Votre nom et votre adresse courriel sont strictement confidentiels. Ils ne seront jamais transmis à quiconque.
Pour toute demande d’information au sujet de cet appel et de la garantie de confidentialité, merci de nous envoyer un message à l'adresse suivante : reseau.lhc.net@gmail.com.
Le Réseau LHC est composé de blogs politiques, respectant trois valeurs fondatrices : liberté d’expression, humanisme, et esprit critique. La Charte définit le sens de ces valeurs, et les critères à remplir pour faire partie de ce réseau.
lundi 22 février 2010
Enseignement de l'histoire : une « dérive "européano-centriste" » (sic)
Parfois, souvent même, j'ai l'impression que certains de mes compatriotes et moi ne vivons pas dans le même monde, bien que nous vivions dans le même pays, la même ville.
J'ai écrit la semaine dernière un article sur Ring au sujet de la fabrique du progressiste qu'est devenue selon moi l'Éducation nationale. J'y dénonçais notamment le refus d'enseigner en priorité l'histoire de la France, de l'Europe et du christianisme, manifeste dans l'avant-programme d'histoire de seconde réalisé dans le cadre de la réforme du lycée.
Voilà que certains jurent y déceler une « dérive "européano-centriste" ». La Chine des Ming, la Mexico des Aztèques ne leur suffisent pas.
Ce que l'Association des professeurs d'histoire-géographie (APHG) réclame, c'est de l'islam sonnant et trébuchant. En ces temps de construction européenne supposée, on apprend donc qu'il faudrait délaisser l'étude de l'Europe pour celle de l'islam.
Au moins, les choses sont claires.
Roman Bernard
Addendum. Éric Zemmour va dans le même sens que moi (à moins que ce ne soit l'inverse) dans sa chronique du jour :
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Violence scolaire, la descente aux enfers
« Violence scolaire, la descente aux enfers »
Roman Bernard
P.S. : lire aussi l'article de Maxime Zjelinski intitulé « Polonais de Biélorussie, circulez, y'a rien à lire ».
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jeudi 18 février 2010
Plutôt que de boycotter Quick, soutenons ses burgers à base de porc
Non, leur réponds-je. Boycotter Quick, c'est l'abandonner à l'ennemi. Je propose plutôt de n'acheter que des produits à base de porc à Quick : le Quick'n Toast (cf. photo) et le Strong Bacon (qui, apprends-je, a remplacé le regretté Long Bacon).
Je propose aussi de prendre systématiquement de la bière dans le menu. Celle-ci est pour l'instant proposée par les restaurants incriminés, mais il n'y a guère de raison, au rythme où l'on va, pour qu'elle n'y soit pas finalement interdite.
Je suis d'autant plus déterminé à mener cette ReconQuicksta que Villeurbanne, ville dans laquelle j'ai vécu mes quinze premières années, accueille un de ces restaurants.
Roman Bernard
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mercredi 17 février 2010
La fabrique du progressiste
« La fabrique du progressiste »
Roman Bernard
P.S. : lire aussi l'excellent article de Maxime Zjelinski intitulé « Obama : pourquoi le mythe survivra ».
lundi 15 février 2010
Belgique : la fronde du sénateur Destexhe contre l'« islam réac » et les dérives communautaristes, par Éric Timmermans
Les groupes d'oppression n'ont pas d'humour
« Action Discrète, le sketch de trop ? », titre 20minutes.fr au sujet d'un numéro des humoristes dans les rues de Montpellier, où ils se présentent comme des partisans de Georges Frêche pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon, n'hésitant pas à imiter le franc-parler du président sortant.
Toutes les minorités y passent : « bicots », « nègres », « youpins », « pédés », « colleuses de timbres », « baveux » et autres « gogolitos » (ces deux derniers groupes désignant les handicapés). Ce sont les représentants auto-proclamés des deux dernières communautés (homosexuelle et handicapée) qui ont décidé de porter plainte contre les comiques de Canal Plus. Que ce sketche soit diffusé sur une chaîne dont rien ne laisse à penser qu'elle ait soudain fait siens les préceptes de Mein Kampf ne semble pas arrêter les groupes d'oppression*. On ne doit pas rire d'eux, point final.
