jeudi 29 avril 2010

Pearltrees et le « schéma actantiel » (2)

L'an dernier, j'avais démontré l'utilité de Pearltrees grâce au schéma actantiel. Dans mon article, je m'étais contenté d'une capture d'écran pour illustrer le résultat graphique du « perlage ». Voici ce que cela donne, maintenant que l'on peut en exporter le code HTML :



Ma conclusion de l'an dernier sur l'utilité potentielle de Pearltrees, elle, demeure inchangée :

L'utilité de Pearltrees, c'est qu'au lieu d'écrire une longue liste de liens à la fin de mon article, dont la plupart ne seront d'ailleurs jamais cliqués, je résume cette controverse en un dessin clair, qui réunit tous les actants en un endroit.

Acteurs et actes sont présentés de manière (chrono)logique, ce qui permet de donner un sens global à une controverse qui, jusqu'alors, était essentiellement bilatérale.

En outre, le player de Pearltrees permet de « lire » le récit que j'ai édité comme s'il s'agissait d'une série de diapositives. Celui-ci peut également être envoyé par courriel, reproduit grâce à un lien, ou simplement ajouté à un blog.

Les éditeurs inscrits sur Pearltrees peuvent également « bouturer » cette aborescence sur une branche plus générale de leur arbre. Puis en réagencer les perles à leur guise.

Pearltrees offre la possibilité nouvelle aux éditeurs de contenus sur le web de donner un sens à leur entreprise, et à leurs lecteurs de comprendre leur démarche.

L'innovation de Pearltrees est de faire des internautes, producteurs ou consommateurs, des acteurs éclairés du web, au lieu des taupes tâtonnantes qu'ils étaient quand ils se mouvaient sur les mailles de la Toile au hasard de leurs recherches sur Google.

vendredi 23 avril 2010

La finance islamique et l'imposition de la charia

1. L’Occident alléché par la finance islamique

Vous qui pensiez que tout ce qui touche à la charia, la « loi islamique », revêt forcément aux yeux des Occidentaux un aspect négatif, détrompez-vous : la finance islamique, qui, comme son nom le souligne, relève de règles éthiques et religieuses islamiques, semble avoir de beaux jours devant elle dans les pays d’Europe et d’Occident. De fait, ceux-ci, par l’odeur des pétrodollars alléchés, voient aujourd’hui dans la finance islamique un moyen de renflouer leurs caisses. Les chiffres d’ailleurs ne parlent-ils pas d’eux-mêmes : « 1000 milliards de dollars en 2010, c’est l’encours prévu par les économistes pour la finance islamique. Un chiffre en constante progression depuis de nombreuses années. De 2003 à 2007, il a engendré une hausse de 15 % » (Chaker Nouri). En France, le porte-parole de la cause de la finance islamique n’est autre que le ministre de l’Économie, Christine Lagarde. En 2009, à l’occasion d’un colloque, celle-ci a ainsi déclaré que pour « les banques qui souhaiteraient réaliser des opérations conformes aux dispositions de la charia, le territoire français est évidemment prêt à les accueillir… Considérez le territoire français comme une terre d’accueil. » Les enjeux de cette opération ? 120 milliards d’euros à l’horizon 2020 et rattraper ainsi la City londonienne qui se conduit en « terre d’accueil » pour la finance islamique depuis déjà une dizaine d’années.