On peut regretter que Sébastien Thoen, le leader de la troupe, surenchérisse dans le politiquement correct pour se dédouaner des accusations portées à son encontre.
Mais au vu de l'absence totale d'humour de nos lobbyistes, il fait peut-être mieux.
Roman Bernard
* Expression que l'on doit à Philippe Muray
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dimanche 14 février 2010
« Attrape-moi... mais ne viens pas trop vite ! »
Chaque semaine, Lefigaro.fr sélectionne un album de bande dessinée qui vient de paraître. Pour la Saint-Valentin, Olivier Delcroix et Aurélia Vertaldi ont choisi Attrape-moi... mais ne viens pas trop vite !, de Marc Védrines et Vicky Vaile, publié aux éditions Drugstore.Analysons la couverture d'abord. Comme dans Fais dodo, Colas mon p'tit frère, Maman est en haut, Papa est en bas, à cette différence près qu'il n'y a ni Papa ni Maman : Attrape-moi... mais ne viens pas trop vite ! raconte l'histoire d'un couple de trentenaires adulescents. Le premier rôle revient à Garance, la jeune femme.
Nul besoin d'être critique d'art pour voir l'étrange similitude entre cette couverture et la Création d'Adam peinte par Michel-Ange sur le plafond de la Chapelle Sixtine.
Ici, la déesse Garance donne donc vie à son « homme », son « mec », prénommé Mathieu.
Mais comme sur un autre plafond italien, celui du Duomo de Florence, le diable se cache dans les détails, ou plutôt dans les accessoires. Et ceux-ci sont éloquents.
Le champagne, crémant ou mousseux ?
On remarque d'abord que la bouteille de champagne, dirigée vers l'héroïne, est débouchée. L'apesanteur qui semble caractériser l'idylle de Garance et Mathieu explique pourquoi un panache de mousse part de la bouteille vers Garance, nue.
Inutile de dire ce qu'évoque une bouteille se trouvant non loin des jambes de l'homme.
Les deux flûtes à champagne serviront de réceptacle... À moins que ce ne soient les préservatifs s'échappant de la gueule du sac à main de Garance. Pourquoi, d'ailleurs, les préservatifs seraient-ils détenus par la femme, alors qu'ils concernent l'homme ?
Analysons à présent cette couverture moitié par moitié, en débutant par la supérieure.
On note une série d'accessoires banals : un lecteur CD, des lunettes de soleil, un grille-pain, des chewing-gums, une brosse, un iPhone, un soutien-gorge, un trousseau de clefs, un nécessaire de maquillage, un magazine, une chaussure à talon haut*...
Canard vibrant rose
Et on remarque, ensuite, la présence d'une plaquette de pilules contraceptives (au cas où les « capotes » n'auraient pas suffi, ce qui arrive hélas souvent) et surtout d'un canard vibrant, autrement dit d'un vibromasseur... On ne comprend pas : pourquoi Garance aurait-elle besoin d'un sex-toy, puisqu'elle en dispose déjà d'un vivant, en la personne de son compagnon ?
Si Garance demande à Mathieu de ne pas « venir » trop vite, c'est donc qu'il est éjaculateur précoce, pas impuissant. Alors, pourquoi ce besoin d'un jouet sexuel ?
L'explication peut venir de l'analyse de la moitié inférieure de la couverture.
On voit tout de suite, là encore, des accessoires très banals : rollers inline, iPod, CD, boxer, bouquet de fleurs probablement offert lors du rendez-vous décisif...
... et d'autres qui le sont beaucoup moins : billets de banque, comme si l'amour était marchandise qui s'achète, jetons et cartes à jouer, comme s'il ne s'agissait que d'un jeu de société, parfum Jean-Paul Gaultier, seyant bien au fort peu viril Mathieu, et surtout, surtout... portrait d'une femme d'âge mûr à la poitrine qu'on devine assez généreuse sous son chaste chandail. De qui s'agit-il : de sa mère ? de sa belle-mère ?