2. Une finance islamique ?

Lorsqu’on parle de « finance islamique », certains s’interrogent encore : « Mais voyons, il ne peut exister de finance à proprement parler "islamique", la finance c’est la finance, point ! » Erreur. La finance islamique est conforme à la charia, la « loi islamique ». À la suite des récents – et futurs ? - désastres qui ont frappé la finance mondiale, certains tentent même de présenter la finance islamique comme une finance « éthique », du seul fait qu’elle interdit les intérêts, l’incertitude, la spéculation et qu’elle vise au partage des profits. C’est là, disons-le, une vision très idéalisée de la finance islamique. Ainsi, Charles Garreau (54 ans), un entrepreneur pourtant favorable à la finance islamique, a bien dû admettre que « contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas une finance éthique », mais d’ajouter aussitôt : « [L]e principe fondateur de la finance islamique, c’est le partage des risques. En clair, un investisseur qui investit dans une boîte prend autant de risque que le porteur du projet, contrairement au système classique. Vous contractez un prêt auprès de votre banquier afin de financer votre activité commerciale. Si votre boîte par la suite fait faillite, vous serez toujours redevable. Or, en théorie, votre banque est un partenaire pour le pire et le meilleur…surtout pour le meilleur en l’occurrence. » Et Xavier Ducros, un trader de 38 ans, de renchérir : « J’ai travaillé sur la finance islamique, où l’accession à la propriété est le fruit d’un partenariat entre la banque et le client. La banque achète le bien, le revend au client avec une plus-value. On détermine une durée de remboursement sur plusieurs années. Le client détiendra la pleine propriété uniquement lorsque la somme totale sera remboursée. Pendant ce temps, le bien sera en copropriété. » Et d’aucuns d’en conclure un peu vite que voilà un sujet issu de l’islam qui semble recueillir l’unanimité.


3. L’imposition de la charia par les pétrodollars ?

En effet, que pouvons-nous retenir principalement de cette finance islamique, sinon que ce qu’elle subventionne lui appartient en droit (islamique) jusqu’à ce que vous ayez totalement remboursé votre dette ? Quelles implications ces « règles du jeu » islamiques pourraient-elles avoir dans le contexte d’un endettement public que l’on sait généralisé et chronique dans les pays occidentaux ? Est-ce à dire qu’un État qui serait, par exemple, endetté envers des banques islamiques ne s’appartiendrait plus vraiment jusqu’à ce qu’il ait totalement remboursé sa dette ? Quel impact cet endettement, qu’au vu de l’état de nos finances publiques, l’on sait permanent et croissant, aura-t-il sur la politique de nos États ? Liés financièrement à la charia, les États d’Occident, endettés, ne devront-ils pas par la suite se plier à d’autres desiderata de la loi islamique ? Alors, unanimité en faveur de la finance islamique ? Certainement pas !


4. Le témoignage de Guy Millière

Ainsi, Guy Millière nous met-il opportunément en garde : l’islam militant, nous dit-il, qui inclut l’islam radical mais ne se limite pas à lui, loin s’en faut, se livre aujourd’hui à une offensive planétaire et « son instrument de prédilection, ces derniers temps, n’est pas le foulard ou la burqa dont on parle tant, n’est pas non plus la construction des minarets, mais bien la finance islamique » que les serviteurs d’une Europe qui pratique activement la soumission préventive, tentent de nous présenter, comme nous l’avons signalé, comme une « finance éthique ». « Les investissements, poursuit Monsieur Millière, faits dans le cadre de la finance islamique doivent être conformes à la charia : certaines activités et façons de se livrer à ses activités sont illicites (haram). Sont concernés non seulement les jeux de hasard et l’alcool, mais aussi la liberté de parole et la liberté religieuse. Critiquer l’islam est inconcevable, dit la charia. Placer toutes les religions sur un pied d’égalité est inconcevable aussi. Tous les investissements doivent être supervisés par un bureau de la charia : ce qui équivaut à réintroduire une surveillance des activités économiques par des religieux. » En clair, « vouloir attirer des capitaux en mettant le doigt dans les engrenages de la soumission à des valeurs et des modalités étrangères au capitalisme démocratique implique le risque de se trouver broyé entièrement par ces engrenages. »

Éric Timmermans


Sources :

dimanche 18 avril 2010

L'idéologie du métissage vue par un métis

Ci-dessous, un article de Gustave Ruben :

La France d'aujourd’hui. Son métissage, sa diversité, son multiculturalisme. Je suis l’un de ses métis. C'est donc contre moi-même que je réagis à l’idéologie politique du métissage, à ce qui me semble être sa dangerosité. Une manière de penser contre soi, comme nous l'a appris Cioran (1), afin de comprendre le fanatisme qui naît en sa propre maison.