Jocaste ou Janine ?
Cette belle femme mature en photo est-elle une Jocaste** ou une Maman de Stifler*** ?
On comprend mieux pourquoi Garance a besoin d'un godemiché motorisé : un homme qui se parfume au Jean-Paul Gaultier, a besoin d'argent pour séduire, continue à désirer sa mère (ou sa belle-mère, ce qui revient au même) ne saurait être capable d'éjaculation autre que symbolique, à savoir celle de la bouteille de champagne achetée à ses frais.
Le décryptage permet de nous confirmer dans cette idée.
Dans la planche 3, on voit Garance attablée à une terrasse de café, et « matant les culs » des passants masculins, leur donnant des notes sur vingt, comme à l'école. Cela rappelle bien évidemment le sketche « Les Branleurs » des Inconnus, où des hommes mettent des notes aux culs des femmes. Pas l'inverse.Pourquoi cette appétence, déjà remarquée chez des femmes de ma génération, pour les « p'tits culs » des hommes ? Voudraient-elles y fourrer leur canard vibrant rose ? On comprend pourquoi les hommes « matent les culs » des femmes, mais pourquoi l'inverse ?
La planche 15 nous donne l'explication finale : non seulement c'est la femme qui prend la pilule, possède les préservatifs dont l'homme devra revêtir sa verge s'il veut entreprendre quoi que ce soit avec elle, non seulement c'est elle qui détient les clefs de la voiture, mais c'est encore elle qui prend les choses en main lors du moment suprême : elle prend littéralement son amant en missionnaire. On imagine mal renversement plus complet des rôles naturels.C'est donc dans un journal censé être conservateur qu'une bande dessinée misandre et féministe a été présentée comme « une BD idéale pour la Saint-Valentin ».
Avec une telle presse de droite, les curés de la gauche morale peuvent être sereins.
Roman Bernard
P.S. : on s'aperçoit que la Diversité est absente des planches présentées par les journalistes du Figaro.fr. Pauvre Diversité : elle doit se contenter du mariage, fertile et fécond. Les amours stériles et infécondes sont réservées aux Occidentaux.
* Pas si banal pour ce dernier, si l'on considère qu'il sert à rehausser la femme...
** Femme de Laïos, roi de Thèbes, et mère d'Œdipe, avec lequel elle se mariera après la victoire d'Œdipe sur son père Laïos. Ils auront quatre enfants : Étéocle, Polynice, Ismène et Antigone. Elle se suicidera en apprenant le caractère incestueux du mariage.
*** Mère de l'un des protagonistes de la trilogie American Pie (Steve Stifler), qui aura des rapports sexuels avec un camarade de classe de son fils, Paul Finch.
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jeudi 11 février 2010
Ce qu'on doit à Frédéric Bastiat
« Ce qu’on doit à Frédéric Bastiat », par Roman Bernard.
Pearltree des articles reprenant ma recension à lire en cliquant ici :
Merci donc à Lexington de Contrepoints, Jean Robin, Ben et Lomig.
Roman Bernard
mercredi 10 février 2010
Le « plan secret » des travaillistes britanniques pour encourager l'immigration
Quelle association française peut se vanter d'avoir réussi un pareil coup médiatique ?
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lundi 8 février 2010
Les zéros de l'obamania
Il faut absolument lire l'article de Sylvain Cypel sur Lemonde.fr, « Les hérauts de l'"obamaphobie" ». Rien ne manque pour qualifier la chaîne de télévision Fox News et le mouvement des Tea Parties : « ultra-conservateurs », « droite de l'échiquier (et plutôt à son extrême) », « propagandistes-agitateurs », « délirants », « populiste », « outrance », « peurs compulsives », « ton souvent pleurnichard », « sanglot long de l'homme blanc dans un environnement perçu comme changeant trop vite, trop profondément, où il se sent perdu », « exploitation des peurs, des frustrations et des rages »... C'est entendu, pour Sylvain Cypel, l'opposition au président Obama ne peut être raisonnée, elle est forcément le fruit d'une phobie, d'une peur panique, d'une frayeur irrationnelle...
Et soudain, patatras.
Citant le polémiste libertarien Glenn Beck, Sylvain Cypel en vient à écrire ceci :
« Quant à Obama, le pauvre, "c'est la première fois de sa vie qu'il n'a pas un professeur qui peut lui changer son 9/20 en 15/20". Sous-entendu : sans la discrimination positive, qui aurait entendu parler de ce Noir ? »
Il se trouve, ce que Sylvain Cypel ne peut guère ignorer, que Barack Obama a effectivement bénéficié de la discrimination positive. Il ne s'en est d'ailleurs jamais caché, se prévalant même de son « expérience » :
« I must say [...] that as someone who has undoubtedly benefited from affirmative action programs during my academic career, and as someone who may have benefited from the Law Review's affirmative action policy when I was selected to join the Review last year, I have not personally felt stigmatized either within the broader law school community or as a staff member of the Review. Indeed, my election last year as President of the Review would seem to indicate that at least among Review staff, and hopefully for the majority of professors at Harvard, affirmative action in no way tarnishes the accomplishments of those who are members of historically underrepresented groups. »
Ça me rappelle le cas d'un collègue de Sylvain Cypel au Monde, un certain Mustapha Kessous... Mais je fais du mauvais esprit, là...
Roman Bernard
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samedi 6 février 2010
Appel à informateurs pour Criticus
Le temps est venu de passer à la troisième formule. Mes articles quand j'aurai le temps d'en écrire, ceux des contributeurs qui voudront bien m'en envoyer (je rappelle qu'ils doivent être inédits et publiés en exclusivité sur Criticus), et l'alimentation d'un flux d'informations brutes. Mes amis me font remarquer que je publie beaucoup d'informations sur Facebook. Mais ce support est si périssable que des informations précieuses sont quasi impossibles à retrouver une fois qu'elles ont été ensevelies sous les nouveaux statuts publiés, tandis qu'elles seraient aisément retrouvables ici.
Dès lors, pourquoi ne pas publier ces informations ici, au milieu d'autres articles ?
Rien ne s'opposant à cette idée, je la mets dès à présent en pratique. J'aurai besoin, cela dit, d'un peu d'aide. Christophe Agenet, auteur récemment d'un excellent article ici, m'envoie régulièrement des informations. N'hésitez pas à faire comme lui et m'envoyer des actualités à l'adresse suivante :
criticusleblog@gmail.com
Trêve de commentaires
En conséquence du surcroît de travail que cette nouvelle formule va impliquer, je me vois contraint d'observer la trêve de commentaires chez les autres blogueurs que je m'étais fixée et que je n'avais, jusqu'ici, jamais respectée.
Roman Bernard
mercredi 3 février 2010
L'Occident civilisationnel et la question identitaire (7/7), par Éric Timmermans
7. Conclusion : De l'Occident civilisationnel au communautarisme gallique ?
La géopolitique a suscité mon intérêt dès l'âge de quinze ans. Nous étions alors en 1983. Nous approchions de l' « ère Gorbatchev » et de la fin de la « Guerre froide », mais nous ne le savions pas et rien, dans l'actualité, ne semblait devoir nous le faire prévoir. Opération militaire française Manta au Tchad, destruction d'un Boeing sud-coréen par la chasse soviétique, opération militaire US à la Grenade, massacre des soldats français et américains à Beyrouth et, bientôt, la crise des euromissiles. Non, décidément, rien ne nous permettait de croire que disparaîtraient, de notre vivant, le « rideau de fer », le « mur de Berlin », le « Pacte de Varsovie » et l'URSS elle-même, du moins pas sans guerre nucléaire. Et puis le « miracle » se produisit dans les années 1989-1991, rendant obsolètes les notions d'anticommunisme et d'atlantisme, telles que nous les avions entendues et envisagées jusque là.