L’idéal extrémiste aime se présenter à face d’ange. Il consiste à défendre d’affreuses perspectives qui, pour trop concorder à l’état d’esprit d’une époque, à son évolution souhaitée comme une mode, à sa crédulité et à son innocence, apparaissent merveilleuses à ceux qui les défendent. Mutation paradoxale d’une société devenant le diable qu’elle croit bannir.

Une idéologie à l'ambition dominante, celle du métissage, ou à l'inverse, de la diversité, prône un modèle biologique. Quoi de plus biologique, en effet, que les concepts de métissage ou de diversité raciale ?

Métissage et diversité comptent aujourd’hui une telle quantité de partisans aptes à défendre ce nouveau modèle biologique supérieur, quoiqu'ils se rendent assez peu compte de ce à quoi ils travaillent, que l’ivresse d'une telle lutte suffit à les convaincre.

C'est une habitude, les scientifiques, en-dessous de tout, s’empressent de prouver combien le métissage est scientifiquement meilleur (eugénisme) du fait de la diversité accrue du patrimoine génétique, comme ils accouraient jadis à démontrer scientifiquement que l’homme blanc, ou aryen, était supérieur, comme ils ont prouvé maintes fois, et scientifiquement, l’idéologie politique dominante, défendu maintes fois le modèle biologique supérieur que cette idéologie portait. Trait commun à ces deux modèles opposés, leurs promoteurs possèdent la croyance de ce que leur modèle génère une culture supérieure, aujourd'hui la société multiculturelle.

Tout cela est très sot. L’homme blanc, l’homme noir, l’homme métis, ne sont pas supérieurs par principe, ils le sont s’ils le prouvent, s’ils accomplissent des prouesses incontestables dans tous les domaines. Ce qui aura fait supérieur un tel homme, culturellement, économiquement, militairement ou même moralement, n’est pas sa race, mais sa détermination à concrétiser son ambition. La diversité ne peut être par principe supérieure, car rien ne lui confère un quelconque privilège ; et si tant est qu'elle connaît quelque succès, il est évident que les fanatiques du modèle s'empresseront d'y discerner sa justesse – car à leur jugement, le mérite n'appartient plus au travail, mais à l'union des gènes.

Dans une société qui se veut coupable envers des hommes et des femmes dont seuls les ancêtres furent des victimes de l’Histoire, l'homme moderne souhaite prouver que le métis est incontestablement supérieur, ce qui est sot, puisqu’il ne peut l’être que par la démonstration de cette supériorité supposée.

L'homme moderne a donc à cœur de prouver ce qu’il croit d’avance pouvoir prouver.

Conformément au modèle naissant, qui l'emportera probablement à terme, la réalité sensible ne sera bientôt plus tolérable que diverse, la réalité devra être « diversifiée » dans sa totalité pour enfin être compatible au nouveau modèle, conformité parfaite à l'inédite norme biologique. L'auto-conservation et la sélection sexuelle conduiront les individus à s'y plier pour être préservés.

Il me semble que toute esthétique raciale est en soi dangereuse, et à bien y réfléchir, cette esthétique du métissage ou de la diversité n'échappe pas à la règle. Le métissage ou la diversité ne sont en rien un danger (pas plus que le fait d'être blanc ou noir, ou de vivre entre Blancs et Noirs), mais monstrueuse est sa transformation en idéologie politique promettant une société qui se croit biologiquement et culturellement supérieure pour la seule raison de sa biologie ou de sa composition ethnique.

Toute défense politique de la diversité ou du métissage est d'ailleurs auto-contradictoire : elle implique le rejet d'une France trop peu diverse pour plaire.

1) Cioran, La tentation d'exister, Paris, Gallimard (coll. « Idées »), 1974, p. 11 : « L'esprit, aussi bien que le corps, fait les frais de la "vie intense". Maîtres dans l'art de penser contre soi, Nietzsche, Baudelaire et Dostoïevski nous ont appris à miser sur nos périls, à élargir la sphère de nos maux, à acquérir de l'existence par la division d'avec notre être. »

vendredi 16 avril 2010

Les Nouveaux Catholiques

Cet article m'a été proposé par Loïck, déjà auteur de deux tribunes (1,2) sur Criticus.

Les catholiques veulent-ils se suicider ? En refusant d'aller prêcher, en en restant au « témoignage » ou en se tenant au chaud dans leur milieu, n'ont-ils pas renoncé à leur vocation ? Comment se fait-il que lorsque le pape Benoît XVI est venu en France, en septembre 2008, il a pu remplir toute l'esplanade des Invalides de catholiques gais et actifs, et qu'on ne voit jamais ces mêmes personnes lorsqu'il y a des tensions en banlieue (pourquoi ne sortiraient-elles pas en force dans les rues pour dire « stop » ?), ou même simplement pour prêcher dans la ville ?

Les catholiques français, refusant tout prosélytisme, semblent se résigner à mourir sans même combattre. L'attitude purement défensive et geignarde n'est pas du véritable christianisme, mais un repli confortable et qui peut être soupçonné d'égoïsme spirituel. Le véritable catholicisme implique une volonté de conversion, de combat spirituel et même physique face aux agressions civilisationnelles, comme durent le faire les Croisés. C'est du moins ce que semblent dire les Nouveaux Catholiques, très peu nombreux mais qui voudraient ressusciter, sous la forme moderne, un Ordre prêcheur digne de ce nom.

Voici ma rencontre surprenante avec eux, l'été dernier :

Un soir de juillet 2009, j'arrive Gare Saint-Lazare et un étrange attroupement attire mon attention. Je m'approche, il y a là un petit groupe d'hommes et de filles habillés de façon bizarre, certains semblent comme des moines du temps passé, des vêtements médiévaux, seraient-ce des acteurs ? des troubadours venus d'un autre temps ? C'est bariolé, gai, très vivant. Ils sont jeunes, assez athlétiques, les filles semblent sportives, vives, enjouées et elles sont plutôt mignonnes, il y a une grande croix parmi eux. Ils distribuent des tracts, discutent avec les passants. Marrant tout ça!

- Qui êtes-vous ?, leur demandé-je.
- Les Nouveaux Catholiques, me répondent-ils.
- Vous ne seriez pas un peu scouts sur les bords ?
- Regardez-nous bien, on a l'air de scouts ? On n'a pas leurs uniformes, ni tout ce qui de près ou de loin fleure la ringardise provinciale et désuète. Nous sommes résolument futuristes, passionnés de sciences, de philosophie, intéressés par toutes les cultures, et assez implacables dans notre résolution. Nous voulons sauver le monde, pas seulement être gentils et prier.

Là, je m'esclaffe :

- Euh, l'Église, futuriste?
- Vous savez, de leur temps, tous les grands Docteurs étaient à la page, l'Église s'intéressait à la fine pointe de la philosophie ou des méthodes pédagogiques. L'Église doit utiliser les moyens les plus avancés pour faire passer le message, sans renier son âme.
- Et que faîtes-vous devant cette gare, en plein mois de juillet?
- À votre avis, que ferait aujourd'hui saint Dominique ? Ce que nous faisons nous-même ! Nous sommes venus discuter avec vous, de l'existence de Dieu, du sens de la vie, du devenir de notre société.
- Tiens, c'est intéressant. Et quel est votre but ?
- Vous convertir, puisque notre religion est la vraie et qu'elle permet le salut des âmes et celui de la société.
- Bizarre quand même ! Mais intéressant. Vous êtes formés ?
- Oui, bien sûr. Vous pouvez venir si vous voulez. Pendant l'année, nous pratiquons l'argumentation, nous étudions les arguments de nos principaux types de contradicteurs, les athées bien sûr, les sceptiques rigolards, les musulmans avec leurs propres dogmes et l'histoire de l'islam, et même le bouddhisme ; nous étudions les réponses et objections possibles à la philosophie chrétienne. Nous avons des cours sur l'économie, l'écologie, pour essayer d'imaginer la société future, et des réponses aux crises qui se pointent. L'Histoire des grandes réalisations de l'Occident et de la Chrétienté nous tient aussi à cœur.
- Oui, tout cela c'est de l'idéologie. En tant que chrétien, vous devriez plutôt aider les pauvres...