Je n'en poursuivis pas moins ma « quête » géopolitique, par le fédéralisme européen d'abord, par l'occidentalisme ensuite, tentant toujours de faire coïncider une démarche identitaire civilisationnelle avec une certaine réalité géopolitique. Bien peu d'entre nous, toutefois, partagèrent cet intérêt pour notre monde, lui préférant le consumérisme et l'hédonisme qui explosèrent littéralement durant les eighties et les nineties. En diverses matières et notamment en matière identitaire, ces vingt années furent désastreuses pour l'Europe et l'Occident, particulièrement du fait de l'avènement de la « pensée unique politiquement correcte » et de l'explosion du « festivisme consommateur ». L'on peut dès lors dire lorsque nous évoquons certaines questions géopolitiques, comme nous le venons de le faire, que nous ne faisons, tout au mieux, que théoriser à huis clos. Mais une réflexion partagée, même par un nombre restreint d'individus, vaudra toujours mieux que l'abêtissement organisé de millions d'imbéciles.
Cela dit, il faut bien reconnaître que les grands projets idéologiques et géopolitiques de naguère ne suscitent pas vraiment l'intérêt, et quoi de plus normal ? C'est là le signe d'une régression de la société, du déclin d'une civilisation, c'est là la marque d'un univers qui se retire de la scène plutôt que de s'étendre, de grandir et de briller. Le combat identitaire contre les « planétarismes », à savoir le global-consumérisme, l'altermondialisme (cet internationalisme « rouge » honteux ») et l'islam califatiste, n'en est que plus indispensable, mais sans doute doit-il s'organiser à un autre niveau, à un niveau non territorial.
Entre un projet d'unité civilisationnelle qui apparaît chaque jour un peu plus comme une chimère, du fait de sa dilution dans le « Village global » et du fait, plus encore, de la démission et du désintérêt des populations concernées — je parle de celles qui pourraient encore agir mais préfèrent se laisser aller aux délices de Capoue et non, cela va sans dire, de celles qui le souhaiteraient mais qui, sous la charge des réalités de la vie, se trouvent bien trop occupées par des impératifs de survie que pour pouvoir agir : l'être humain qui doit passer son existence à survivre n'a pas le temps de lutter contre la tyrannie du pouvoir et celui-ci le sait… —, et de vieux statonationalismes qui sentent le rance et la naphtaline, ma foi, je préfère ne pas choisir.
Alors quoi, le communautarisme ? Ce terme est l'un de ceux que l'on utilise sans réfléchir dans des cadres médiatiques et dialectiques interchangeables. Comme le relativisme, comme la technique, le communautarisme n'est, en soi, ni un bien, ni un mal, il est-ce que nous en faisons, il est aussi le fruit de certaines circonstances, il est enfin une réalité de notre monde, que nous le voulions ou non. On ne va pas contre la réalité du monde, surtout lorsque l'on ne possède pas le pouvoir et que le peu que l'on en possédait ou que l'on croyait en posséder en tant que citoyen d'une « démocratie » (ne nous esclaffons pas tous en même temps…), se réduit comme « peau de chagrin ».
Alors oui, en ce qui me concerne à un communautarisme « gallique », à une défense communautaire et prioritaire du monde européen ou/et occidental de langue et de culture françaises, ce qui m'amènera ultérieurement à approfondir ma réflexion à ce sujet, mais pas dans le cadre de ce texte. La résistance communautaire donc plutôt que le « grand jeu » géopolitique (ce qui ne doit pas empêcher la poursuite de la réflexion en ce domaine). La densité d'un enracinement cohérent plutôt que la dispersion dans de « grands projets » devenus illusoires. Une action communautaire cohérente plutôt que des nostalgies passéistes : un monde défunt ne ressuscite jamais. De petites unités de résistance plutôt que de grands mouvements d'une émouvante mais vaine mégalomanie.