Il semble vaguement ironique :

- Ah oui, faire du social. Mais nous en faisons, ce qu'il faut. En attendant, le désert spirituel guette l'Europe, et nous en avons assez de n'être interrogés que sur les mœurs, l'homosexualité ou l'IVG. Nous portons une vision du monde, une réponse à la crise globale de civilisation, nous voulons montrer que l'Occident a une vocation, chrétienne, doit assumer fièrement son héritage passé et proposer un chemin futur. La mission de tout catholique cohérent est de montrer la supériorité de l'Occident judéo-chrétien, sa grandeur et sa beauté. Sinon, si c'est pour faire sans arrêt de la repentance et larmoyer, pourquoi rester catholique? Autant cesser de croire, devenir musulman ou athée... Non?
- Euh, l'Occident chrétien ! Vous y allez fort, là ! Et si des extrémistes de gauche veulent venir vous casser la gueule ?
- Ils sont les bienvenus pour discuter. S'ils veulent autre chose, nous n'avons pas pour coutume de tendre la joue gauche. Nous sommes aussi formés aux sports de combat, filles et garçons. Assez intensivement. Nous renouons avec la tradition des Moines Guerriers, que voulez-vous !
- Eh, l'Évangile commande d'aimer ses ennemis. Vous êtes bizarres, comme chrétiens, non ?
- L'Évangile me commande d'aimer mes ennemis personnels, ceux qui m'ont fait du tort. Par définition, les chevaliers contrecarraient les personnes qui venaient brutaliser la veuve et l'orphelin, ou empêcher un pèlerinage. Nous poursuivons leur tradition combattante.
- Alors j'ai compris ! Tout votre blabla cache mal la triste réalité : vous êtes d'extrême-droite. Des disciples de Monseigneur Lefebvre et compagnie!
- Mais non. Nous reconnaissons Vatican II, nous ne sommes pas racistes, et nous apprécions Israël. Vous voyez ces Noirs, ces Africains, ces Asiatiques, ces Maghrébins, avec nous. Nous sommes chrétiens, ce qui veut dire que nous sommes rebelles contre les idoles marchandes, les aliénations, le culte du fric, tant les fausses valeurs de « droite » que de « gauche ». Nous aimons la grandeur, la droiture, la bonté, et la force spirituelle.
- Euh quand même... L'Église, c'est ringard, non ? Face aux médias, aux amuseurs, que voulez-vous faire ? Face au ricanement, ce signe de supériorité désabusée de l'époque.
- L'époque se casse la gueule ; attendez que la crise s'aggrave, attendez qu'il y ait un climat de guerre civile. Vous verrez les gens rechercher le message et la force de l'Église et du Christ. Nous serons là.
- Voui, je doute que tout le monde se mette à la chasteté et aux messes, même rénovées avec des chanteurs à guitare.
- Nous méprisons les chanteurs à guitare. Nous faisons du chant grégorien, et ne négligeons pas des formes de musiques gothiques, des arrangements sobres à l'orgue avec des chœurs, bien sûr sans l'aspect noir, voire satanique du gothique. Nous sommes pour un art chrétien modernisé, puissant, viril, prenant.
- Eh bien, si j'avais su que des gens comme vous existaient ! Vous êtes nombreux ?
- On commence. Nous sommes très peu nombreux. Comme les Apôtres. Nous allons rechristianiser ce monde, et ce ne sera ni triste, ni ringard. De grandes choses nous attendent...

Le récit précédent est-il une rêverie, ou un souvenir du futur ? C'est à chaque chrétien de s'interroger aujourd'hui en conscience, et de se demander s'il n'est pas temps de se lever.

Loïck

vendredi 9 avril 2010

On n'imite pas la signature de Dieu

Réponse fort pertinente de Maxime Zjelinski aux catholiques à babouches (CAB)* :

Belles âmes. On se demande parfois de quoi certains catholiques se soucient le plus : de plaire à Dieu ou de leur reflet dans le miroir ? Eh oui, même l'envie d'être bon chrétien peut cacher le plus vulgaire narcissisme. Mais beaucoup sont trop humbles pour l'admettre et pour comprendre ce qu'eux-mêmes répètent aux autres si volontiers : que l'homme pèche, que sa ruse est infinie, que son intelligence l'égare.

En attendant de ressembler tout à fait au Christ, le chrétien n'est qu'un homme. Il ne faudrait pas l'oublier. Il n'en finira jamais avec l'éternelle question : « Que dois-je faire ? ». Bien sûr, on peut se cacher derrière les saintes écritures et raconter à qui veut bien l'entendre que la réponse s'y trouve, mais au risque d'en décevoir quelques-uns, je rappellerai que la Bible n'est pas une recette de cuisine et que même les préceptes les mieux développés ne nous dispenseront jamais d'avoir à faire des choix qui, à bien y regarder, n'engagent que nous-mêmes. Libre à chacun de se convaincre qu'il a raison parce que tel verset le dit. Personnellement, j'y vois une forme de malhonnêteté. On n'imite pas la signature de Dieu, que ce soit pour persécuter ou se laisser persécuter.


* Expression que j'emprunte à l'excellent XP, d'Ilys

mercredi 7 avril 2010

La crosse pour se faire battre

Simon-Pierre : « Mais... dis-moi Jésus... si on te frappe sur une joue... que fais-tu ? »

Jésus-Christ : « Je tends l'autre joue bien sûr... »

Les apôtres : « Ooohhh ! »

Jésus-Christ : « ... et j'en profite pour lui foutre un coup d'boule dans les valseuses. »

Les apôtres : « Aaahhh ! »




J'ai reçu hier matin par courriel une invitation à signer une pétition, intitulée « Appel à la vérité ». Lancée par le blogueur Koz, entre autres, cette pétition vise à défendre l'Église catholique contre la campagne de diffamation lancée à son encontre par les médias occidentaux, notamment français. Ces derniers se saisissent des cas de pédophilie étant survenus chez certains des 400 000 prêtres catholiques que compte l'Église pour généraliser à son gros milliard de fidèles.

On s'attendait donc à ce que les catholiques français en vue sur le Web réagissent très vivement à l'accusation de complaisance pour la pédophilie qui leur est adressée.

À force que leur pape, successeur de saint Pierre, soit constamment insulté par ces mêmes journalistes, qu'il s'agisse des rapports aux autres religions, à la contraception, et maintenant à la pédophilie, on pouvait en effet s'attendre à ce qu'ils soient furieux, au moins autant que moi, qui suis révolté par tant d'abjection.

Eh bien, quand catho fâché, lui toujours faire ainsi :

« [N]ous regrettons l’emballement et la surenchère médiatiques qui accompagnent ces affaires. Au-delà du droit à l’information, légitime et démocratique, nous ne pouvons que constater avec tristesse, en tant que chrétiens mais surtout en tant que citoyens, que de nombreux médias dans notre pays (et en Occident en général) traitent ces affaires avec partialité, méconnaissance ou délectation. De raccourcis en généralisations, le portrait de l’Église qui est fait dans la presse actuellement ne correspond pas à ce que vivent les chrétiens catholiques.