Au-delà des différences et même des divergences idéologiques et géopolitiques, d'ailleurs devenues absolument obsolètes, les éléments identitaires qui se reconnaissent dans une même tradition « gallique » doivent se retrouver, agir politiquement et transmettre l'Héritage, faire primer la qualité sur la quantité, le Libre et le Beau sur l'arbitraire et la grisaille, et se souvenir toujours que l'Art et l'Acte sont intimement liés.
lundi 1 février 2010
L'Occident civilisationnel et la question identitaire (6/7), par Éric Timmermans
6. Quid du « Grand Occident » hors hémisphère Nord ?
6.1. L'Amérique ibérique
Symptomatique d'une vision très anglo-saxonne de l'Occident, héritée des XIXe et XXe siècles : l'Amérique ibérique s'en voit d'emblée écartée. Or, l'Amérique ibérique, de langue et de culture hispaniques ou/et portugaises (Brésil) est également de tradition chrétienne occidentale (catholique, protestante). L'Amérique ibérique semble donc bien obéir aux critères d'une certaine « occidentalité civilisationnelle ».
On me rétorquera qu'on ne peut toutefois ignorer certaines particularités propres à l'Amérique ibérique :
- Un apport culturel africain non-négligeable, notamment dans les Caraïbes et au Brésil.
- Des racines « amérindiennes », « pré-colombiennes » qui, si elles sont largement coupées de leur héritage originel (disparition des traditions orales, oubli plus que partiel de la signification des glyphes, rupture de la tradition religieuse d'origine…) n'en imprègnent pas moins la plupart des sociétés ibéro-américaines d'aujourd'hui.
Tout cela, pour être exact, n'enlève rien au fait que l'Amérique latine est largement de culture occidentale et qu'elle compte un certain nombre de communautés hispaniques clairement enracinées dans notre civilisation. Cela est particulièrement vrai pour un pays tel que l'Argentine.
Cela dit, d'un point de vue géopolitique, et particulièrement au vu des évolutions politiques ibéro-américaines de ces dernières années, notamment au Venezuela et du fait du développement du courant dit « bolivarien », on peut difficilement envisager une intégration pure et simple de l'Amérique ibérique dans une structure géostratégique triple — Euroccident-Amérique du Nord-Eurasie byzantine — telle que nous l'avons évoquée.
Par contre, d'un point de vue « gallique » et francophone, nous ne pouvons ignorer le lien culturel latin qui nous unit à l'Amérique ibérique, raison pour laquelle, en ce qui me concerne, je ne vois pas forcément d'un mauvais œil les États-Unis WASP directement concurrencés par la montée en puissance d'une certaine latinité américaine dans laquelle l'Amérique française elle-même (Québec et Acadie) pourrait trouver sa place.
Alors, l'Amérique ibérique, « partenaire latin » plus que « partenaire occidental » ? L'avenir nous le dira.
6.2. L'Océanie
L'Océanie appartient clairement au monde occidental tel qu'on le définit aujourd'hui. De fait, l'Australie et la Nouvelle-Zélande appartiennent à l'ensemble anglo-saxon qui, avec le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada, composent l'élément essentiel du Grand Occident.
En sera-t-il toujours ainsi ? On sait que les lois australiennes en matière d'immigration sont extrêmement restrictives et que, d'un point de vue militaire, et ce depuis une vingtaine d'années, la principale préoccupation australienne en matière de sécurité est l'Indonésie islamique voisine, géant démographique pauvre et en croissance démographique constante, voisinant avec une Océanie riche et sous-peuplée.
En cas de déplacement du centre de gravité « euratlantique » vers l'Asie et le Pacifique, l'Océanie pourra-t-elle longtemps résister aux réalités géopolitiques et démographiques de la région qui est la sienne, à savoir l'Australasie ? Là encore, laissons l'avenir décider.
6.3. Les communautés occidentales d'Afrique australe
Les communautés « euroccidentales » d'Afrique australe, on le sait, se divisent en deux groupes, les Anglo-Saxons (Afrique du Sud et Zimbabwe) et les « Boers », descendants de Néerlandais (Afrique du Sud). Jusque dans les années 1980-1990, ces populations furent perçues comme faisant partie intégrante du Grand Occident tel que l'envisage le monde anglo-saxon. Toutefois, après la chute des régimes rhodésien (1980) et sud-africain (1991) et le départ massif des populations euroccidentales d'Afrique australe, mouvement qui ne cesse d'ailleurs de s'accentuer, l'Afrique australe est, d'un point de vue occidental, « retournée à l'Afrique ». La disparition programmée de l'Afrique « blanche », euroccidentale, dans l'indifférence absolue des nations occidentales, est, de toute évidence, désormais irréversible.