Tout en redisant notre horreur devant le crime de prêtres pédophiles et notre solidarité envers les victimes, nous appelons les médias à une éthique de responsabilité qui passerait par un traitement plus déontologique de ces affaires. Les phénomènes d’emballement médiatiques ne sont pas réservés, et de loin, à l’Église ; mais nous sommes fatigués et meurtris de cet emballement-là. »


On traite votre pape, évêque de Rome, héritier des apôtres et du Christ, de nazi, de génocidaire en Afrique, de pédophile, et c'est comme cela que vous osez répliquer ?

On veut la disparition de votre foi, de votre communauté, de vous, tout simplement, et c'est avec cela que vous pensez vous rendre dignes des martyrs des premiers siècles ?

Ne vous a-t-il jamais traversé l'esprit, mes frères catholiques, que c'est au moment où le taux de testostérone s'effondrait dans l'Église que les églises se sont vidées ?

Que ce n'est pas d'un manque de dialogue avec les journalistes dont vous souffrez aujourd'hui, mais au contraire d'un excès de compromission avec ces gens, vos ennemis ?

Pensez-vous sérieusement que c'est en implorant grâce auprès de vos bourreaux que vous obtiendrez d'eux leur clémence ? Ne voyez-vous pas que c'est parce que vous voulez les assurer de votre condamnation de la pédophilie dans l'Église qu'ils vous méprisent ?

Ces gens vous attaquent ? Contre-attaquez. Demandez-leur d'abord pourquoi ils sont si indulgents avec la pédophilie qui sévit, et dans une autre mesure, dans l'islam.

Quand ils traitent Pie XII de « Pape d'Hitler », demandez-leur ce qu'ils auraient fait à l'époque, eux qui sont d'une invraisemblable lâcheté devant les fascistes islamiques.

Traitez-les de racistes, de nazis même, lorsqu'ils insinuent que les Africains sont incapables d'être responsables, dépendants qu'ils seraient d'un chef religieux blanc.

Bref, puisque l'on vous a désignés comme ennemis, battez-vous. Vous n'avez plus guère le choix. Faites-vous respecter, plutôt que de vous contenter de cette saillie à côté de laquelle les maigres fuites nocturnes d'un adolescent font figure de Niagara.

Cette métaphore vous dégoûte ? Mais quel sentiment croyez-vous inspirer, en suppliant ceux qui vous insultent de cesser ? Ne voyez-vous pas que vous les encouragez, ainsi ?

Pétitionnaires, vous aurez ma signature quand vous répliquerez en proportion de l'affront qui vous est fait. Si vous préférez ménager vos ennemis, faites-le sans moi.

Roman Bernard

lundi 5 avril 2010

« Le petit Nicolas des quartiers »

Merci à François.

À lire, cet article du Nouvel Observateur envoyé par un lecteur, qui relate la scolarité d'un « petit Blanc » dans un collège de Marseille majoritairement composé d'enfants d'immigrés. On y constate, une fois de plus, la dhimmitude patentée de la (pseudo-)hiérarchie éducative : « Le principal conseille [...] au futur collégien de prendre l'option "bilingue, anglais-arabe", histoire de lui inculquer certains des codes de ses futurs camarades. » Apprendre l'arabe pour s'intégrer, il fallait y penser. La seule consolation (toute relative...) que m'inspire la lecture de cet « article », c'est que, tandis que les « Chances pour la Provence » végèteront dans la médiocrité à force d'être choyées par le corps enseignant, ce « petit Nicolas des quartiers », qui préfère s'instruire et est confronté au complexe d'infériorité de ses petits camarades, deviendra, à force de brimades, plus fort qu'eux, intellectuellement et moralement, sinon physiquement. Un peu comme l'était la Aryan Brotherhood, ultra-minoritaire dans les prisons américaines, mais toute-puissante. Le nombre ne fait pas tout. La qualité compte aussi.

Roman Bernard

Photo : Yohanne Lamoulère — Transit pour Le Nouvel Observateur

jeudi 1 avril 2010