6.4. Israël
Le soutien à Israël a toujours été perçu comme une évidence, tant dans les rangs atlantistes que dans les rangs occidentalistes. Cela fait-il pour autant d'Israël une nation occidentale ? Au sens traditionnel et donc chrétien du terme ? Non, bien entendu. Au sens élargi, c'est-à-dire dans l'idée du Grand Occident d'inspiration anglo-saxonne, cela peut se défendre, pour deux raisons :
- Le fait qu'au lendemain de la Shoah, Israël fut créé à l'initiative des Juifs d'Europe, et notamment d'Europe centrale et occidentale, qui apportèrent en Israël la culture occidentale de leurs pays d'origine.
- Le mode de vie et le régime politique démocratique adoptés par Israël qui, dans l'optique du Grand Occident globaliste, détermine grandement l'appartenance à la civilisation occidentale.
Le soutien atlantiste et occidentaliste à Israël se base donc sur une approche située entre deux pôles, celle de la reconnaissance, justifiée ou non, de l' « occidentalité » d'Israël, et celle, pragmatique, qui veut qu'un soutien à Israël constitue la pierre angulaire de la lutte contre l'islamisme (jadis, contre le nationalisme laïque arabe soutenu par l'Union soviétique).
Aujourd'hui, en Occident, certains verraient éventuellement Israël intégrer l'Union européenne, voire, pourquoi pas, l'OTAN. Nous pensons que cela est fort excessif. En effet, c'est là ignorer certaines spécificités d'Israël.
« On préfère parler de culture ou de civilisation "judéo-chrétienne", oubliant l'antinomie que constitue cette association dès qu'on considère les valeurs qui orientent le comportement et la sensibilité d'une société, dès qu'on s'interroge sur la place qui est faite au désir. Car, de ce point de vue, il est vain de rechercher dans la doctrine et les pratiques du peuple juif une quelconque valorisation de l'ascétisme et du puritanisme, un quelconque "marché" liant la privation et la souffrance ici-bas à la promesse d'un bonheur ou d'une félicité en un autre monde ; [...] Parler, dans ces conditions, de culture judéo-chrétienne, c'est énoncer une formule creuse dont la prétention est sans doute de suggérer que nous sommes à l'origine des cultures — de la culture — occidentales. [...] A quoi bon cette frêle illusion d'appartenir à la culture dominante d'Occident lorsque nos normes, nos valeurs authentiques et notre vécu quotidien nous situent, nous ont toujours situés ailleurs ? [...] Notre respectabilité, notre intégration à la société environnante, notre reconnaissance comme membre de l'Occident était à ce prix : adopter le moralisme ambiant et servir, à la moindre analyse, du "judéo-chrétien". S'il illusionne certains et semble nous ériger en acteur principal de l'Occident, il n'en nie pas moins la singularité culturelle d'un peuple. » (41)
Parmi les spécificités d'Israël, nous citerons l'importance de sa communauté sépharade qui n'a aucune raison de se reconnaître dans une quelconque « identité occidentale ». Certes, depuis 1982, date de la parution du livre d'Haroun Jamous, la démographie israélienne a été profondément bouleversée, notamment par l'arrivée massive des « Russes », à savoir les juifs de l'ancienne URSS. Gageons que l'arrivée de ces populations, notamment originaires de pays de l'Europe orientale orthodoxe, n'a en rien favorisé l'accentuation du caractère occidental d'Israël.
Éric Timmermans, Bruxelles
(41) Israël et ses juifs — Essai sur les limites du volontarisme, Haroun Jamous, François Maspero, 1982, pp. 22-23.


